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Leçon 2

Congruences

Vidéo 2 : Congruences · 4 min 18 s · sous-titres en français

Le cours écrit

2.1 Définition

Définition. Soit nn un entier naturel, n≥2n \geq 2. Deux entiers relatifs aa et bb sont congrus modulo nn s'ils ont le même reste dans la division euclidienne par nn. On note a≡b  [n]a \equiv b \;[n] et on lit « aa est congru à bb modulo nn ». On rencontre aussi les notations a≡b(modn)a \equiv b \pmod n et a≡b  (n)a \equiv b \;(n).

Théorème. a≡b  [n]a \equiv b \;[n] si, et seulement si, nn divise a−ba - b.

Démonstration. Écrivons a=nq+ra = nq + r et b=nq′+r′b = nq' + r' avec 0≤r<n0 \leq r < n et 0≤r′<n0 \leq r' < n. Alors a−b=n(q−q′)+(r−r′)a - b = n(q - q') + (r - r'), avec −n<r−r′<n-n < r - r' < n.

  • Si r=r′r = r', alors a−b=n(q−q′)a - b = n(q - q') est un multiple de nn.
  • Si n∣a−bn \mid a - b, alors nn divise aussi r−r′=(a−b)−n(q−q′)r - r' = (a - b) - n(q - q'). Or le seul multiple de nn strictement compris entre −n-n et nn est 00 : donc r=r′r = r'.

Exemple 8.

  • 23≡2  [7]23 \equiv 2 \;[7], car 23=7×3+223 = 7 \times 3 + 2 ; de même 100≡2  [7]100 \equiv 2 \;[7], car 100=7×14+2100 = 7 \times 14 + 2.
  • −5≡2  [7]-5 \equiv 2 \;[7], car −5−2=−7-5 - 2 = -7 est un multiple de 77.
  • 2 026≡0  [2]2\,026 \equiv 0 \;[2] : un entier est pair si, et seulement si, il est congru à 00 modulo 22.

Conséquences.

  • Si rr est le reste de la division euclidienne de aa par nn, alors a≡r  [n]a \equiv r \;[n]. Tout entier est congru modulo nn à un, et un seul, des entiers 00, 11, …, n−1n - 1 : son reste.
  • a≡0  [n]a \equiv 0 \;[n] si, et seulement si, nn divise aa.
  • Pour tous entiers aa, bb, cc : a≡a  [n]a \equiv a \;[n] ; si a≡b  [n]a \equiv b \;[n], alors b≡a  [n]b \equiv a \;[n] ; si a≡b  [n]a \equiv b \;[n] et b≡c  [n]b \equiv c \;[n], alors a≡c  [n]a \equiv c \;[n].

2.2 Congruences et opérations

Théorème. Si a≡b  [n]a \equiv b \;[n] et a′≡b′  [n]a' \equiv b' \;[n], alors :

  • a+a′≡b+b′  [n]a + a' \equiv b + b' \;[n] et a−a′≡b−b′  [n]a - a' \equiv b - b' \;[n] ;
  • a a′≡b b′  [n]a\,a' \equiv b\,b' \;[n] ; en particulier k a≡k b  [n]k\,a \equiv k\,b \;[n] pour tout entier kk ;
  • ap≡bp  [n]a^p \equiv b^p \;[n] pour tout entier naturel pp.

Démonstration.

  • (a+a′)−(b+b′)=(a−b)+(a′−b′)(a + a') - (b + b') = (a - b) + (a' - b') est la somme de deux multiples de nn.
  • a a′−b b′=a (a′−b′)+b′ (a−b)a\,a' - b\,b' = a\,(a' - b') + b'\,(a - b) est une combinaison de deux multiples de nn.
  • Pour les puissances, par récurrence sur pp : a0=1≡1=b0a^0 = 1 \equiv 1 = b^0, et si ap≡bp  [n]a^p \equiv b^p \;[n], on multiplie membre à membre par a≡b  [n]a \equiv b \;[n] pour obtenir ap+1≡bp+1  [n]a^{p+1} \equiv b^{p+1} \;[n].

Méthode. Pour calculer un reste, on remplace chaque nombre par un nombre plus petit qui lui est congru, puis on calcule.

Exemple 9. Reste de 2 026×1 999+1002\,026 \times 1\,999 + 100 dans la division par 77 : 2 026≡32\,026 \equiv 3, 1 999≡41\,999 \equiv 4 et 100≡2  [7]100 \equiv 2 \;[7], donc 2 026×1 999+100≡3×4+2=14≡0  [7].2\,026 \times 1\,999 + 100 \equiv 3 \times 4 + 2 = 14 \equiv 0 \;[7]. Ce nombre est un multiple de 77.

