Programme de S1 Version pour les séries S1, S3 et S1A.
En Seconde, tu as résolu des systèmes de deux équations à deux inconnues, avec la méthode de Cramer et une interprétation graphique. En Première, tu as résolu des systèmes de trois équations à trois inconnues par la méthode des combinaisons et par celle du pivot de Gauss. Ce chapitre rassemble ces méthodes, les organise, et leur donne un sens géométrique grâce aux outils de Terminale : le produit vectoriel et le produit mixte du chapitre 12. Il se termine par la mise en équations de problèmes concrets.
Notations. Les équations d'un système sont appelées ses lignes et notées L1, L2, L3. Une opération sur les lignes s'écrit avec une flèche : L2←L2−2L1 signifie « on remplace L2 par L2−2L1 », et L1↔L2 signifie « on échange L1 et L2 ». Un vecteur est noté n, ses coordonnées s'écrivent n(a;b;c), et [u,v,w]=(u∧v)⋅w est le produit mixte du chapitre 12. Le mot « paramètre » désigne une lettre qui représente un nombre réel quelconque, notée t, s ou m.
Leçon 1 : Systèmes de deux équations à deux inconnues
Un système linéaire de deux équations à deux inconnuesx et y s'écrit
(S):{ax+bya′x+b′y==c(L1)c′(L2)
où a, b, a′, b′ (les coefficients) et c, c′ (les seconds membres) sont des réels donnés. Une solution de (S) est un couple (x;y) de réels qui vérifie les deux équations à la fois. Résoudre(S), c'est trouver l'ensemble de toutes ses solutions.
1.2 Déterminant et méthode de Cramer
Définition. Le déterminant du système (S) est le réel
Δ=aa′bb′=ab′−a′b.
C'est le déterminant des vecteurs (a;a′) et (b;b′) formés par les colonnes des coefficients, vu en Seconde.
Théorème (méthode de Cramer). Si Δ=0, le système (S) a une unique solution, donnée par
x=ΔΔxety=ΔΔy,avecΔx=cc′bb′=cb′−c′b,Δy=aa′cc′=ac′−a′c.
Pour former Δx, on remplace dans Δ la colonne des coefficients de x par celle des seconds membres ; pour Δy, celle des coefficients de y.
Démonstration. Si (x;y) est solution, l'opération b′L1−bL2 élimine y : (ab′−a′b)x=cb′−c′b, soit Δx=Δx. De même, aL2−a′L1 élimine x : Δy=Δy. Si Δ=0, on a donc forcément x=ΔΔx et y=ΔΔy. Réciproquement, on vérifie en développant que ce couple satisfait les deux équations : par exemple aΔx+bΔy=a(cb′−c′b)+b(ac′−a′c)=c(ab′−a′b)=cΔ. C'est donc l'unique solution.
Si Δ=0, le système a soit aucune solution, soit une infinité : on le voit en combinant les lignes, comme dans les exemples 2 et 3.
Exemple 1. Résolvons {2x+3yx−2y==8−3
Δ=2×(−2)−1×3=−7, non nul : il y a une unique solution.
Δx=8×(−2)−(−3)×3=−16+9=−7, donc x=−7−7=1.
Δy=2×(−3)−1×8=−6−8=−14, donc y=−7−14=2.
Contrôle : 2+6=8 et 1−4=−3. La solution est le couple (1;2).
1.3 Interprétation géométrique
Dans un repère du plan, l'ensemble des points M(x;y) tels que ax+by=c, avec (a;b)=(0;0), est une droiteD, de vecteur directeur u(−b;a). Résoudre (S), c'est chercher les points communs aux droites D:ax+by=c et D′:a′x+b′y=c′.
