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Chapitre 3 · Cours écrit

Dérivation

Programme de S2 Version pour les séries S2 et S4.

La dérivation est un outil de résolution de problèmes. Elle mesure la pente d'une courbe en un point, donne l'équation de sa tangente, permet de remplacer une fonction par une fonction affine près d'un point, et surtout de trouver le sens de variation et les extremums d'une fonction. Ce chapitre utilise les limites du chapitre 2. C'est ta première rencontre avec la dérivation : les théorèmes sur le sens de variation sont admis, comme le prévoit le programme.

Dans tout le chapitre, ff est une fonction numérique d'une variable réelle et Cf\mathcal{C}_f sa courbe représentative dans un repère (O ;i⃗,j⃗)(O\,;\vec i, \vec j).

Leçon 1 : Nombre dérivé

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Taux d'accroissement

Définition. Soit ff une fonction définie sur un intervalle II, et x0x_0 un réel de II. Pour tout réel xx de II différent de x0x_0, le taux d'accroissement (ou taux de variation, vu en Seconde) de ff entre x0x_0 et xx est f(x)−f(x0)x−x0.\frac{f(x) - f(x_0)}{x - x_0}.

Interprétation graphique. Soit A(x0 ;f(x0))A\big(x_0\,;f(x_0)\big) et M(x ;f(x))M\big(x\,;f(x)\big) deux points de Cf\mathcal{C}_f. Le taux d'accroissement est le quotient de la différence des ordonnées par la différence des abscisses : c'est le coefficient directeur de la droite (AM)(AM), appelée une sécante à la courbe.

Avec hh. On pose souvent x=x0+hx = x_0 + h, avec h≠0h \neq 0. Le taux d'accroissement s'écrit alors f(x0+h)−f(x0)h.\frac{f(x_0 + h) - f(x_0)}{h}.

Exemple 1. Soit f(x)=x2f(x) = x^2 et x0=3x_0 = 3. Pour h≠0h \neq 0, f(3+h)−f(3)h=9+6h+h2−9h=6h+h2h=6+h.\frac{f(3 + h) - f(3)}{h} = \frac{9 + 6h + h^2 - 9}{h} = \frac{6h + h^2}{h} = 6 + h.

hh 11 0,50{,}5 0,10{,}1 0,010{,}01 −0,1-0{,}1 −0,01-0{,}01
taux 6+h6 + h 77 6,56{,}5 6,16{,}1 6,016{,}01 5,95{,}9 5,995{,}99

Quand hh se rapproche de 00, le point MM glisse sur la parabole vers A(3 ;9)A(3\,;9), et les coefficients directeurs des sécantes se rapprochent de 66.

1.2 Fonction dérivable en un point

Définition. Soit ff une fonction définie sur un intervalle ouvert contenant x0x_0. On dit que ff est dérivable en x0x_0 si le taux d'accroissement de ff entre x0x_0 et xx admet une limite finie ℓ\ell quand xx tend vers x0x_0. Ce réel ℓ\ell s'appelle le nombre dérivé de ff en x0x_0, et on le note f′(x0)f'(x_0) (lire « f prime de x zéro ») : f′(x0)=lim⁡x→x0f(x)−f(x0)x−x0.f'(x_0) = \lim_{x \to x_0} \frac{f(x) - f(x_0)}{x - x_0}.

1.3 Le lien entre les deux écritures

Si l'on pose x=x0+hx = x_0 + h, dire que xx tend vers x0x_0 revient à dire que hh tend vers 00. Les deux écritures suivantes sont donc équivalentes : ff est dérivable en x0x_0 si et seulement si l'une (et alors l'autre) des limites existe et est finie, et f′(x0)=lim⁡x→x0f(x)−f(x0)x−x0=lim⁡h→0f(x0+h)−f(x0)h.f'(x_0) = \lim_{x \to x_0} \frac{f(x) - f(x_0)}{x - x_0} = \lim_{h \to 0} \frac{f(x_0 + h) - f(x_0)}{h}. On choisit l'écriture qui rend le calcul le plus simple. Dans les deux cas, on obtient d'abord une forme indéterminée 00\dfrac00, qu'on lève avec les méthodes du chapitre 2 (développer, factoriser, expression conjuguée).

