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Leçon 1

Forme algébrique et conjugué

Vidéo 1 : Forme algébrique et conjugué · 4 min 26 s · sous-titres en français

Le cours écrit

1.1 Un peu d'histoire

Les ensembles de nombres se sont agrandis pour résoudre des équations qui n'avaient pas de solution : x+1=0x + 1 = 0 n'a pas de solution dans N\mathbb{N}, mais en a une dans Z\mathbb{Z} ; 2x=12x = 1 en a une dans Q\mathbb{Q} ; x2=2x^2 = 2 en a dans R\mathbb{R}. On obtient ainsi N⊂Z⊂D⊂Q⊂R.\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}. Mais x2=−1x^2 = -1 n'a toujours pas de solution réelle, puisqu'un carré est positif.

Au XVIe siècle, des algébristes italiens (Cardan, puis Bombelli) calculent avec des « racines carrées de nombres négatifs » pour résoudre des équations du troisième degré, sans savoir ce qu'elles représentent. Euler introduit la notation ii à la fin du XVIIIe siècle. Au début du XIXe siècle, Argand et Gauss représentent ces nombres par les points d'un plan : ils deviennent des outils pour la trigonométrie et la géométrie. C'est ce que ce chapitre va montrer.

1.2 Définition

Définition (existence admise). Il existe un ensemble noté C\mathbb{C}, appelé ensemble des nombres complexes, qui possède les propriétés suivantes :

  • C\mathbb{C} contient R\mathbb{R} ;
  • C\mathbb{C} est muni d'une addition et d'une multiplication qui prolongent celles de R\mathbb{R} et qui suivent les mêmes règles de calcul (commutativité, associativité, distributivité) ;
  • C\mathbb{C} contient un nombre ii tel que i2=−1i^2 = -1 ;
  • tout nombre complexe zz s'écrit de façon unique z=a+ibz = a + ib, avec aa et bb réels.

Vocabulaire.

  • L'écriture z=a+ibz = a + ib (aa, bb réels) est la forme algébrique de zz.
  • aa est la partie réelle de zz, notée Re(z)\mathrm{Re}(z) ; bb est la partie imaginaire de zz, notée Im(z)\mathrm{Im}(z). Ce sont deux réels : pour z=2−3iz = 2 - 3i, Im(z)=−3\mathrm{Im}(z) = -3, et non −3i-3i.
  • zz est réel si b=0b = 0 ; zz est imaginaire pur si a=0a = 0. Le nombre 00 est à la fois réel et imaginaire pur.

Égalité. Par unicité de l'écriture : a+ib=a′+ib′  ⟺  a=a′a + ib = a' + ib' \iff a = a' et b=b′b = b'. En particulier, a+ib=0  ⟺  a=0a + ib = 0 \iff a = 0 et b=0b = 0.

1.3 Calculs dans C\mathbb{C}

On calcule comme avec des réels, en remplaçant i2i^2 par −1-1. Pour z=a+ibz = a + ib et z′=a′+ib′z' = a' + ib' : z+z′=(a+a′)+i(b+b′)z z′=(aa′−bb′)+i(ab′+a′b).z + z' = (a + a') + i(b + b') \qquad z\,z' = (aa' - bb') + i(ab' + a'b).

Les puissances de ii se répètent de quatre en quatre : i2=−1i^2 = -1, i3=−ii^3 = -i, i4=1i^4 = 1, i5=ii^5 = i…

Les identités remarquables restent vraies : (a+ib)2=a2−b2+2iab(a + ib)^2 = a^2 - b^2 + 2iab et (a+ib)(a−ib)=a2+b2(a + ib)(a - ib) = a^2 + b^2.

Exemple 1. Avec z1=2+3iz_1 = 2 + 3i et z2=1−iz_2 = 1 - i :

  • z1+z2=3+2iz_1 + z_2 = 3 + 2i ;
  • z1z2=2−2i+3i−3i2=2+i+3=5+iz_1 z_2 = 2 - 2i + 3i - 3i^2 = 2 + i + 3 = 5 + i ;
  • (1+2i)2=1+4i+4i2=−3+4i(1 + 2i)^2 = 1 + 4i + 4i^2 = -3 + 4i et (1+i)2=1+2i−1=2i(1 + i)^2 = 1 + 2i - 1 = 2i.

Produit nul. Comme dans R\mathbb{R}, un produit de complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul : z z′=0  ⟺  z=0z\,z' = 0 \iff z = 0 ou z′=0z' = 0.

1.4 Le conjugué

Définition. Le conjugué de z=a+ibz = a + ib est le nombre complexe z‾=a−ib\overline{z} = a - ib.