Les vecteurs directeurs u(−b;a) et u′(−b′;a′) ont pour déterminant (−b)a′−a(−b′)=ab′−a′b=Δ. Donc :
Déterminant
Position des droites
Solutions du système
Δ=0
sécantes
une seule : le point d'intersection
Δ=0
parallèles et distinctes
aucune
Δ=0
confondues
une infinité : tous les points de la droite
Exemple 2.{2x−y−4x+2y==31 On a Δ=2×2−(−4)×(−1)=0. L'opération L2←L2+2L1 donne 0=7, ce qui est impossible : aucune solution. Les deux droites sont parallèles et distinctes.
Exemple 3.{x+2y3x+6y==412 On a Δ=6−6=0, et L2=3L1 : les deux équations sont équivalentes, les droites sont confondues. En posant y=t, on obtient x=4−2t : les solutions sont tous les couples(4−2t;t), t réel. Par exemple t=0 donne (4;0), et t=1 donne (2;1).
1.4 Systèmes de trois équations à deux inconnues
On résout deux des équations, puis on regarde si la solution obtenue vérifie la troisième. Géométriquement, on cherche si trois droites sont concourantes.
Exemple 4.⎩⎨⎧x+yx−y2x+y===315 Les deux premières équations donnent 2x=4, donc x=2 et y=1. Le couple (2;1) vérifie la troisième : 4+1=5. Le système a l'unique solution (2;1) : les trois droites sont concourantes. Si la troisième équation était 2x+y=6, le système n'aurait aucune solution.
Leçon 2 : Systèmes équivalents et opérations sur les lignes
Un système linéaire de trois équations à trois inconnuesx, y, z s'écrit
⎩⎨⎧ax+by+cza′x+b′y+c′za′′x+b′′y+c′′z===d(L1)d′(L2)d′′(L3)
Une solution est un triplet(x;y;z) qui vérifie les trois équations à la fois. On rencontre aussi des systèmes de deux équations à trois inconnues (leçon 4).
Exemple 5. Le triplet (1;2;3) est solution du système ⎩⎨⎧x+y+z2x−y+zx+2y−z===632 car 1+2+3=6, 2−2+3=3 et 1+4−3=2. Le triplet (2;1;3) ne l'est pas : il vérifie la première équation, mais pas la deuxième (4−1+3=6=3).
2.2 Systèmes équivalents, opérations élémentaires
Définition. Deux systèmes sont équivalents s'ils ont le même ensemble de solutions.
Propriété. Chacune des trois opérations élémentaires suivantes transforme un système en un système équivalent :
échanger deux lignes : Li↔Lj ;
multiplier une ligne par un réel non nul : Li←kLi, avec k=0 ;
ajouter à une ligne un multiple d'une autre ligne : Li←Li+kLj, avec j=i.
Justification. Toute solution du système de départ vérifie encore les nouvelles lignes, puisqu'elles sont obtenues en multipliant ou en ajoutant des égalités vraies. Réciproquement, chaque opération se défait par une opération du même type : Li↔Lj par elle-même, Li←kLi par Li←k1Li (d'où la condition k=0), et Li←Li+kLj par Li←Li−kLj, car la ligne Lj n'a pas changé. Toute solution du nouveau système est donc solution de l'ancien.
Combinaison. En enchaînant les opérations 2 et 3, on peut remplacer Li par αLi+βLj, à condition que α=0. C'est pratique pour éviter les fractions : par exemple L2←3L2−2L1.
2.3 Deux erreurs à éviter
Multiplier une ligne par 0 : l'équation devient 0=0, et l'information qu'elle portait est perdue.
Modifier deux lignes en même temps, chacune à l'aide de l'autre. On modifie une ligne à la fois, à l'aide d'une ligne qu'on ne modifie pas dans cette étape.
Exemple 6 (une erreur classique). Le système {x+yx−y==20 a pour unique solution (1;1). Si l'on fait en même tempsL1←L1−L2 et L2←L2−L1, on obtient 2y=2 et −2y=−2 : deux fois la même équation. Le nouveau système a pour solutions tous les couples (x;1), il n'est pas équivalent au premier.
