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Leçon 3

Applications affines

Vidéo 3 : Applications affines · 3 min 53 s · sous-titres en français

Le cours écrit

3.1 Définition

Le plan est muni d'un repère (O ;i⃗,j⃗)(O\,;\vec i, \vec j). Une application ff du plan dans lui-même est affine si elle s'écrit, pour tout point M(x ;y)M(x\,;y) d'image M′(x′ ;y′)M'(x'\,;y') : {x′=ax+by+py′=cx+dy+q(a,b,c,d,p,q reˊels).\begin{cases} x' = ax + by + p \\ y' = cx + dy + q \end{cases} \qquad (a, b, c, d, p, q \text{ réels}).

Application linéaire associée. Si M(x ;y)M(x\,;y) et N(x+X ;y+Y)N(x + X\,;y + Y), on calcule M′N′→ (aX+bY ;cX+dY)\overrightarrow{M'N'}\,(aX + bY\,;cX + dY) : le vecteur M′N′→\overrightarrow{M'N'} ne dépend que du vecteur MN→\overrightarrow{MN}. L'application φ:w⃗(X ;Y)⟼w⃗′(aX+bY ;cX+dY)\varphi : \vec w(X\,;Y) \longmapsto \vec w'(aX + bY\,;cX + dY) est l'application linéaire associée à ff : M′N′→=φ(MN→)\overrightarrow{M'N'} = \varphi\big(\overrightarrow{MN}\big). Elle vérifie φ(u⃗+v⃗)=φ(u⃗)+φ(v⃗)\varphi(\vec u + \vec v) = \varphi(\vec u) + \varphi(\vec v) et φ(λu⃗)=λ φ(u⃗)\varphi(\lambda\vec u) = \lambda\,\varphi(\vec u). On n'en dira pas plus, comme le demande le programme.

Exemples. Les transformations vues en Seconde et en Première sont affines :

  • la translation de vecteur w⃗(p ;q)\vec w(p\,;q) : x′=x+px' = x + p, y′=y+qy' = y + q ;
  • l'homothétie de centre OO et de rapport kk : x′=kxx' = kx, y′=kyy' = ky ;
  • la rotation de centre OO et d'angle θ\theta (repère orthonormé direct) : x′=xcos⁡θ−ysin⁡θx' = x\cos\theta - y\sin\theta, y′=xsin⁡θ+ycos⁡θy' = x\sin\theta + y\cos\theta ;
  • la réflexion d'axe (O ;i⃗)(O\,;\vec i) : x′=xx' = x, y′=−yy' = -y.

D'autres applications affines ne sont ni des isométries ni des similitudes : la projection sur l'axe des abscisses (x′=xx' = x, y′=0y' = 0), ou l'application x′=xx' = x, y′=2yy' = 2y, qui étire le plan verticalement.

Bijection. Pour trouver l'antécédent d'un point M′(x′ ;y′)M'(x'\,;y'), on résout le système ax+by=x′−pax + by = x' - p, cx+dy=y′−qcx + dy = y' - q. Il a une solution unique, quel que soit M′M', si et seulement si ad−bc≠0ad - bc \neq 0 : ff est alors une transformation (une bijection du plan).

3.2 Conservation du barycentre

Théorème 4. Une application ff du plan dans lui-même est affine si et seulement si elle conserve le barycentre : pour tous points pondérés (Ai,αi)(A_i, \alpha_i) de somme α≠0\alpha \neq 0, l'image de leur barycentre GG est le barycentre des points (f(Ai),αi)(f(A_i), \alpha_i).

Démonstration.

  • Si ff est affine. Notons Ai(xi ;yi)A_i(x_i\,;y_i) et Ai′A_i' son image. Alors xG=∑αixiαx_G = \dfrac{\sum \alpha_i x_i}{\alpha} et yG=∑αiyiαy_G = \dfrac{\sum \alpha_i y_i}{\alpha}, et xG′=a xG+b yG+p=∑αi (axi+byi+p)α=∑αi xi′α,x_{G'} = a\,x_G + b\,y_G + p = \frac{\sum \alpha_i\,(a x_i + b y_i + p)}{\alpha} = \frac{\sum \alpha_i\,x_i'}{\alpha}, car ∑αi pα=p\dfrac{\sum \alpha_i\,p}{\alpha} = p. De même pour yG′y_{G'} : G′G' est le barycentre des (Ai′,αi)(A_i', \alpha_i).
  • Si ff conserve le barycentre. Soit I(1 ;0)I(1\,;0) et J(0 ;1)J(0\,;1). Tout point M(x ;y)M(x\,;y) est le barycentre de (O,1−x−y)(O, 1 - x - y), (I,x)(I, x), (J,y)(J, y), car OM→=x OI→+y OJ→\overrightarrow{OM} = x\,\overrightarrow{OI} + y\,\overrightarrow{OJ}. Son image est donc le barycentre de (O′,1−x−y)(O', 1 - x - y), (I′,x)(I', x), (J′,y)(J', y) : O′M′→=x O′I′→+y O′J′→.\overrightarrow{O'M'} = x\,\overrightarrow{O'I'} + y\,\overrightarrow{O'J'}. En coordonnées, x′x' et y′y' sont de la forme ax+by+pax + by + p et cx+dy+qcx + dy + q : ff est affine.

