Distance d'un point à une droite, distance de deux droites
Vidéo 5 : Distance d'un point à une droite, distance de deux droites · 4 min 03 s · sous-titres en français
Le cours écrit
5.1 Distance d'un point à une droite
Définition. La distance d'un point M à une droite (D) est la distance MH, où H est le projeté orthogonal de M sur (D). C'est la plus petite des distances MP, pour P point de (D).
Théorème. Si (D) passe par A et a pour vecteur directeur u, alors
d(M,(D))=∥u∥AM∧u.
Démonstration. Le parallélogramme construit sur u (placé en A) et sur AM a pour aire AM∧u. Sa base mesure ∥u∥ et la hauteur correspondante est la distance de M à la droite (D). Donc AM∧u=∥u∥×d(M,(D)).
Exemple 16.(D) passe par A(1;0;2) et a pour vecteur directeur u(1;2;2) ; M(4;3;2).
AM(3;3;0) et AM∧u=(3×2−0×2;0×1−3×2;3×2−3×1)=(6;−6;3), de norme 36+36+9=9. Comme ∥u∥=3 :
d(M,(D))=39=3.Autre méthode (Première). Le projeté H s'écrit A+tu avec HM⋅u=0, soit t=∥u∥2AM⋅u=99=1. Donc H(2;2;4), HM(2;1;−2) et HM=4+1+4=3.
5.2 Distance de deux droites
Définition. La distance de deux droites (D1) et (D2) est la plus petite des distances MN, pour M point de (D1) et N point de (D2).
Cas de deux droites parallèles. Tous les points de (D2) sont à la même distance de (D1) : la distance des deux droites est la distance d'un point quelconque de (D2) à la droite (D1).
Cas de deux droites non parallèles. Soit (D1) passant par A, de vecteur directeur u, et (D2) passant par B, de vecteur directeur v, avec u∧v=0.
(Admis) Il existe un unique point M0 de (D1) et un unique point N0 de (D2) tels que la droite (M0N0) soit orthogonale à (D1) et à (D2) : si M0=N0, c'est la perpendiculaire commune aux deux droites.
Théorème. La distance des deux droites est
d((D1),(D2))=M0N0=∥u∧v∥[AB,u,v].
Démonstration. Posons n=u∧v. On écrit AB=AM0+M0N0+N0B. Les vecteurs AM0 et N0B sont colinéaires à u et à v, donc orthogonaux à n ; d'où AB⋅n=M0N0⋅n. Or M0N0 est orthogonal à u et à v, donc colinéaire à n : ∣M0N0⋅n∣=M0N0×∥n∥. Comme AB⋅n=(u∧v)⋅AB=[u,v,AB]=[AB,u,v], on obtient la formule. Enfin, pour tous M de (D1) et N de (D2), le même calcul donne MN⋅n=M0N0⋅n, donc MN×∥n∥≥∣MN⋅n∣=M0N0×∥n∥ : M0N0 est bien la plus petite des distances MN.
Conséquence. Deux droites non parallèles sont sécantes (donc coplanaires) si, et seulement si, [AB,u,v]=0.
Méthode : trouver la perpendiculaire commune. On écrit M=A+tu et N=B+sv, puis on résout le système MN⋅u=0, MN⋅v=0, d'inconnues t et s.
Exemple 17 (deux arêtes du cube). Dans le cube, les droites (AB) et (EH) ne sont pas coplanaires. A(0;0;0), u=AB(1;0;0) ; E(0;0;1), v=EH(0;1;0). Alors u∧v=(0;0;1) et [AE,u,v]=(0;0;1)⋅(0;0;1)=1 : la distance vaut 11=1. La perpendiculaire commune est l'arête (AE).
Exemple 18 (une grande diagonale et une diagonale de face). Toujours dans le cube, (AG) passe par A(0;0;0) avec u=AG(1;1;1), et (BD) passe par B(1;0;0) avec v=BD(−1;1;0).
u∧v=(1×0−1×1;1×(−1)−1×0;1×1−1×(−1))=(−1;−1;2), de norme 6.
AB(1;0;0), donc [AB,u,v]=(u∧v)⋅AB=−1.
d((AG),(BD))=6∣−1∣=66≈0,41.
Perpendiculaire commune.M(t;t;t) et N(1−s;s;0), donc MN(1−s−t;s−t;−t). Les conditions MN⋅u=1−3t=0 et MN⋅v=2s−1=0 donnent t=31 et s=21 : M0(31;31;31), N0(21;21;0), et M0N0=361+361+91=66.