Aller au contenu

Leçon 1

La fonction logarithme népérien

Vidéo 1 : Le logarithme népérien · 4 min 38 s · sous-titres en français

Le cours écrit

1.1 Définition

La fonction x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} est continue sur l'intervalle ]0;+∞[]0;+\infty[. Elle y admet donc des primitives (chapitre 2), et une seule d'entre elles prend la valeur 00 en 11.

Définition (programme officiel). La fonction logarithme népérien, notée ln⁡\ln, est la primitive sur ]0;+∞[]0;+\infty[ de la fonction x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} qui s'annule en 11.

Cette définition contient trois informations :

  • ln⁡\ln est définie sur ]0;+∞[]0;+\infty[ : ln⁡x\ln x n'existe que pour x>0x > 0 ;
  • ln⁡1=0\ln 1 = 0 ;
  • ln⁡\ln est dérivable sur ]0;+∞[]0;+\infty[ et ln⁡′(x)=1x\ln'(x) = \dfrac{1}{x}.

1.2 Premières conséquences

  • ln⁡\ln est dérivable, donc continue sur ]0;+∞[]0;+\infty[.
  • Pour x>0x > 0, ln⁡′(x)=1x>0\ln'(x) = \dfrac1x > 0 : ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0;+∞[]0;+\infty[.
  • Comme ln⁡1=0\ln 1 = 0, on en déduit le signe de ln⁡x\ln x :
xx 0<x<10 < x < 1 x=1x = 1 x>1x > 1
ln⁡x\ln x négatif 00 positif

Comparer deux logarithmes. Pour tous réels a>0a > 0 et b>0b > 0 : ln⁡a=ln⁡b  ⟺  a=bln⁡a<ln⁡b  ⟺  a<b.\ln a = \ln b \iff a = b \qquad\qquad \ln a < \ln b \iff a < b.

1.3 La propriété fondamentale

Théorème. Pour tous réels a>0a > 0 et b>0b > 0, ln⁡(ab)=ln⁡a+ln⁡b.\ln(ab) = \ln a + \ln b.

Démonstration. On fixe a>0a > 0 et on pose g(x)=ln⁡(ax)g(x) = \ln(ax) pour x>0x > 0. La fonction gg est dérivable (composée) et g′(x)=a×1ax=1x.g'(x) = a \times \frac{1}{ax} = \frac1x. Les fonctions gg et ln⁡\ln sont donc deux primitives de x↦1xx \mapsto \frac1x sur l'intervalle ]0;+∞[]0;+\infty[ : il existe une constante CC telle que ln⁡(ax)=ln⁡x+C\ln(ax) = \ln x + C pour tout x>0x > 0. Pour x=1x = 1, on obtient ln⁡a=0+C\ln a = 0 + C, donc C=ln⁡aC = \ln a. Ainsi ln⁡(ax)=ln⁡x+ln⁡a\ln(ax) = \ln x + \ln a, et il suffit de prendre x=bx = b.

Conséquences. Pour tous réels a>0a > 0, b>0b > 0 et tout entier relatif nn :

Propriété Justification
ln⁡(1b)=−ln⁡b\ln\left(\dfrac1b\right) = -\ln b ln⁡b+ln⁡1b=ln⁡(b×1b)=ln⁡1=0\ln b + \ln\frac1b = \ln\left(b \times \frac1b\right) = \ln 1 = 0
ln⁡(ab)=ln⁡a−ln⁡b\ln\left(\dfrac ab\right) = \ln a - \ln b ab=a×1b\frac ab = a \times \frac1b
ln⁡(an)=nln⁡a\ln(a^n) = n\ln a on applique le théorème nn fois (récurrence), puis l'inverse pour n<0n < 0
ln⁡a=12ln⁡a\ln\sqrt a = \dfrac12 \ln a a×a=a\sqrt a \times \sqrt a = a, donc 2ln⁡a=ln⁡a2\ln\sqrt a = \ln a

Exemple 1. Exprimer en fonction de ln⁡2\ln 2 et ln⁡3\ln 3 les nombres ln⁡72\ln 72, ln⁡49\ln\frac49 et ln⁡6\ln\sqrt6.

