Programme de S1 Version pour les séries S1, S3 et S1A.
Ce chapitre étudie des courbes planes, en deux parties.
Les courbes paramétrées : une courbe décrite par un point M(t) qui se déplace quand un paramètre t varie. Le vecteur dérivé donne la tangente et, quand t est le temps, la vitesse ; on étudie ensuite le mouvement, puis deux courbes célèbres, l'astroïde et la cycloïde.
Les coniques : parabole, ellipse et hyperbole, définies par un foyer et une directrice, puis par deux foyers ; leurs équations réduites, leurs équations paramétriques et leurs tangentes.
On utilise librement ce qui a été vu avant :
en Seconde : équations cartésiennes et paramétriques d'une droite, équation d'un cercle, changement de repère par translation, forme canonique d'un trinôme ;
en Première S1 : produit scalaire, distance d'un point à une droite, barycentre ;
au chapitre 2 : dérivées, en particulier (cosu)′=−u′sinu, (sinu)′=u′cosu et (un)′=nu′un−1 ;
au chapitre 11 : les applications affines, comme x′=x, y′=2y.
Notations. Le plan est muni d'un repère orthonormé(O;i,j). Les coordonnées d'un vecteur sont notées entre parenthèses : u(a;b). La norme de u est ∥u∥=a2+b2.
Le programme demande d'introduire les courbes paramétrées à partir de problèmes de lieux géométriques. En voici un.
Une échelle [AB] de longueur 3 glisse : son pied A reste sur le sol, l'axe des abscisses, et son sommet B reste contre le mur, l'axe des ordonnées. On repère sa position par l'angle t=OAB qu'elle fait avec le sol, t∈[0;2π]. Alors OA=3cost et OB=3sint :
A(3cost;0),B(0;3sint).
Le milieuI de [AB] a pour coordonnées (23cost;23sint). Donc OI=23 pour tout t : quand l'échelle glisse, I décrit le quart de cercle de centre O et de rayon 23 situé dans le quart de plan x≥0, y≥0.
Le point M de l'échelle tel que AM=1 vérifie AM=31AB, donc M(2cost;sint). Ses coordonnées vérifient 4x2+y2=cos2t+sin2t=1 : ce n'est plus un cercle, c'est un quart d'ellipse (leçon 6).
Dans les deux cas, la position du point est donnée par deux fonctions du paramètre t.
1.2 Définition
Soit I un intervalle (ou une réunion d'intervalles) de R, et x, y deux fonctions définies sur I. L'ensemble Γ des points M(t) tels que
OM(t)=x(t)i+y(t)j,t∈I,
est une courbe paramétrée. Le système {x=x(t)y=y(t), t∈I, est une représentation paramétrique de Γ, et t est le paramètre. Une même courbe a plusieurs représentations paramétriques.
Exemples.
Droite (Seconde) : la droite passant par A(xA;yA) et dirigée par u(α;β) a pour représentation x=xA+αt, y=yA+βt, t∈R.
Cercle : le cercle de centre Ω(x0;y0) et de rayon R a pour représentation
x=x0+Rcost,y=y0+Rsint,t∈[0;2π[.
En effet (x−x0)2+(y−y0)2=R2(cos2t+sin2t)=R2 ; réciproquement, si M(x;y) est sur le cercle, le point (Rx−x0;Ry−y0) est sur le cercle trigonométrique, donc de la forme (cost;sint).
Courbe d'une fonction : la courbe de f a pour représentation x=t, y=f(t).
1.3 Passer à une équation cartésienne
Pour reconnaître une courbe paramétrée, on cherche une relation entre x et y en éliminant t.
Exemple 1.x=1+2cost, y=−1+2sint, t∈[0;2π[. Alors cost=2x−1 et sint=2y+1, d'où (x−1)2+(y+1)2=4 : c'est le cercle de centre (1;−1) et de rayon 2.
Exemple 2.x=t+1, y=t2, t∈R. Alors t=x−1 et y=(x−1)2 : c'est la parabole d'équation y=(x−1)2, en entier, puisque x=t+1 prend toutes les valeurs réelles.
Attention. L'élimination donne une équation que vérifient les points ; il faut ensuite vérifier quelle partie de la courbe obtenue est réellement parcourue (l'échelle ne donne qu'un quart de cercle).
1.4 Vecteur dérivé et tangente
Le programme ne fait aucune étude des fonctions vectorielles : le vecteur dérivé est simplement défini par ses coordonnées.
Définition. Si x et y sont dérivables en t0, le vecteur dérivé au point M(t0) est le vecteur
v(t0)(x′(t0);y′(t0)).
Interprétation. Pour h=0, le vecteur h1M(t0)M(t0+h) dirige la sécante (M(t0)M(t0+h)) ; ses coordonnées hx(t0+h)−x(t0) et hy(t0+h)−y(t0) tendent vers x′(t0) et y′(t0) quand h tend vers 0. Quand v(t0) n'est pas nul, la sécante se rapproche donc de la droite dirigée par v(t0).
Théorème 1 (tangente). Si v(t0)=0, la tangente à Γ au point M0=M(t0) est la droite passant par M0 et dirigée par v(t0). Une équation en est
y′(t0)(x−x(t0))−x′(t0)(y−y(t0))=0.
