Aller au contenu

Chapitre 14 · Cours écrit

Systèmes linéaires

Programme de S1 Version pour les séries S1, S3 et S1A.

En Seconde, tu as résolu des systèmes de deux équations à deux inconnues, avec la méthode de Cramer et une interprétation graphique. En Première, tu as résolu des systèmes de trois équations à trois inconnues par la méthode des combinaisons et par celle du pivot de Gauss. Ce chapitre rassemble ces méthodes, les organise, et leur donne un sens géométrique grâce aux outils de Terminale : le produit vectoriel et le produit mixte du chapitre 12. Il se termine par la mise en équations de problèmes concrets.

Notations. Les équations d'un système sont appelées ses lignes et notées L1L_1, L2L_2, L3L_3. Une opération sur les lignes s'écrit avec une flèche : L2←L2−2L1L_2 \leftarrow L_2 - 2L_1 signifie « on remplace L2L_2 par L2−2L1L_2 - 2L_1 », et L1↔L2L_1 \leftrightarrow L_2 signifie « on échange L1L_1 et L2L_2 ». Un vecteur est noté n⃗\vec n, ses coordonnées s'écrivent n⃗ (a ;b ;c)\vec n\,(a\,;b\,;c), et [u⃗,v⃗,w⃗]=(u⃗∧v⃗)⋅w⃗[\vec u, \vec v, \vec w] = (\vec u \wedge \vec v) \cdot \vec w est le produit mixte du chapitre 12. Le mot « paramètre » désigne une lettre qui représente un nombre réel quelconque, notée tt, ss ou mm.

Leçon 1 : Systèmes de deux équations à deux inconnues

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Vocabulaire

Un système linéaire de deux équations à deux inconnues xx et yy s'écrit (S):{ax+by=c(L1)a′x+b′y=c′(L2)(S) : \left\{\begin{array}{rcl} ax + by & = & c \quad (L_1) \\ a'x + b'y & = & c' \quad (L_2) \end{array}\right. où aa, bb, a′a', b′b' (les coefficients) et cc, c′c' (les seconds membres) sont des réels donnés. Une solution de (S)(S) est un couple (x ;y)(x\,;y) de réels qui vérifie les deux équations à la fois. Résoudre (S)(S), c'est trouver l'ensemble de toutes ses solutions.

1.2 Déterminant et méthode de Cramer

Définition. Le déterminant du système (S)(S) est le réel Δ=∣aba′b′∣=ab′−a′b.\Delta = \begin{vmatrix} a & b \\ a' & b' \end{vmatrix} = ab' - a'b. C'est le déterminant des vecteurs (a ;a′)(a\,;a') et (b ;b′)(b\,;b') formés par les colonnes des coefficients, vu en Seconde.

Théorème (méthode de Cramer). Si Δ≠0\Delta \neq 0, le système (S)(S) a une unique solution, donnée par x=ΔxΔety=ΔyΔ,avecΔx=∣cbc′b′∣=cb′−c′b,Δy=∣aca′c′∣=ac′−a′c.x = \frac{\Delta_x}{\Delta} \quad\text{et}\quad y = \frac{\Delta_y}{\Delta}, \qquad\text{avec}\qquad \Delta_x = \begin{vmatrix} c & b \\ c' & b' \end{vmatrix} = cb' - c'b, \qquad \Delta_y = \begin{vmatrix} a & c \\ a' & c' \end{vmatrix} = ac' - a'c. Pour former Δx\Delta_x, on remplace dans Δ\Delta la colonne des coefficients de xx par celle des seconds membres ; pour Δy\Delta_y, celle des coefficients de yy.

Démonstration. Si (x ;y)(x\,;y) est solution, l'opération b′L1−bL2b'L_1 - bL_2 élimine yy : (ab′−a′b) x=cb′−c′b(ab' - a'b)\,x = cb' - c'b, soit Δ x=Δx\Delta\,x = \Delta_x. De même, aL2−a′L1aL_2 - a'L_1 élimine xx : Δ y=Δy\Delta\,y = \Delta_y. Si Δ≠0\Delta \neq 0, on a donc forcément x=ΔxΔx = \frac{\Delta_x}{\Delta} et y=ΔyΔy = \frac{\Delta_y}{\Delta}. Réciproquement, on vérifie en développant que ce couple satisfait les deux équations : par exemple a Δx+b Δy=a(cb′−c′b)+b(ac′−a′c)=c(ab′−a′b)=c Δa\,\Delta_x + b\,\Delta_y = a(cb' - c'b) + b(ac' - a'c) = c(ab' - a'b) = c\,\Delta. C'est donc l'unique solution.

Si Δ=0\Delta = 0, le système a soit aucune solution, soit une infinité : on le voit en combinant les lignes, comme dans les exemples 2 et 3.

Exemple 1. Résolvons {2x+3y=8x−2y=−3\left\{\begin{array}{rcl} 2x + 3y & = & 8 \\ x - 2y & = & -3 \end{array}\right.

  • Δ=2×(−2)−1×3=−7\Delta = 2 \times (-2) - 1 \times 3 = -7, non nul : il y a une unique solution.
  • Δx=8×(−2)−(−3)×3=−16+9=−7\Delta_x = 8 \times (-2) - (-3) \times 3 = -16 + 9 = -7, donc x=−7−7=1x = \frac{-7}{-7} = 1.
  • Δy=2×(−3)−1×8=−6−8=−14\Delta_y = 2 \times (-3) - 1 \times 8 = -6 - 8 = -14, donc y=−14−7=2y = \frac{-14}{-7} = 2.

Contrôle : 2+6=82 + 6 = 8 et 1−4=−31 - 4 = -3. La solution est le couple (1 ;2)(1\,;2).

