5.1 Définition
Définition. Une suite (un) est arithmétique s'il existe un réel r tel que, pour tout n,
un+1=un+r.
Le réel r est la raison de la suite : on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre.
Démontrer qu'une suite est arithmétique. On calcule un+1−un et on vérifie que cette différence ne dépend pas de n.
Exemple 21. Soit un=5−3n. Pour tout n, un+1−un=5−3(n+1)−(5−3n)=−3. La suite est arithmétique, de raison −3 et de premier terme u0=5.
En revanche, pour wn=n2, wn+1−wn=2n+1 dépend de n : par exemple w1−w0=1 et w2−w1=3. La suite (wn) n'est pas arithmétique.
Exemple 22 (modèle simplifié). Une élève a 20000 F dans sa tirelire et y ajoute 2500 F à la fin de chaque mois. On note sn son épargne au bout de n mois : s0=20000 et sn+1=sn+2500. La suite (sn) est arithmétique de raison 2500.
5.2 Terme général
Propriété. Si (un) est arithmétique de raison r, alors pour tous entiers naturels n et p :
un=u0+nretun=up+(n−p)r.
Justification. Pour aller de u0 à un, on ajoute n fois la raison (on le démontre par récurrence : u0=u0+0×r, et si un=u0+nr, alors un+1=u0+nr+r=u0+(n+1)r). Pour aller de up à un, on ajoute n−p fois la raison.
Exemple 23. Dans l'exemple 22, sn=20000+2500n. Au bout d'un an, s12=50000 F. L'épargne atteint 100000 F quand 2500n≥80000, c'est-à-dire à partir de n=32 mois.
Exemple 24. (un) est arithmétique, avec u3=7 et u10=28. Comme u10=u3+7r, on a 7r=21, donc r=3. Puis u0=u3−3r=−2, et un=−2+3n. Par exemple u100=298.
5.3 Sens de variation et représentation
Comme un+1−un=r :
- si r>0, la suite est strictement croissante ;
- si r<0, elle est strictement décroissante ;
- si r=0, elle est constante.
Les points Mn(n;u0+nr) sont alignés sur la droite d'équation y=rx+u0 : une suite arithmétique a une croissance (ou une décroissance) linéaire.
5.4 Somme de termes consécutifs, notation ∑
La somme des premiers entiers. Pour tout n≥1,
1+2+3+⋯+n=2n(n+1).
Démonstration. On écrit la somme S dans les deux sens et on additionne :
SS2S=1+2+⋯+(n−1)+n=n+(n−1)+⋯+2+1=(n+1)+(n+1)+⋯+(n+1)+(n+1)=n(n+1).
Par exemple, 1+2+⋯+100=2100×101=5050.
Propriété. La somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut
S=(nombre de termes)×2premier terme+dernier terme.
De up à un (avec p≤n), il y a n−p+1 termes : up+up+1+⋯+un=(n−p+1)2up+un.
Démonstration. Chaque terme s'écrit up+kr, avec k allant de 0 à n−p. La somme vaut donc (n−p+1)up+r(0+1+⋯+(n−p))=(n−p+1)up+r2(n−p)(n−p+1)=(n−p+1)22up+(n−p)r, et 2up+(n−p)r=up+un.
Notation ∑. La somme up+up+1+⋯+un s'écrit k=p∑nuk, qui se lit « somme, pour k allant de p à n, de u indice k ». La lettre k est muette : on peut la remplacer par une autre lettre. Par exemple k=1∑100k=5050.
Exemple 25. Avec un=−2+3n (exemple 24) :
- k=0∑20uk=u0+u1+⋯+u20 compte 21 termes, de u0=−2 à u20=58 : la somme vaut 21×2−2+58=21×28=588 ;
- k=3∑10uk=7+10+13+⋯+28 compte 10−3+1=8 termes : elle vaut 8×27+28=140.