2.1 Le principe
On considère une équation avec second membre (E) : ay′+by=g(x), où a=0, et son équation homogène associée (E0) : ay′+by=0.
Théorème 3. Si yp est une solution particulière de (E), alors les solutions de (E) sont les fonctions
y=yp+y0,ouˋ y0 est une solution quelconque de (E0).
Démonstration. Pour toute fonction y dérivable :
a(y−yp)′+b(y−yp)=(ay′+by)−(ayp′+byp)=(ay′+by)−g.
Donc y est solution de (E) si et seulement si y−yp est solution de (E0).
On retient : solution générale de (E) = une solution particulière + la solution générale de (E0).
2.2 Second membre constant : y′=ay+b
Si a=0, la fonction constante yp=−ab est solution, car sa dérivée est nulle et a×(−ab)+b=0. Les solutions de y′=ay+b sont donc les fonctions
x⟼λeax−ab,λ∈R.
Méthode pratique : on cherche la solution constante en annulant y′.
Exemple 5. Résoudre y′+2y=6, puis trouver la solution f telle que f(0)=0.
- Équation homogène : y′=−2y, de solutions λe−2x.
- Solution constante : avec y′=0, il reste 2y=6, donc yp=3.
- Solutions : y=λe−2x+3, λ∈R.
- Condition initiale : f(0)=λ+3=0, donc λ=−3 et f(x)=3−3e−2x.
Comme e−2x→0 en +∞, toutes les solutions tendent vers 3 : la solution constante est l'état d'équilibre.
Exemple 6 (le verre de thé). Modèle simplifié, données inventées. Un verre de thé est servi à 90°C dans une pièce à 30°C. On admet que sa température θ(t), t en minutes, vérifie
θ′(t)=−0,1(θ(t)−30),θ(0)=90.
- L'équation s'écrit θ′+0,1θ=3. La solution constante est 30, donc θ(t)=λe−0,1t+30.
- θ(0)=λ+30=90 donne λ=60 : θ(t)=30+60e−0,1t.
- Quand le thé est-il à 50°C ? 30+60e−0,1t=50⟺e−0,1t=31⟺t=10ln3≈11 minutes.
- En +∞, θ(t)→30 : le thé finit à la température de la pièce.
2.3 Autres seconds membres, avec une indication
Quand le second membre n'est pas constant, l'énoncé indique la forme de la solution particulière à chercher. On remplace cette forme dans l'équation et on identifie les coefficients.
Exemple 7. Résoudre y′−2y=4x−2, en cherchant une solution particulière affine.
On pose yp(x)=mx+p. Alors yp′−2yp=m−2mx−2p. On veut, pour tout x :
−2mx+(m−2p)=4x−2.
Par identification, −2m=4 et m−2p=−2, donc m=−2 et p=0 : yp(x)=−2x.
L'équation homogène y′=2y a pour solutions λe2x. Les solutions sont les fonctions x⟼λe2x−2x.
Exemple 8. Résoudre y′+y=2cosx, en cherchant une solution particulière de la forme yp(x)=acosx+bsinx.
yp′(x)=−asinx+bcosx, donc yp′+yp=(a+b)cosx+(b−a)sinx. On veut (a+b)cosx+(b−a)sinx=2cosx pour tout x.
Avec x=0 puis x=2π, on obtient a+b=2 et b−a=0, donc a=b=1 : yp(x)=cosx+sinx.
Les solutions sont les fonctions x⟼λe−x+cosx+sinx.
2.4 La méthode en quatre étapes
- Résoudre l'équation homogène (E0).
- Trouver une solution particulière yp de (E) : constante si le second membre est constant, sinon de la forme indiquée.
- Écrire la solution générale : y=yp+λe−abx.
- Utiliser la condition initiale sur cette solution générale, pour trouver λ.