3.1 Suites arithmétiques (rappels)
Définition. (un) est arithmétique de raison r si un+1=un+r pour tout n.
| Propriété |
Formule |
| Terme général |
un=u0+nr, et plus généralement un=up+(n−p)r |
| Sens de variation |
strictement croissante si r>0, strictement décroissante si r<0 |
| Limite |
+∞ si r>0, −∞ si r<0 |
| Somme des entiers |
1+2+⋯+n=2n(n+1) |
| Somme de termes consécutifs |
S=(nombre de termes)×2premier terme+dernier terme |
Exemple 11. (un) est arithmétique, avec u0=5 et r=3. Alors un=5+3n et u20=65. La somme S=u0+u1+⋯+u20 compte 21 termes :
S=21×25+65=735.
3.2 Suites géométriques (rappels)
Définition. (un) est géométrique de raison q si un+1=qun pour tout n.
| Propriété |
Formule |
| Terme général |
un=u0qn, et plus généralement un=upqn−p |
| Somme des puissances (q=1) |
1+q+q2+⋯+qn=k=0∑nqk=1−q1−qn+1 |
| Somme de termes consécutifs (q=1) |
S=(premier terme)×1−q1−qnombre de termes |
La formule de la somme vient de l'identité de Première : (1+q+⋯+qn)(1−q)=1−qn+1.
Exemple 12. (un) est géométrique, avec u2=12 et u5=96. Comme u5=u2q3, on a q3=8, donc q=2, puis u0=q2u2=3 et un=3×2n. La somme des dix premiers termes vaut
u0+u1+⋯+u9=3×1−21−210=3×1023=3069.
3.3 Limite de qn
Théorème. Soit q un réel.
| q |
q≤−1 |
−1<q<1 |
q=1 |
q>1 |
| n→+∞limqn |
pas de limite |
0 |
1 |
+∞ |
Démonstration.
- Si q>1, on écrit q=1+a avec a>0. L'inégalité de Bernoulli (exemple 2) donne qn≥1+na. Comme 1+na→+∞, le théorème 1 donne qn→+∞.
- Si −1<q<1 et q=0, on a ∣q∣1>1, donc (∣q∣1)n→+∞ et ∣qn−0∣=∣q∣n=(∣q∣1)n1→0. La conséquence du théorème 2 donne qn→0. Le cas q=0 est immédiat.
- Si q=1, la suite est constante, égale à 1.
- Si q≤−1, les termes sont alternativement supérieurs ou égaux à 1 et inférieurs ou égaux à −1 : la suite n'a pas de limite.
Conséquence. Si −1<q<1, alors 1+q+⋯+qn=1−q1−qn+1 tend vers 1−q1.
Exemple 13.
- (0,9)n→0 et (−21)n→0, tandis que (1,01)n→+∞ : même une raison à peine plus grande que 1 finit par dépasser tout nombre.
- 1+21+41+⋯+2n1=1−211−(21)n+1=2−2n1, qui tend vers 2.
3.4 Suites définies par un+1=aun+b
On suppose a=1 (sinon la suite est arithmétique) et a=0.
Méthode.
- On cherche le réel α tel que α=aα+b, c'est-à-dire α=1−ab.
- On pose vn=un−α. Alors vn+1=(aun+b)−(aα+b)=a(un−α)=avn : la suite (vn) est géométrique de raison a.
- Donc vn=v0an, puis un=α+(u0−α)an.
- Si −1<a<1, alors an→0 et limun=α.
Exemple 14 (un modèle simplifié). Un malade reçoit chaque jour, à la même heure, une injection de 4 mg d'un médicament. En 24 heures, son organisme élimine 20% de la quantité présente. On note un la quantité de médicament, en mg, présente juste après la (n+1)-ième injection. Ainsi u0=4 et un+1=0,8un+4.
- α=0,8α+4⟺0,2α=4⟺α=20.
- vn=un−20 définit une suite géométrique de raison 0,8, avec v0=4−20=−16.
- Donc vn=−16×0,8n et un=20−16×0,8n.
- Comme 0<0,8<1, 0,8n→0 et limun=20 : la quantité se stabilise vers 20 mg, sans jamais l'atteindre.
- À partir de quel rang a-t-on un≥19 ? un≥19⟺16×0,8n≤1⟺nln0,8≤−ln16⟺n≥−ln0,8ln16≈12,4, car ln0,8<0. C'est donc à partir de n=13, c'est-à-dire de la 14e injection.