Vidéo 5 : Équations dans C · 4 min 24 s · sous-titres en français
Le cours écrit
5.1 Racines carrées d'un nombre complexe
Définition. Une racine carrée du complexe Z est un complexe z tel que z2=Z. Tout complexe non nul a exactement deux racines carrées, opposées (leçon 3).
Cas d'un réel. Si d>0, les racines carrées de d sont d et −d ; celles de −d sont id et −id, car (id)2=−d. Par exemple, les racines carrées de −9 sont 3i et −3i.
Attention. L'écriture x est réservée aux réels positifs : on n'écrit jamais −9 ni 3+4i.
Méthode algébrique. On cherche z=x+iy (x, y réels) tel que z2=Z, avec Z=a+ib.
z2=x2−y2+2ixy, donc par identification : x2−y2=a et 2xy=b.
De plus ∣z∣2=∣Z∣ : x2+y2=a2+b2.
On obtient x2 et y2 en ajoutant et en retranchant les deux équations en x2 et y2. Le signe de xy, qui est celui de b, permet de choisir les signes.
Exemple 1. Racines carrées de Z=8−6i.
⎩⎨⎧x2−y2=8x2+y2=∣8−6i∣=102xy=−6
On obtient x2=9 et y2=1, donc x=±3 et y=±1. Comme xy=−3<0, x et y sont de signes contraires : les racines carrées de 8−6i sont 3−i et −3+i.
Vérification : (3−i)2=9−6i+i2=8−6i.
5.2 Équation du second degré
Théorème. Soit l'équation az2+bz+c=0, où a, b, c sont des complexes, a=0. On pose Δ=b2−4ac.
Si Δ=0, l'équation a une solution double : z0=−2ab.
Si Δ=0, et si δ est une racine carrée de Δ (δ2=Δ), l'équation a deux solutions :
z1=2a−b−δz2=2a−b+δ.
Dans tous les cas, az2+bz+c=a(z−z1)(z−z2), avec z1+z2=−ab et z1z2=ac.
Démonstration. Comme en Première, on écrit la forme canonique :
az2+bz+c=a[(z+2ab)2−4a2Δ]=a[(z+2ab)2−(2aδ)2]=a(z+2ab−δ)(z+2ab+δ),
et on conclut avec la règle du produit nul.
Coefficients réels. Si a, b, c sont réels et Δ<0, on prend δ=i−Δ : les deux solutions sont conjuguées,
z1=2a−b−i−Δz2=2a−b+i−Δ=z1.
Exemple 2.z2−2z+5=0. Δ=4−20=−16=(4i)2. Les solutions sont 22−4i=1−2i et 1+2i.
Exemple 3 (coefficients complexes).z2−(1+3i)z−4+3i=0.
Δ=(1+3i)2−4(−4+3i)=(1+6i−9)+16−12i=8−6i. D'après l'exemple 1, δ=3−i convient. Donc
z1=21+3i−(3−i)=2−2+4i=−1+2iz2=21+3i+3−i=24+2i=2+i.
Contrôle : z1+z2=1+3i et z1z2=(−1+2i)(2+i)=−2−i+4i−2=−4+3i.
Équations qui s'y ramènent. Une équation comme z4+4z2−5=0 se ramène au second degré en posant Z=z2 : Z2+4Z−5=0 donne Z=1 ou Z=−5, puis z=±1 ou z=±i5.
5.3 Factoriser un polynôme : l'équation du troisième degré
Propriété (admise). Si P est un polynôme de degré 3 à coefficients complexes et si P(z0)=0, alors il existe un polynôme Q de degré 2 tel que, pour tout z, P(z)=(z−z0)Q(z).
Méthode (équation du troisième degré connaissant une racine).
On vérifie que P(z0)=0 (ou on cherche z0 avec l'indication de l'énoncé).
On écrit P(z)=(z−z0)(az2+bz+c), on développe, et on identifie les coefficients (ou on utilise la méthode de Horner, vue en Première S1).
On résout az2+bz+c=0.
Exemple 4. Résoudre dans C : z3−3z2+7z−5=0.
z0=1 est solution : 1−3+7−5=0. On cherche a, b, c tels que
z3−3z2+7z−5=(z−1)(az2+bz+c)=az3+(b−a)z2+(c−b)z−c.
Identification : a=1, b−a=−3, c−b=7, −c=−5. D'où a=1, b=−2, c=5 (la troisième égalité sert de contrôle : 5−(−2)=7).
Donc z3−3z2+7z−5=(z−1)(z2−2z+5), et d'après l'exemple 2, les solutions sont 1, 1−2i et 1+2i.