1.3 Interprétation géométrique

Dans un repère du plan, l'ensemble des points M(x ;y)M(x\,;y) tels que ax+by=cax + by = c, avec (a ;b)≠(0 ;0)(a\,;b) \neq (0\,;0), est une droite DD, de vecteur directeur u⃗ (−b ;a)\vec u\,(-b\,;a). Résoudre (S)(S), c'est chercher les points communs aux droites D:ax+by=cD : ax + by = c et D′:a′x+b′y=c′D' : a'x + b'y = c'.

Les vecteurs directeurs u⃗ (−b ;a)\vec u\,(-b\,;a) et u⃗′ (−b′ ;a′)\vec u'\,(-b'\,;a') ont pour déterminant (−b)a′−a(−b′)=ab′−a′b=Δ(-b)a' - a(-b') = ab' - a'b = \Delta. Donc :

Déterminant Position des droites Solutions du système
Δ≠0\Delta \neq 0 sécantes une seule : le point d'intersection
Δ=0\Delta = 0 parallèles et distinctes aucune
Δ=0\Delta = 0 confondues une infinité : tous les points de la droite

Exemple 2. {2x−y=3−4x+2y=1\left\{\begin{array}{rcl} 2x - y & = & 3 \\ -4x + 2y & = & 1 \end{array}\right. On a Δ=2×2−(−4)×(−1)=0\Delta = 2 \times 2 - (-4) \times (-1) = 0. L'opération L2←L2+2L1L_2 \leftarrow L_2 + 2L_1 donne 0=70 = 7, ce qui est impossible : aucune solution. Les deux droites sont parallèles et distinctes.

Exemple 3. {x+2y=43x+6y=12\left\{\begin{array}{rcl} x + 2y & = & 4 \\ 3x + 6y & = & 12 \end{array}\right. On a Δ=6−6=0\Delta = 6 - 6 = 0, et L2=3L1L_2 = 3L_1 : les deux équations sont équivalentes, les droites sont confondues. En posant y=ty = t, on obtient x=4−2tx = 4 - 2t : les solutions sont tous les couples (4−2t ;t)(4 - 2t\,;t), tt réel. Par exemple t=0t = 0 donne (4 ;0)(4\,;0), et t=1t = 1 donne (2 ;1)(2\,;1).

1.4 Systèmes de trois équations à deux inconnues

On résout deux des équations, puis on regarde si la solution obtenue vérifie la troisième. Géométriquement, on cherche si trois droites sont concourantes.

Exemple 4. {x+y=3x−y=12x+y=5\left\{\begin{array}{rcl} x + y & = & 3 \\ x - y & = & 1 \\ 2x + y & = & 5 \end{array}\right. Les deux premières équations donnent 2x=42x = 4, donc x=2x = 2 et y=1y = 1. Le couple (2 ;1)(2\,;1) vérifie la troisième : 4+1=54 + 1 = 5. Le système a l'unique solution (2 ;1)(2\,;1) : les trois droites sont concourantes. Si la troisième équation était 2x+y=62x + y = 6, le système n'aurait aucune solution.

Leçon 2 : Systèmes équivalents et opérations sur les lignes

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Systèmes à trois inconnues

Un système linéaire de trois équations à trois inconnues xx, yy, zz s'écrit {ax+by+cz=d(L1)a′x+b′y+c′z=d′(L2)a′′x+b′′y+c′′z=d′′(L3)\left\{\begin{array}{rcl} ax + by + cz & = & d \quad (L_1) \\ a'x + b'y + c'z & = & d' \quad (L_2) \\ a''x + b''y + c''z & = & d'' \quad (L_3) \end{array}\right. Une solution est un triplet (x ;y ;z)(x\,;y\,;z) qui vérifie les trois équations à la fois. On rencontre aussi des systèmes de deux équations à trois inconnues (leçon 4).

Exemple 5. Le triplet (1 ;2 ;3)(1\,;2\,;3) est solution du système {x+y+z=62x−y+z=3x+2y−z=2\left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 6 \\ 2x - y + z & = & 3 \\ x + 2y - z & = & 2 \end{array}\right. car 1+2+3=61 + 2 + 3 = 6, 2−2+3=32 - 2 + 3 = 3 et 1+4−3=21 + 4 - 3 = 2. Le triplet (2 ;1 ;3)(2\,;1\,;3) ne l'est pas : il vérifie la première équation, mais pas la deuxième (4−1+3=6≠34 - 1 + 3 = 6 \neq 3).

2.2 Systèmes équivalents, opérations élémentaires

Définition. Deux systèmes sont équivalents s'ils ont le même ensemble de solutions.

Propriété. Chacune des trois opérations élémentaires suivantes transforme un système en un système équivalent :

  1. échanger deux lignes : Li↔LjL_i \leftrightarrow L_j ;
  2. multiplier une ligne par un réel non nul : Li←k LiL_i \leftarrow k\,L_i, avec k≠0k \neq 0 ;
  3. ajouter à une ligne un multiple d'une autre ligne : Li←Li+k LjL_i \leftarrow L_i + k\,L_j, avec j≠ij \neq i.

Justification. Toute solution du système de départ vérifie encore les nouvelles lignes, puisqu'elles sont obtenues en multipliant ou en ajoutant des égalités vraies. Réciproquement, chaque opération se défait par une opération du même type : Li↔LjL_i \leftrightarrow L_j par elle-même, Li←k LiL_i \leftarrow k\,L_i par Li←1k LiL_i \leftarrow \frac1k\,L_i (d'où la condition k≠0k \neq 0), et Li←Li+k LjL_i \leftarrow L_i + k\,L_j par Li←Li−k LjL_i \leftarrow L_i - k\,L_j, car la ligne LjL_j n'a pas changé. Toute solution du nouveau système est donc solution de l'ancien.

Combinaison. En enchaînant les opérations 2 et 3, on peut remplacer LiL_i par α Li+β Lj\alpha\,L_i + \beta\,L_j, à condition que α≠0\alpha \neq 0. C'est pratique pour éviter les fractions : par exemple L2←3L2−2L1L_2 \leftarrow 3L_2 - 2L_1.

