6.1 Définition
Définition. Une suite (un) est géométrique s'il existe un réel q tel que, pour tout n,
un+1=qun.
Le réel q est la raison de la suite : on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre.
Démontrer qu'une suite est géométrique. On écrit un+1 sous la forme q×un, avec q indépendant de n. Si les termes ne s'annulent pas, cela revient à montrer que le quotient unun+1 ne dépend pas de n.
Exemple 26. Soit un=22n+1. Pour tout n, un+1=22n+3=22×22n+1=4un. La suite est géométrique, de raison 4 et de premier terme u0=2.
En revanche, pour vn=n×2n : v1=2, v2=8, v3=24, et v1v2=4=v2v3=3. La suite (vn) n'est pas géométrique.
Pourcentages. Augmenter une quantité de t% revient à la multiplier par 1+100t ; la diminuer de t%, à la multiplier par 1−100t. Une quantité qui augmente chaque année du même pourcentage suit donc une suite géométrique.
Exemple 27 (modèle simplifié). Une ville compte 50000 habitants en 2026, et sa population augmente de 3% par an. On note pn la population en 2026+n : p0=50000 et pn+1=1,03pn. La suite (pn) est géométrique de raison 1,03.
6.2 Terme général
Propriété. Si (un) est géométrique de raison q, alors pour tout entier naturel n, un=u0qn, et pour tous entiers n≥p, un=upqn−p.
Justification. Pour aller de u0 à un, on multiplie n fois par q (on le démontre par récurrence, comme pour les suites arithmétiques).
Exemple 28. Dans l'exemple 27, pn=50000×1,03n. En 2036, la population est p10=50000×1,0310≈67196 habitants.
Exemple 29. (un) est géométrique, avec u1=6 et u4=162. Comme u4=u1q3, on a q3=27, donc q=3. Puis u0=qu1=2, et un=2×3n. Par exemple u6=1458.
6.3 Sens de variation et représentation
Pour tout n, un+1−un=u0qn+1−u0qn=u0qn(q−1). Lorsque u0>0 et q>0 :
- si q>1, la suite est strictement croissante ;
- si 0<q<1, elle est strictement décroissante ;
- si q=1, elle est constante.
Si u0<0, les sens sont inversés. Si q<0, les termes changent de signe à chaque rang : la suite n'est pas monotone.
Les points Mn(n;un) ne sont pas alignés. Avec un=2×3n, ils montrent une croissance de plus en plus rapide : on multiplie à chaque pas. Avec un=8×(21)n, ils se rapprochent de l'axe des abscisses. Avec un=8×(−21)n, les termes placés sur un axe sautent d'un côté à l'autre de 0, en s'en rapprochant.
6.4 Somme de termes consécutifs
Propriété (formule du programme). Pour tout réel x et tout entier naturel n,
(1+x+x2+⋯+xn)(1−x)=1−xn+1.
Démonstration. En développant, on obtient (1+x+⋯+xn)−(x+x2+⋯+xn+1) : tous les termes se simplifient, sauf 1 et −xn+1.
Conséquence. Pour tout réel q=1,
1+q+q2+⋯+qn=∑k=0nqk=1−q1−qn+1.
Si q=1, la somme vaut n+1.
Propriété. La somme de termes consécutifs d'une suite géométrique de raison q=1 vaut
S=(premier terme)×1−q1−qnombre de termes.
En effet, up+up+1+⋯+un=up(1+q+⋯+qn−p)=up1−q1−qn−p+1.
Exemple 30. 1+2+4+⋯+210=1−21−211=211−1=2047.
Exemple 31. Avec un=2×3n (exemple 29) : k=0∑5uk=2×1−31−36=2×−2−728=728. Vérification : 2+6+18+54+162+486=728.
Exemple 32. 1+21+41+⋯+2n1=1−211−(21)n+1=2(1−2n+11)=2−2n1.