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Leçon 1

Divisibilité et division euclidienne

Vidéo 1 : Divisibilité et division euclidienne · 4 min 32 s · sous-titres en français

Le cours écrit

1.1 Diviseurs et multiples

Définition. Soit aa et bb deux entiers relatifs. On dit que bb divise aa s'il existe un entier relatif kk tel que a=k ba = k\,b. On note b∣ab \mid a (on lit « bb divise aa »). On dit aussi que bb est un diviseur de aa, ou que aa est un multiple de bb.

Exemple 1.

  • 6∣426 \mid 42, car 42=7×642 = 7 \times 6 ;
  • −3∣12-3 \mid 12, car 12=(−4)×(−3)12 = (-4) \times (-3) ;
  • 55 ne divise pas 1212 (on note 5∤125 \nmid 12) : 1212 est compris entre 2×5=102 \times 5 = 10 et 3×5=153 \times 5 = 15.

Remarques.

  • Tout entier divise 00, car 0=0×b0 = 0 \times b. Mais 00 ne divise que 00.
  • 11 et −1-1 divisent tout entier.
  • aa et −a-a ont les mêmes diviseurs. Si a≠0a \neq 0 et b∣ab \mid a, alors ∣b∣≤∣a∣|b| \leq |a| : un entier non nul a un nombre fini de diviseurs.
  • Les multiples de bb forment l'ensemble bZ={… ;−2b ;−b ;0 ;b ;2b ;… }b\mathbb{Z} = \{\dots\,;-2b\,;-b\,;0\,;b\,;2b\,;\dots\}.

Exemple 2. Les diviseurs positifs de 1212 sont 11, 22, 33, 44, 66 et 1212. Dans Z\mathbb{Z}, 1212 a donc 1212 diviseurs : ±1\pm 1, ±2\pm 2, ±3\pm 3, ±4\pm 4, ±6\pm 6, ±12\pm 12.

1.2 Propriétés de la divisibilité

Soit aa, bb et cc des entiers relatifs.

Propriété Énoncé
Transitivité Si a∣ba \mid b et b∣cb \mid c, alors a∣ca \mid c.
Combinaison Si a∣ba \mid b et a∣ca \mid c, alors a∣bu+cva \mid bu + cv pour tous entiers uu et vv. En particulier a∣b+ca \mid b + c et a∣b−ca \mid b - c.
Réciproque Si a∣ba \mid b et b∣ab \mid a, alors a=ba = b ou a=−ba = -b.

Démonstration de la deuxième propriété. Si b=k ab = k\,a et c=k′ ac = k'\,a, alors bu+cv=(ku+k′v) abu + cv = (ku + k'v)\,a, et ku+k′vku + k'v est un entier.

Méthode : faire disparaître l'inconnue. Pour trouver les nn tels qu'une expression en nn divise une autre, on fabrique une combinaison des deux qui ne dépend plus de nn.

Exemple 3. Déterminer les entiers naturels nn tels que n+2n + 2 divise 3n+113n + 11.

n+2n + 2 divise n+2n + 2, donc il divise 3(n+2)=3n+63(n + 2) = 3n + 6. S'il divise aussi 3n+113n + 11, il divise la différence : (3n+11)−(3n+6)=5(3n + 11) - (3n + 6) = 5. Donc n+2n + 2 est un diviseur positif de 55 : n+2=1n + 2 = 1 ou n+2=5n + 2 = 5. Comme n+2≥2n + 2 \geq 2, il reste n+2=5n + 2 = 5, soit n=3n = 3.

Vérification : pour n=3n = 3, 3n+11=203n + 11 = 20 et n+2=5n + 2 = 5 divise bien 2020. La seule solution est n=3n = 3.

1.3 Division euclidienne dans N\mathbb{N}

Théorème. Soit a∈Na \in \mathbb{N} et b∈N∗b \in \mathbb{N}^*. Il existe un unique couple (q ;r)(q\,;r) d'entiers naturels tel que a=b q+ret0≤r<b.a = b\,q + r \qquad \text{et} \qquad 0 \leq r < b. qq est le quotient et rr le reste de la division euclidienne de aa par bb.