Conséquences. Soit ff une application affine.

  1. L'image du milieu de [AB][AB] est le milieu de [A′B′][A'B'] ; l'image du centre de gravité d'un triangle est le centre de gravité du triangle image.
  2. Si AC→=t AB→\overrightarrow{AC} = t\,\overrightarrow{AB}, alors A′C′→=t A′B′→\overrightarrow{A'C'} = t\,\overrightarrow{A'B'} : ff conserve l'alignement et les rapports de longueurs sur une même droite.
  3. L'image de la droite (AB)(AB) est la droite (A′B′)(A'B') si A′≠B′A' \neq B', le point A′A' sinon. L'image du segment [AB][AB] est le segment [A′B′][A'B'].
  4. Deux droites parallèles ont des images parallèles (ou réduites à des points).
  5. L'image d'un parallélogramme est un parallélogramme, éventuellement aplati.

Justification de 2 et 3. AC→=t AB→\overrightarrow{AC} = t\,\overrightarrow{AB} signifie C=bar{(A,1−t),(B,t)}C = \mathrm{bar}\{(A, 1 - t), (B, t)\}, donc C′=bar{(A′,1−t),(B′,t)}C' = \mathrm{bar}\{(A', 1 - t), (B', t)\}. Quand tt décrit R\mathbb{R}, CC décrit la droite (AB)(AB) ; quand tt décrit [0 ;1][0\,;1], il décrit le segment [AB][AB].

3.3 Une application qui ne conserve pas le barycentre

Le programme demande des contre-exemples. Soit gg l'application qui transforme M(x ;y)M(x\,;y) en M′(x2 ;y)M'(x^2\,;y). Avec A(0 ;0)A(0\,;0), B(2 ;0)B(2\,;0) et leur milieu I(1 ;0)I(1\,;0) : A′(0 ;0)A'(0\,;0), B′(4 ;0)B'(4\,;0), I′(1 ;0)I'(1\,;0), alors que le milieu de [A′B′][A'B'] est (2 ;0)(2\,;0). L'application gg ne conserve pas le milieu : elle n'est pas affine.

3.4 Images d'ensembles de points

Exemple 8. Soit ff l'application définie par x′=2x−y+1x' = 2x - y + 1, y′=x+y−2y' = x + y - 2.

  • ff est affine ; son application linéaire associée est φ(X ;Y)=(2X−Y ;X+Y)\varphi(X\,;Y) = (2X - Y\,;X + Y), et ad−bc=2×1−(−1)×1=3≠0ad - bc = 2 \times 1 - (-1) \times 1 = 3 \neq 0 : ff est une transformation.
  • Images : A(0 ;0)↦A′(1 ;−2)A(0\,;0) \mapsto A'(1\,;-2), B(2 ;0)↦B′(5 ;0)B(2\,;0) \mapsto B'(5\,;0), C(0 ;3)↦C′(−2 ;1)C(0\,;3) \mapsto C'(-2\,;1).
  • Le milieu (1 ;0)(1\,;0) de [AB][AB] a pour image (3 ;−1)(3\,;-1), qui est bien le milieu de [A′B′][A'B']. Le centre de gravité (23 ;1)\left(\frac23\,;1\right) de ABCABC a pour image (43 ;−13)\left(\frac43\,;-\frac13\right), qui est bien celui de A′B′C′A'B'C'.
  • Image de la droite D:y=xD : y = x. Ses points s'écrivent M(t ;t)M(t\,;t), d'images M′(t+1 ;2t−2)M'(t + 1\,;2t - 2). En éliminant t=x′−1t = x' - 1, on obtient y′=2x′−4y' = 2x' - 4 : l'image de DD est la droite d'équation y=2x−4y = 2x - 4.

Attention. Une application affine ne transforme pas toujours un cercle en cercle. Par x′=xx' = x, y′=2yy' = 2y, le point (1 ;0)(1\,;0) du cercle de centre OO et de rayon 11 reste à la distance 11 de OO, tandis que le point (0 ;1)(0\,;1) a pour image (0 ;2)(0\,;2), à la distance 22 : l'image n'est pas un cercle (c'est une ellipse, étudiée au chapitre sur les coniques).

3.5 Démontrer avec une application affine

Exemple 9. L'image d'un parallélogramme par une application affine ff est un parallélogramme (éventuellement aplati). ABCDABCD est un parallélogramme si et seulement si [AC][AC] et [BD][BD] ont le même milieu KK. Par conservation du milieu, f(K)f(K) est le milieu de [A′C′][A'C'] et de [B′D′][B'D'] : A′B′C′D′A'B'C'D' est un parallélogramme.

Lire le cours complet du chapitre

Exercices 5 et 6

  • Exercice 5 : étude d'une application affine
  • Exercice 6 : conserver, ou non, le barycentre

Exercices du chapitre (PDF, 255 Ko)

Corrigés

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Corrigés du chapitre (PDF, 265 Ko)

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