Exemple 2 (suite de l'exemple 1). Le taux vaut 6+h6 + h, qui tend vers 66 quand hh tend vers 00. Donc la fonction carré est dérivable en 33, et f′(3)=6f'(3) = 6.

Avec l'autre écriture : pour x≠3x \neq 3, x2−9x−3=(x−3)(x+3)x−3=x+3\dfrac{x^2 - 9}{x - 3} = \dfrac{(x - 3)(x + 3)}{x - 3} = x + 3, qui tend vers 66 quand xx tend vers 33. On trouve bien le même nombre.

Exemple 3. Soit g(x)=1xg(x) = \dfrac1x et x0=2x_0 = 2. Pour h≠0h \neq 0 et h≠−2h \neq -2, g(2+h)−g(2)=12+h−12=2−(2+h)2(2+h)=−h2(2+h),doncg(2+h)−g(2)h=−12(2+h).g(2 + h) - g(2) = \frac{1}{2 + h} - \frac12 = \frac{2 - (2 + h)}{2(2 + h)} = \frac{-h}{2(2 + h)}, \qquad \text{donc} \qquad \frac{g(2 + h) - g(2)}{h} = \frac{-1}{2(2 + h)}. Quand hh tend vers 00, ce taux tend vers −14-\dfrac14. Donc gg est dérivable en 22 et g′(2)=−14g'(2) = -\dfrac14.

Exemple 4. Soit k(x)=xk(x) = \sqrt x et x0=4x_0 = 4. Pour x≥0x \geq 0 et x≠4x \neq 4, on utilise x−4=(x−2)(x+2)x - 4 = (\sqrt x - 2)(\sqrt x + 2) : k(x)−k(4)x−4=x−2(x−2)(x+2)=1x+2.\frac{k(x) - k(4)}{x - 4} = \frac{\sqrt x - 2}{(\sqrt x - 2)(\sqrt x + 2)} = \frac{1}{\sqrt x + 2}. Quand xx tend vers 44, ce taux tend vers 12+2=14\dfrac{1}{2 + 2} = \dfrac14. Donc kk est dérivable en 44 et k′(4)=14k'(4) = \dfrac14.

Exemple 5. Soit p(x)=x3−2xp(x) = x^3 - 2x et x0=1x_0 = 1. On a p(1)=−1p(1) = -1 et, pour x≠1x \neq 1, x3−2x+1=(x−1)(x2+x−1)x^3 - 2x + 1 = (x - 1)(x^2 + x - 1) (on le vérifie en développant). Donc p(x)−p(1)x−1=x3−2x+1x−1=x2+x−1,\frac{p(x) - p(1)}{x - 1} = \frac{x^3 - 2x + 1}{x - 1} = x^2 + x - 1, qui tend vers 1+1−1=11 + 1 - 1 = 1 quand xx tend vers 11. Donc p′(1)=1p'(1) = 1.

1.4 Dérivabilité et continuité

Théorème (admis). Si ff est dérivable en x0x_0, alors ff est continue en x0x_0.

Pourquoi (explication non exigible) : pour x≠x0x \neq x_0, f(x)=f(x0)+(x−x0)×f(x)−f(x0)x−x0f(x) = f(x_0) + (x - x_0) \times \dfrac{f(x) - f(x_0)}{x - x_0}. Quand xx tend vers x0x_0, le produit tend vers 0×f′(x0)=00 \times f'(x_0) = 0, donc f(x)f(x) tend vers f(x0)f(x_0).

Conséquence. Une fonction qui n'est pas continue en x0x_0 n'est pas dérivable en x0x_0.

Exemple 6. La fonction partie entière EE n'est pas continue en 11 (chapitre 2 : sa limite à gauche vaut 00, sa limite à droite vaut 11). Elle n'est donc pas dérivable en 11.

