Vidéo 6 : L'ellipse · 3 min 55 s · sous-titres en français
Le cours écrit
6.1 Équation réduite d'une conique d'excentricité e=1
Théorème 6. Soit une conique de foyer F, de directrice D et d'excentricité e=1, et d=FK la distance de F à D. On pose
a=∣1−e2∣edetc=ea.
Il existe un repère orthonormé, d'axe des abscisses l'axe focal, dans lequel F(c;0) et D:x=ea. Dans ce repère, la conique a pour équation
a2x2+a2(1−e2)y2=1.
Démonstration. Les nombres c=ea et ea diffèrent de ea−ea=ea∣1−e2∣=d : on peut donc placer l'origine O sur Δ de façon que F ait pour abscisse c et K pour abscisse ea. Pour M(x;y), MH=x−ea et
MF2=e2MH2⟺(x−ea)2+y2=e2(x−ea)2⟺x2−2eax+e2a2+y2=e2x2−2eax+a2,
soit (1−e2)x2+y2=a2(1−e2). On divise par a2(1−e2), qui n'est pas nul.
L'équation ne change pas quand on remplace x par −x, ou y par −y : les axes du repère sont des axes de symétrie et O est un centre de symétrie de la conique. Par la symétrie d'axe (Oy), le point F′(−c;0) et la droite D′:x=−ea sont un second foyer et une seconde directrice de la même conique. Les sommets sur l'axe focal sont (a;0) et (−a;0).
6.2 L'ellipse (e<1) et ses éléments
Si e<1, on pose b=a1−e2 : alors 0<b<a, b2=a2−c2, et l'équation réduite est
a2x2+b2y2=1.
Élément
Valeur
Centre
O
Sommets
A(a;0), A′(−a;0) sur le grand axe (longueur 2a) ; B(0;b), B′(0;−b) sur le petit axe (longueur 2b)
Foyers
F(c;0) et F′(−c;0), avec c=a2−b2
Excentricité
e=ac
Directrices
D:x=ca2 et D′:x=−ca2
Tout point de l'ellipse vérifie −a≤x≤a et −b≤y≤b : l'ellipse est dans le rectangle de centre O et de côtés 2a et 2b.
Réciproquement, si a>b>0, la courbe d'équation a2x2+b2y2=1 est l'ellipse de foyer F(c;0), de directrice x=ca2 et d'excentricité ac, avec c=a2−b2 (on remonte le calcul).
Si b>a, les rôles des axes sont échangés : le grand axe est porté par (Oy), les foyers sont (0;±c) avec c=b2−a2, l'excentricité vaut bc et les directrices ont pour équations y=±cb2.
Si a=b, c'est le cercle de centre O et de rayon a (c=0) : il n'a ni foyer ni directrice au sens de la leçon 5.
Exemple 13 (de la définition à l'équation). Foyer F(1;0), directrice D:x=4, excentricité e=21. Pour M(x;y) :
MF2=41MH2⟺(x−1)2+y2=41(x−4)2⟺4x2−8x+4+4y2=x2−8x+16⟺3x2+4y2=12,
soit 4x2+3y2=1. C'est l'ellipse de centre O, avec a=2, b=3, c=1 : on retrouve e=ac=21 et la directrice x=ca2=4. Sommets (±2;0) et (0;±3), second foyer F′(−1;0), seconde directrice x=−4.
6.3 Définition bifocale
Théorème 7.
Pour tout point M(x;y) de l'ellipse : MF=a−ex, MF′=a+ex, donc MF+MF′=2a.
Réciproquement, si F et F′ sont deux points tels que FF′=2c et si a>c, l'ensemble des points M tels que MF+MF′=2a est l'ellipse de foyers F et F′ et de grand axe 2a.
Démonstration.
Comme ∣x∣≤a<ea : MF=eMH=e(ea−x)=a−ex. De même, avec F′ et D′ : MF′=e(x+ea)=a+ex.
Dans le repère où F(c;0) et F′(−c;0), on pose e=ac et b2=a2−c2. Si MF+MF′=2a : MF′2−MF2=(x+c)2−(x−c)2=4cx, donc MF′−MF=2a4cx=2ex, d'où MF=a−ex. En élevant au carré : (x−c)2+y2=a2−2cx+e2x2, soit (1−e2)x2+y2=a2−c2=b2, c'est-à-dire a2x2+b2y2=1.
La méthode du jardinier. Pour tracer une ellipse sur le sol, on plante deux piquets en F et F′, on y attache les deux bouts d'une corde de longueur 2a, et l'on fait le tour en gardant la corde tendue avec un crayon : la pointe décrit l'ellipse.
Exemple 14. Pour l'ellipse 4x2+3y2=1 (a=2, c=1, e=21), le point M(1;23) vérifie MF=2−21=23 et MF′=2+21=25 : leur somme vaut 4=2a.
6.4 Le cercle et l'ellipse : affinité orthogonale
Définition. Soit Δ une droite et k un réel non nul. L'affinité orthogonale d'axe Δ et de rapport k associe à tout point M le point M′ tel que HM′=kHM, où H est le projeté orthogonal de M sur Δ. Si Δ est l'axe des abscisses, son expression analytique est x′=x, y′=ky : c'est une application affine (chapitre 11).
Théorème 8. Soit a>0 et b>0. L'image du cercle C de centre O et de rayon a par l'affinité orthogonale d'axe (Ox) et de rapport ab est l'ellipse d'équation a2x2+b2y2=1.
Démonstration.M′(x′;y′) est l'image de M(x;y) si et seulement si x=x′ et y=bay′. Alors M∈C⟺x′2+b2a2y′2=a2⟺a2x′2+b2y′2=1.
Le cercle C est le cercle principal de l'ellipse (si a>b). Le chapitre 11 l'annonçait : l'application x′=x, y′=2y transforme le cercle de centre O et de rayon 1 en l'ellipse x2+4y2=1.
Équations paramétriques. L'image du point (acost;asint) du cercle est (acost;bsint). L'ellipse a2x2+b2y2=1 a donc pour représentation paramétrique
x=acost,y=bsint,t∈[0;2π[,
et plus généralement x=x0+acost, y=y0+bsint représente l'ellipse de centre (x0;y0), d'axes parallèles aux axes du repère.
Construction point par point (méthode des deux cercles). On trace les cercles de centre O et de rayons a et b. Une demi-droite issue de O, d'angle t, les coupe en P(acost;asint) et Q(bcost;bsint). Le point M qui a l'abscisse de P et l'ordonnée de Q est le point de l'ellipse de paramètre t.
Exemple 15 (retour à l'échelle). Le point M(2cost;sint) de la leçon 1 décrit un quart de l'ellipse 4x2+y2=1 : a=2, b=1, c=3, e=23, foyers (±3;0).