2.4 Systèmes triangulaires
Définition. Un système est triangulaire quand la dernière équation ne contient qu'une inconnue, l'avant-dernière deux, et ainsi de suite :
⎩⎨⎧ax+by+czb′y+c′zc′′z===dd′d′′avec a,b′,c′′ non nuls.
On le résout en remontant : la dernière équation donne z, puis l'avant-dernière donne y, puis la première donne x. Un tel système a une unique solution.
Exemple 7.⎩⎨⎧x+2y−zy+3z2z===274 On remonte : z=2 ; puis y=7−3×2=1 ; puis x=2−2×1+2=2. La solution est (2;1;2). Contrôle dans la première ligne : 2+2−2=2.
2.5 La méthode des combinaisons
Pour résoudre un système, on cherche à le rendre triangulaire par des opérations élémentaires : c'est la méthode des combinaisons.
Exemple 8.{3x+2y2x−5y==7−8 L'opération L2←3L2−2L1 élimine x sans fraction : (6x−15y)−(6x+4y)=−24−14, soit −19y=−38, donc y=2. Puis 3x=7−4=3, donc x=1. Contrôle : 2−10=−8. La solution est (1;2).
La méthode du pivot de Gauss (du nom du mathématicien allemand Carl Friedrich Gauss) organise la méthode des combinaisons pour rendre triangulaire un système de trois équations à trois inconnues.
Premier pivot. On choisit une ligne où le coefficient de x n'est pas nul, et on la place en L1 (au besoin par un échange de lignes). Ce coefficient est le pivot. On choisit de préférence un pivot égal à 1 ou −1.
Élimination de x. Avec L1, on fait disparaître x de L2 et de L3 : si le pivot vaut a et si x a pour coefficient a′ dans L2, on fait L2←L2−aa′L1, ou L2←aL2−a′L1 pour éviter les fractions. De même pour L3.
Deuxième pivot.L2 et L3 ne contiennent plus que y et z. On recommence avec elles : un pivot en y dans L2, puis on élimine y de L3. On ne touche plus à L1.
Remontée. Le système est triangulaire : on calcule z, puis y, puis x.
Contrôle. On vérifie la solution dans les trois équations du système de départ.
3.2 Un exemple complet
Exemple 9. Résolvons ⎩⎨⎧x+y+z2x−y+zx+2y−z===6(L1)3(L2)2(L3)
Étape 1. Le pivot est le coefficient 1 de x dans L1. Les opérations L2←L2−2L1 et L3←L3−L1 donnent
⎩⎨⎧x+y+z−3y−zy−2z===6−9−4Étape 2. Le pivot est le coefficient −3 de y dans L2. L'opération L3←3L3+L2 élimine y : (3y−6z)+(−3y−z)=−12−9, soit −7z=−21.
⎩⎨⎧x+y+z−3y−z−7z===6−9−21Étape 3. On remonte : z=3 ; puis −3y=−9+3=−6, donc y=2 ; puis x=6−2−3=1.
Contrôle.1+2+3=6 ; 2−2+3=3 ; 1+4−3=2. Le système a l'unique solution (1;2;3).
Remarque. À l'étape 2, on aurait aussi pu échanger L2 et L3 pour prendre le pivot 1 ; on arrive au même résultat.
3.3 Pivot nul : on échange deux lignes
Si le coefficient de x est nul dans L1, on échange L1 avec une ligne où il ne l'est pas. De même à l'étape 2 pour y.
Exemple 10.⎩⎨⎧2y−zx+y+z2x−y+3z===147 La première ligne ne contient pas x : on fait L1↔L2. Puis L3←L3−2L1 donne −3y+z=−1, et le système devient
⎩⎨⎧x+y+z2y−z−3y+z===41−1
L'opération L3←2L3+3L2 donne −z=1, donc z=−1 ; puis 2y=1+z=0, donc y=0 ; puis x=4−0+1=5. Contrôle dans la troisième équation de départ : 10−0−3=7. La solution est (5;0;−1).
3.4 Conseils
Écris à chaque étape l'opération faite, à droite de la ligne modifiée.