Attention. La réciproque est fausse : une fonction peut être continue en x0x_0 sans y être dérivable. La valeur absolue en 00 en est l'exemple (leçon 3).

Leçon 2 : Tangente à une courbe, approximation affine

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 De la sécante à la tangente

Soit ff dérivable en x0x_0, A(x0 ;f(x0))A\big(x_0\,;f(x_0)\big), et MM un point de Cf\mathcal{C}_f d'abscisse x0+hx_0 + h. Quand hh tend vers 00, le point MM se rapproche de AA sur la courbe, et la sécante (AM)(AM) tourne autour de AA : son coefficient directeur, le taux d'accroissement, tend vers f′(x0)f'(x_0). La sécante se rapproche ainsi d'une position limite : la droite qui passe par AA et dont le coefficient directeur est f′(x0)f'(x_0). C'est la tangente.

Définition. Si ff est dérivable en x0x_0, la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point A(x0 ;f(x0))A\big(x_0\,;f(x_0)\big) est la droite qui passe par AA et qui a pour coefficient directeur f′(x0)f'(x_0).

2.2 Équation de la tangente

Une droite de coefficient directeur mm qui passe par A(x0 ;f(x0))A\big(x_0\,;f(x_0)\big) a pour équation y−f(x0)=m(x−x0)y - f(x_0) = m(x - x_0). D'où :

Propriété. Si ff est dérivable en x0x_0, la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point d'abscisse x0x_0 a pour équation y=f′(x0) (x−x0)+f(x0).y = f'(x_0)\,(x - x_0) + f(x_0).

Exemple 7. Pour f(x)=x2f(x) = x^2 en x0=3x_0 = 3 : f(3)=9f(3) = 9 et f′(3)=6f'(3) = 6 (exemple 2). La tangente a pour équation y=6(x−3)+9y = 6(x - 3) + 9, soit y=6x−9y = 6x - 9.

Exemple 8. Pour g(x)=1xg(x) = \dfrac1x en x0=2x_0 = 2 : g(2)=12g(2) = \dfrac12 et g′(2)=−14g'(2) = -\dfrac14 (exemple 3). La tangente a pour équation y=−14(x−2)+12y = -\dfrac14(x - 2) + \dfrac12, soit y=−14x+1y = -\dfrac14 x + 1.

Exemple 9. Pour p(x)=x3−2xp(x) = x^3 - 2x en x0=1x_0 = 1 : p(1)=−1p(1) = -1 et p′(1)=1p'(1) = 1 (exemple 5). La tangente a pour équation y=(x−1)−1y = (x - 1) - 1, soit y=x−2y = x - 2.

Tangente horizontale. Si f′(x0)=0f'(x_0) = 0, la tangente en AA est la droite horizontale d'équation y=f(x0)y = f(x_0).

Exemple 10. Soit q(x)=x2−4x+1q(x) = x^2 - 4x + 1 et x0=2x_0 = 2. On a q(2)=−3q(2) = -3 et, pour h≠0h \neq 0, q(2+h)−q(2)h=(4+4h+h2)−(8+4h)+1+3h=h2h=h,\frac{q(2 + h) - q(2)}{h} = \frac{(4 + 4h + h^2) - (8 + 4h) + 1 + 3}{h} = \frac{h^2}{h} = h, qui tend vers 00. Donc q′(2)=0q'(2) = 0 : la tangente au sommet S(2 ;−3)S(2\,;-3) de la parabole est la droite horizontale y=−3y = -3.

Tracer une tangente. On part de AA, on avance d'une unité vers la droite, puis on monte de f′(x0)f'(x_0) (on descend si f′(x0)<0f'(x_0) < 0) : on obtient un second point de la tangente.

2.3 Approximation affine

Près du point AA, la courbe et sa tangente sont presque confondues : on peut remplacer ff par la fonction affine dont la droite représentative est la tangente.