2.3 Deux erreurs à éviter

  • Multiplier une ligne par 00 : l'équation devient 0=00 = 0, et l'information qu'elle portait est perdue.
  • Modifier deux lignes en même temps, chacune à l'aide de l'autre. On modifie une ligne à la fois, à l'aide d'une ligne qu'on ne modifie pas dans cette étape.

Exemple 6 (une erreur classique). Le système {x+y=2x−y=0\left\{\begin{array}{rcl} x + y & = & 2 \\ x - y & = & 0 \end{array}\right. a pour unique solution (1 ;1)(1\,;1). Si l'on fait en même temps L1←L1−L2L_1 \leftarrow L_1 - L_2 et L2←L2−L1L_2 \leftarrow L_2 - L_1, on obtient 2y=22y = 2 et −2y=−2-2y = -2 : deux fois la même équation. Le nouveau système a pour solutions tous les couples (x ;1)(x\,;1), il n'est pas équivalent au premier.

2.4 Systèmes triangulaires

Définition. Un système est triangulaire quand la dernière équation ne contient qu'une inconnue, l'avant-dernière deux, et ainsi de suite : {ax+by+cz=db′y+c′z=d′c′′z=d′′avec a, b′, c′′ non nuls.\left\{\begin{array}{rcl} ax + by + cz & = & d \\ b'y + c'z & = & d' \\ c''z & = & d'' \end{array}\right. \qquad\text{avec } a,\ b',\ c'' \text{ non nuls.} On le résout en remontant : la dernière équation donne zz, puis l'avant-dernière donne yy, puis la première donne xx. Un tel système a une unique solution.

Exemple 7. {x+2y−z=2y+3z=72z=4\left\{\begin{array}{rcl} x + 2y - z & = & 2 \\ y + 3z & = & 7 \\ 2z & = & 4 \end{array}\right. On remonte : z=2z = 2 ; puis y=7−3×2=1y = 7 - 3 \times 2 = 1 ; puis x=2−2×1+2=2x = 2 - 2 \times 1 + 2 = 2. La solution est (2 ;1 ;2)(2\,;1\,;2). Contrôle dans la première ligne : 2+2−2=22 + 2 - 2 = 2.

2.5 La méthode des combinaisons

Pour résoudre un système, on cherche à le rendre triangulaire par des opérations élémentaires : c'est la méthode des combinaisons.

Exemple 8. {3x+2y=72x−5y=−8\left\{\begin{array}{rcl} 3x + 2y & = & 7 \\ 2x - 5y & = & -8 \end{array}\right. L'opération L2←3L2−2L1L_2 \leftarrow 3L_2 - 2L_1 élimine xx sans fraction : (6x−15y)−(6x+4y)=−24−14(6x - 15y) - (6x + 4y) = -24 - 14, soit −19y=−38-19y = -38, donc y=2y = 2. Puis 3x=7−4=33x = 7 - 4 = 3, donc x=1x = 1. Contrôle : 2−10=−82 - 10 = -8. La solution est (1 ;2)(1\,;2).

Leçon 3 : La méthode du pivot de Gauss

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 Le principe

La méthode du pivot de Gauss (du nom du mathématicien allemand Carl Friedrich Gauss) organise la méthode des combinaisons pour rendre triangulaire un système de trois équations à trois inconnues.

  1. Premier pivot. On choisit une ligne où le coefficient de xx n'est pas nul, et on la place en L1L_1 (au besoin par un échange de lignes). Ce coefficient est le pivot. On choisit de préférence un pivot égal à 11 ou −1-1.
  2. Élimination de xx. Avec L1L_1, on fait disparaître xx de L2L_2 et de L3L_3 : si le pivot vaut aa et si xx a pour coefficient a′a' dans L2L_2, on fait L2←L2−a′a L1L_2 \leftarrow L_2 - \frac{a'}{a}\,L_1, ou L2←a L2−a′ L1L_2 \leftarrow a\,L_2 - a'\,L_1 pour éviter les fractions. De même pour L3L_3.
  3. Deuxième pivot. L2L_2 et L3L_3 ne contiennent plus que yy et zz. On recommence avec elles : un pivot en yy dans L2L_2, puis on élimine yy de L3L_3. On ne touche plus à L1L_1.
  4. Remontée. Le système est triangulaire : on calcule zz, puis yy, puis xx.
  5. Contrôle. On vérifie la solution dans les trois équations du système de départ.

3.2 Un exemple complet

Exemple 9. Résolvons {x+y+z=6(L1)2x−y+z=3(L2)x+2y−z=2(L3)\left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 6 \quad (L_1) \\ 2x - y + z & = & 3 \quad (L_2) \\ x + 2y - z & = & 2 \quad (L_3) \end{array}\right.

Étape 1. Le pivot est le coefficient 11 de xx dans L1L_1. Les opérations L2←L2−2L1L_2 \leftarrow L_2 - 2L_1 et L3←L3−L1L_3 \leftarrow L_3 - L_1 donnent {x+y+z=6−3y−z=−9y−2z=−4\left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 6 \\ -3y - z & = & -9 \\ y - 2z & = & -4 \end{array}\right. Étape 2. Le pivot est le coefficient −3-3 de yy dans L2L_2. L'opération L3←3L3+L2L_3 \leftarrow 3L_3 + L_2 élimine yy : (3y−6z)+(−3y−z)=−12−9(3y - 6z) + (-3y - z) = -12 - 9, soit −7z=−21-7z = -21. {x+y+z=6−3y−z=−9−7z=−21\left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 6 \\ -3y - z & = & -9 \\ -7z & = & -21 \end{array}\right. Étape 3. On remonte : z=3z = 3 ; puis −3y=−9+3=−6-3y = -9 + 3 = -6, donc y=2y = 2 ; puis x=6−2−3=1x = 6 - 2 - 3 = 1.