Garde les lignes alignées : les x sous les x, les y sous les y, les z sous les z.
Préfère les combinaisons sans fraction, comme L3←3L3+L2.
Vérifie toujours la solution dans le système de départ : une erreur de calcul dans une étape intermédiaire ne se voit pas autrement.
Pendant la méthode de Gauss, une ligne peut perdre toutes ses inconnues. Elle devient 0=c.
Si c=0, l'égalité 0=c est fausse : le système est impossible, il n'a aucune solution (l'ensemble des solutions est l'ensemble vide ∅).
Si c=0, l'égalité 0=0 est toujours vraie : on peut supprimer cette ligne. Il reste moins d'équations que d'inconnues, et le système a une infinité de solutions : on dit qu'il est indéterminé.
4.2 Système indéterminé
Quand il reste deux équations triangulaires pour trois inconnues, on choisit une inconnue libre, qui devient un paramètre (on pose par exemple z=t, t réel), et on exprime les autres en fonction de t.
Exemple 11.⎩⎨⎧x+y+zx−y+3z2x+4z===246 Les opérations L2←L2−L1 et L3←L3−2L1 donnent −2y+2z=2 et −2y+2z=2. Puis L3←L3−L2 donne 0=0 : on supprime cette ligne. Le système est équivalent à
{x+y+z−2y+2z==22
On pose z=t. La deuxième ligne donne y=t−1, puis la première x=2−(t−1)−t=3−2t. L'ensemble des solutions est
S={(3−2t;t−1;t),t∈R}.
Par exemple, t=0 donne (3;−1;0) et t=1 donne (1;0;1). Contrôle dans la troisième équation : 2(3−2t)+4t=6 pour tout t.
4.3 Système impossible
Exemple 12. On garde les deux premières lignes de l'exemple 11 et on remplace la troisième par 2x+4z=5. Les mêmes opérations donnent −2y+2z=1 en troisième ligne, puis L3←L3−L2 donne 0=−1 : c'est impossible. Le système n'a aucune solution.
4.4 Deux équations à trois inconnues
Exemple 13.{x+2y−z2x+3y+z==14 L'opération L2←L2−2L1 donne −y+3z=2. On pose z=t : y=3t−2, puis x=1−2(3t−2)+t=5−5t. Donc S={(5−5t;3t−2;t),t∈R}.
Exemple 14 (deux paramètres). Dans ⎩⎨⎧x−y+2z2x−2y+4z−x+y−2z===12−1, on a L2=2L1 et L3=−L1 : les opérations L2←L2−2L1 et L3←L3+L1 donnent 0=0 deux fois. Il reste une seule équation, x=1+y−2z. En posant y=s et z=t : S={(1+s−2t;s;t),s∈R,t∈R}.
4.5 Bilan
Propriété. Un système linéaire a soit aucune solution, soit une seule, soit une infinité. Il ne peut pas en avoir exactement deux.
Justification. Si (x1;y1;z1) et (x2;y2;z2) sont deux solutions distinctes, alors pour tout réel t, le triplet (x1+t(x2−x1);y1+t(y2−y1);z1+t(z2−z1)) est encore solution : dans chaque ligne ax+by+cz=d, on obtient d+t(d−d)=d. Cela fait une infinité de solutions.
Leçon 5 : Interprétation géométrique : intersection de plans
L'espace est muni d'un repère orthonormé. On sait depuis la Première que l'ensemble des points M(x;y;z) tels que ax+by+cz=d, avec (a;b;c)=(0;0;0), est un plan, de vecteur normal n(a;b;c). Chaque ligne d'un système à trois inconnues est donc l'équation d'un plan, et :
Résoudre un système de trois équations à trois inconnues, c'est chercher les points communs à trois plans.
5.2 Deux plans
Deux plans P1 et P2, de vecteurs normaux n1 et n2 :
si n1 et n2 ne sont pas colinéaires, les plans sont sécants suivant une droite, dirigée par n1∧n2 (chapitre 12) ;
si n1 et n2 sont colinéaires, les plans sont parallèles : distincts (aucun point commun) ou confondus.