Si y′(t0)=0 et x′(t0)=0 : la tangente est horizontale.
Si x′(t0)=0 et y′(t0)=0 : la tangente est verticale.
Justification de l'équation.M(x;y) est sur la tangente si et seulement si M0M et v(t0) sont colinéaires, c'est-à-dire si leur déterminant est nul.
Comme le demande le programme, on se limite au cas où le vecteur dérivé n'est pas nul. Un point où v(t0)=0 est appelé point stationnaire : la méthode ne donne pas de tangente, et l'on se contente de placer ce point sur la figure (leçons 3 et 4).
Lien avec les fonctions. Pour la courbe de f (x=t, y=f(t)), le vecteur dérivé est v(t)(1;f′(t)) : on retrouve la tangente de coefficient directeur f′(t).
Exemple 3 (l'échelle). Pour le point M(2cost;sint) de l'échelle, v(t)(−2sint;cost). En t0=4π : M0(2;22) et v(−2;22), colinéaire à (−2;1). La tangente a pour équation 1×(x−2)+2(y−22)=0, soit x+2y−22=0.
Exemple 4 (le cercle). Pour x=Rcost, y=Rsint : v(t)(−Rsint;Rcost), et OM⋅v(t)=−R2costsint+R2sintcost=0. On retrouve que la tangente au cercle est perpendiculaire au rayon.
Exemple 5 (tangentes horizontales et verticales). Soit Γ:x(t)=t2−2t, y(t)=t2+2t, t∈R. Alors v(t)(2t−2;2t+2), qui n'est jamais nul (2t−2 et 2t+2 ne s'annulent pas pour la même valeur).
y′(t)=0 pour t=−1 : tangente horizontale au point (3;−1).
x′(t)=0 pour t=1 : tangente verticale au point (−1;3).
En t=0, au point O : v(0)(−2;2), tangente d'équation y=−x.
Quand le paramètre t est le temps, M(t) est la position d'un point mobile à l'instant t, et la courbe est sa trajectoire.
Le vecteur dérivé v(t)(x′(t);y′(t)) est le vecteur vitesse à l'instant t. S'il n'est pas nul, il est tangent à la trajectoire et indique le sens du mouvement.
Sa norme ∥v(t)∥=x′(t)2+y′(t)2 est la vitesse (scalaire) du point.
Si x et y sont deux fois dérivables, le vecteur accélération est a(t)(x′′(t);y′′(t)) : c'est le vecteur dérivé du vecteur vitesse.
2.2 Étude du mouvement
Théorème 2. Pour tout t : (∥v(t)∥2)′=2v(t)⋅a(t). Par conséquent :
le mouvement est uniforme (vitesse constante) sur un intervalle si et seulement si v(t)⋅a(t)=0 pour tout t de cet intervalle ;
il est accéléré (la vitesse augmente) là où v(t)⋅a(t)>0, et retardé (la vitesse diminue) là où v(t)⋅a(t)<0.
Démonstration.∥v(t)∥2=x′(t)2+y′(t)2 a pour dérivée 2x′(t)x′′(t)+2y′(t)y′′(t)=2v(t)⋅a(t). Comme la vitesse est positive, elle varie dans le même sens que son carré.
Étudier un mouvement, c'est donc : déterminer la trajectoire (équation cartésienne), calculer v(t), ∥v(t)∥ et a(t), puis préciser les phases où le mouvement est uniforme, accéléré ou retardé.
2.3 Deux mouvements de référence
Exemple 6 (mouvement circulaire uniforme).x(t)=Rcos(ωt), y(t)=Rsin(ωt), avec R>0 et ω>0.
Trajectoire : le cercle de centre O et de rayon R.
v(t)(−Rωsin(ωt);Rωcos(ωt)) et ∥v(t)∥=Rω : le mouvement est uniforme.
a(t)(−Rω2cos(ωt);−Rω2sin(ωt)), c'est-à-dire a(t)=−ω2OM(t) : l'accélération est dirigée vers le centre, de norme Rω2. On vérifie que v⋅a=0.
Exemple 7 (un ballon lancé, modèle simplifié). Les unités sont choisies pour que les calculs soient simples : x(t)=2t, y(t)=4t−t2, pour t∈[0;4].
Trajectoire.t=2x, donc y=2x−4x2 : un arc de parabole, de O (à t=0) au point (8;0) (à t=4).
Vitesse.v(t)(2;4−2t) ; à t=0, v(0)(2;4) et la vitesse vaut 20=25.
Sommet.y′(t)=0 pour t=2 : au point (4;4), v(2)(2;0), la tangente est horizontale et la vitesse vaut 2.
Accélération.a(t)(0;−2) : constante, verticale, dirigée vers le bas, comme la pesanteur.
Mouvement.v(t)⋅a(t)=−2(4−2t)=4t−8 : le mouvement est retardé pour t∈[0;2[ (le ballon monte et ralentit), puis accéléré pour t∈]2;4]. La vitesse est minimale au sommet.
Pour représenter une courbe paramétrée (compétence exigible) :
Réduire l'intervalle d'étude, grâce à la périodicité et aux symétries.
Étudier les variations de x et de y en même temps, dans un tableau de variations conjoint.