Propriété (approximation affine). Si ff est dérivable en x0x_0, alors, pour hh proche de 00, f(x0+h)≈f(x0)+f′(x0) h.f(x_0 + h) \approx f(x_0) + f'(x_0)\,h. Le nombre f(x0)+f′(x0) hf(x_0) + f'(x_0)\,h est l'ordonnée du point de la tangente d'abscisse x0+hx_0 + h.

Pour aller plus loin (non exigible). On peut écrire f(x0+h)=f(x0)+f′(x0) h+h φ(h)f(x_0 + h) = f(x_0) + f'(x_0)\,h + h\,\varphi(h), où φ(h)=f(x0+h)−f(x0)h−f′(x0)\varphi(h) = \dfrac{f(x_0 + h) - f(x_0)}{h} - f'(x_0) tend vers 00 quand hh tend vers 00 : l'erreur commise est petite devant hh. Par exemple, (3+h)2=9+6h+h×h(3 + h)^2 = 9 + 6h + h \times h, avec ici φ(h)=h\varphi(h) = h.

Exemple 11. La racine carrée en 44 : k(4)=2k(4) = 2 et k′(4)=14k'(4) = \dfrac14 (exemple 4). Donc, pour hh proche de 00, 4+h≈2+h4\sqrt{4 + h} \approx 2 + \dfrac h4.

  • Avec h=0,02h = 0{,}02 : 4,02≈2,005\sqrt{4{,}02} \approx 2{,}005. La calculatrice donne 2,004 993…2{,}004\,993\ldots : l'erreur est inférieure à 10−510^{-5}.
  • Avec h=−0,04h = -0{,}04 : 3,96≈2−0,01=1,99\sqrt{3{,}96} \approx 2 - 0{,}01 = 1{,}99. La calculatrice donne 1,989 974…1{,}989\,974\ldots

Trois approximations utiles en 11. En calculant les nombres dérivés en 11 des fonctions x↦x2x \mapsto x^2, x↦1xx \mapsto \dfrac1x et x↦xx \mapsto \sqrt x (ils valent 22, −1-1 et 12\dfrac12), on obtient, pour hh proche de 00 : (1+h)2≈1+2h,11+h≈1−h,1+h≈1+h2.(1 + h)^2 \approx 1 + 2h, \qquad \frac{1}{1 + h} \approx 1 - h, \qquad \sqrt{1 + h} \approx 1 + \frac h2.

Exemple 12. 11,02≈1−0,02=0,98\dfrac{1}{1{,}02} \approx 1 - 0{,}02 = 0{,}98 (la calculatrice donne 0,980 39…0{,}980\,39\ldots) ; 1,0032≈1,0061{,}003^2 \approx 1{,}006 (valeur exacte 1,006 0091{,}006\,009) ; 1,06≈1,03\sqrt{1{,}06} \approx 1{,}03 (la calculatrice donne 1,029 56…1{,}029\,56\ldots).

Leçon 3 : Nombre dérivé à gauche, nombre dérivé à droite

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 Définitions

Soit ff définie sur un intervalle contenant x0x_0.

  • Si le taux d'accroissement de ff en x0x_0 admet une limite finie quand hh tend vers 00 en restant négatif (c'est-à-dire quand xx tend vers x0x_0 par la gauche), on dit que ff est dérivable à gauche en x0x_0. Cette limite est le nombre dérivé à gauche, noté fg′(x0)f'_g(x_0) : fg′(x0)=lim⁡h→0h<0f(x0+h)−f(x0)h=lim⁡x→x0x<x0f(x)−f(x0)x−x0.f'_g(x_0) = \lim_{\substack{h \to 0 \\ h < 0}} \frac{f(x_0 + h) - f(x_0)}{h} = \lim_{\substack{x \to x_0 \\ x < x_0}} \frac{f(x) - f(x_0)}{x - x_0}.
  • De même, avec h>0h > 0 (ou x>x0x > x_0), on définit la dérivabilité à droite et le nombre dérivé à droite fd′(x0)f'_d(x_0).