Exemple 15. Les plans x+2y−z=1 et 2x+3y+z=4 de l'exemple 13 ont pour vecteurs normaux n1(1;2;−1) et n2(2;3;1), non colinéaires. Ils se coupent suivant la droite formée des points (5−5t;3t−2;t) : elle passe par (5;−2;0) et elle est dirigée par u(−5;3;1). On retrouve bien un vecteur colinéaire à n1∧n2=(5;−3;−1)=−u.
5.3 Trois plans
Trois plans P1, P2, P3 peuvent avoir :
Points communs
Configuration
Solutions du système
un seul point
les trois plans se coupent en un point, comme le sol et deux murs d'une pièce
une seule
une droite
les trois plans contiennent une même droite, comme les pages d'un livre ouvert autour de sa reliure (ou deux plans confondus coupés par le troisième)
une infinité, avec un paramètre
un plan
les trois plans sont confondus
une infinité, avec deux paramètres
aucun point
deux des plans sont parallèles et distincts, ou les plans se coupent deux à deux suivant trois droites parallèles, comme les faces d'un prisme
aucune
5.4 Le critère du produit mixte
Propriété. Trois plans de vecteurs normaux n1, n2, n3 ont un unique point commun si, et seulement si, [n1,n2,n3]=0, c'est-à-dire si les vecteurs normaux ne sont pas coplanaires.
Démonstration.
Si n1 et n2 sont colinéaires, n1∧n2=0, donc [n1,n2,n3]=0. Les plans P1 et P2 sont parallèles : ou bien ils n'ont aucun point commun, ou bien ils sont confondus, et alors les points communs aux trois plans sont ceux de P1∩P3, qui n'est jamais réduit à un point (c'est un plan, une droite ou l'ensemble vide).
Sinon, P1∩P2 est une droite D dirigée par w=n1∧n2. Une droite coupe un plan en un seul point si, et seulement si, son vecteur directeur n'est pas orthogonal au vecteur normal du plan. Donc D coupe P3 en un seul point si, et seulement si, w⋅n3=0, c'est-à-dire [n1,n2,n3]=0. Dans le cas contraire, D est parallèle à P3 : elle est contenue dans P3 (une droite de solutions) ou elle ne le rencontre pas (aucune solution).
Exemple 16. Les trois plans de l'exemple 9 ont pour vecteurs normaux n1(1;1;1), n2(2;−1;1), n3(1;2;−1). On a n1∧n2=(2;1;−3), puis [n1,n2,n3]=2+2+3=7=0 : les trois plans se coupent en un seul point, A(1;2;3).
Exemple 17. Dans les exemples 11 et 12, les vecteurs normaux sont n1(1;1;1), n2(1;−1;3) et n3(2;0;4)=n1+n2 : ils sont coplanaires, et [n1,n2,n3]=0. Deux à deux, ils ne sont pas colinéaires : les plans se coupent deux à deux suivant des droites, toutes dirigées par n1∧n2=(4;−2;−2), donc parallèles. Dans l'exemple 11, les trois plans contiennent une même droite (un livre ouvert) ; dans l'exemple 12, ils forment un prisme et n'ont aucun point commun.
Exemple 18. Les plans x+y+z=1 et 2x+2y+2z=5 sont parallèles et distincts (vecteurs normaux colinéaires, et L2−2L1 donne 0=3). Quel que soit le troisième plan, le système n'a aucune solution.
Leçon 6 : Déterminant d'un système, systèmes à paramètre
Définition. Le déterminant du système
⎩⎨⎧ax+by+cza′x+b′y+c′za′′x+b′′y+c′′z===dd′d′′
est le produit mixte des vecteurs formés par les coefficients de chaque ligne, n1(a;b;c), n2(a′;b′;c′) et n3(a′′;b′′;c′′) :
Δ=aa′a′′bb′b′′cc′c′′=[n1,n2,n3]=(n1∧n2)⋅n3.
