Vidéo 2 : Étude de la fonction logarithme népérien · 3 min 53 s · sous-titres en français
Le cours écrit
2.1 Limites aux bornes
Propriété.limx→+∞lnx=+∞limx→0+lnx=−∞.
Justification.
En +∞ : ln2>0, et ln(2n)=nln2 devient aussi grand qu'on veut quand l'entier n grandit. Comme ln est croissante, lnx dépasse n'importe quel nombre dès que x est assez grand.
En 0+ : pour x>0, lnx=−lnx1. Quand x→0+, x1→+∞, donc lnx1→+∞ et lnx→−∞.
Conséquence graphique. L'axe des ordonnées (la droite x=0) est asymptote verticale à la courbe de ln.
Outil : le changement de variable (admis). Si X=u(x) tend vers b quand x tend vers a, et si g(X) tend vers ℓ quand X tend vers b, alors g(u(x)) tend vers ℓ (a, b, ℓ réels ou infinis). C'est le théorème de la limite d'une composée du chapitre 1, sous sa forme générale. On l'utilise sous la forme « on pose X=… ».
2.2 Le nombre e
La fonction ln est continue et strictement croissante sur ]0;+∞[, avec des limites −∞ et +∞ aux bornes. D'après le théorème de la bijection (chapitre 1), ln est une bijection de ]0;+∞[ sur R : pour tout réel k, l'équation lnx=k a une unique solution dans ]0;+∞[.
Définition. On note e l'unique réel tel que lne=1. On a e≈2,718.
Conséquences.ln(en)=nlne=n pour tout entier relatif n, et lne=21.
Exemple.lnx<1⟺lnx<lne⟺0<x<e. Et lnx=2⟺lnx=ln(e2)⟺x=e2.
2.3 Courbe représentative
x
0
1
e
+∞
ln′(x)=x1
+
+
+
lnx
−∞
↗
0
↗
1
↗
+∞
Deux tangentes à connaître.
Au point d'abscisse 1 : y=ln′(1)(x−1)+ln1, soit y=x−1.
Au point d'abscisse e : y=e1(x−e)+1, soit y=ex. Cette tangente passe par l'origine.
Propriété. Pour tout x>0, lnx≤x−1 : la courbe de ln est au-dessous de sa tangente en 1.
Démonstration. Soit h(x)=x−1−lnx sur ]0;+∞[. On a h′(x)=1−x1=xx−1, négatif sur ]0;1] et positif sur [1;+∞[. La fonction h admet donc un minimum en 1, égal à h(1)=0. Ainsi h(x)≥0 pour tout x>0.
En +∞. On applique lnt≤t−1<t à t=x : lnx<x, soit 21lnx<x, donc lnx<2x pour tout x>0. Pour x>1, on a donc
0<xlnx<x2x=x2.
Comme x2→0, le théorème des gendarmes donne xlnx→0.
En 0+. On pose X=x1, qui tend vers +∞ quand x→0+. Alors xlnx=X1×(−lnX)=−XlnX→0.
En 0.xln(1+x)=xln(1+x)−ln1 est le taux d'accroissement de ln entre 1 et 1+x. Sa limite est le nombre dérivé ln′(1)=1.
À retenir. En +∞, « x l'emporte sur lnx ». Plus généralement, pour tout entier n≥1 :
limx→+∞xnlnx=0etlimx→0+xnlnx=0,
car xnlnx=xlnx×xn−11 et xnlnx=xn−1×xlnx. La leçon 5 étend ces résultats aux exposants rationnels.
Exemple 5. Calculer x→+∞lim(x−lnx).
C'est une forme ∞−∞. On factorise par le terme qui l'emporte : x−lnx=x(1−xlnx). Comme xlnx→0, la parenthèse tend vers 1, et la limite vaut +∞.
Exemple 6. Calculer x→0limxln(1+2x).
On écrit xln(1+2x)=2×2xln(1+2x). On pose X=2x, qui tend vers 0 : Xln(1+X)→1. La limite vaut donc 2.
Branche infinie. Comme xlnx→0, la courbe de ln admet en +∞ une branche parabolique de direction l'axe (Ox) (méthode du chapitre 1) : elle monte, mais de plus en plus lentement.
2.5 Dérivée de lnu et primitives de uu′
Propriété. Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I.
Si u>0 sur I, alors lnu est dérivable sur I et (lnu)′=uu′.
Si u ne s'annule pas sur I, alors ln∣u∣ est dérivable sur I et (ln∣u∣)′=uu′.
Justification du second point quand u<0 :ln∣u∣=ln(−u), de dérivée −u−u′=uu′. En particulier, x↦ln∣x∣ a pour dérivée x1 sur ]−∞;0[ comme sur ]0;+∞[.
Primitives. Si u est dérivable sur I, de dérivée continue, et ne s'annule pas sur I, les primitives de uu′ sur I sont les fonctions
x↦ln∣u(x)∣+C,C∈R.
Exemple 7. Une primitive de f(x)=x2+1x sur R.
On fait apparaître u′ : avec u(x)=x2+1, u′(x)=2x, et f=21×uu′. Comme u>0, une primitive est F(x)=21ln(x2+1).
Exemple 8. Sur ]−2π;2π[, tanx=cosxsinx=−cosx(cosx)′, avec cosx>0. Une primitive de tan est x↦−ln(cosx).
Sur ]1;+∞[, xlnx1=lnxx1=uu′ avec u=lnx>0. Une primitive est x↦ln(lnx).
2.6 Exemple d'étude
Exemple 9. Étudier f(x)=xlnx sur ]0;+∞[.
Limites. En 0+ : lnx→−∞ et x1→+∞, donc f(x)→−∞ (ce n'est pas une forme indéterminée). L'axe des ordonnées est asymptote verticale. En +∞ : f(x)→0 (limite usuelle). L'axe des abscisses est asymptote horizontale.
Dérivée.f′(x)=x2x1×x−lnx×1=x21−lnx, du signe de 1−lnx : positive sur ]0;e[, négative sur ]e;+∞[.
Variations.f est croissante sur ]0;e], décroissante sur [e;+∞[, avec un maximum f(e)=e1≈0,37.
Signe.f(x) a le signe de lnx : la courbe coupe l'axe des abscisses au point (1;0).