Aller au contenu

Leçon 2

Limite d'une suite

Vidéo 2 : Limite d'une suite · 4 min 36 s · sous-titres en français

Le cours écrit

2.1 Suite convergente, suite divergente

On s'intéresse au comportement de unu_n quand nn devient très grand, ce qu'on écrit « quand nn tend vers +∞+\infty ».

Définition. Soit ℓ\ell un réel. La suite (un)(u_n) converge vers ℓ\ell (ou tend vers ℓ\ell) si unu_n devient aussi proche de ℓ\ell qu'on veut dès que nn est assez grand. Autrement dit, tout intervalle ouvert contenant ℓ\ell contient tous les termes unu_n à partir d'un certain rang. On note lim⁡n→+∞un=ℓ.\lim_{n\to+\infty} u_n = \ell.

  • Unicité (admise). Si une suite a une limite, cette limite est unique.
  • La suite (un)(u_n) tend vers +∞+\infty si unu_n dépasse n'importe quel réel AA dès que nn est assez grand. Même idée pour −∞-\infty.
  • Une suite qui ne converge pas est dite divergente : soit elle tend vers +∞+\infty ou −∞-\infty, soit elle n'a pas de limite, comme ((−1)n)\left((-1)^n\right), qui vaut alternativement 11 et −1-1.

Exemple 6. Soit un=1+(−1)nnu_n = 1 + \dfrac{(-1)^n}{n} pour n≥1n \geq 1. Les termes valent 00 ; 1,51{,}5 ; 0,670{,}67 ; 1,251{,}25 ; 0,80{,}8… Ils se rapprochent de 11, alternativement par-dessous et par-dessus. Comme ∣un−1∣=1n|u_n - 1| = \dfrac1n, dès que n>100n > 100 le terme unu_n est à moins de 0,010{,}01 de 11. La suite converge vers 11.

2.2 Suites définies par un=f(n)u_n = f(n)

Propriété (admise). Si lim⁡x→+∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x\to+\infty} f(x) = \ell, où ℓ\ell est un réel, +∞+\infty ou −∞-\infty, alors lim⁡n→+∞f(n)=ℓ\displaystyle\lim_{n\to+\infty} f(n) = \ell.

Ainsi, les suites 1n\frac1n, 1n2\frac{1}{n^2}, 1n\frac{1}{\sqrt n} tendent vers 00 ; les suites nn, n2n^2, n\sqrt n, ln⁡n\ln n, ene^n tendent vers +∞+\infty ; la suite e−ne^{-n} tend vers 00.

Exemple 7.

  • un=2n2+1n2+3u_n = \dfrac{2n^2+1}{n^2+3} : en +∞+\infty, la fonction rationnelle associée a la même limite que 2x2x2\dfrac{2x^2}{x^2}, donc lim⁡un=2\lim u_n = 2.
  • vn=n e−nv_n = n\,e^{-n} : par croissance comparée (chapitre 3), x e−x→0x\,e^{-x} \to 0 en +∞+\infty, donc lim⁡vn=0\lim v_n = 0.
  • wn=ln⁡nnw_n = \dfrac{\ln n}{n} (n≥1n \geq 1) : ln⁡xx→0\dfrac{\ln x}{x} \to 0 en +∞+\infty, donc lim⁡wn=0\lim w_n = 0.

Attention, la réciproque est fausse. La suite un=sin⁡(πn)u_n = \sin(\pi n) vaut 00 pour tout nn : elle converge vers 00. Pourtant la fonction x↦sin⁡(πx)x \mapsto \sin(\pi x) n'a pas de limite en +∞+\infty.

2.3 Opérations sur les limites

Les règles sont les mêmes que pour les fonctions (chapitre 1) : limite d'une somme, d'un produit, d'un quotient, d'une racine carrée. Les quatre formes indéterminées sont les mêmes, ∞−∞\infty - \infty, 0×∞0 \times \infty, ∞∞\frac{\infty}{\infty} et 00\frac00, et on les lève par les mêmes méthodes.

Exemple 8. Calculer la limite de un=n+1−nu_n = \sqrt{n+1} - \sqrt n.

C'est une forme ∞−∞\infty - \infty. On multiplie par l'expression conjuguée : un=(n+1)−nn+1+n=1n+1+n.u_n = \frac{(n+1) - n}{\sqrt{n+1} + \sqrt n} = \frac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt n}. Le dénominateur tend vers +∞+\infty, donc lim⁡un=0\lim u_n = 0.

2.4 Théorèmes de comparaison

Ces théorèmes sont admis. Ce sont ceux du chapitre 1, où « pour xx assez grand » devient « à partir d'un certain rang ».

Théorème 1 (minoration, majoration).

  • Si un≥vnu_n \geq v_n à partir d'un certain rang et lim⁡vn=+∞\lim v_n = +\infty, alors lim⁡un=+∞\lim u_n = +\infty.
  • Si un≤vnu_n \leq v_n à partir d'un certain rang et lim⁡vn=−∞\lim v_n = -\infty, alors lim⁡un=−∞\lim u_n = -\infty.