Théorème. Le système a une unique solution si, et seulement si, Δ=0. Si Δ=0, il a soit aucune solution, soit une infinité ; la méthode de Gauss permet de trancher.
C'est la propriété de la leçon 5, écrite avec les coefficients : les vecteurs n1, n2, n3 sont les vecteurs normaux des trois plans.
6.2 Le calcul
On calcule d'abord n1∧n2 (méthode « cacher une ligne » du chapitre 12), puis son produit scalaire avec n3. En développant, on obtient
Δ=(bc′−cb′)a′′+(ca′−ac′)b′′+(ab′−ba′)c′′=ab′c′′+bc′a′′+ca′b′′−cb′a′′−ac′b′′−ba′c′′.
Remarque. Les six produits de cette somme sont aussi ceux qu'on obtient avec les colonnes des coefficients (a;a′;a′′), (b;b′;b′′), (c;c′;c′′) : on peut calculer Δ avec les lignes ou avec les colonnes, on trouve le même nombre. C'était déjà le cas à l'ordre deux : ab′−a′b se lit aussi bien sur les lignes que sur les colonnes.
Exemple 19. Pour le système de l'exemple 9, n1∧n2=(1×1−1×(−1);1×2−1×1;1×(−1)−1×2)=(2;1;−3), et Δ=2×1+1×2+(−3)×(−1)=7. Comme Δ=0, le système a une unique solution, celle trouvée par la méthode de Gauss.
Cas où Δ=0 sans calcul. Si deux lignes ont des coefficients proportionnels, ou si les coefficients d'une ligne sont la somme de ceux des deux autres (plus généralement une combinaison), les vecteurs n1, n2, n3 sont coplanaires et Δ=0.
6.3 Systèmes à paramètre
Quand les coefficients dépendent d'un paramètre m, on calcule Δ en fonction de m. Pour les valeurs de m qui annulent Δ, on reprend la méthode de Gauss avec cette valeur. On se limite ici à des exemples simples.
Exemple 20. Pour tout réel m, on considère (Sm):⎩⎨⎧x+y+zx+2y+3z2x+3y+mz===3610
Déterminant.n1∧n2=(1×3−1×2;1×1−1×3;1×2−1×1)=(1;−2;1), donc Δ=2−6+m=m−4.
Méthode de Gauss.L2←L2−L1 donne y+2z=3 ; L3←L3−2L1 donne y+(m−2)z=4 ; puis L3←L3−L2 donne (m−4)z=1.
Si m=4 : z=m−41, puis y=3−2z=m−43m−14, puis x=3−y−z=m−41. Unique solution (m−41;m−43m−14;m−41). Par exemple, pour m=5, la solution est (1;1;1).
Si m=4 : la dernière ligne devient 0=1 : le système n'a aucune solution. Géométriquement, n3(2;3;4)=n1+n2 : les trois plans se coupent deux à deux suivant des droites parallèles, et forment un prisme.
6.4 Complément (non exigible) : les formules de Cramer à l'ordre trois
Écrivons le système avec les colonnes de coefficients c1(a;a′;a′′), c2(b;b′;b′′), c3(c;c′;c′′) et la colonne des seconds membres b(d;d′;d′′) : il s'écrit xc1+yc2+zc3=b, et Δ=[c1,c2,c3] d'après la remarque du 6.2. Si (x;y;z) est solution, le produit mixte, qui se développe comme une somme, donne
[b,c2,c3]=x[c1,c2,c3]+y[c2,c2,c3]+z[c3,c2,c3]=xΔ,
car un produit mixte qui contient deux fois le même vecteur est nul. Donc, si Δ=0 :
x=ΔΔx,y=ΔΔy,z=ΔΔz,
où Δx, Δy, Δz s'obtiennent en remplaçant dans Δ la colonne des coefficients de x, de y ou de z par celle des seconds membres. C'est la méthode de Cramer de Seconde, prolongée à trois inconnues. Elle demande quatre déterminants : pour un système numérique, la méthode de Gauss est en général plus rapide.