Placer les points remarquables : points à tangente horizontale (y′=0) ou verticale (x′=0), points stationnaires (v=0), points d'intersection avec les axes, et quelques tangentes.
Tracer l'arc étudié, puis compléter la courbe par les symétries.
Symétries usuelles. Si, pour tout t de l'intervalle (symétrique) :
Relation
Propriété de la courbe
x(t+T)=x(t) et y(t+T)=y(t)
on étudie sur un intervalle de longueur T
x(−t)=x(t) et y(−t)=−y(t)
M(−t) et M(t) sont symétriques par rapport à l'axe (Ox)
x(−t)=−x(t) et y(−t)=y(t)
M(−t) et M(t) sont symétriques par rapport à l'axe (Oy)
x(−t)=−x(t) et y(−t)=−y(t)
M(−t) et M(t) sont symétriques par rapport à O
On utilise de la même façon des relations entre t et k−t (par exemple π−t) : si M(k−t) se déduit de M(t) par une symétrie, il suffit d'étudier la courbe pour t≥2k (ou t≤2k).
L'étude des branches infinies est hors programme : les courbes étudiées ici restent bornées, ou l'on se contente de leur allure.
3.2 Exemple : l'astroïde
Soit a>0. L'astroïde est la courbe Γ définie par
x(t)=acos3t,y(t)=asin3t,t∈R.
Réduction.
x et y sont 2π-périodiques : on étudie sur [−π;π].
x(−t)=x(t) et y(−t)=−y(t) : symétrie par rapport à (Ox). On étudie sur [0;π].
x(π−t)=a(−cost)3=−x(t) et y(π−t)=y(t) : symétrie par rapport à (Oy). On étudie sur [0;2π].
(De plus, x(2π−t)=y(t) et y(2π−t)=x(t) : la courbe est aussi symétrique par rapport à la droite y=x.)
Variations.x′(t)=−3acos2tsint et y′(t)=3asin2tcost. Sur [0;2π], sint≥0 et cost≥0 : x′≤0 et y′≥0.
t
0
4π
2π
x′(t)
0
−
−43a2
−
0
x(t)
a
↘
4a2
↘
0
y′(t)
0
+
43a2
+
0
y(t)
0
↗
4a2
↗
a
Points remarquables.
En t=0 et t=2π, v=0 : les points A(a;0) et B(0;a) sont stationnaires. On ne cherche pas de tangente en ces points (programme) ; la figure y montre une pointe.
Pour 0<t<2π : v(t)=3asintcost(−cost;sint), avec 3asintcost>0. La tangente en M(t) est dirigée par w(t)(−cost;sint).
En t=4π : M(4a2;4a2), tangente dirigée par (−1;1), de coefficient directeur −1.
Tracé. L'arc de A à B est tracé grâce au tableau ; les symétries par rapport à (Oy) puis à (Ox) donnent la courbe entière, qui a quatre pointes : (a;0), (0;a), (−a;0) et (0;−a).
Remarque (équation cartésienne). Pour x≥0 et y≥0, (ax)2/3+(ay)2/3=cos2t+sin2t=1.
3.3 L'astroïde et l'échelle
Exemple 8. Pour 0<t<2π, la tangente en M(t) passe par M(t) et est dirigée par (−cost;sint) ; son équation est
sint(x−acos3t)+cost(y−asin3t)=0,soitxsint+ycost=asintcost(cos2t+sin2t)=asintcost.
Elle coupe l'axe des abscisses en P(acost;0) et l'axe des ordonnées en Q(0;asint), et PQ=a2cos2t+a2sin2t=a. Le segment [PQ] découpé par la tangente a toujours la longueur a : c'est l'échelle de la leçon 1 (avec a=3). Quand l'échelle glisse, elle reste tangente à l'astroïde.
Une roue de rayon a>0 roule sans glisser sur l'axe des abscisses, vers la droite. On suit un point M du bord de la roue, qui est en O au départ. Quand la roue a tourné d'un angle t (en radians), elle a avancé de la longueur de l'arc déroulé, soit at : son centre est en C(at;a).
Au départ, le vecteur CM est dirigé vers le bas ; la roue tourne dans le sens indirect, donc CM fait avec i l'angle −2π−t :
CM=acos(−2π−t)i+asin(−2π−t)j=−asinti−acostj.
Avec OM=OC+CM, on obtient la cycloïde :
x(t)=a(t−sint),y(t)=a(1−cost),t∈R.
Remarque sur le texte du programme. Le programme imprime « y(t)=a(t−cost) ». Avec cette formule, y(0)=−a : le point ne partirait pas du sol, et la courbe ne serait pas celle d'un point de la roue. Il s'agit d'une coquille pour a(1−cost), la formule obtenue ci-dessus.
4.2 Étude d'une arche
Réduction.
x(t+2π)=x(t)+2πa et y(t+2π)=y(t) : M(t+2π) est l'image de M(t) par la translation de vecteur 2πai. On étudie une arche, pour t∈[0;2π], puis on la reproduit par translation.
x(2π−t)=2πa−x(t) et y(2π−t)=y(t) : M(2π−t) est le symétrique de M(t) par rapport à la droite d'équation x=πa. On étudie sur [0;π].