Propriétés immédiates. Pour z=a+ibz = a + ib : z+z‾=2a=2 Re(z)z−z‾=2ib=2i Im(z)z z‾=a2+b2.z + \overline{z} = 2a = 2\,\mathrm{Re}(z) \qquad z - \overline{z} = 2ib = 2i\,\mathrm{Im}(z) \qquad z\,\overline{z} = a^2 + b^2. Le produit z z‾z\,\overline{z} est donc un réel positif, nul seulement si z=0z = 0. On en déduit :

  • zz est réel   ⟺  z‾=z\iff \overline{z} = z ;
  • zz est imaginaire pur   ⟺  z‾=−z\iff \overline{z} = -z.

Propriétés de calcul. Pour tous complexes zz et z′z', et tout entier naturel nn : z‾‾=zz+z′‾=z‾+z′‾z z′‾=z‾  z′‾zn‾=z‾ n\overline{\overline{z}} = z \qquad \overline{z + z'} = \overline{z} + \overline{z'} \qquad \overline{z\,z'} = \overline{z}\;\overline{z'} \qquad \overline{z^n} = \overline{z}^{\,n} et, si z′≠0z' \neq 0 : (1z′)‾=1z′‾(zz′)‾=z‾z′‾.\overline{\left(\frac{1}{z'}\right)} = \frac{1}{\overline{z'}} \qquad \overline{\left(\frac{z}{z'}\right)} = \frac{\overline{z}}{\overline{z'}}.

Démonstration pour le produit. z z′=(aa′−bb′)+i(ab′+a′b)z\,z' = (aa' - bb') + i(ab' + a'b), donc z z′‾=(aa′−bb′)−i(ab′+a′b)\overline{z\,z'} = (aa' - bb') - i(ab' + a'b). Et z‾  z′‾=(a−ib)(a′−ib′)=(aa′−bb′)−i(ab′+a′b)\overline{z}\;\overline{z'} = (a - ib)(a' - ib') = (aa' - bb') - i(ab' + a'b) : c'est le même nombre. La propriété des puissances s'en déduit par récurrence.

1.5 Inverse et quotient

Propriété. Tout complexe z=a+ibz = a + ib non nul a un inverse : 1z=z‾z z‾=a−iba2+b2.\frac{1}{z} = \frac{\overline{z}}{z\,\overline{z}} = \frac{a - ib}{a^2 + b^2}.

Méthode. Pour écrire un quotient sous forme algébrique, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur : le dénominateur devient un réel.

Exemple 2. 1i=−ii×(−i)=−i1=−i\dfrac{1}{i} = \dfrac{-i}{i \times (-i)} = \dfrac{-i}{1} = -i.

Exemple 3. 3+i1−2i=(3+i)(1+2i)(1−2i)(1+2i)=3+6i+i+2i21+4=1+7i5=15+75 i.\dfrac{3 + i}{1 - 2i} = \dfrac{(3 + i)(1 + 2i)}{(1 - 2i)(1 + 2i)} = \dfrac{3 + 6i + i + 2i^2}{1 + 4} = \dfrac{1 + 7i}{5} = \dfrac15 + \dfrac75\,i.

1.6 Équations du premier degré

Exemple 4. Résoudre (1+i)z=3−i(1 + i)z = 3 - i.

z=3−i1+i=(3−i)(1−i)(1+i)(1−i)=3−3i−i+i22=2−4i2=1−2i.z = \dfrac{3 - i}{1 + i} = \dfrac{(3 - i)(1 - i)}{(1 + i)(1 - i)} = \dfrac{3 - 3i - i + i^2}{2} = \dfrac{2 - 4i}{2} = 1 - 2i.

Exemple 5 (équation avec z‾\overline{z}). Résoudre 2z+i z‾=32z + i\,\overline{z} = 3.

On ne peut pas isoler zz directement. On pose z=x+iyz = x + iy, avec xx et yy réels : z‾=x−iy\overline{z} = x - iy et 2z+i z‾=2x+2iy+ix−i2y=(2x+y)+i(x+2y).2z + i\,\overline{z} = 2x + 2iy + ix - i^2y = (2x + y) + i(x + 2y). Par identification des parties réelles et imaginaires : 2x+y=32x + y = 3 et x+2y=0x + 2y = 0. D'où x=2x = 2, y=−1y = -1, et z=2−iz = 2 - i.

Vérification : 2(2−i)+i(2+i)=4−2i+2i−1=32(2 - i) + i(2 + i) = 4 - 2i + 2i - 1 = 3.

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Exercices 1 et 2

  • Exercice 1 : calculer dans C
  • Exercice 2 : conjugué et équations

Exercices du chapitre (PDF, 465 Ko)

Corrigés

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Corrigés du chapitre (PDF, 833 Ko)

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