Exemple 4. 2 026=7×289+32\,026 = 7 \times 289 + 3, et 0≤3<70 \leq 3 < 7 : le quotient de 2 0262\,026 par 77 est 289289 et le reste est 33.

Remarque. bb divise aa si, et seulement si, le reste de la division euclidienne de aa par bb est nul.

1.4 Division euclidienne dans Z\mathbb{Z}

Théorème. Soit a∈Za \in \mathbb{Z} et b∈Z∗b \in \mathbb{Z}^*. Il existe un unique couple (q ;r)(q\,;r), avec q∈Zq \in \mathbb{Z} et r∈Nr \in \mathbb{N}, tel que a=b q+ret0≤r<∣b∣.a = b\,q + r \qquad \text{et} \qquad 0 \leq r < |b|.

Le reste est toujours positif ou nul, même si aa est négatif.

Exemple 5. Division euclidienne de −17-17 par 55. On divise d'abord 1717 : 17=5×3+217 = 5 \times 3 + 2, donc −17=5×(−3)−2-17 = 5 \times (-3) - 2. Mais −2-2 n'est pas un reste, car il est négatif. On retire donc une fois 55 au quotient et on l'ajoute au reste : −17=5×(−4)+3,0≤3<5.-17 = 5 \times (-4) + 3, \qquad 0 \leq 3 < 5. Le quotient est −4-4 et le reste est 33.

Exemple 6. Division euclidienne de 1717 par −5-5 : 17=(−5)×(−3)+217 = (-5) \times (-3) + 2, avec 0≤2<∣−5∣=50 \leq 2 < |-5| = 5.

Démonstration (cas b>0b > 0, non exigée).

  • Existence. On prend pour qq la partie entière de ab\dfrac{a}{b} (Seconde) : q≤ab<q+1q \leq \dfrac{a}{b} < q + 1. En multipliant par b>0b > 0 : bq≤a<bq+bbq \leq a < bq + b, donc r=a−bqr = a - bq vérifie 0≤r<b0 \leq r < b.
  • Unicité. Si a=bq+r=bq′+r′a = bq + r = bq' + r' avec 0≤r<b0 \leq r < b et 0≤r′<b0 \leq r' < b, alors b ∣q−q′∣=∣r′−r∣<bb\,|q - q'| = |r' - r| < b. L'entier naturel ∣q−q′∣|q - q'| est donc strictement inférieur à 11 : il est nul, d'où q=q′q = q' puis r=r′r = r'.

Pour b<0b < 0, on divise aa par ∣b∣=−b|b| = -b : a=(−b) q+ra = (-b)\,q + r, c'est-à-dire a=b (−q)+ra = b\,(-q) + r.

1.5 Raisonner sur les restes

Dans la division par nn, il n'y a que nn restes possibles : 00, 11, …, n−1n - 1. Tout entier s'écrit donc sous l'une des formes nknk, nk+1nk + 1, …, nk+(n−1)nk + (n - 1), avec k∈Zk \in \mathbb{Z}. On peut alors raisonner cas par cas.

Exemple 7. Montrer que, pour tout entier nn, n(n+1)(2n+1)n(n + 1)(2n + 1) est divisible par 33.

Reste de nn par 33 n=3kn = 3k n=3k+1n = 3k + 1 n=3k+2n = 3k + 2
Facteur divisible par 33 n=3kn = 3k 2n+1=6k+3=3(2k+1)2n + 1 = 6k + 3 = 3(2k + 1) n+1=3k+3=3(k+1)n + 1 = 3k + 3 = 3(k + 1)

Dans chacun des trois cas, l'un des facteurs est un multiple de 33, donc le produit aussi.

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Exercices 1 et 2

  • Exercice 1 : diviseurs et divisibilité
  • Exercice 2 : division euclidienne

Exercices du chapitre (PDF, 256 Ko)

Corrigés

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Corrigés du chapitre (PDF, 280 Ko)

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