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Leçon 1

Courbes paramétrées et tangente

Vidéo 1 : Courbes paramétrées et tangente · 4 min 25 s · sous-titres en français

Le cours écrit

1.1 Un problème de lieu : l'échelle qui glisse

Le programme demande d'introduire les courbes paramétrées à partir de problèmes de lieux géométriques. En voici un.

Une échelle [AB][AB] de longueur 33 glisse : son pied AA reste sur le sol, l'axe des abscisses, et son sommet BB reste contre le mur, l'axe des ordonnées. On repère sa position par l'angle t=OAB^t = \widehat{OAB} qu'elle fait avec le sol, t∈[0 ;π2]t \in \left[0\,;\frac{\pi}{2}\right]. Alors OA=3cos⁡tOA = 3\cos t et OB=3sin⁡tOB = 3\sin t : A(3cos⁡t ;0),B(0 ;3sin⁡t).A(3\cos t\,;0), \qquad B(0\,;3\sin t).

  • Le milieu II de [AB][AB] a pour coordonnées (32cos⁡t ;32sin⁡t)\left(\frac32\cos t\,;\frac32\sin t\right). Donc OI=32OI = \frac32 pour tout tt : quand l'échelle glisse, II décrit le quart de cercle de centre OO et de rayon 32\frac32 situé dans le quart de plan x≥0x \geq 0, y≥0y \geq 0.
  • Le point MM de l'échelle tel que AM=1AM = 1 vérifie AM→=13 AB→\overrightarrow{AM} = \frac13\,\overrightarrow{AB}, donc M(2cos⁡t ;sin⁡t)M(2\cos t\,;\sin t). Ses coordonnées vérifient x24+y2=cos⁡2t+sin⁡2t=1\dfrac{x^2}{4} + y^2 = \cos^2 t + \sin^2 t = 1 : ce n'est plus un cercle, c'est un quart d'ellipse (leçon 6).

Dans les deux cas, la position du point est donnée par deux fonctions du paramètre tt.

1.2 Définition

Soit II un intervalle (ou une réunion d'intervalles) de R\mathbb{R}, et xx, yy deux fonctions définies sur II. L'ensemble Γ\Gamma des points M(t)M(t) tels que OM→(t)=x(t) i⃗+y(t) j⃗,t∈I,\overrightarrow{OM}(t) = x(t)\,\vec i + y(t)\,\vec j, \qquad t \in I, est une courbe paramétrée. Le système {x=x(t)y=y(t)\begin{cases} x = x(t) \\ y = y(t) \end{cases}, t∈It \in I, est une représentation paramétrique de Γ\Gamma, et tt est le paramètre. Une même courbe a plusieurs représentations paramétriques.

Exemples.

  • Droite (Seconde) : la droite passant par A(xA ;yA)A(x_A\,;y_A) et dirigée par u⃗ (α ;β)\vec u\,(\alpha\,;\beta) a pour représentation x=xA+αtx = x_A + \alpha t, y=yA+βty = y_A + \beta t, t∈Rt \in \mathbb{R}.
  • Cercle : le cercle de centre Ω(x0 ;y0)\Omega(x_0\,;y_0) et de rayon RR a pour représentation x=x0+Rcos⁡t,y=y0+Rsin⁡t,t∈[0 ;2π[.x = x_0 + R\cos t, \qquad y = y_0 + R\sin t, \qquad t \in [0\,;2\pi[. En effet (x−x0)2+(y−y0)2=R2(cos⁡2t+sin⁡2t)=R2(x - x_0)^2 + (y - y_0)^2 = R^2(\cos^2 t + \sin^2 t) = R^2 ; réciproquement, si M(x ;y)M(x\,;y) est sur le cercle, le point (x−x0R ;y−y0R)\left(\frac{x - x_0}{R}\,;\frac{y - y_0}{R}\right) est sur le cercle trigonométrique, donc de la forme (cos⁡t ;sin⁡t)(\cos t\,;\sin t).
  • Courbe d'une fonction : la courbe de ff a pour représentation x=tx = t, y=f(t)y = f(t).

1.3 Passer à une équation cartésienne

Pour reconnaître une courbe paramétrée, on cherche une relation entre xx et yy en éliminant tt.

Exemple 1. x=1+2cos⁡tx = 1 + 2\cos t, y=−1+2sin⁡ty = -1 + 2\sin t, t∈[0 ;2π[t \in [0\,;2\pi[. Alors cos⁡t=x−12\cos t = \dfrac{x - 1}{2} et sin⁡t=y+12\sin t = \dfrac{y + 1}{2}, d'où (x−1)2+(y+1)2=4(x - 1)^2 + (y + 1)^2 = 4 : c'est le cercle de centre (1 ;−1)(1\,;-1) et de rayon 22.

Exemple 2. x=t+1x = t + 1, y=t2y = t^2, t∈Rt \in \mathbb{R}. Alors t=x−1t = x - 1 et y=(x−1)2y = (x - 1)^2 : c'est la parabole d'équation y=(x−1)2y = (x - 1)^2, en entier, puisque x=t+1x = t + 1 prend toutes les valeurs réelles.

Attention. L'élimination donne une équation que vérifient les points ; il faut ensuite vérifier quelle partie de la courbe obtenue est réellement parcourue (l'échelle ne donne qu'un quart de cercle).

1.4 Vecteur dérivé et tangente

Le programme ne fait aucune étude des fonctions vectorielles : le vecteur dérivé est simplement défini par ses coordonnées.