Théorème 2 (théorème des gendarmes). Si vn≤un≤wnv_n \leq u_n \leq w_n à partir d'un certain rang, et si (vn)(v_n) et (wn)(w_n) convergent vers le même réel ℓ\ell, alors (un)(u_n) converge vers ℓ\ell.

Conséquence. Si ∣un−ℓ∣≤vn|u_n - \ell| \leq v_n à partir d'un certain rang et lim⁡vn=0\lim v_n = 0, alors lim⁡un=ℓ\lim u_n = \ell.

Théorème 3 (passage à la limite dans une inégalité). Si un≤vnu_n \leq v_n à partir d'un certain rang, et si (un)(u_n) et (vn)(v_n) convergent vers ℓ\ell et ℓ′\ell', alors ℓ≤ℓ′\ell \leq \ell'. En particulier, si a≤un≤ba \leq u_n \leq b pour tout nn et si (un)(u_n) converge vers ℓ\ell, alors a≤ℓ≤ba \leq \ell \leq b.

Attention. Les inégalités strictes deviennent larges à la limite : 1n>0\frac1n > 0 pour tout n≥1n \geq 1, et pourtant lim⁡1n=0\lim \frac1n = 0.

Exemple 9.

  • un=n+(−1)nu_n = n + (-1)^n : comme (−1)n≥−1(-1)^n \geq -1, on a un≥n−1u_n \geq n - 1, et n−1→+∞n - 1 \to +\infty. Par le théorème 1, lim⁡un=+∞\lim u_n = +\infty.
  • vn=2+cos⁡nnv_n = 2 + \dfrac{\cos n}{n} (n≥1n \geq 1) : ∣vn−2∣=∣cos⁡n∣n≤1n|v_n - 2| = \dfrac{|\cos n|}{n} \leq \dfrac1n, et 1n→0\frac1n \to 0. Par la conséquence du théorème 2, lim⁡vn=2\lim v_n = 2.

2.5 Suites monotones

Théorème (admis).

  • Toute suite croissante et majorée converge.
  • Toute suite décroissante et minorée converge.

Si (un)(u_n) est croissante et converge vers ℓ\ell, alors un≤ℓu_n \leq \ell pour tout nn, et ℓ\ell est inférieur ou égal à tout majorant de la suite (théorème 3).

Propriété. Une suite croissante et non majorée tend vers +∞+\infty. Une suite décroissante et non minorée tend vers −∞-\infty.

Démonstration du premier point. Soit AA un réel. La suite n'est pas majorée par AA, donc il existe un rang NN tel que uN>Au_N > A. Comme elle est croissante, un≥uN>Au_n \geq u_N > A pour tout n≥Nn \geq N. Tous les termes dépassent AA à partir du rang NN.

Attention. Le théorème affirme que la suite converge, sans donner sa limite. Un majorant n'est pas forcément la limite : un=1−1nu_n = 1 - \frac1n est croissante et majorée par 55, mais sa limite est 11.

Exemple 10. Soit Sn=1+122+132+⋯+1n2=∑k=1n1k2S_n = 1 + \dfrac{1}{2^2} + \dfrac{1}{3^2} + \cdots + \dfrac{1}{n^2} = \displaystyle\sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k^2} pour n≥1n \geq 1.

Sens de variation. Sn+1−Sn=1(n+1)2>0S_{n+1} - S_n = \dfrac{1}{(n+1)^2} > 0 : la suite est strictement croissante.

Majoration. Montrons par récurrence que Sn≤2−1nS_n \leq 2 - \dfrac1n pour tout n≥1n \geq 1. Pour n=1n = 1 : S1=1=2−1S_1 = 1 = 2 - 1. Si Sn≤2−1nS_n \leq 2 - \frac1n, alors Sn+1=Sn+1(n+1)2≤2−1n+1(n+1)2≤2−1n+1,S_{n+1} = S_n + \frac{1}{(n+1)^2} \leq 2 - \frac1n + \frac{1}{(n+1)^2} \leq 2 - \frac{1}{n+1}, car 1n−1n+1=1n(n+1)≥1(n+1)2\dfrac1n - \dfrac{1}{n+1} = \dfrac{1}{n(n+1)} \geq \dfrac{1}{(n+1)^2}.

Conclusion. Sn≤2S_n \leq 2 pour tout nn. La suite est croissante et majorée par 22 : elle converge vers un réel ℓ≤2\ell \leq 2. Sa valeur exacte, π26≈1,645\frac{\pi^2}{6} \approx 1{,}645, est hors de portée du programme.

Lire le cours complet du chapitre

Exercices 3 et 4

  • Exercice 3 : calculer des limites
  • Exercice 4 : deux sommes

Exercices du chapitre (PDF, 524 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 759 Ko)

Tu es hors connexion. Les chapitres téléchargés restent disponibles dans Hors connexion.