Exemple 21. Pour le système de l'exemple 9, Δ=7 et
Δx=6321−1211−1=7,Δy=12163211−1=14,Δz=1211−12632=21.
On retrouve x=1, y=2, z=3.
Choisir les inconnues, en précisant ce qu'elles représentent et leur unité.
Traduire chaque information de l'énoncé par une équation.
Résoudre le système, par la méthode de Gauss.
Vérifier que la solution respecte l'énoncé (par exemple des quantités positives, ou entières), puis conclure par une phrase.
7.2 Un problème de prix
Exemple 22 (situation simplifiée, prix inventés). Au marché, une cliente paie 2700 F pour 2 kg de riz, 1 kg de sucre et 1 litre d'huile. Une deuxième paie 3000 F pour 1 kg de riz, 2 kg de sucre et 1 litre d'huile. Une troisième paie 4300 F pour 3 kg de riz, 1 kg de sucre et 2 litres d'huile. Quel est le prix de chaque produit ?
Inconnues.r, s, h : prix, en francs CFA, d'un kilogramme de riz, d'un kilogramme de sucre et d'un litre d'huile.
Résolution. On échange L1 et L2 pour avoir le pivot 1. Puis L2←L2−2L1 donne −3s−h=−3300, et L3←L3−3L1 donne −5s−h=−4700. Enfin L3←L3−L2 donne −2s=−1400, donc s=700. Puis h=3300−3×700=1200, et r=3000−2×700−1200=400.
Vérification et conclusion.800+700+1200=2700, 400+1400+1200=3000, 1200+700+2400=4300. Le riz coûte 400 F le kilogramme, le sucre 700 F le kilogramme, et l'huile 1200 F le litre.
7.3 Une parabole passant par trois points
Exemple 23. Cherchons la fonction f:x↦ax2+bx+c dont la courbe passe par A(1;2), B(2;3) et C(3;6).
Les conditions f(1)=2, f(2)=3, f(3)=6 donnent ⎩⎨⎧a+b+c4a+2b+c9a+3b+c===236
L2←L2−L1 et L3←L3−L1 donnent 3a+b=1 et 8a+2b=4 ; puis L3←L3−2L2 donne 2a=2. Donc a=1, b=1−3=−2, c=2−1+2=3 : f(x)=x2−2x+3. Contrôle : f(1)=2, f(2)=3, f(3)=6.
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Notion
À retenir
Deux équations, deux inconnues
Δ=ab′−a′b ; si Δ=0, unique solution x=ΔΔx, y=ΔΔy (Cramer) ; si Δ=0, aucune ou une infinité
Interprétation dans le plan
une équation, une droite ; Δ=0 : droites sécantes ; Δ=0 : parallèles distinctes ou confondues
Opérations élémentaires
Li↔Lj ; Li←kLi avec k=0 ; Li←Li+kLj ; une ligne à la fois
Pivot de Gauss
pivot en x dans L1, élimination de x dans L2 et L3 ; pivot en y dans L2, élimination de y dans L3 ; remontée ; contrôle dans le système de départ
Cas particuliers
une ligne 0=c avec c=0 : aucune solution ; une ligne 0=0 : on la supprime, une inconnue devient paramètre
Nombre de solutions
aucune, une seule ou une infinité, jamais exactement deux
Interprétation dans l'espace
une équation, un plan de vecteur normal n(a;b;c) ; solutions : un point, une droite, un plan, ou aucun point (plans parallèles, prisme)
Déterminant d'ordre trois
Δ=[n1,n2,n3]=(n1∧n2)⋅n3 ; unique solution si, et seulement si, Δ=0
Paramètre
calculer Δ(m) ; si Δ(m)=0, unique solution ; pour les valeurs qui annulent Δ, reprendre la méthode de Gauss
Problèmes
inconnues et unités, équations, résolution, vérification et phrase de conclusion
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