Définition. Si xx et yy sont dérivables en t0t_0, le vecteur dérivé au point M(t0)M(t_0) est le vecteur v⃗(t0) (x′(t0) ;y′(t0)).\vec v(t_0)\,\big(x'(t_0)\,;y'(t_0)\big).

Interprétation. Pour h≠0h \neq 0, le vecteur 1h M(t0)M(t0+h)→\dfrac{1}{h}\,\overrightarrow{M(t_0)M(t_0 + h)} dirige la sécante (M(t0)M(t0+h))\big(M(t_0)M(t_0 + h)\big) ; ses coordonnées x(t0+h)−x(t0)h\dfrac{x(t_0 + h) - x(t_0)}{h} et y(t0+h)−y(t0)h\dfrac{y(t_0 + h) - y(t_0)}{h} tendent vers x′(t0)x'(t_0) et y′(t0)y'(t_0) quand hh tend vers 00. Quand v⃗(t0)\vec v(t_0) n'est pas nul, la sécante se rapproche donc de la droite dirigée par v⃗(t0)\vec v(t_0).

Théorème 1 (tangente). Si v⃗(t0)≠0⃗\vec v(t_0) \neq \vec 0, la tangente à Γ\Gamma au point M0=M(t0)M_0 = M(t_0) est la droite passant par M0M_0 et dirigée par v⃗(t0)\vec v(t_0). Une équation en est y′(t0) (x−x(t0))−x′(t0) (y−y(t0))=0.y'(t_0)\,\big(x - x(t_0)\big) - x'(t_0)\,\big(y - y(t_0)\big) = 0.

  • Si y′(t0)=0y'(t_0) = 0 et x′(t0)≠0x'(t_0) \neq 0 : la tangente est horizontale.
  • Si x′(t0)=0x'(t_0) = 0 et y′(t0)≠0y'(t_0) \neq 0 : la tangente est verticale.

Justification de l'équation. M(x ;y)M(x\,;y) est sur la tangente si et seulement si M0M→\overrightarrow{M_0M} et v⃗(t0)\vec v(t_0) sont colinéaires, c'est-à-dire si leur déterminant est nul.

Comme le demande le programme, on se limite au cas où le vecteur dérivé n'est pas nul. Un point où v⃗(t0)=0⃗\vec v(t_0) = \vec 0 est appelé point stationnaire : la méthode ne donne pas de tangente, et l'on se contente de placer ce point sur la figure (leçons 3 et 4).

Lien avec les fonctions. Pour la courbe de ff (x=tx = t, y=f(t)y = f(t)), le vecteur dérivé est v⃗(t) (1 ;f′(t))\vec v(t)\,\big(1\,;f'(t)\big) : on retrouve la tangente de coefficient directeur f′(t)f'(t).

Exemple 3 (l'échelle). Pour le point M(2cos⁡t ;sin⁡t)M(2\cos t\,;\sin t) de l'échelle, v⃗(t) (−2sin⁡t ;cos⁡t)\vec v(t)\,(-2\sin t\,;\cos t). En t0=π4t_0 = \frac{\pi}{4} : M0(2 ;22)M_0\left(\sqrt2\,;\frac{\sqrt2}{2}\right) et v⃗(−2 ;22)\vec v\left(-\sqrt2\,;\frac{\sqrt2}{2}\right), colinéaire à (−2 ;1)(-2\,;1). La tangente a pour équation 1×(x−2)+2(y−22)=01 \times \big(x - \sqrt2\big) + 2\left(y - \frac{\sqrt2}{2}\right) = 0, soit x+2y−22=0x + 2y - 2\sqrt2 = 0.

Exemple 4 (le cercle). Pour x=Rcos⁡tx = R\cos t, y=Rsin⁡ty = R\sin t : v⃗(t) (−Rsin⁡t ;Rcos⁡t)\vec v(t)\,(-R\sin t\,;R\cos t), et OM→⋅v⃗(t)=−R2cos⁡tsin⁡t+R2sin⁡tcos⁡t=0\overrightarrow{OM} \cdot \vec v(t) = -R^2\cos t\sin t + R^2\sin t\cos t = 0. On retrouve que la tangente au cercle est perpendiculaire au rayon.

Exemple 5 (tangentes horizontales et verticales). Soit Γ:x(t)=t2−2t\Gamma : x(t) = t^2 - 2t, y(t)=t2+2ty(t) = t^2 + 2t, t∈Rt \in \mathbb{R}. Alors v⃗(t) (2t−2 ;2t+2)\vec v(t)\,(2t - 2\,;2t + 2), qui n'est jamais nul (2t−22t - 2 et 2t+22t + 2 ne s'annulent pas pour la même valeur).

  • y′(t)=0y'(t) = 0 pour t=−1t = -1 : tangente horizontale au point (3 ;−1)(3\,;-1).
  • x′(t)=0x'(t) = 0 pour t=1t = 1 : tangente verticale au point (−1 ;3)(-1\,;3).
  • En t=0t = 0, au point OO : v⃗(0) (−2 ;2)\vec v(0)\,(-2\,;2), tangente d'équation y=−xy = -x.

Lire le cours complet du chapitre

Exercices 1 et 2

  • Exercice 1 : reconnaître des courbes, un lieu géométrique
  • Exercice 2 : tangentes et point double

Exercices du chapitre (PDF, 271 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 265 Ko)

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