3.2 Les deux théorèmes

Soit ff une fonction dérivable à gauche et à droite en x0x_0.

Théorème 1. Si les nombres dérivés à gauche et à droite sont égaux à un même réel ℓ\ell, alors ff est dérivable en x0x_0 et f′(x0)=ℓf'(x_0) = \ell.

Théorème 2. Si les nombres dérivés à gauche et à droite sont différents, alors ff n'est pas dérivable en x0x_0.

Le théorème 1 vient de celui du chapitre 2 sur les limites à gauche et à droite : si elles sont égales à ℓ\ell, la limite existe et vaut ℓ\ell.

3.3 Demi-tangentes, point anguleux

Si ff est dérivable à droite en x0x_0, la courbe admet au point A(x0 ;f(x0))A\big(x_0\,;f(x_0)\big) une demi-tangente à droite : c'est la demi-droite d'origine AA et de coefficient directeur fd′(x0)f'_d(x_0), d'équation y=fd′(x0) (x−x0)+f(x0),x≥x0.y = f'_d(x_0)\,(x - x_0) + f(x_0), \qquad x \geq x_0. De même, la demi-tangente à gauche a pour équation y=fg′(x0) (x−x0)+f(x0)y = f'_g(x_0)\,(x - x_0) + f(x_0), avec x≤x0x \leq x_0.

Si fg′(x0)≠fd′(x0)f'_g(x_0) \neq f'_d(x_0), la courbe a en AA deux demi-tangentes qui ne sont pas dans le prolongement l'une de l'autre : on dit que AA est un point anguleux de la courbe. La courbe y fait un « coin ».

Exemple 13 (valeur absolue en 0). Soit f(x)=∣x∣f(x) = |x|. Pour h≠0h \neq 0, f(0+h)−f(0)h=∣h∣h\dfrac{f(0 + h) - f(0)}{h} = \dfrac{|h|}{h}.

  • Si h>0h > 0, ce taux vaut 11 : fd′(0)=1f'_d(0) = 1.
  • Si h<0h < 0, il vaut −1-1 : fg′(0)=−1f'_g(0) = -1.

Les deux nombres sont différents : la valeur absolue n'est pas dérivable en 00. L'origine est un point anguleux ; les demi-tangentes sont portées par les droites y=xy = x (pour x≥0x \geq 0) et y=−xy = -x (pour x≤0x \leq 0). Pourtant, la valeur absolue est continue en 00 : c'est le contre-exemple annoncé à la leçon 1.

Exemple 14 (point anguleux). Soit gg définie par g(x)=x2g(x) = x^2 si x≤1x \leq 1 et g(x)=−x+2g(x) = -x + 2 si x>1x > 1. On a g(1)=1g(1) = 1.

  • À gauche de 11 (x<1x < 1) : g(x)−g(1)x−1=x2−1x−1=x+1\dfrac{g(x) - g(1)}{x - 1} = \dfrac{x^2 - 1}{x - 1} = x + 1, qui tend vers 22. Donc gg′(1)=2g'_g(1) = 2.
  • À droite de 11 (x>1x > 1) : g(x)−g(1)x−1=−x+2−1x−1=−(x−1)x−1=−1\dfrac{g(x) - g(1)}{x - 1} = \dfrac{-x + 2 - 1}{x - 1} = \dfrac{-(x - 1)}{x - 1} = -1. Donc gd′(1)=−1g'_d(1) = -1.

Les nombres dérivés sont différents : gg n'est pas dérivable en 11, et A(1 ;1)A(1\,;1) est un point anguleux. Demi-tangente à gauche : y=2(x−1)+1y = 2(x - 1) + 1, soit y=2x−1y = 2x - 1 pour x≤1x \leq 1. Demi-tangente à droite : y=−(x−1)+1y = -(x - 1) + 1, soit y=−x+2y = -x + 2 pour x≥1x \geq 1.

