Dans cette leçon, a et b sont des entiers naturels non nuls, c est un entier naturel, et l'on cherche les couples (x;y) d'entiers relatifs tels que ax+by=c. C'est la compétence exigible du programme : « résoudre dans Z des équations du type ax+by=c où a, b et c sont des entiers naturels ».
5.1 Existence de solutions
Théorème. Soit d=PGCD(a;b). L'équation ax+by=c a des solutions dans Z2 si, et seulement si, d divise c.
Démonstration.
- Si (x;y) est une solution, d divise a et b, donc il divise ax+by=c.
- Réciproquement, si c=dk, l'identité de Bézout donne u et v tels que au+bv=d ; alors a(uk)+b(vk)=dk=c.
Exemple 24. 84x+30y=10 n'a aucune solution entière : PGCD(84;30)=6 ne divise pas 10. En effet, le membre de gauche est toujours un multiple de 6.
5.2 Méthode de résolution
- Simplifier. On calcule d=PGCD(a;b). Si d ne divise pas c, il n'y a pas de solution. Sinon, on divise par d : a′x+b′y=c′, avec a′ et b′ premiers entre eux.
- Trouver une solution particulière (x0;y0), à vue ou par la remontée de l'algorithme d'Euclide (on trouve a′u+b′v=1, puis on multiplie par c′).
- Soustraire et appliquer Gauss. Si (x;y) est une solution, on soustrait a′x0+b′y0=c′ :
a′(x−x0)=b′(y0−y).
a′ divise b′(y0−y) et a′ est premier avec b′, donc a′ divise y0−y : y0−y=a′k avec k∈Z. En remplaçant, a′(x−x0)=b′a′k, donc x−x0=b′k.
- Vérifier et conclure. Réciproquement, pour tout k∈Z, le couple (x0+b′k;y0−a′k) est solution, car a′b′k−b′a′k=0. L'ensemble des solutions est
{(x0+b′k;y0−a′k), k∈Z}.
Exemple 25. Résoudre dans Z2 l'équation 84x+30y=18.
- PGCD(84;30)=6 divise 18. On divise par 6 : 14x+5y=3.
- Solution particulière : 14×2+5×(−5)=28−25=3, donc (x0;y0)=(2;−5).
- Si 14x+5y=3, alors 14(x−2)=5(−5−y). 5 divise 14(x−2) et 5 est premier avec 14, donc 5 divise x−2 : x=2+5k. Alors 14×5k=5(−5−y), d'où y=−5−14k.
- Réciproquement, 14(2+5k)+5(−5−14k)=28−25=3. Les solutions sont les couples (2+5k;−5−14k), k∈Z.
Remarque. Une autre solution particulière donne une autre écriture du même ensemble. Avec la remontée, 14×(−1)+5×3=1, donc (x0;y0)=(−3;9) : on obtient (−3+5k;9−14k), qui décrit les mêmes couples (remplacer k par k+1).
5.3 Un problème concret
Exemple 26 (situation simplifiée). Dans une librairie, un cahier coûte 350 F et un stylo 150 F. Une élève a dépensé exactement 2600 F. Combien a-t-elle pu acheter de cahiers et de stylos ?
On note x le nombre de cahiers et y le nombre de stylos : 350x+150y=2600. En divisant par 50 : 7x+3y=52, avec PGCD(7;3)=1.
- Solution particulière : 7×1+3×15=52.
- Comme ci-dessus, les solutions dans Z2 sont x=1+3k et y=15−7k, k∈Z.
- Ici x et y sont des entiers naturels : 1+3k≥0 donne k≥0, et 15−7k≥0 donne k≤2.
| k |
0 |
1 |
2 |
| cahiers x |
1 |
4 |
7 |
| stylos y |
15 |
8 |
1 |
Il y a trois possibilités.
5.4 Équations avec des congruences
Pour résoudre ax≡b[n], deux méthodes :
- le tableau des restes : on essaie les n restes possibles de x ;
- multiplier par un « inverse » : on cherche un entier a′ tel que aa′≡1[n] (il existe quand a et n sont premiers entre eux, d'après le théorème de Bézout), et on multiplie les deux membres par a′.
Exemple 27. Résoudre dans Z : 3x≡2[7].
3×5=15≡1[7]. Si 3x≡2[7], en multipliant par 5 : 15x≡10[7], soit x≡3[7]. Réciproquement, si x≡3[7], alors 3x≡9≡2[7]. Les solutions sont les entiers x=3+7k, k∈Z.
Le tableau des restes donne le même résultat :
| x modulo 7 |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
| 3x modulo 7 |
0 |
3 |
6 |
2 |
5 |
1 |
4 |
Lien avec la leçon. 3x≡2[7] signifie 3x=2+7m avec m entier, c'est-à-dire 3x+7y=2 en posant y=−m : c'est une équation du type ax+by=c.