Contrôle. 1+2+3=61 + 2 + 3 = 6 ; 2−2+3=32 - 2 + 3 = 3 ; 1+4−3=21 + 4 - 3 = 2. Le système a l'unique solution (1 ;2 ;3)(1\,;2\,;3).

Remarque. À l'étape 2, on aurait aussi pu échanger L2L_2 et L3L_3 pour prendre le pivot 11 ; on arrive au même résultat.

3.3 Pivot nul : on échange deux lignes

Si le coefficient de xx est nul dans L1L_1, on échange L1L_1 avec une ligne où il ne l'est pas. De même à l'étape 2 pour yy.

Exemple 10. {2y−z=1x+y+z=42x−y+3z=7\left\{\begin{array}{rcl} 2y - z & = & 1 \\ x + y + z & = & 4 \\ 2x - y + 3z & = & 7 \end{array}\right. La première ligne ne contient pas xx : on fait L1↔L2L_1 \leftrightarrow L_2. Puis L3←L3−2L1L_3 \leftarrow L_3 - 2L_1 donne −3y+z=−1-3y + z = -1, et le système devient {x+y+z=42y−z=1−3y+z=−1\left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 4 \\ 2y - z & = & 1 \\ -3y + z & = & -1 \end{array}\right. L'opération L3←2L3+3L2L_3 \leftarrow 2L_3 + 3L_2 donne −z=1-z = 1, donc z=−1z = -1 ; puis 2y=1+z=02y = 1 + z = 0, donc y=0y = 0 ; puis x=4−0+1=5x = 4 - 0 + 1 = 5. Contrôle dans la troisième équation de départ : 10−0−3=710 - 0 - 3 = 7. La solution est (5 ;0 ;−1)(5\,;0\,;-1).

3.4 Conseils

  • Écris à chaque étape l'opération faite, à droite de la ligne modifiée.
  • Garde les lignes alignées : les xx sous les xx, les yy sous les yy, les zz sous les zz.
  • Préfère les combinaisons sans fraction, comme L3←3L3+L2L_3 \leftarrow 3L_3 + L_2.
  • Vérifie toujours la solution dans le système de départ : une erreur de calcul dans une étape intermédiaire ne se voit pas autrement.

Leçon 4 : Systèmes impossibles, systèmes indéterminés

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Ce que révèle la méthode de Gauss

Pendant la méthode de Gauss, une ligne peut perdre toutes ses inconnues. Elle devient 0=c0 = c.

  • Si c≠0c \neq 0, l'égalité 0=c0 = c est fausse : le système est impossible, il n'a aucune solution (l'ensemble des solutions est l'ensemble vide ∅\varnothing).
  • Si c=0c = 0, l'égalité 0=00 = 0 est toujours vraie : on peut supprimer cette ligne. Il reste moins d'équations que d'inconnues, et le système a une infinité de solutions : on dit qu'il est indéterminé.

4.2 Système indéterminé

Quand il reste deux équations triangulaires pour trois inconnues, on choisit une inconnue libre, qui devient un paramètre (on pose par exemple z=tz = t, tt réel), et on exprime les autres en fonction de tt.

Exemple 11. {x+y+z=2x−y+3z=42x+4z=6\left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 2 \\ x - y + 3z & = & 4 \\ 2x + 4z & = & 6 \end{array}\right. Les opérations L2←L2−L1L_2 \leftarrow L_2 - L_1 et L3←L3−2L1L_3 \leftarrow L_3 - 2L_1 donnent −2y+2z=2-2y + 2z = 2 et −2y+2z=2-2y + 2z = 2. Puis L3←L3−L2L_3 \leftarrow L_3 - L_2 donne 0=00 = 0 : on supprime cette ligne. Le système est équivalent à {x+y+z=2−2y+2z=2\left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 2 \\ -2y + 2z & = & 2 \end{array}\right. On pose z=tz = t. La deuxième ligne donne y=t−1y = t - 1, puis la première x=2−(t−1)−t=3−2tx = 2 - (t - 1) - t = 3 - 2t. L'ensemble des solutions est S={(3−2t ; t−1 ; t), t∈R}.\mathcal{S} = \{(3 - 2t\,;\ t - 1\,;\ t),\ t \in \mathbb{R}\}. Par exemple, t=0t = 0 donne (3 ;−1 ;0)(3\,;-1\,;0) et t=1t = 1 donne (1 ;0 ;1)(1\,;0\,;1). Contrôle dans la troisième équation : 2(3−2t)+4t=62(3 - 2t) + 4t = 6 pour tout tt.

4.3 Système impossible

Exemple 12. On garde les deux premières lignes de l'exemple 11 et on remplace la troisième par 2x+4z=52x + 4z = 5. Les mêmes opérations donnent −2y+2z=1-2y + 2z = 1 en troisième ligne, puis L3←L3−L2L_3 \leftarrow L_3 - L_2 donne 0=−10 = -1 : c'est impossible. Le système n'a aucune solution.

4.4 Deux équations à trois inconnues

Exemple 13. {x+2y−z=12x+3y+z=4\left\{\begin{array}{rcl} x + 2y - z & = & 1 \\ 2x + 3y + z & = & 4 \end{array}\right. L'opération L2←L2−2L1L_2 \leftarrow L_2 - 2L_1 donne −y+3z=2-y + 3z = 2. On pose z=tz = t : y=3t−2y = 3t - 2, puis x=1−2(3t−2)+t=5−5tx = 1 - 2(3t - 2) + t = 5 - 5t. Donc S={(5−5t ; 3t−2 ; t), t∈R}\mathcal{S} = \{(5 - 5t\,;\ 3t - 2\,;\ t),\ t \in \mathbb{R}\}.