Attention : on ne divise pas une congruence. 6≡16  [10]6 \equiv 16 \;[10], c'est-à-dire 2×3≡2×8  [10]2 \times 3 \equiv 2 \times 8 \;[10], mais 3≢8  [10]3 \not\equiv 8 \;[10].

2.3 Restes des puissances

Les restes des puissances successives d'un entier finissent par se répéter. Dès qu'une puissance est congrue à 11, le cycle recommence.

Exemple 10. Les puissances de 22 modulo 77.

kk 11 22 33 44 55 66
2k2^k modulo 77 22 44 11 22 44 11

Comme 23=8≡1  [7]2^3 = 8 \equiv 1 \;[7], on a 23m=(23)m≡1m=1  [7]2^{3m} = (2^3)^m \equiv 1^m = 1 \;[7] pour tout entier naturel mm. Pour 21002^{100}, on divise l'exposant par 33 : 100=3×33+1100 = 3 \times 33 + 1, donc 2100=(23)33×2≡1×2=2  [7].2^{100} = (2^3)^{33} \times 2 \equiv 1 \times 2 = 2 \;[7]. Le reste de 21002^{100} dans la division par 77 est 22.

Exemple 11 (dernier chiffre). Le dernier chiffre d'un entier naturel est son reste dans la division par 1010. Les puissances de 77 modulo 1010 valent 77, 99, 33, 11, puis le cycle recommence. Comme 2 026=4×506+22\,026 = 4 \times 506 + 2, on a 72 026=(74)506×72≡49≡9  [10]7^{2\,026} = (7^4)^{506} \times 7^2 \equiv 49 \equiv 9 \;[10] : le dernier chiffre de 72 0267^{2\,026} est 99.

Exemple 12. Montrer que, pour tout entier naturel nn, 32n−2n3^{2n} - 2^n est divisible par 77.

32n=(32)n=9n3^{2n} = (3^2)^n = 9^n et 9≡2  [7]9 \equiv 2 \;[7], donc 9n≡2n  [7]9^n \equiv 2^n \;[7], c'est-à-dire 32n−2n≡0  [7]3^{2n} - 2^n \equiv 0 \;[7].

2.4 Applications : calendrier et critères de divisibilité

Le calendrier. Les jours de la semaine reviennent tous les 77 jours : deux dates séparées par NN jours tombent le même jour de la semaine si, et seulement si, N≡0  [7]N \equiv 0 \;[7]. Pour savoir quel jour on sera dans NN jours, on cherche le reste de NN modulo 77.

Exemple 13. Le 4 novembre 2026 est un mercredi. Quel jour de la semaine serons-nous 1 0001\,000 jours plus tard ?

1 000=7×142+61\,000 = 7 \times 142 + 6, donc 1 000≡6  [7]1\,000 \equiv 6 \;[7] : on avance de 66 jours à partir du mercredi, et on tombe sur un mardi.

Critères de divisibilité. Un entier naturel s'écrit en base dix N=ak10k+⋯+a110+a0N = a_k 10^k + \dots + a_1 10 + a_0, où a0a_0, a1a_1, …, aka_k sont ses chiffres (voir la leçon 8).

  • Comme 10≡1  [9]10 \equiv 1 \;[9], on a 10i≡1  [9]10^i \equiv 1 \;[9], donc N≡ak+⋯+a1+a0  [9]N \equiv a_k + \dots + a_1 + a_0 \;[9] : un entier est congru modulo 99 à la somme de ses chiffres. Il est divisible par 99 si, et seulement si, cette somme l'est. Le même raisonnement vaut modulo 33, car 10≡1  [3]10 \equiv 1 \;[3].
  • Comme 10≡−1  [11]10 \equiv -1 \;[11], on a 10i≡(−1)i  [11]10^i \equiv (-1)^i \;[11], donc N≡a0−a1+a2−…  [11]N \equiv a_0 - a_1 + a_2 - \dots \;[11] : on alterne les signes en partant du chiffre des unités.

Exemple 14. Pour N=7 654 321N = 7\,654\,321 : la somme des chiffres vaut 2828 et 28≡1  [9]28 \equiv 1 \;[9], donc N≡1  [9]N \equiv 1 \;[9]. La somme alternée vaut 1−2+3−4+5−6+7=41 - 2 + 3 - 4 + 5 - 6 + 7 = 4, donc N≡4  [11]N \equiv 4 \;[11].

Lire le cours complet du chapitre

Exercices 3 et 4

  • Exercice 3 : restes et puissances
  • Exercice 4 : calendrier, critères de divisibilité et clé de contrôle

Exercices du chapitre (PDF, 256 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 280 Ko)

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