Exemple 15 (raccordement sans coin). Soit ff définie par f(x)=x2f(x) = x^2 si x≤1x \leq 1 et f(x)=2x−1f(x) = 2x - 1 si x>1x > 1. On a f(1)=1f(1) = 1. À gauche, le taux vaut x+1x + 1, qui tend vers 22. À droite, il vaut 2x−1−1x−1=2\dfrac{2x - 1 - 1}{x - 1} = 2. Donc fg′(1)=fd′(1)=2f'_g(1) = f'_d(1) = 2 : ff est dérivable en 11 et f′(1)=2f'(1) = 2. Les deux morceaux se raccordent avec la même tangente y=2x−1y = 2x - 1.

3.4 Demi-tangente verticale

Il arrive que le taux d'accroissement tende vers +∞+\infty ou −∞-\infty. Ce n'est pas une limite finie : la fonction n'est pas dérivable de ce côté. Les sécantes se redressent, et la courbe admet une demi-tangente verticale.

Exemple 16 (racine carrée en 0). Pour h>0h > 0, 0+h−0h=hh=1h\dfrac{\sqrt{0 + h} - \sqrt0}{h} = \dfrac{\sqrt h}{h} = \dfrac{1}{\sqrt h}, qui tend vers +∞+\infty quand hh tend vers 00. La racine carrée n'est pas dérivable en 00 (même à droite), et sa courbe admet à l'origine une demi-tangente verticale, portée par l'axe des ordonnées.

Leçon 4 : Fonction dérivée, dérivées des fonctions usuelles

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Fonction dérivable sur un intervalle

Définition. Une fonction ff est dérivable sur un intervalle ouvert II si elle est dérivable en tout réel xx de II. La fonction qui, à tout xx de II, associe le nombre dérivé f′(x)f'(x) s'appelle la fonction dérivée de ff ; on la note f′f'.

Sur un intervalle fermé [a ;b][a\,;b], on demande en plus que ff soit dérivable à droite en aa et à gauche en bb.

Exemple 17 (la fonction carré). Soit f(x)=x2f(x) = x^2 et xx un réel quelconque. Pour h≠0h \neq 0, (x+h)2−x2h=2xh+h2h=2x+h,\frac{(x + h)^2 - x^2}{h} = \frac{2xh + h^2}{h} = 2x + h, qui tend vers 2x2x. La fonction carré est dérivable sur R\mathbb{R}, et f′(x)=2xf'(x) = 2x. Par exemple, f′(−1)=−2f'(-1) = -2, f′(0)=0f'(0) = 0, f′(1)=2f'(1) = 2 et f′(3)=6f'(3) = 6.

4.2 Dérivées des fonctions usuelles

Fonction ff Fonction dérivée f′f' Ensemble de dérivabilité
x↦ax \mapsto a (aa constante) x↦0x \mapsto 0 R\mathbb{R}
x↦kxx \mapsto kx (kk réel) x↦kx \mapsto k R\mathbb{R}
x↦x2x \mapsto x^2 x↦2xx \mapsto 2x R\mathbb{R}
x↦xnx \mapsto x^n (nn entier, n≥1n \geq 1) x↦n xn−1x \mapsto n\,x^{n-1} R\mathbb{R}
x↦xx \mapsto \sqrt x x↦12xx \mapsto \dfrac{1}{2\sqrt x} ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[
x↦1xx \mapsto \dfrac1x x↦−1x2x \mapsto -\dfrac{1}{x^2} ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[ et ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[
x↦sin⁡xx \mapsto \sin x x↦cos⁡xx \mapsto \cos x R\mathbb{R}
x↦cos⁡xx \mapsto \cos x x↦−sin⁡xx \mapsto -\sin x R\mathbb{R}

Les angles sont en radians. La racine carrée est définie en 00, mais n'y est pas dérivable (exemple 16).

