Vidéo 8 : Reconnaître une conique, tracer une tangente · 3 min 50 s · sous-titres en français
Le cours écrit
8.1 Équation cartésienne αx2+βy2+γx+δy+φ=0
On considère une équation sans terme en xy, avec α et β non tous deux nuls. Méthode : on met chaque variable sous forme canonique (Seconde), puis on change de repère par translation : si Ω(x0;y0), les coordonnées dans le repère (Ω;i,j) sont X=x−x0 et Y=y−y0. On compare alors à une équation réduite.
Signes
Nature (cas général)
Cas particuliers possibles
α et β de même signe
ellipse (cercle si α=β)
un point, ensemble vide
α et β de signes contraires
hyperbole
deux droites sécantes
α=0 ou β=0
parabole
une ou deux droites parallèles, ensemble vide
Exemple 19 (ellipse).4x2+9y2−16x+18y−11=0. On écrit 4(x2−4x)+9(y2+2y)=11, soit 4(x−2)2−16+9(y+1)2−9=11, donc 4(x−2)2+9(y+1)2=36 :
9(x−2)2+4(y+1)2=1.
Avec Ω(2;−1), X=x−2, Y=y+1 : c'est l'ellipse 9X2+4Y2=1, a=3, b=2, c=5, e=35. Dans le repère initial : centre Ω(2;−1), sommets (5;−1), (−1;−1), (2;1), (2;−3), foyers (2+5;−1) et (2−5;−1), directrices x=2±59.
Exemple 20 (hyperbole).x2−4y2−2x−16y−19=0 s'écrit (x−1)2−1−4(y+2)2+16−19=0, soit (x−1)2−4(y+2)2=4 :
4(x−1)2−(y+2)2=1.
Hyperbole de centre Ω(1;−2), a=2, b=1, c=5, e=25 ; sommets (3;−2) et (−1;−2), foyers (1±5;−2), asymptotes y+2=±21(x−1).
Exemple 21 (parabole).y2−4y−8x+12=0 s'écrit (y−2)2−4−8x+12=0, soit (y−2)2=8(x−1). Avec Ω(1;2) : Y2=8X, parabole de sommet Ω(1;2), de paramètre p=4, de foyer (1+2;2)=(3;2) et de directrice x=1−2=−1.
8.2 À partir d'une représentation paramétrique
On élimine le paramètre avec cos2t+sin2t=1 ou cos2t1−tan2t=1.
Exemple 22.x=1+3cost, y=−2+2sint : (3x−1)2+(2y+2)2=1, ellipse de centre (1;−2), a=3, b=2. Et x=cost2, y=3tant : 4x2−9y2=1, hyperbole.
8.3 Tangente en un point d'une conique
Théorème 13. Soit M0(x0;y0) un point de la conique. La tangente en M0 a pour équation :
ellipse a2x2+b2y2=1 : a2xx0+b2yy0=1 ;
hyperbole a2x2−b2y2=1 : a2xx0−b2yy0=1 ;
parabole y2=2px : yy0=p(x+x0).
C'est la règle du dédoublement : on remplace x2 par xx0, y2 par yy0 et 2x par x+x0.
Démonstration pour l'ellipse.M0=M(t0) avec x0=acost0, y0=bsint0, et v(t0)(−asint0;bcost0), qui n'est pas nul. Par le théorème 1, la tangente a pour équation bcost0(x−acost0)+asint0(y−bsint0)=0, soit bxcost0+aysint0=ab. En divisant par ab : axcost0+bysint0=1, c'est-à-dire a2xx0+b2yy0=1.
Pour l'hyperbole, on utilise x=costa, y=btant : v(t)(cos2tasint;cos2tb) est colinéaire à (asint;b) et le même calcul conduit à a2xx0−b2yy0=1. Pour la parabole, avec x=2pt2, y=t : v(t)(pt;1) et la tangente s'écrit x−2pt2−pt(y−t)=0, soit ty=px+2t2, c'est-à-dire yy0=p(x+x0).
Tracer la tangente.
Ellipse : si x0=0, la tangente en M0 coupe (Ox) au point T(x0a2;0). C'est aussi le point où la tangente au cercle principal, au point P de même abscisse que M0, coupe (Ox) (pour le cercle x2+y2=a2, la tangente en P(x0;yP) est xx0+yyP=a2). On trace donc la tangente au cercle en P, perpendiculaire au rayon [OP], puis la droite (TM0).
Paraboley2=2px : si M0=O, la tangente en M0 coupe (Ox) au point (−x0;0), symétrique par rapport au sommet du projeté de M0 sur l'axe.
Exemple 23 (ellipse). L'ellipse 8x2+2y2=1 passe par M0(2;1) (84+21=1). Tangente : 82x+2y=1, soit x+2y=4. Elle coupe (Ox) en T(4;0), et x0a2=28=4. La tangente au cercle principal x2+y2=8 au point P(2;2) est 2x+2y=8 : elle passe aussi par T(4;0).
Exemple 24 (hyperbole). L'hyperbole 4x2−5y2=1 passe par M0(3;25). Tangente : 43x−5(5/2)y=1, soit 3x−2y=4.
Exemple 25 (parabole). La parabole y2=8x passe par M0(2;4). Tangente : 4y=4(x+2), soit y=x+2, qui coupe (Ox) en (−2;0).