Propriétés et expression analytique du produit vectoriel
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Le cours écrit
2.1 Propriétés
Soit u, v, w trois vecteurs et k un réel.
Propriété
Énoncé
Colinéarité
u∧v=0 si, et seulement si, u et v sont colinéaires.
Antisymétrie
v∧u=−u∧v.
Produit par un réel
(ku)∧v=u∧(kv)=k(u∧v).
Distributivité
u∧(v+w)=u∧v+u∧w et (u+v)∧w=u∧w+v∧w.
Orthogonalité
u∧v est orthogonal à u et à v.
Justifications.
Colinéarité. Si u et v ne sont pas colinéaires, ils sont non nuls et θ∈]0;π[, donc sinθ>0 et ∥u∧v∥>0.
Antisymétrie.u∧v et v∧u ont la même direction (orthogonale à u et v) et la même norme. Mais si (u,v,w) est directe, (v,u,w) est indirecte : les deux vecteurs sont donc opposés.
La propriété du produit par un réel et la distributivité sont admises.
Attention. Le produit vectoriel n'est pas commutatif (l'ordre compte) et n'est pas associatif :
(i∧i)∧j=0∧j=0,maisi∧(i∧j)=i∧k=−j.
Remarque (identité de Lagrange, non exigible). Pour tous vecteurs u et v,
∥u∧v∥2+(u⋅v)2=∥u∥2∥v∥2.
En effet, pour des vecteurs non nuls, le premier membre vaut ∥u∥2∥v∥2(sin2θ+cos2θ).
2.2 Expression analytique dans un repère orthonormé direct
Théorème. Dans un repère orthonormé direct, si u(x;y;z) et v(x′;y′;z′), alors
u∧vyz′−zy′zx′−xz′xy′−yx′.
Démonstration. On développe (xi+yj+zk)∧(x′i+y′j+z′k) avec la distributivité et le produit par un réel. On obtient neuf termes ; les trois termes i∧i, j∧j, k∧k sont nuls, et avec le tableau de la leçon 1 :
u∧v=xy′k−xz′j−yx′k+yz′i+zx′j−zy′i=(yz′−zy′)i+(zx′−xz′)j+(xy′−yx′)k.
Méthode : cacher une ligne. On écrit les coordonnées de u et de v en deux colonnes.
Première coordonnée : on cache la première ligne, et on fait le produit en croix des deux lignes restantes : yz′−zy′.
Deuxième coordonnée : on cache la deuxième ligne, on fait le produit en croix xz′−zx′, et on prend son opposé : zx′−xz′.
Troisième coordonnée : on cache la troisième ligne : xy′−yx′.
Exemple 5.u(1;2;−1) et v(3;0;2).
première coordonnée : 2×2−(−1)×0=4 ;
deuxième coordonnée : −(1×2−(−1)×3)=−5 ;
troisième coordonnée : 1×0−2×3=−6.
Donc u∧v(4;−5;−6). Contrôle :(4;−5;−6)⋅(1;2;−1)=4−10+6=0 et (4;−5;−6)⋅(3;0;2)=12+0−12=0 : le résultat est bien orthogonal à u et à v.
Conseil. Vérifie toujours ton résultat par ces deux produits scalaires : une erreur de calcul se voit tout de suite.
Exemple 6 (le cube). Dans le repère (A;AB,AD,AE), AC(1;1;0) et AE(0;0;1). Alors
AC∧AE=(1×1−0×0;0×0−1×1;1×0−1×0)=(1;−1;0).
Or D(0;1;0) et B(1;0;0), donc DB(1;−1;0) : AC∧AE=DB.
2.3 Colinéarité et alignement
Propriété. Trois points A, B, C sont alignés si, et seulement si, AB∧AC=0.
Exemple 7.A(1;2;3), B(2;4;1), C(4;8;−3) et D(0;1;1). On a AB(1;2;−2), AC(3;6;−6) et AD(−1;−1;−2).
AB∧AC=(2×(−6)−(−2)×6;(−2)×3−1×(−6);1×6−2×3)=(0;0;0) : A, B, C sont alignés (en effet AC=3AB).
AB∧AD=(−6;4;1)=0 : A, B, D ne sont pas alignés.
Exemple 8 (avec un paramètre). Pour quelles valeurs de m les vecteurs u(2;m;3) et v(4;−2;6) sont-ils colinéaires ?
u∧v=(6m+6;3×4−2×6;−4−4m)=(6m+6;0;−4−4m).
Ce vecteur est nul si, et seulement si, m=−1. Alors v=2u.