Variations.x′(t)=a(1−cost)≥0 et y′(t)=asint, positif sur [0;π].
t
0
2π
π
x′(t)
0
+
a
+
2a
x(t)
0
↗
a(2π−1)
↗
πa
y′(t)
0
+
a
+
0
y(t)
0
↗
a
↗
2a
Points remarquables.
v(t)=0 si et seulement si cost=1 et sint=0, c'est-à-dire t=2kπ : les points (2kπa;0), où le point touche le sol, sont stationnaires ; la figure y montre des pointes.
En t=π : le sommet de l'arche (πa;2a), avec v(π)(2a;0) : tangente horizontale.
En t=2π : le point (a(2π−1);a), avec v(a;a) : tangente de coefficient directeur 1.
Une arche a pour largeur 2πa (le périmètre de la roue) et pour hauteur 2a (le diamètre).
4.3 Vitesse, accélération, tangente
Prenons le temps comme paramètre : la roue tourne d'un radian par unité de temps, et son centre C(at;a) avance à la vitesse a.
Vitesse. Avec 1−cost=2sin22t et sint=2sin2tcos2t :
v(t)=2asin2t(sin2t;cos2t),∥v(t)∥=2asin2t.
Le point de la roue qui touche le sol est immobile à cet instant (t=2kπ) ; le point le plus haut (t=π) va deux fois plus vite que le centre.
Accélération.a(t)(asint;acost), c'est-à-dire a(t)=MC : l'accélération est dirigée vers le centre de la roue, et sa norme vaut a.
Théorème 3 (tangente à la cycloïde). Pour t∈]0;2π[, la tangente en M(t) passe par le point le plus haut de la roue, T(at;2a), et la normale (la perpendiculaire à la tangente en M) passe par le point de contact K(at;0).
Démonstration.MT(asint;a+acost)=2acos2t(sin2t;cos2t) est colinéaire à v(t), qui n'est pas nul. Et MK(asint;−a+acost) vérifie MK⋅v(t)=a2sint(1−cost)−a2sint(1−cost)=0.
C'est une construction de la tangente : on dessine la roue dans la position où elle passe par M, et l'on joint M au sommet de la roue.
Exemple 9. Pour a=1 et t=32π : M(32π−23;23), v(23;23), de norme 3=2sin3π. Le sommet de la roue est T(32π;2) et MT(23;21)=31v : T est bien sur la tangente.
Leçon 5 : Coniques, foyer et directrice ; la parabole
Soit D une droite, F un point qui n'est pas sur D, et e un réel strictement positif. Pour tout point M, on note H son projeté orthogonal sur D.
Définition. La conique de foyerF, de directriceD et d'excentricitée est l'ensemble des points M tels que
MHMF=e,c’est-aˋ-direMF=e×MH.
C'est la ligne de niveau e de la fonction M⟼MHMF, comme le demande le programme. C'est une ellipse si e<1, une parabole si e=1, une hyperbole si e>1.
Aucun point de D n'est sur la conique : si M∈D, alors MH=0, et MF=0 donnerait M=F, qui n'est pas sur D.
5.2 Axe focal et sommets
La droite Δ passant par F et perpendiculaire à D est l'axe focal. La réflexion d'axe Δ laisse F en place et transforme D en elle-même ; comme elle conserve les distances, elle transforme la conique en elle-même : Δ est un axe de symétrie de la conique.
Les points de la conique situés sur Δ sont ses sommets (sur l'axe focal).
Théorème 4. Soit K le projeté orthogonal de F sur D.
Le barycentre S=bar{(F,1),(K,e)} est un sommet de la conique.
Si e=1, le barycentre S′=bar{(F,1),(K,−e)} est un second sommet.
Il n'y en a pas d'autre sur Δ.
Démonstration. Pour M∈Δ, le projeté de M sur D est K. Alors MF=eMK équivaut à MF2−e2MK2=0, soit (MF+eMK)⋅(MF−eMK)=0. Ces deux vecteurs sont dirigés par Δ, donc colinéaires : leur produit scalaire est nul si et seulement si l'un d'eux est nul. Or MF+eMK=0 signifie M=S, et MF−eMK=0 signifie M=S′ (barycentre qui existe si 1−e=0).
Pour une parabole (e=1), le seul sommet est le milieu de [FK].
5.3 La parabole : équation réduite
Soit une parabole de foyer F et de directrice D, et p=FK la distance du foyer à la directrice (p>0 est le paramètre). On choisit le repère orthonormé d'origine le sommet S (milieu de [KF]), d'axe des abscisses Δ orienté de K vers F. Alors
F(2p;0),D:x=−2p.
Théorème 5. Dans ce repère, la parabole a pour équation y2=2px. Réciproquement, pour p>0, la courbe d'équation y2=2px est la parabole de foyer F(2p;0) et de directrice D:x=−2p.
Démonstration. Pour M(x;y), H(−2p;y) et MH=x+2p. Alors
MF=MH⟺(x−2p)2+y2=(x+2p)2⟺y2=2px,
et chaque étape est une équivalence (les distances sont positives).
Propriétés. Tout point de la parabole vérifie x≥0 ; l'axe (Ox) est son axe de symétrie ; le sommet est O.
Équations paramétriques.x=2pt2, y=t, t∈R.