Exemple 14 (deux paramètres). Dans {x−y+2z=12x−2y+4z=2−x+y−2z=−1\left\{\begin{array}{rcl} x - y + 2z & = & 1 \\ 2x - 2y + 4z & = & 2 \\ -x + y - 2z & = & -1 \end{array}\right., on a L2=2L1L_2 = 2L_1 et L3=−L1L_3 = -L_1 : les opérations L2←L2−2L1L_2 \leftarrow L_2 - 2L_1 et L3←L3+L1L_3 \leftarrow L_3 + L_1 donnent 0=00 = 0 deux fois. Il reste une seule équation, x=1+y−2zx = 1 + y - 2z. En posant y=sy = s et z=tz = t : S={(1+s−2t ; s ; t), s∈R, t∈R}\mathcal{S} = \{(1 + s - 2t\,;\ s\,;\ t),\ s \in \mathbb{R},\ t \in \mathbb{R}\}.

4.5 Bilan

Propriété. Un système linéaire a soit aucune solution, soit une seule, soit une infinité. Il ne peut pas en avoir exactement deux.

Justification. Si (x1 ;y1 ;z1)(x_1\,;y_1\,;z_1) et (x2 ;y2 ;z2)(x_2\,;y_2\,;z_2) sont deux solutions distinctes, alors pour tout réel tt, le triplet (x1+t(x2−x1) ; y1+t(y2−y1) ; z1+t(z2−z1))\big(x_1 + t(x_2 - x_1)\,;\ y_1 + t(y_2 - y_1)\,;\ z_1 + t(z_2 - z_1)\big) est encore solution : dans chaque ligne ax+by+cz=dax + by + cz = d, on obtient d+t(d−d)=dd + t(d - d) = d. Cela fait une infinité de solutions.

Leçon 5 : Interprétation géométrique : intersection de plans

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Une équation, un plan

L'espace est muni d'un repère orthonormé. On sait depuis la Première que l'ensemble des points M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) tels que ax+by+cz=dax + by + cz = d, avec (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c) \neq (0\,;0\,;0), est un plan, de vecteur normal n⃗ (a ;b ;c)\vec n\,(a\,;b\,;c). Chaque ligne d'un système à trois inconnues est donc l'équation d'un plan, et :

Résoudre un système de trois équations à trois inconnues, c'est chercher les points communs à trois plans.

5.2 Deux plans

Deux plans P1P_1 et P2P_2, de vecteurs normaux n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 :

  • si n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 ne sont pas colinéaires, les plans sont sécants suivant une droite, dirigée par n⃗1∧n⃗2\vec n_1 \wedge \vec n_2 (chapitre 12) ;
  • si n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 sont colinéaires, les plans sont parallèles : distincts (aucun point commun) ou confondus.

Exemple 15. Les plans x+2y−z=1x + 2y - z = 1 et 2x+3y+z=42x + 3y + z = 4 de l'exemple 13 ont pour vecteurs normaux n⃗1 (1 ;2 ;−1)\vec n_1\,(1\,;2\,;-1) et n⃗2 (2 ;3 ;1)\vec n_2\,(2\,;3\,;1), non colinéaires. Ils se coupent suivant la droite formée des points (5−5t ; 3t−2 ; t)(5 - 5t\,;\ 3t - 2\,;\ t) : elle passe par (5 ;−2 ;0)(5\,;-2\,;0) et elle est dirigée par u⃗ (−5 ;3 ;1)\vec u\,(-5\,;3\,;1). On retrouve bien un vecteur colinéaire à n⃗1∧n⃗2=(5 ;−3 ;−1)=−u⃗\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (5\,;-3\,;-1) = -\vec u.

5.3 Trois plans

Trois plans P1P_1, P2P_2, P3P_3 peuvent avoir :

Points communs Configuration Solutions du système
un seul point les trois plans se coupent en un point, comme le sol et deux murs d'une pièce une seule
une droite les trois plans contiennent une même droite, comme les pages d'un livre ouvert autour de sa reliure (ou deux plans confondus coupés par le troisième) une infinité, avec un paramètre
un plan les trois plans sont confondus une infinité, avec deux paramètres
aucun point deux des plans sont parallèles et distincts, ou les plans se coupent deux à deux suivant trois droites parallèles, comme les faces d'un prisme aucune

5.4 Le critère du produit mixte

Propriété. Trois plans de vecteurs normaux n⃗1\vec n_1, n⃗2\vec n_2, n⃗3\vec n_3 ont un unique point commun si, et seulement si, [n⃗1,n⃗2,n⃗3]≠0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] \neq 0, c'est-à-dire si les vecteurs normaux ne sont pas coplanaires.

Démonstration.

  • Si n⃗1\vec n_1 et n⃗2\vec n_2 sont colinéaires, n⃗1∧n⃗2=0⃗\vec n_1 \wedge \vec n_2 = \vec 0, donc [n⃗1,n⃗2,n⃗3]=0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = 0. Les plans P1P_1 et P2P_2 sont parallèles : ou bien ils n'ont aucun point commun, ou bien ils sont confondus, et alors les points communs aux trois plans sont ceux de P1∩P3P_1 \cap P_3, qui n'est jamais réduit à un point (c'est un plan, une droite ou l'ensemble vide).
  • Sinon, P1∩P2P_1 \cap P_2 est une droite DD dirigée par w⃗=n⃗1∧n⃗2\vec w = \vec n_1 \wedge \vec n_2. Une droite coupe un plan en un seul point si, et seulement si, son vecteur directeur n'est pas orthogonal au vecteur normal du plan. Donc DD coupe P3P_3 en un seul point si, et seulement si, w⃗⋅n⃗3≠0\vec w \cdot \vec n_3 \neq 0, c'est-à-dire [n⃗1,n⃗2,n⃗3]≠0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] \neq 0. Dans le cas contraire, DD est parallèle à P3P_3 : elle est contenue dans P3P_3 (une droite de solutions) ou elle ne le rencontre pas (aucune solution).

