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Leçon 5

Interprétation géométrique : intersection de plans

Vidéo 5 : Interprétation géométrique, intersection de plans · 3 min 55 s · sous-titres en français

Le cours écrit

5.1 Une équation, un plan

L'espace est muni d'un repère orthonormé. On sait depuis la Première que l'ensemble des points M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) tels que ax+by+cz=dax + by + cz = d, avec (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c) \neq (0\,;0\,;0), est un plan, de vecteur normal n⃗ (a ;b ;c)\vec n\,(a\,;b\,;c). Chaque ligne d'un système à trois inconnues est donc l'équation d'un plan, et :

Résoudre un système de trois équations à trois inconnues, c'est chercher les points communs à trois plans.

5.2 Deux plans

Deux plans P1P_1 et P2P_2, de vecteurs normaux n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 :

  • si n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 ne sont pas colinéaires, les plans sont sécants suivant une droite, dirigée par n⃗1∧n⃗2\vec n_1 \wedge \vec n_2 (chapitre 12) ;
  • si n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 sont colinéaires, les plans sont parallèles : distincts (aucun point commun) ou confondus.

Exemple 15. Les plans x+2y−z=1x + 2y - z = 1 et 2x+3y+z=42x + 3y + z = 4 de l'exemple 13 ont pour vecteurs normaux n⃗1 (1 ;2 ;−1)\vec n_1\,(1\,;2\,;-1) et n⃗2 (2 ;3 ;1)\vec n_2\,(2\,;3\,;1), non colinéaires. Ils se coupent suivant la droite formée des points (5−5t ; 3t−2 ; t)(5 - 5t\,;\ 3t - 2\,;\ t) : elle passe par (5 ;−2 ;0)(5\,;-2\,;0) et elle est dirigée par u⃗ (−5 ;3 ;1)\vec u\,(-5\,;3\,;1). On retrouve bien un vecteur colinéaire à n⃗1∧n⃗2=(5 ;−3 ;−1)=−u⃗\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (5\,;-3\,;-1) = -\vec u.

5.3 Trois plans

Trois plans P1P_1, P2P_2, P3P_3 peuvent avoir :

Points communs Configuration Solutions du système
un seul point les trois plans se coupent en un point, comme le sol et deux murs d'une pièce une seule
une droite les trois plans contiennent une même droite, comme les pages d'un livre ouvert autour de sa reliure (ou deux plans confondus coupés par le troisième) une infinité, avec un paramètre
un plan les trois plans sont confondus une infinité, avec deux paramètres
aucun point deux des plans sont parallèles et distincts, ou les plans se coupent deux à deux suivant trois droites parallèles, comme les faces d'un prisme aucune

5.4 Le critère du produit mixte

Propriété. Trois plans de vecteurs normaux n⃗1\vec n_1, n⃗2\vec n_2, n⃗3\vec n_3 ont un unique point commun si, et seulement si, [n⃗1,n⃗2,n⃗3]≠0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] \neq 0, c'est-à-dire si les vecteurs normaux ne sont pas coplanaires.

Démonstration.

  • Si n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 sont colinéaires, n⃗1∧n⃗2=0⃗\vec n_1 \wedge \vec n_2 = \vec 0, donc [n⃗1,n⃗2,n⃗3]=0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = 0. Les plans P1P_1 et P2P_2 sont parallèles : ou bien ils n'ont aucun point commun, ou bien ils sont confondus, et alors les points communs aux trois plans sont ceux de P1∩P3P_1 \cap P_3, qui n'est jamais réduit à un point (c'est un plan, une droite ou l'ensemble vide).
  • Sinon, P1∩P2P_1 \cap P_2 est une droite DD dirigée par w⃗=n⃗1∧n⃗2\vec w = \vec n_1 \wedge \vec n_2. Une droite coupe un plan en un seul point si, et seulement si, son vecteur directeur n'est pas orthogonal au vecteur normal du plan. Donc DD coupe P3P_3 en un seul point si, et seulement si, w⃗⋅n⃗3≠0\vec w \cdot \vec n_3 \neq 0, c'est-à-dire [n⃗1,n⃗2,n⃗3]≠0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] \neq 0. Dans le cas contraire, DD est parallèle à P3P_3 : elle est contenue dans P3P_3 (une droite de solutions) ou elle ne le rencontre pas (aucune solution).

Exemple 16. Les trois plans de l'exemple 9 ont pour vecteurs normaux n⃗1 (1 ;1 ;1)\vec n_1\,(1\,;1\,;1), n⃗2 (2 ;−1 ;1)\vec n_2\,(2\,;-1\,;1), n⃗3 (1 ;2 ;−1)\vec n_3\,(1\,;2\,;-1). On a n⃗1∧n⃗2=(2 ;1 ;−3)\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (2\,;1\,;-3), puis [n⃗1,n⃗2,n⃗3]=2+2+3=7≠0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = 2 + 2 + 3 = 7 \neq 0 : les trois plans se coupent en un seul point, A(1 ;2 ;3)A(1\,;2\,;3).

Exemple 17. Dans les exemples 11 et 12, les vecteurs normaux sont n⃗1 (1 ;1 ;1)\vec n_1\,(1\,;1\,;1), n⃗2 (1 ;−1 ;3)\vec n_2\,(1\,;-1\,;3) et n⃗3 (2 ;0 ;4)=n⃗1+n⃗2\vec n_3\,(2\,;0\,;4) = \vec n_1 + \vec n_2 : ils sont coplanaires, et [n⃗1,n⃗2,n⃗3]=0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = 0. Deux à deux, ils ne sont pas colinéaires : les plans se coupent deux à deux suivant des droites, toutes dirigées par n⃗1∧n⃗2=(4 ;−2 ;−2)\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (4\,;-2\,;-2), donc parallèles. Dans l'exemple 11, les trois plans contiennent une même droite (un livre ouvert) ; dans l'exemple 12, ils forment un prisme et n'ont aucun point commun.

Exemple 18. Les plans x+y+z=1x + y + z = 1 et 2x+2y+2z=52x + 2y + 2z = 5 sont parallèles et distincts (vecteurs normaux colinéaires, et L2−2L1L_2 - 2L_1 donne 0=30 = 3). Quel que soit le troisième plan, le système n'a aucune solution.

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Exercices 7 et 8

  • Exercice 7 : deux plans, puis trois
  • Exercice 8 : position de trois plans

Exercices du chapitre (PDF, 265 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 296 Ko)

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