Autres positions (toujours avec p>0) :
Équation
Foyer
Directrice
La parabole est tournée vers
y2=2px
(2p;0)
x=−2p
la droite
y2=−2px
(−2p;0)
x=2p
la gauche
x2=2py
(0;2p)
y=−2p
le haut
x2=−2py
(0;−2p)
y=2p
le bas
Exemple 10 (la courbe de y=x2).y=x2 s'écrit x2=2×21×y : c'est la parabole de paramètre p=21, de foyer F(0;41) et de directrice y=−41. Contrôle : pour M(x;x2), MF2=x2+(x2−41)2=(x2+41)2=MH2. Plus généralement, la courbe de y=αx2 (α=0) est une parabole de foyer (0;4α1) et de directrice y=−4α1.
Exemple 11 (déterminer une équation). Parabole de foyer F(2;0) et de directrice D:x=−2. Ici p=4 et le sommet est O : y2=8x. Le point M(2;4) en fait partie : MF=4 et MH=2+2=4.
Exemple 12 (une parabole hors de la position réduite). Foyer F(3;1), directrice D:x=−1. Pour M(x;y) : (x−3)2+(y−1)2=(x+1)2, soit (y−1)2=8x−8=8(x−1). C'est la parabole de sommet S(1;1) (milieu de [FK] avec K(−1;1)), de paramètre p=4, tournée vers la droite.
6.1 Équation réduite d'une conique d'excentricité e=1
Théorème 6. Soit une conique de foyer F, de directrice D et d'excentricité e=1, et d=FK la distance de F à D. On pose
a=∣1−e2∣edetc=ea.
Il existe un repère orthonormé, d'axe des abscisses l'axe focal, dans lequel F(c;0) et D:x=ea. Dans ce repère, la conique a pour équation
a2x2+a2(1−e2)y2=1.
Démonstration. Les nombres c=ea et ea diffèrent de ea−ea=ea∣1−e2∣=d : on peut donc placer l'origine O sur Δ de façon que F ait pour abscisse c et K pour abscisse ea. Pour M(x;y), MH=x−ea et
MF2=e2MH2⟺(x−ea)2+y2=e2(x−ea)2⟺x2−2eax+e2a2+y2=e2x2−2eax+a2,
soit (1−e2)x2+y2=a2(1−e2). On divise par a2(1−e2), qui n'est pas nul.
L'équation ne change pas quand on remplace x par −x, ou y par −y : les axes du repère sont des axes de symétrie et O est un centre de symétrie de la conique. Par la symétrie d'axe (Oy), le point F′(−c;0) et la droite D′:x=−ea sont un second foyer et une seconde directrice de la même conique. Les sommets sur l'axe focal sont (a;0) et (−a;0).
6.2 L'ellipse (e<1) et ses éléments
Si e<1, on pose b=a1−e2 : alors 0<b<a, b2=a2−c2, et l'équation réduite est
a2x2+b2y2=1.
Élément
Valeur
Centre
O
Sommets
A(a;0), A′(−a;0) sur le grand axe (longueur 2a) ; B(0;b), B′(0;−b) sur le petit axe (longueur 2b)
Foyers
F(c;0) et F′(−c;0), avec c=a2−b2
Excentricité
e=ac
Directrices
D:x=ca2 et D′:x=−ca2
Tout point de l'ellipse vérifie −a≤x≤a et −b≤y≤b : l'ellipse est dans le rectangle de centre O et de côtés 2a et 2b.
Réciproquement, si a>b>0, la courbe d'équation a2x2+b2y2=1 est l'ellipse de foyer F(c;0), de directrice x=ca2 et d'excentricité ac, avec c=a2−b2 (on remonte le calcul).
Si b>a, les rôles des axes sont échangés : le grand axe est porté par (Oy), les foyers sont (0;±c) avec c=b2−a2, l'excentricité vaut bc et les directrices ont pour équations y=±cb2.
Si a=b, c'est le cercle de centre O et de rayon a (c=0) : il n'a ni foyer ni directrice au sens de la leçon 5.
Exemple 13 (de la définition à l'équation). Foyer F(1;0), directrice D:x=4, excentricité e=21. Pour M(x;y) :
MF2=41MH2⟺(x−1)2+y2=41(x−4)2⟺4x2−8x+4+4y2=x2−8x+16⟺3x2+4y2=12,
soit 4x2+3y2=1. C'est l'ellipse de centre O, avec a=2, b=3, c=1 : on retrouve e=ac=21 et la directrice x=ca2=4. Sommets (±2;0) et (0;±3), second foyer F′(−1;0), seconde directrice x=−4.
6.3 Définition bifocale
Théorème 7.
Pour tout point M(x;y) de l'ellipse : MF=a−ex, MF′=a+ex, donc MF+MF′=2a.
Réciproquement, si F et F′ sont deux points tels que FF′=2c et si a>c, l'ensemble des points M tels que MF+MF′=2a est l'ellipse de foyers F et F′ et de grand axe 2a.
Démonstration.
Comme ∣x∣≤a<ea : MF=eMH=e(ea−x)=a−ex. De même, avec F′ et D′ : MF′=e(x+ea)=a+ex.