Exemple 16. Les trois plans de l'exemple 9 ont pour vecteurs normaux n⃗1 (1 ;1 ;1)\vec n_1\,(1\,;1\,;1), n⃗2 (2 ;−1 ;1)\vec n_2\,(2\,;-1\,;1), n⃗3 (1 ;2 ;−1)\vec n_3\,(1\,;2\,;-1). On a n⃗1∧n⃗2=(2 ;1 ;−3)\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (2\,;1\,;-3), puis [n⃗1,n⃗2,n⃗3]=2+2+3=7≠0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = 2 + 2 + 3 = 7 \neq 0 : les trois plans se coupent en un seul point, A(1 ;2 ;3)A(1\,;2\,;3).

Exemple 17. Dans les exemples 11 et 12, les vecteurs normaux sont n⃗1 (1 ;1 ;1)\vec n_1\,(1\,;1\,;1), n⃗2 (1 ;−1 ;3)\vec n_2\,(1\,;-1\,;3) et n⃗3 (2 ;0 ;4)=n⃗1+n⃗2\vec n_3\,(2\,;0\,;4) = \vec n_1 + \vec n_2 : ils sont coplanaires, et [n⃗1,n⃗2,n⃗3]=0[\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = 0. Deux à deux, ils ne sont pas colinéaires : les plans se coupent deux à deux suivant des droites, toutes dirigées par n⃗1∧n⃗2=(4 ;−2 ;−2)\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (4\,;-2\,;-2), donc parallèles. Dans l'exemple 11, les trois plans contiennent une même droite (un livre ouvert) ; dans l'exemple 12, ils forment un prisme et n'ont aucun point commun.

Exemple 18. Les plans x+y+z=1x + y + z = 1 et 2x+2y+2z=52x + 2y + 2z = 5 sont parallèles et distincts (vecteurs normaux colinéaires, et L2−2L1L_2 - 2L_1 donne 0=30 = 3). Quel que soit le troisième plan, le système n'a aucune solution.

Leçon 6 : Déterminant d'un système, systèmes à paramètre

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Déterminant d'un système de trois équations

Définition. Le déterminant du système {ax+by+cz=da′x+b′y+c′z=d′a′′x+b′′y+c′′z=d′′\left\{\begin{array}{rcl} ax + by + cz & = & d \\ a'x + b'y + c'z & = & d' \\ a''x + b''y + c''z & = & d'' \end{array}\right. est le produit mixte des vecteurs formés par les coefficients de chaque ligne, n⃗1 (a ;b ;c)\vec n_1\,(a\,;b\,;c), n⃗2 (a′ ;b′ ;c′)\vec n_2\,(a'\,;b'\,;c') et n⃗3 (a′′ ;b′′ ;c′′)\vec n_3\,(a''\,;b''\,;c'') : Δ=∣abca′b′c′a′′b′′c′′∣=[n⃗1,n⃗2,n⃗3]=(n⃗1∧n⃗2)⋅n⃗3.\Delta = \begin{vmatrix} a & b & c \\ a' & b' & c' \\ a'' & b'' & c'' \end{vmatrix} = [\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = (\vec n_1 \wedge \vec n_2) \cdot \vec n_3.

Théorème. Le système a une unique solution si, et seulement si, Δ≠0\Delta \neq 0. Si Δ=0\Delta = 0, il a soit aucune solution, soit une infinité ; la méthode de Gauss permet de trancher.

C'est la propriété de la leçon 5, écrite avec les coefficients : les vecteurs n⃗1\vec n_1, n⃗2\vec n_2, n⃗3\vec n_3 sont les vecteurs normaux des trois plans.

6.2 Le calcul

On calcule d'abord n⃗1∧n⃗2\vec n_1 \wedge \vec n_2 (méthode « cacher une ligne » du chapitre 12), puis son produit scalaire avec n⃗3\vec n_3. En développant, on obtient Δ=(bc′−cb′) a′′+(ca′−ac′) b′′+(ab′−ba′) c′′=ab′c′′+bc′a′′+ca′b′′−cb′a′′−ac′b′′−ba′c′′.\Delta = (bc' - cb')\,a'' + (ca' - ac')\,b'' + (ab' - ba')\,c'' = ab'c'' + bc'a'' + ca'b'' - cb'a'' - ac'b'' - ba'c''.

Remarque. Les six produits de cette somme sont aussi ceux qu'on obtient avec les colonnes des coefficients (a ;a′ ;a′′)(a\,;a'\,;a''), (b ;b′ ;b′′)(b\,;b'\,;b''), (c ;c′ ;c′′)(c\,;c'\,;c'') : on peut calculer Δ\Delta avec les lignes ou avec les colonnes, on trouve le même nombre. C'était déjà le cas à l'ordre deux : ab′−a′bab' - a'b se lit aussi bien sur les lignes que sur les colonnes.

Exemple 19. Pour le système de l'exemple 9, n⃗1∧n⃗2=(1×1−1×(−1) ; 1×2−1×1 ; 1×(−1)−1×2)=(2 ;1 ;−3)\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (1 \times 1 - 1 \times (-1)\,;\ 1 \times 2 - 1 \times 1\,;\ 1 \times (-1) - 1 \times 2) = (2\,;1\,;-3), et Δ=2×1+1×2+(−3)×(−1)=7\Delta = 2 \times 1 + 1 \times 2 + (-3) \times (-1) = 7. Comme Δ≠0\Delta \neq 0, le système a une unique solution, celle trouvée par la méthode de Gauss.

Cas où Δ=0\Delta = 0 sans calcul. Si deux lignes ont des coefficients proportionnels, ou si les coefficients d'une ligne sont la somme de ceux des deux autres (plus généralement une combinaison), les vecteurs n⃗1\vec n_1, n⃗2\vec n_2, n⃗3\vec n_3 sont coplanaires et Δ=0\Delta = 0.

