Vidéo 2 : Le plan complexe, module et argument · 4 min 18 s · sous-titres en français
Le cours écrit
2.1 Représentation géométrique
À tout nombre complexe z=a+ib, on associe le point M(a;b) et le vecteur w(a;b).
M est l'image du complexe z, et z est l'affixe du point M ; on écrit M(z).
z est aussi l'affixe du vecteur w.
L'axe des abscisses est l'axe réel, l'axe des ordonnées l'axe imaginaire. Le plan muni de cette correspondance s'appelle le plan complexe.
Propriétés. Pour deux points A(zA) et B(zB) :
le vecteur AB a pour affixe zB−zA ;
le milieu I de [AB] a pour affixe zI=2zA+zB ;
si w et \vec w\,' ont pour affixes z et z′, alors \vec w + \vec w\,' a pour affixe z+z′, et kw a pour affixe kz pour tout réel k.
Symétries. L'image de z est la symétrique de M(z) par rapport à l'axe réel ; l'image de −z est la symétrique de M par rapport à O.
Exemple 1.A(1+i) et B(4+5i). Le vecteur AB a pour affixe zB−zA=3+4i, et le milieu de [AB] a pour affixe 25+6i=25+3i.
2.2 Le module
Définition. Le module de z=a+ib est le réel positif
∣z∣=a2+b2=zz.
Si M est l'image de z, alors ∣z∣=OM : le module est une distance.
Conséquence. Pour deux points A et B :
AB=∣zB−zA∣.
Exemple 2.∣3+4i∣=9+16=5, ∣1−i∣=2, ∣−2i∣=2. Pour un réel x, le module est la valeur absolue : ∣−3∣=3. Avec les points de l'exemple 1, AB=∣3+4i∣=5.
Propriétés. Pour tous complexes z et z′, et tout entier naturel n :
∣z∣=0⟺z=0 ;
∣z∣=∣z∣ et ∣−z∣=∣z∣ ;
∣zz′∣=∣z∣∣z′∣ et ∣zn∣=∣z∣n ;
si z′=0 : z′1=∣z′∣1 et z′z=∣z′∣∣z∣.
Démonstration pour le produit.∣zz′∣2=zz′zz′=zzz′z′=∣z∣2∣z′∣2, et les modules sont positifs.
Attention. En général ∣z+z′∣=∣z∣+∣z′∣ : par exemple ∣1+i∣=2, alors que ∣1∣+∣i∣=2.
Exemple 3.3−4i(1+i)4=∣3−4i∣∣1+i∣4=5(2)4=54, sans développer.
S1 · S3 · S1AInégalité triangulaire. Pour tous complexes z et z′ : ∣z+z′∣≤∣z∣+∣z′∣. Démonstration :∣z+z′∣2=(z+z′)(z+z′)=∣z∣2+∣z′∣2+zz′+zz′=∣z∣2+∣z′∣2+2Re(zz′). Or la partie réelle d'un complexe est inférieure à son module, et zz′=∣z∣∣z′∣. Donc ∣z+z′∣2≤(∣z∣+∣z′∣)2. Géométriquement, avec A(z) et B(z+z′) : OB≤OA+AB.
2.3 L'argument
Définition. Soit z un complexe non nul, d'image M. On appelle argument de z toute mesure, en radians, de l'angle orienté (u,OM). On note argz.
Un complexe non nul a une infinité d'arguments, qui diffèrent d'un multiple de 2π : on écrit argz=θ[2π], et on lit « modulo deux pi ». L'unique argument situé dans ]−π;π] est l'argument principal. Le nombre 0 n'a pas d'argument.
Exemple 4.arg3=0, arg(−2)=π, argi=2π, arg(−5i)=−2π (à 2π près). Le point d'affixe 1+i est sur la bissectrice du premier quadrant : arg(1+i)=4π[2π].
Lien avec la forme algébrique. Si z=a+ib a pour module r et pour argument θ, alors (cercle trigonométrique de rayon r) :
a=rcosθb=rsinθ,donccosθ=raetsinθ=rb.
Conséquence géométrique. Pour deux points distincts A et B :
(u,AB)=arg(zB−zA)[2π].
2.4 La forme trigonométrique
Définition. Tout complexe non nul z, de module r et d'argument θ, s'écrit
z=r(cosθ+isinθ),r>0.
C'est la forme trigonométrique de z.
Unicité. Si r>0 et r′>0 : r(cosθ+isinθ)=r′(cosθ′+isinθ′)⟺r=r′ et θ=θ′[2π].
Méthode (de la forme algébrique à la forme trigonométrique).
On calcule le module r=a2+b2.
On met r en facteur : z=r(ra+irb).
On cherche un réel θ tel que cosθ=ra et sinθ=rb, avec les valeurs remarquables du cercle trigonométrique.
Exemple 5.z=1+i3. r=1+3=2, puis z=2(21+i23). On cherche θ avec cosθ=21 et sinθ=23 : θ=3π. Donc z=2(cos3π+isin3π).
Exemple 6.z=−1+i. r=2, cosθ=−22 et sinθ=22 : θ=43π. De même, 3−i=2(cos(−6π)+isin(−6π)).
Attention. Dans une forme trigonométrique, le facteur devant la parenthèse doit être strictement positif. Ainsi −2(cos5π+isin5π) n'est pas une forme trigonométrique. Comme −1=cosπ+isinπ, on obtient 2(cos56π+isin56π) : le module vaut 2 et un argument est 56π, soit −54π pour l'argument principal.
Conjugué et opposé.argz=−argz[2π] et arg(−z)=argz+π[2π] (symétries de la figure).
Exemple 7 (module et argument de zB−zA).A(1+i) et B(3+3i). zB−zA=2+2i=22(cos4π+isin4π). Donc AB=22 et (u,AB)=4π[2π].