Dans le repère où F(c;0) et F′(−c;0), on pose e=ac et b2=a2−c2. Si MF+MF′=2a : MF′2−MF2=(x+c)2−(x−c)2=4cx, donc MF′−MF=2a4cx=2ex, d'où MF=a−ex. En élevant au carré : (x−c)2+y2=a2−2cx+e2x2, soit (1−e2)x2+y2=a2−c2=b2, c'est-à-dire a2x2+b2y2=1.
La méthode du jardinier. Pour tracer une ellipse sur le sol, on plante deux piquets en F et F′, on y attache les deux bouts d'une corde de longueur 2a, et l'on fait le tour en gardant la corde tendue avec un crayon : la pointe décrit l'ellipse.
Exemple 14. Pour l'ellipse 4x2+3y2=1 (a=2, c=1, e=21), le point M(1;23) vérifie MF=2−21=23 et MF′=2+21=25 : leur somme vaut 4=2a.
6.4 Le cercle et l'ellipse : affinité orthogonale
Définition. Soit Δ une droite et k un réel non nul. L'affinité orthogonale d'axe Δ et de rapport k associe à tout point M le point M′ tel que HM′=kHM, où H est le projeté orthogonal de M sur Δ. Si Δ est l'axe des abscisses, son expression analytique est x′=x, y′=ky : c'est une application affine (chapitre 11).
Théorème 8. Soit a>0 et b>0. L'image du cercle C de centre O et de rayon a par l'affinité orthogonale d'axe (Ox) et de rapport ab est l'ellipse d'équation a2x2+b2y2=1.
Démonstration.M′(x′;y′) est l'image de M(x;y) si et seulement si x=x′ et y=bay′. Alors M∈C⟺x′2+b2a2y′2=a2⟺a2x′2+b2y′2=1.
Le cercle C est le cercle principal de l'ellipse (si a>b). Le chapitre 11 l'annonçait : l'application x′=x, y′=2y transforme le cercle de centre O et de rayon 1 en l'ellipse x2+4y2=1.
Équations paramétriques. L'image du point (acost;asint) du cercle est (acost;bsint). L'ellipse a2x2+b2y2=1 a donc pour représentation paramétrique
x=acost,y=bsint,t∈[0;2π[,
et plus généralement x=x0+acost, y=y0+bsint représente l'ellipse de centre (x0;y0), d'axes parallèles aux axes du repère.
Construction point par point (méthode des deux cercles). On trace les cercles de centre O et de rayons a et b. Une demi-droite issue de O, d'angle t, les coupe en P(acost;asint) et Q(bcost;bsint). Le point M qui a l'abscisse de P et l'ordonnée de Q est le point de l'ellipse de paramètre t.
Exemple 15 (retour à l'échelle). Le point M(2cost;sint) de la leçon 1 décrit un quart de l'ellipse 4x2+y2=1 : a=2, b=1, c=3, e=23, foyers (±3;0).
Si e>1, on pose dans le théorème 6 b=ae2−1 : alors b2=c2−a2, et l'équation réduite est
a2x2−b2y2=1.
Élément
Valeur
Centre
O ; axes de symétrie (Ox) et (Oy)
Sommets
A(a;0) et A′(−a;0) ; la courbe ne coupe pas (Oy)
Foyers
F(c;0) et F′(−c;0), avec c=a2+b2
Excentricité
e=ac
Directrices
D:x=ca2 et D′:x=−ca2
Asymptotes
y=abx et y=−abx
Comme a2x2=1+b2y2≥1, tout point vérifie x≥a ou x≤−a : l'hyperbole a deux branches. Réciproquement, pour a>0 et b>0, la courbe d'équation a2x2−b2y2=1 est l'hyperbole de foyer (c;0), de directrice x=ca2 et d'excentricité ac, avec c=a2+b2. L'équation b2y2−a2x2=1 donne une hyperbole d'axe focal (Oy), de foyers (0;±c).
Exemple 16. Foyer F(3;0), directrice D:x=34, excentricité e=23. Pour M(x;y) :
(x−3)2+y2=49(x−34)2⟺x2−6x+9+y2=49x2−6x+4⟺45x2−y2=5,
soit 4x2−5y2=1 : a=2, b=5, c=3, e=23, directrices x=±ca2=±34, asymptotes y=±25x.
7.2 Les asymptotes
Théorème 9. Les droites d'équations y=abx et y=−abx sont asymptotes à l'hyperbole.
Démonstration. Pour x≥a, le point de la branche de droite situé au-dessus de (Ox) a pour ordonnée y=abx2−a2, et
abx−abx2−a2=ab⋅x+x2−a2x2−(x2−a2)=x+x2−a2ab,
qui tend vers 0 quand x tend vers +∞ (chapitre 1). La courbe se rapproche de la droite y=abx, en restant en dessous. Les autres cas s'en déduisent par les symétries.
Tracé. Les asymptotes sont les diagonales du rectangle de centre O et de sommets (±a;±b). On trace ce rectangle, ses diagonales, puis les deux branches, qui passent par les sommets (±a;0) et se rapprochent des diagonales.
Hyperbole équilatère. Si a=b, les asymptotes y=x et y=−x sont perpendiculaires ; alors c=a2 et e=2.
7.3 Définition bifocale
Théorème 10.
Pour tout point M(x;y) de l'hyperbole : MF=∣ex−a∣ et MF′=∣ex+a∣, et ∣MF−MF′∣=2a.
