Vidéo 1 : Barycentres et réduction d'une somme de vecteurs · 4 min 03 s · sous-titres en français
Le cours écrit
1.1 Rappels sur le barycentre
Soit (A1,α1),…,(An,αn) des points pondérés, avec α=α1+⋯+αn=0. Il existe un unique point G tel que
∑i=1nαiGAi=0.
C'est le barycentre des points pondérés ; on écrit G=bar{(A1,α1),…,(An,αn)}.
Position. Pour tout point O : OG=α1i=1∑nαiOAi. En coordonnées : xG=α∑αixi et yG=α∑αiyi.
Homogénéité. On ne change pas le barycentre en multipliant tous les coefficients par un même réel non nul.
Associativité (barycentres partiels). Si α1+α2=0 et H=bar{(A1,α1),(A2,α2)}, alors G=bar{(H,α1+α2),(A3,α3),…,(An,αn)}.
Quand tous les coefficients sont égaux, G est l'isobarycentre ; pour trois points, c'est le centre de gravité du triangle.
1.2 Réduction de ∑αiMAi
À tout point M du plan, on associe le vecteur
f(M)=∑i=1nαiMAi.
Théorème 1.
Si α=∑αi=0 et si G est le barycentre des (Ai,αi), alors, pour tout point M : i=1∑nαiMAi=αMG.
Si α=0, le vecteur f(M)ne dépend pas de M : pour tout point O, f(M)=i=1∑nαiOAi.
Démonstration. Par la relation de Chasles, MAi=MO+OAi pour tout point O, donc
f(M)=(∑αi)MO+∑αiOAi=αMO+∑αiOAi.
Si α=0, il reste ∑αiOAi, qui ne dépend pas de M. Si α=0, on prend O=G : ∑αiGAi=0, donc f(M)=αMG.
L'écriture αMG est la forme réduite : une somme de n vecteurs qui dépendent de M devient un seul vecteur.
1.3 Utiliser la forme réduite
Exemple 1 (un ensemble de points). Dans un repère orthonormé, A(−2;0), B(4;0) et C(1;6). On cherche l'ensemble Γ des points M tels que MA+MB+2MC=8.
La somme des coefficients vaut 1+1+2=4=0. Le barycentre G de (A,1), (B,1), (C,2) a pour coordonnées xG=4−2+4+2=1 et yG=40+0+12=3 : G(1;3).
Par le théorème 1, MA+MB+2MC=4MG, donc la condition s'écrit 4MG=8, soit MG=2.
Γ est le cercle de centre G(1;3) et de rayon 2.
Exemple 2 (un vecteur constant). Avec les mêmes points, la somme des coefficients de MA+MB−2MC est nulle. En prenant O=C :
MA+MB−2MC=CA+CB−2CC=CA+CB=2CI,
où I est le milieu de [AB]. Ici I(1;0) et 2CI a pour coordonnées (0;−12), quel que soit M.
Exemple 3 (un cercle de diamètre donné). Soit A et B deux points distincts et I le milieu de [AB]. L'ensemble des points M tels que MA+MB=MA−MB :
MA+MB=2MI (coefficients 1 et 1) ;
MA−MB=BA (coefficients 1 et −1, de somme nulle).
La condition s'écrit 2MI=AB, soit MI=2AB : c'est le cercle de diamètre [AB].
Exemple 4 (alignement par associativité). Soit ABC un triangle, I le milieu de [BC] et G=bar{(A,2),(B,1),(C,1)}. Comme I=bar{(B,1),(C,1)}, l'associativité donne G=bar{(A,2),(I,2)} : G est le milieu de [AI]. En particulier, A, G et I sont alignés.