Vidéo 2 : Propriétés de l'intégrale · 3 min 47 s · sous-titres en français
Le cours écrit
Dans toute la leçon, f et g sont continues sur un intervalle I, et a, b, c sont des réels de I.
2.1 Relation de Chasles
Propriété.∫acf(x)dx=∫abf(x)dx+∫bcf(x)dx.
Démonstration. Avec une primitive F : F(c)−F(a)=(F(b)−F(a))+(F(c)−F(b)).
Interprétation graphique. Pour f positive et a<b<c, l'aire entre a et c est la somme de l'aire entre a et b et de l'aire entre b et c.
Exemple 1. Calculer ∫03∣x−1∣dx.
On ne connaît pas directement de primitive de ∣x−1∣ sur [0;3], mais on sait l'écrire sans valeur absolue sur chaque morceau : ∣x−1∣=1−x sur [0;1] et ∣x−1∣=x−1 sur [1;3]. Par la relation de Chasles :
∫03∣x−1∣dx=∫01(1−x)dx+∫13(x−1)dx=[x−2x2]01+[2x2−x]13=21+2=25.
Vérification graphique : deux triangles, d'aires 21 et 2.
2.2 Linéarité
Propriété. Pour tout réel k :
∫ab(f(x)+g(x))dx=∫abf(x)dx+∫abg(x)dx∫abkf(x)dx=k∫abf(x)dx.
Démonstration. Si F et G sont des primitives de f et g, alors F+G est une primitive de f+g et kF une primitive de kf.
Exemple 2.∫12(3x2−x4)dx=3∫12x2dx−4∫12xdx=3×37−4ln2=7−4ln2.
Attention. Il n'y a pas de formule pour l'intégrale d'un produit : en général, ∫abf(x)g(x)dx=∫abf(x)dx×∫abg(x)dx. Pour les produits, on utilisera l'intégration par parties (leçon 3).
2.3 Positivité
Propriété. Si a≤b et si f≥0 sur [a;b], alors ∫abf(x)dx≥0.
Démonstration. Soit F une primitive de f. Comme F′=f≥0 sur [a;b], F est croissante sur [a;b], donc F(b)≥F(a).
Attention.
L'ordre des bornes compte : ∫10xdx=−21<0, alors que x≥0 sur [0;1].
La réciproque est fausse : ∫−12xdx=23>0, alors que x prend des valeurs négatives sur [−1;2].
Fonction négative. Si a≤b et f≤0 sur [a;b], alors ∫abf(x)dx≤0, et l'aire du domaine compris entre la courbe et l'axe des abscisses vaut −∫abf(x)dx (la courbe de −f est symétrique de celle de f par rapport à l'axe des abscisses). Par exemple, ∫π2πsinxdx=−2 : l'arche située sous l'axe a pour aire 2 u.a.
2.4 Intégration et inégalités
Propriété. Si a≤b et si f≤g sur [a;b], alors
∫abf(x)dx≤∫abg(x)dx.
Démonstration.g−f≥0 sur [a;b], donc ∫ab(g−f)≥0 par positivité, et on conclut par linéarité.
Interprétation graphique. Si 0≤f≤g, le domaine sous la courbe de f est contenu dans le domaine sous la courbe de g : son aire est plus petite. On dit qu'on peut intégrer une inégalité, à condition que les bornes soient dans l'ordre croissant.
Exemple 3. Sur [0;1], on a x2≤x, donc −x≤−x2, et comme exp est croissante, e−x≤e−x2. En intégrant :
∫01e−x2dx≥∫01e−xdx=[−e−x]01=1−e1.
2.5 Inégalité de la moyenne
Propriété (inégalité de la moyenne). Si a≤b et si m≤f(x)≤M pour tout x de [a;b], alors
m(b−a)≤∫abf(x)dx≤M(b−a).
Démonstration. On intègre l'inégalité m≤f≤M entre a et b, avec ∫abmdx=m(b−a).
Interprétation graphique. Pour f positive, l'aire sous la courbe est comprise entre celle du rectangle de hauteur m et celle du rectangle de hauteur M, tous deux de base [a;b].
Autre forme. Si ∣f(x)∣≤M sur l'intervalle d'extrémités a et b, alors ∫abf(x)dx≤M∣b−a∣.
Exemple 4. Encadrer I=∫01e−x2dx.
On ne connaît pas de primitive de e−x2. Sur [0;1], x2 croît de 0 à 1, donc e−x2 décroît de 1 à e−1 : e1≤e−x2≤1. L'inégalité de la moyenne donne e1≤I≤1. Avec l'exemple 3, qui est plus précis à gauche :
1−e1≤I≤1,soit0,63≤I≤1.
2.6 Intégrale et valeur absolue
Propriété. Si a≤b :
∫abf(x)dx≤∫ab∣f(x)∣dx.
Démonstration. La fonction ∣f∣ est continue. Pour tout x, −∣f(x)∣≤f(x)≤∣f(x)∣. On intègre : −∫ab∣f∣≤∫abf≤∫ab∣f∣.
Exemple 5.∫01e−xcos(5x)dx≤∫01e−x∣cos(5x)∣dx≤∫01e−xdx=1−e1, car ∣cos(5x)∣≤1.