  • 72=8×9=23×3272 = 8 \times 9 = 2^3 \times 3^2, donc ln⁡72=3ln⁡2+2ln⁡3\ln 72 = 3\ln 2 + 2\ln 3.
  • ln⁡49=ln⁡(22)−ln⁡(32)=2ln⁡2−2ln⁡3\ln\dfrac49 = \ln(2^2) - \ln(3^2) = 2\ln 2 - 2\ln 3.
  • ln⁡6=12ln⁡6=12(ln⁡2+ln⁡3)\ln\sqrt6 = \dfrac12\ln 6 = \dfrac12(\ln 2 + \ln 3).

Attention. Il n'existe aucune formule pour ln⁡(a+b)\ln(a+b). Et ln⁡(a2)=2ln⁡a\ln(a^2) = 2\ln a n'est vrai que pour a>0a > 0 : pour tout a≠0a \neq 0, on a ln⁡(a2)=2ln⁡∣a∣\ln(a^2) = 2\ln|a|.

1.4 Équations et inéquations

Méthode.

  1. On cherche l'ensemble DD des réels pour lesquels tous les logarithmes de l'énoncé existent (chaque expression sous un ln⁡\ln doit être strictement positive).
  2. Sur DD, on transforme l'écriture avec les propriétés algébriques pour obtenir ln⁡A=ln⁡B\ln A = \ln B ou ln⁡A<ln⁡B\ln A < \ln B.
  3. On utilise ln⁡A=ln⁡B  ⟺  A=B\ln A = \ln B \iff A = B et ln⁡A<ln⁡B  ⟺  A<B\ln A < \ln B \iff A < B.
  4. On ne garde que les solutions qui appartiennent à DD.

Exemple 2. Résoudre ln⁡(x−1)+ln⁡(x+1)=ln⁡3\ln(x-1) + \ln(x+1) = \ln 3.

Ensemble de résolution. Il faut x−1>0x - 1 > 0 et x+1>0x + 1 > 0, soit x>1x > 1 : D= ]1;+∞[D = \,]1;+\infty[.

Résolution. Pour x∈Dx \in D, l'équation s'écrit ln⁡((x−1)(x+1))=ln⁡3\ln\big((x-1)(x+1)\big) = \ln 3, soit x2−1=3x^2 - 1 = 3, c'est-à-dire x2=4x^2 = 4. On trouve x=2x = 2 ou x=−2x = -2.

Tri. −2∉D-2 \notin D. Donc S={2}S = \{2\}.

Piège classique. Écrire d'emblée ln⁡(x2−1)=ln⁡3\ln(x^2-1) = \ln 3 ferait apparaître la « solution » −2-2, alors que ln⁡(−2−1)\ln(-2-1) n'existe pas. On cherche toujours DD avant de transformer.

Exemple 3. Résoudre ln⁡(2x−4)≤0\ln(2x-4) \leq 0.

Il faut 2x−4>02x - 4 > 0, soit x>2x > 2. Comme 0=ln⁡10 = \ln 1, l'inéquation s'écrit ln⁡(2x−4)≤ln⁡1\ln(2x-4) \leq \ln 1, soit 2x−4≤12x - 4 \leq 1, c'est-à-dire x≤52x \leq \frac52. Donc S=]2;52]S = \left]2;\frac52\right].

Exemple 4. Déterminer le plus petit entier naturel nn tel que 2n>10002^n > 1000.

La fonction ln⁡\ln est strictement croissante, donc 2n>1000  ⟺  ln⁡(2n)>ln⁡1000  ⟺  nln⁡2>ln⁡1000  ⟺  n>ln⁡1000ln⁡22^n > 1000 \iff \ln(2^n) > \ln 1000 \iff n\ln 2 > \ln 1000 \iff n > \dfrac{\ln 1000}{\ln 2}, car ln⁡2>0\ln 2 > 0. Or ln⁡1000ln⁡2≈9,97\dfrac{\ln 1000}{\ln 2} \approx 9{,}97. Le plus petit entier est donc n=10n = 10. Vérification : 29=5122^9 = 512 et 210=10242^{10} = 1024.

Lire le cours complet du chapitre

Exercices 1 et 2

  • Exercice 1 : calculer avec ln
  • Exercice 2 : équations et inéquations

Exercices du chapitre (PDF, 442 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 579 Ko)

Tu es hors connexion. Les chapitres téléchargés restent disponibles dans Hors connexion.