Réciproquement, si FF′=2c et 0<a<c, l'ensemble des points M tels que ∣MF−MF′∣=2a est l'hyperbole de foyers F et F′ et de sommets à la distance a du centre.
Démonstration.
MF=eMH=ex−ea=∣ex−a∣ et de même MF′=∣ex+a∣. Sur la branche x≥a : ex≥ea=c>a, donc MF=ex−a, MF′=ex+a et MF′−MF=2a. Sur la branche x≤−a : MF=a−ex, MF′=−ex−a et MF−MF′=2a.
Comme pour l'ellipse : MF′2−MF2=4cx. Si MF′−MF=2a, alors MF′+MF=2ex et MF=ex−a ; si MF−MF′=2a, alors MF=a−ex. Dans les deux cas MF2=(ex−a)2, ce qui donne (e2−1)x2−y2=c2−a2=b2, soit a2x2−b2y2=1.
Exemple 17. Pour 4x2−5y2=1 (a=2, c=3, e=23), le point M(3;25) est sur la courbe (49−45=1) ; MF=23×3−2=25 et MF′=29+2=213 : la différence vaut 4=2a.
7.4 Équation de l'hyperbole rapportée à ses asymptotes
Théorème 11. Soit u=c1(ai+bj) et v=c1(ai−bj) : ce sont des vecteurs unitaires qui dirigent les deux asymptotes. Dans le repère (O;u,v), l'hyperbole a2x2−b2y2=1 a pour équation
XY=4c2.
Démonstration. Si OM=Xu+Yv, alors x=ca(X+Y) et y=cb(X−Y). Donc a2x2−b2y2=c2(X+Y)2−(X−Y)2=c24XY, et l'équation a2x2−b2y2=1 équivaut à XY=4c2.
Le repère (O;u,v) n'est pas orthonormé en général (u⋅v=c2a2−b2). Il l'est si et seulement si a=b : pour une hyperbole équilatère, c2=2a2 et l'équation devient XY=2a2 dans un repère orthonormé.
Exemple 18 (la courbe de y=x2). La courbe d'équation xy=2 est une hyperbole équilatère. Dans le repère orthonormé (O;u,w), avec u=21(i+j) et w=21(−i+j), le point M(x;y) a pour coordonnées X=OM⋅u=2x+y et Y=OM⋅w=2y−x. Alors X2−Y2=2xy, donc
xy=2⟺4X2−4Y2=1.
C'est l'hyperbole équilatère avec a=b=2, c=22, e=2, d'axe focal la droite y=x et d'asymptotes les axes (Ox) et (Oy). Ses sommets sont (2;2) et (−2;−2), ses foyers F(2;2) et F′(−2;−2). Contrôle bifocal : le point M(1;2) vérifie MF=1 et MF′=9+16=5, et MF′−MF=4=2a.
7.5 Équations paramétriques
Théorème 12. L'hyperbole a2x2−b2y2=1 a pour représentation paramétrique
x=costa,y=btant,
avec t∈]−2π;2π[ pour la branche x≥a, et t∈]2π;23π[ pour la branche x≤−a.
Démonstration.cos2t1−tan2t=cos2t1−sin2t=1. Réciproquement, si M(x;y) est sur la branche x≥a, comme la fonction tangente prend toutes les valeurs réelles sur ]−2π;2π[, il existe t dans cet intervalle tel que tant=by ; alors cos2t1=1+b2y2=a2x2 et, comme cost>0 et x>0, costa=x. Même raisonnement pour l'autre branche.
Leçon 8 : Reconnaître une conique ; tangente en un point
On considère une équation sans terme en xy, avec α et β non tous deux nuls. Méthode : on met chaque variable sous forme canonique (Seconde), puis on change de repère par translation : si Ω(x0;y0), les coordonnées dans le repère (Ω;i,j) sont X=x−x0 et Y=y−y0. On compare alors à une équation réduite.
Signes
Nature (cas général)
Cas particuliers possibles
α et β de même signe
ellipse (cercle si α=β)
un point, ensemble vide
α et β de signes contraires
hyperbole
deux droites sécantes
α=0 ou β=0
parabole
une ou deux droites parallèles, ensemble vide
Exemple 19 (ellipse).4x2+9y2−16x+18y−11=0. On écrit 4(x2−4x)+9(y2+2y)=11, soit 4(x−2)2−16+9(y+1)2−9=11, donc 4(x−2)2+9(y+1)2=36 :
9(x−2)2+4(y+1)2=1.
Avec Ω(2;−1), X=x−2, Y=y+1 : c'est l'ellipse 9X2+4Y2=1, a=3, b=2, c=5, e=35. Dans le repère initial : centre Ω(2;−1), sommets (5;−1), (−1;−1), (2;1), (2;−3), foyers (2+5;−1) et (2−5;−1), directrices x=2±59.
Exemple 20 (hyperbole).x2−4y2−2x−16y−19=0 s'écrit (x−1)2−1−4(y+2)2+16−19=0, soit (x−1)2−4(y+2)2=4 :
4(x−1)2−(y+2)2=1.
Hyperbole de centre Ω(1;−2), a=2, b=1, c=5, e=25 ; sommets (3;−2) et (−1;−2), foyers (1±5;−2), asymptotes y+2=±21(x−1).
