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Leçon 1

Qu'est-ce qu'une suite ?

Vidéo 1 : Qu'est-ce qu'une suite ? · 4 min 43 s · sous-titres en français

Le cours écrit

1.1 Définition et notations

Définition. Une suite numérique uu est une fonction qui, à tout entier naturel nn, associe un réel, noté unu_n plutôt que u(n)u(n) : c'est la notation indicielle.

  • unu_n est le terme de rang nn (ou d'indice nn) ; u0u_0 est le premier terme.
  • La suite se note uu, (un)(u_n) ou (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}}.

Il arrive qu'une suite ne soit définie qu'à partir d'un certain entier n0n_0 : on la note alors (un)n≥n0(u_n)_{n \geq n_0}, et son premier terme est un0u_{n_0}.

Attention. (un)(u_n) désigne la suite tout entière, alors que unu_n est un nombre. De même, un+1u_{n+1} est le terme de rang n+1n + 1, alors que un+1u_n + 1 est le terme de rang nn augmenté de 11.

1.2 Les différentes façons de définir une suite

a) Par une formule explicite un=f(n)u_n = f(n). On calcule directement n'importe quel terme à partir de son rang.

Exemple 1. Soit un=n2−3nu_n = n^2 - 3n pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}. Alors u0=0u_0 = 0, u1=−2u_1 = -2, u2=−2u_2 = -2, u3=0u_3 = 0, u4=4u_4 = 4 et u10=70u_{10} = 70.

Pour exprimer un+1u_{n+1}, on remplace nn par n+1n + 1 : un+1=(n+1)2−3(n+1)=n2−n−2u_{n+1} = (n + 1)^2 - 3(n + 1) = n^2 - n - 2. C'est différent de un+1=n2−3n+1u_n + 1 = n^2 - 3n + 1.

b) Par récurrence. On donne le premier terme, puis une relation qui permet de calculer chaque terme à partir du précédent. On calcule les termes de proche en proche : pour obtenir u10u_{10}, il faut d'abord calculer u1u_1, u2u_2, …, u9u_9.

Exemple 2. Soit (un)(u_n) définie par u0=1u_0 = 1 et, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, un+1=12un+2u_{n+1} = \dfrac12 u_n + 2. u1=12×1+2=52=2,5,u2=12×52+2=134=3,25,u3=298=3,625,u4=6116=3,8125.u_1 = \frac12 \times 1 + 2 = \frac52 = 2{,}5, \qquad u_2 = \frac12 \times \frac52 + 2 = \frac{13}{4} = 3{,}25, \qquad u_3 = \frac{29}{8} = 3{,}625, \qquad u_4 = \frac{61}{16} = 3{,}8125. On passe d'un terme au suivant par la fonction f:x↦12x+2f : x \mapsto \dfrac12 x + 2 : un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n).

Exemple 3. Soit (vn)(v_n) définie par v0=0v_0 = 0 et vn+1=vn+2n+1v_{n+1} = v_n + 2n + 1. La relation fait intervenir nn : v1=v0+2×0+1=1,v2=v1+2×1+1=4,v3=4+5=9,v4=9+7=16.v_1 = v_0 + 2 \times 0 + 1 = 1, \qquad v_2 = v_1 + 2 \times 1 + 1 = 4, \qquad v_3 = 4 + 5 = 9, \qquad v_4 = 9 + 7 = 16. Les termes ressemblent aux carrés des entiers : on le démontrera à la leçon 4.

c) Par une situation ou une description. Les termes sont décrits par une phrase ; il reste souvent à trouver une formule.

Exemple 4 (une suite définie à partir du rang 3). Pour n≥3n \geq 3, on note dnd_n le nombre de diagonales d'un polygone convexe à nn côtés. Un triangle n'en a pas, un quadrilatère en a 22, un pentagone 55, un hexagone 99 : d3=0d_3 = 0, d4=2d_4 = 2, d5=5d_5 = 5, d6=9d_6 = 9.

  • Formule explicite. Chacun des nn sommets est relié par une diagonale aux n−3n - 3 sommets qui ne sont ni lui-même ni ses deux voisins. On compte ainsi n(n−3)n(n - 3) diagonales, mais chacune deux fois (une fois par extrémité) : dn=n(n−3)2d_n = \dfrac{n(n - 3)}{2}.
  • Relation de récurrence. Quand on ajoute un sommet, on gagne n−1n - 1 diagonales : dn+1=dn+n−1d_{n+1} = d_n + n - 1. Par exemple d7=d6+5=14d_7 = d_6 + 5 = 14, et la formule donne bien 7×42=14\dfrac{7 \times 4}{2} = 14.

1.3 Somme et produit de deux suites

Définition. Soit (un)(u_n) et (vn)(v_n) deux suites, et λ\lambda un réel. On définit les suites (un+vn)(u_n + v_n), (un×vn)(u_n \times v_n) et (λun)(\lambda u_n) terme à terme : leur terme de rang nn est un+vnu_n + v_n, unvnu_n v_n et λun\lambda u_n.

Exemple 5. Avec un=nu_n = n et vn=1n+1v_n = \dfrac{1}{n + 1} : la suite somme a pour terme n+1n+1n + \dfrac{1}{n + 1}, la suite produit a pour terme nn+1\dfrac{n}{n + 1}, et la suite (3un)(3u_n) a pour terme 3n3n.

1.4 Représentation graphique

Sur un axe. On place les points d'abscisses u0u_0, u1u_1, u2u_2, … sur une droite graduée (par exemple l'axe des abscisses), en écrivant le nom de chaque terme. On voit où les termes se placent, et s'ils se rapprochent d'un nombre.

Exemple 6 (suite de l'exemple 2). Les termes 11 ; 2,52{,}5 ; 3,253{,}25 ; 3,6253{,}625 ; 3,81253{,}8125 se placent de gauche à droite, de plus en plus serrés : ils semblent s'accumuler près de 44.

Dans un repère. On place les points Mn(n ;un)M_n\big(n\,;u_n\big). On obtient un nuage de points isolés : on ne les relie pas, car nn ne prend que des valeurs entières.

Exemple 7 (suite de l'exemple 1). Les points M0(0 ;0)M_0(0\,;0), M1(1 ;−2)M_1(1\,;-2), M2(2 ;−2)M_2(2\,;-2), M3(3 ;0)M_3(3\,;0), M4(4 ;4)M_4(4\,;4), M5(5 ;10)M_5(5\,;10) sont sur la parabole d'équation y=x2−3xy = x^2 - 3x, puisque un=f(n)u_n = f(n) avec f(x)=x2−3xf(x) = x^2 - 3x. La suite ne garde de la courbe que les points d'abscisses entières.

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Exercices 1 et 2

  • Exercice 1 : calculer des termes
  • Exercice 2 : représenter, modéliser

Exercices du chapitre (PDF, 337 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 405 Ko)

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