6.3 Systèmes à paramètre

Quand les coefficients dépendent d'un paramètre mm, on calcule Δ\Delta en fonction de mm. Pour les valeurs de mm qui annulent Δ\Delta, on reprend la méthode de Gauss avec cette valeur. On se limite ici à des exemples simples.

Exemple 20. Pour tout réel mm, on considère (Sm):{x+y+z=3x+2y+3z=62x+3y+mz=10(S_m) : \left\{\begin{array}{rcl} x + y + z & = & 3 \\ x + 2y + 3z & = & 6 \\ 2x + 3y + mz & = & 10 \end{array}\right.

  • Déterminant. n⃗1∧n⃗2=(1×3−1×2 ; 1×1−1×3 ; 1×2−1×1)=(1 ;−2 ;1)\vec n_1 \wedge \vec n_2 = (1 \times 3 - 1 \times 2\,;\ 1 \times 1 - 1 \times 3\,;\ 1 \times 2 - 1 \times 1) = (1\,;-2\,;1), donc Δ=2−6+m=m−4\Delta = 2 - 6 + m = m - 4.
  • Méthode de Gauss. L2←L2−L1L_2 \leftarrow L_2 - L_1 donne y+2z=3y + 2z = 3 ; L3←L3−2L1L_3 \leftarrow L_3 - 2L_1 donne y+(m−2)z=4y + (m - 2)z = 4 ; puis L3←L3−L2L_3 \leftarrow L_3 - L_2 donne (m−4) z=1(m - 4)\,z = 1.
  • Si m≠4m \neq 4 : z=1m−4z = \dfrac{1}{m - 4}, puis y=3−2z=3m−14m−4y = 3 - 2z = \dfrac{3m - 14}{m - 4}, puis x=3−y−z=1m−4x = 3 - y - z = \dfrac{1}{m - 4}. Unique solution (1m−4 ; 3m−14m−4 ; 1m−4)\left(\dfrac{1}{m - 4}\,;\ \dfrac{3m - 14}{m - 4}\,;\ \dfrac{1}{m - 4}\right). Par exemple, pour m=5m = 5, la solution est (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1).
  • Si m=4m = 4 : la dernière ligne devient 0=10 = 1 : le système n'a aucune solution. Géométriquement, n⃗3 (2 ;3 ;4)=n⃗1+n⃗2\vec n_3\,(2\,;3\,;4) = \vec n_1 + \vec n_2 : les trois plans se coupent deux à deux suivant des droites parallèles, et forment un prisme.

6.4 Complément (non exigible) : les formules de Cramer à l'ordre trois

Écrivons le système avec les colonnes de coefficients c⃗1 (a ;a′ ;a′′)\vec c_1\,(a\,;a'\,;a''), c⃗2 (b ;b′ ;b′′)\vec c_2\,(b\,;b'\,;b''), c⃗3 (c ;c′ ;c′′)\vec c_3\,(c\,;c'\,;c'') et la colonne des seconds membres b⃗ (d ;d′ ;d′′)\vec b\,(d\,;d'\,;d'') : il s'écrit x c⃗1+y c⃗2+z c⃗3=b⃗x\,\vec c_1 + y\,\vec c_2 + z\,\vec c_3 = \vec b, et Δ=[c⃗1,c⃗2,c⃗3]\Delta = [\vec c_1, \vec c_2, \vec c_3] d'après la remarque du 6.2. Si (x ;y ;z)(x\,;y\,;z) est solution, le produit mixte, qui se développe comme une somme, donne [b⃗,c⃗2,c⃗3]=x [c⃗1,c⃗2,c⃗3]+y [c⃗2,c⃗2,c⃗3]+z [c⃗3,c⃗2,c⃗3]=x Δ,[\vec b, \vec c_2, \vec c_3] = x\,[\vec c_1, \vec c_2, \vec c_3] + y\,[\vec c_2, \vec c_2, \vec c_3] + z\,[\vec c_3, \vec c_2, \vec c_3] = x\,\Delta, car un produit mixte qui contient deux fois le même vecteur est nul. Donc, si Δ≠0\Delta \neq 0 : x=ΔxΔ,y=ΔyΔ,z=ΔzΔ,x = \frac{\Delta_x}{\Delta}, \qquad y = \frac{\Delta_y}{\Delta}, \qquad z = \frac{\Delta_z}{\Delta}, où Δx\Delta_x, Δy\Delta_y, Δz\Delta_z s'obtiennent en remplaçant dans Δ\Delta la colonne des coefficients de xx, de yy ou de zz par celle des seconds membres. C'est la méthode de Cramer de Seconde, prolongée à trois inconnues. Elle demande quatre déterminants : pour un système numérique, la méthode de Gauss est en général plus rapide.

Exemple 21. Pour le système de l'exemple 9, Δ=7\Delta = 7 et Δx=∣6113−1122−1∣=7,Δy=∣16123112−1∣=14,Δz=∣1162−13122∣=21.\Delta_x = \begin{vmatrix} 6 & 1 & 1 \\ 3 & -1 & 1 \\ 2 & 2 & -1 \end{vmatrix} = 7, \qquad \Delta_y = \begin{vmatrix} 1 & 6 & 1 \\ 2 & 3 & 1 \\ 1 & 2 & -1 \end{vmatrix} = 14, \qquad \Delta_z = \begin{vmatrix} 1 & 1 & 6 \\ 2 & -1 & 3 \\ 1 & 2 & 2 \end{vmatrix} = 21. On retrouve x=1x = 1, y=2y = 2, z=3z = 3.

Leçon 7 : Mettre un problème en équations

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 La méthode

  1. Choisir les inconnues, en précisant ce qu'elles représentent et leur unité.
  2. Traduire chaque information de l'énoncé par une équation.
  3. Résoudre le système, par la méthode de Gauss.
  4. Vérifier que la solution respecte l'énoncé (par exemple des quantités positives, ou entières), puis conclure par une phrase.