Exemple 21 (parabole).y2−4y−8x+12=0 s'écrit (y−2)2−4−8x+12=0, soit (y−2)2=8(x−1). Avec Ω(1;2) : Y2=8X, parabole de sommet Ω(1;2), de paramètre p=4, de foyer (1+2;2)=(3;2) et de directrice x=1−2=−1.
8.2 À partir d'une représentation paramétrique
On élimine le paramètre avec cos2t+sin2t=1 ou cos2t1−tan2t=1.
Exemple 22.x=1+3cost, y=−2+2sint : (3x−1)2+(2y+2)2=1, ellipse de centre (1;−2), a=3, b=2. Et x=cost2, y=3tant : 4x2−9y2=1, hyperbole.
8.3 Tangente en un point d'une conique
Théorème 13. Soit M0(x0;y0) un point de la conique. La tangente en M0 a pour équation :
ellipse a2x2+b2y2=1 : a2xx0+b2yy0=1 ;
hyperbole a2x2−b2y2=1 : a2xx0−b2yy0=1 ;
parabole y2=2px : yy0=p(x+x0).
C'est la règle du dédoublement : on remplace x2 par xx0, y2 par yy0 et 2x par x+x0.
Démonstration pour l'ellipse.M0=M(t0) avec x0=acost0, y0=bsint0, et v(t0)(−asint0;bcost0), qui n'est pas nul. Par le théorème 1, la tangente a pour équation bcost0(x−acost0)+asint0(y−bsint0)=0, soit bxcost0+aysint0=ab. En divisant par ab : axcost0+bysint0=1, c'est-à-dire a2xx0+b2yy0=1.
Pour l'hyperbole, on utilise x=costa, y=btant : v(t)(cos2tasint;cos2tb) est colinéaire à (asint;b) et le même calcul conduit à a2xx0−b2yy0=1. Pour la parabole, avec x=2pt2, y=t : v(t)(pt;1) et la tangente s'écrit x−2pt2−pt(y−t)=0, soit ty=px+2t2, c'est-à-dire yy0=p(x+x0).
Tracer la tangente.
Ellipse : si x0=0, la tangente en M0 coupe (Ox) au point T(x0a2;0). C'est aussi le point où la tangente au cercle principal, au point P de même abscisse que M0, coupe (Ox) (pour le cercle x2+y2=a2, la tangente en P(x0;yP) est xx0+yyP=a2). On trace donc la tangente au cercle en P, perpendiculaire au rayon [OP], puis la droite (TM0).
Paraboley2=2px : si M0=O, la tangente en M0 coupe (Ox) au point (−x0;0), symétrique par rapport au sommet du projeté de M0 sur l'axe.
Exemple 23 (ellipse). L'ellipse 8x2+2y2=1 passe par M0(2;1) (84+21=1). Tangente : 82x+2y=1, soit x+2y=4. Elle coupe (Ox) en T(4;0), et x0a2=28=4. La tangente au cercle principal x2+y2=8 au point P(2;2) est 2x+2y=8 : elle passe aussi par T(4;0).
Exemple 24 (hyperbole). L'hyperbole 4x2−5y2=1 passe par M0(3;25). Tangente : 43x−5(5/2)y=1, soit 3x−2y=4.
Exemple 25 (parabole). La parabole y2=8x passe par M0(2;4). Tangente : 4y=4(x+2), soit y=x+2, qui coupe (Ox) en (−2;0).
8.4 Récapitulatif
Parabole
Ellipse (a>b)
Hyperbole
Excentricité
e=1
e=ac<1
e=ac>1
Équation réduite
y2=2px
a2x2+b2y2=1
a2x2−b2y2=1
Foyers
(2p;0)
(±c;0), c2=a2−b2
(±c;0), c2=a2+b2
Directrices
x=−2p
x=±ca2
x=±ca2
Bifocale
MF+MF′=2a
∣MF−MF′∣=2a
Paramétrique
x=2pt2, y=t
x=acost, y=bsint
x=costa, y=btant
Tangente en M0
yy0=p(x+x0)
a2xx0+b2yy0=1
a2xx0−b2yy0=1
Asymptotes
y=±abx
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Une courbe paramétrée est l'ensemble des points M(t) tels que OM(t)=x(t)i+y(t)j ; on la reconnaît en éliminant t.
Vecteur dérivé : v(t)(x′(t);y′(t)). S'il n'est pas nul, il dirige la tangente en M(t) : y′(t0)(x−x(t0))−x′(t0)(y−y(t0))=0.
Si t est le temps : v(t) est le vecteur vitesse, ∥v(t)∥ la vitesse, a(t)(x′′(t);y′′(t)) le vecteur accélération ; le mouvement est uniforme si v⋅a=0, accéléré si v⋅a>0, retardé si v⋅a<0.
Représenter une courbe : réduire l'intervalle (périodicité, symétries), tableau de variations conjoint, points remarquables, tracé.
Astroïde x=acos3t, y=asin3t : quatre pointes ; sa tangente découpe sur les axes un segment de longueur a. Cycloïde x=a(t−sint), y=a(1−cost) : arches de largeur 2πa et de hauteur 2a, pointes au sol, tangente passant par le sommet de la roue.
Conique : MF=e×MH. Ellipse si e<1, parabole si e=1, hyperbole si e>1.