Vidéo 8 : Compléments S1 et S3 · 3 min 37 s · sous-titres en français
Le cours écrit
8.1 Suite géométrique (zn) et sommes
Comme dans R (Première), pour tout complexe z=1 et tout entier naturel n :
1+z+z2+⋯+zn=1−z1−zn+1.Démonstration. Si S=1+z+⋯+zn, alors zS=z+z2+⋯+zn+1, et S−zS=1−zn+1.
Le programme indique que cette partie se traite en travaux dirigés : voir les exercices 12 et 13.
Somme des racines n-ièmes de l'unité. Pour n≥2 et ω=ein2π=1 :
1+ω+ω2+⋯+ωn−1=1−ω1−ωn=0,car ωn=1.
Géométriquement, le centre de gravité des sommets du polygone régulier est le point O.
Application à la trigonométrie. En prenant la partie réelle, pour n≥2 :
1+cosn2π+cosn4π+⋯+cosn2(n−1)π=0.
Exemple 1 (valeur exacte de cos52π). Avec n=5 : 1+cos52π+cos54π+cos56π+cos58π=0. Comme cos58π=cos52π et cos56π=cos54π, on obtient, avec c=cos52π et cos54π=2c2−1 :
1+2c+2(2c2−1)=0,soit4c2+2c−1=0.
Comme c>0, c=4−1+5.
L'angle moitié. Pour factoriser 1+eiα ou 1−eiα, on met ei2α en facteur, puis on applique les formules d'Euler :
1+eiα=ei2α(e−i2α+ei2α)=2cos2αei2α1−eiα=−2isin2αei2α.
C'est l'outil qui permet de calculer des sommes comme 1+cosx+cos(2x)+⋯+cos(nx) (exercice 13).
8.2 Transformer pcosx+qsinx
Soit p et q deux réels non tous deux nuls. On écrit p+iq sous forme exponentielle (c'est l'indication du programme) :
p+iq=reiφ,r=p2+q2.
Alors p=rcosφ, q=rsinφ, et avec la formule d'addition cos(x−φ)=cosxcosφ+sinxsinφ :
pcosx+qsinx=r(cosφcosx+sinφsinx)=rcos(x−φ).
Exemple 2.3cosx+sinx. On a 3+i=2ei6π, donc 3cosx+sinx=2cos(x−6π).
Résoudre pcosx+qsinx=c (c réel). L'équation équivaut à cos(x−φ)=rc. Elle a des solutions si et seulement si ∣c∣≤r.
Exemple 3. Résoudre dans R : 3cosx+sinx=2.
L'équation s'écrit 2cos(x−6π)=2, soit cos(x−6π)=22=cos4π. Donc x−6π=4π+2kπ ou x−6π=−4π+2kπ, k∈Z :
x=125π+2kπoux=−12π+2kπ,k∈Z.
8.3 Convertir une somme en produit
La leçon 4 a converti des produits en sommes. Inversement, avec l'angle moitié, pour tous réels p et q :
eip+eiq=ei2p+q(ei2p−q+e−i2p−q)=2cos2p−qei2p+q.
En prenant les parties réelle et imaginaire :
cosp+cosq=2cos2p+qcos2p−qsinp+sinq=2sin2p+qcos2p−q.
Exemple 4. Résoudre cosx+cos(3x)=0. On a cos(3x)+cosx=2cos(2x)cosx, donc l'équation équivaut à cos(2x)=0 ou cosx=0, soit x=4π+k2π ou x=2π+kπ, k∈Z.
8.4 Cocyclicité
Propriété. Soit A, B, C, D quatre points distincts, trois d'entre eux n'étant jamais alignés. Ils sont cocycliques (sur un même cercle) si et seulement si le nombre
zD−zAzC−zA×zC−zBzD−zB
est réel.
Justification. D'après le théorème de l'angle inscrit (Première), les quatre points sont cocycliques si et seulement si (AD,AC)=(BD,BC)[π]. Or (AD,AC)−(BD,BC) est un argument du nombre ci-dessus, et un complexe non nul a un argument multiple de π si et seulement s'il est réel.
Exemple 5.A(1), B(i), C(−1), D(−i) sont sur le cercle trigonométrique. On vérifie : −i−1−1−1×−1−i−i−i=−1−i−2×−1−i−2i=(1+i)24i=2i4i=2, qui est réel.