7.2 Un problème de prix

Exemple 22 (situation simplifiée, prix inventés). Au marché, une cliente paie 2 7002\,700 F pour 22 kg de riz, 11 kg de sucre et 11 litre d'huile. Une deuxième paie 3 0003\,000 F pour 11 kg de riz, 22 kg de sucre et 11 litre d'huile. Une troisième paie 4 3004\,300 F pour 33 kg de riz, 11 kg de sucre et 22 litres d'huile. Quel est le prix de chaque produit ?

Inconnues. rr, ss, hh : prix, en francs CFA, d'un kilogramme de riz, d'un kilogramme de sucre et d'un litre d'huile.

Équations. {2r+s+h=2 700r+2s+h=3 0003r+s+2h=4 300\left\{\begin{array}{rcl} 2r + s + h & = & 2\,700 \\ r + 2s + h & = & 3\,000 \\ 3r + s + 2h & = & 4\,300 \end{array}\right.

Résolution. On échange L1L_1 et L2L_2 pour avoir le pivot 11. Puis L2←L2−2L1L_2 \leftarrow L_2 - 2L_1 donne −3s−h=−3 300-3s - h = -3\,300, et L3←L3−3L1L_3 \leftarrow L_3 - 3L_1 donne −5s−h=−4 700-5s - h = -4\,700. Enfin L3←L3−L2L_3 \leftarrow L_3 - L_2 donne −2s=−1 400-2s = -1\,400, donc s=700s = 700. Puis h=3 300−3×700=1 200h = 3\,300 - 3 \times 700 = 1\,200, et r=3 000−2×700−1 200=400r = 3\,000 - 2 \times 700 - 1\,200 = 400.

Vérification et conclusion. 800+700+1 200=2 700800 + 700 + 1\,200 = 2\,700, 400+1 400+1 200=3 000400 + 1\,400 + 1\,200 = 3\,000, 1 200+700+2 400=4 3001\,200 + 700 + 2\,400 = 4\,300. Le riz coûte 400400 F le kilogramme, le sucre 700700 F le kilogramme, et l'huile 1 2001\,200 F le litre.

7.3 Une parabole passant par trois points

Exemple 23. Cherchons la fonction f:x↦ax2+bx+cf : x \mapsto ax^2 + bx + c dont la courbe passe par A(1 ;2)A(1\,;2), B(2 ;3)B(2\,;3) et C(3 ;6)C(3\,;6).

Les conditions f(1)=2f(1) = 2, f(2)=3f(2) = 3, f(3)=6f(3) = 6 donnent {a+b+c=24a+2b+c=39a+3b+c=6\left\{\begin{array}{rcl} a + b + c & = & 2 \\ 4a + 2b + c & = & 3 \\ 9a + 3b + c & = & 6 \end{array}\right.

L2←L2−L1L_2 \leftarrow L_2 - L_1 et L3←L3−L1L_3 \leftarrow L_3 - L_1 donnent 3a+b=13a + b = 1 et 8a+2b=48a + 2b = 4 ; puis L3←L3−2L2L_3 \leftarrow L_3 - 2L_2 donne 2a=22a = 2. Donc a=1a = 1, b=1−3=−2b = 1 - 3 = -2, c=2−1+2=3c = 2 - 1 + 2 = 3 : f(x)=x2−2x+3f(x) = x^2 - 2x + 3. Contrôle : f(1)=2f(1) = 2, f(2)=3f(2) = 3, f(3)=6f(3) = 6.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

Notion À retenir
Deux équations, deux inconnues Δ=ab′−a′b\Delta = ab' - a'b ; si Δ≠0\Delta \neq 0, unique solution x=ΔxΔx = \frac{\Delta_x}{\Delta}, y=ΔyΔy = \frac{\Delta_y}{\Delta} (Cramer) ; si Δ=0\Delta = 0, aucune ou une infinité
Interprétation dans le plan une équation, une droite ; Δ≠0\Delta \neq 0 : droites sécantes ; Δ=0\Delta = 0 : parallèles distinctes ou confondues
Opérations élémentaires Li↔LjL_i \leftrightarrow L_j ; Li←k LiL_i \leftarrow k\,L_i avec k≠0k \neq 0 ; Li←Li+k LjL_i \leftarrow L_i + k\,L_j ; une ligne à la fois
Pivot de Gauss pivot en xx dans L1L_1, élimination de xx dans L2L_2 et L3L_3 ; pivot en yy dans L2L_2, élimination de yy dans L3L_3 ; remontée ; contrôle dans le système de départ
Cas particuliers une ligne 0=c0 = c avec c≠0c \neq 0 : aucune solution ; une ligne 0=00 = 0 : on la supprime, une inconnue devient paramètre
Nombre de solutions aucune, une seule ou une infinité, jamais exactement deux
Interprétation dans l'espace une équation, un plan de vecteur normal n⃗ (a ;b ;c)\vec n\,(a\,;b\,;c) ; solutions : un point, une droite, un plan, ou aucun point (plans parallèles, prisme)
Déterminant d'ordre trois Δ=[n⃗1,n⃗2,n⃗3]=(n⃗1∧n⃗2)⋅n⃗3\Delta = [\vec n_1, \vec n_2, \vec n_3] = (\vec n_1 \wedge \vec n_2) \cdot \vec n_3 ; unique solution si, et seulement si, Δ≠0\Delta \neq 0
Paramètre calculer Δ(m)\Delta(m) ; si Δ(m)≠0\Delta(m) \neq 0, unique solution ; pour les valeurs qui annulent Δ\Delta, reprendre la méthode de Gauss
Problèmes inconnues et unités, équations, résolution, vérification et phrase de conclusion
Tu es hors connexion. Les chapitres téléchargés restent disponibles dans Hors connexion.