4.3 D'où viennent ces formules

  • Constante. Le taux vaut a−ah=0\dfrac{a - a}{h} = 0. Fonction x↦kxx \mapsto kx. Le taux vaut k(x+h)−kxh=k\dfrac{k(x + h) - kx}{h} = k.
  • Fonction cube. (x+h)3−x3h=3x2h+3xh2+h3h=3x2+3xh+h2\dfrac{(x + h)^3 - x^3}{h} = \dfrac{3x^2h + 3xh^2 + h^3}{h} = 3x^2 + 3xh + h^2, qui tend vers 3x23x^2. C'est bien n xn−1n\,x^{n-1} pour n=3n = 3. Pour un entier nn quelconque, la formule est admise.
  • Fonction inverse. Pour x≠0x \neq 0 et hh assez petit, 1x+h−1x=−hx(x+h)\dfrac{1}{x + h} - \dfrac1x = \dfrac{-h}{x(x + h)}. Le taux vaut −1x(x+h)\dfrac{-1}{x(x + h)}, qui tend vers −1x2-\dfrac{1}{x^2}.
  • Racine carrée. Pour x>0x > 0, on multiplie par l'expression conjuguée : x+h−xh=(x+h)−xh(x+h+x)=1x+h+x,\frac{\sqrt{x + h} - \sqrt x}{h} = \frac{(x + h) - x}{h\left(\sqrt{x + h} + \sqrt x\right)} = \frac{1}{\sqrt{x + h} + \sqrt x}, qui tend vers 12x\dfrac{1}{2\sqrt x}.
  • Sinus et cosinus. Les formules sont admises.

Exemple 18. La dérivée de x↦x5x \mapsto x^5 est x↦5x4x \mapsto 5x^4 ; celle de x↦−3xx \mapsto -3x est la constante −3-3 ; celle de x↦7x \mapsto 7 est la fonction nulle.

Exemple 19. Tangente à la courbe de la racine carrée au point d'abscisse 99 : 9=3\sqrt9 = 3 et la dérivée en 99 vaut 12×3=16\dfrac{1}{2 \times 3} = \dfrac16. La tangente a pour équation y=16(x−9)+3y = \dfrac16(x - 9) + 3, soit y=16x+32y = \dfrac16 x + \dfrac32.

Exemple 20. Le cosinus a pour dérivée −sin⁡-\sin, qui s'annule en 00 : la tangente à la courbe du cosinus au point (0 ;1)(0\,;1) est horizontale. Le sinus a pour dérivée le cosinus, qui vaut 11 en 00 : la tangente à la courbe du sinus à l'origine est la droite y=xy = x.

Leçon 5 : Règles de calcul

Voir la vidéo de la leçon 5

Dans toute la leçon, uu et vv sont deux fonctions dérivables sur un intervalle II, et kk est un réel.

5.1 Somme, produit par un réel

(u+v)′=u′+v′et(k u)′=k u′.(u + v)' = u' + v' \qquad \text{et} \qquad (k\,u)' = k\,u'. En effet, le taux de u+vu + v est la somme des taux de uu et de vv, et celui de kuku est kk fois celui de uu.

Conséquence. On dérive un polynôme terme à terme : un polynôme est dérivable sur R\mathbb{R}.

Exemple 21. P(x)=3x4−5x2+2x−7P(x) = 3x^4 - 5x^2 + 2x - 7 a pour dérivée P′(x)=3×4x3−5×2x+2=12x3−10x+2P'(x) = 3 \times 4x^3 - 5 \times 2x + 2 = 12x^3 - 10x + 2.

5.2 Produit

(u v)′=u′ v+u v′.(u\,v)' = u'\,v + u\,v'. Attention : la dérivée d'un produit n'est pas le produit des dérivées.

Démonstration. Pour xx dans II et h≠0h \neq 0 : u(x+h)v(x+h)−u(x)v(x)h=u(x+h)−u(x)h v(x+h)+u(x) v(x+h)−v(x)h.\frac{u(x + h)v(x + h) - u(x)v(x)}{h} = \frac{u(x + h) - u(x)}{h}\,v(x + h) + u(x)\,\frac{v(x + h) - v(x)}{h}. Quand hh tend vers 00, les deux taux tendent vers u′(x)u'(x) et v′(x)v'(x) ; et v(x+h)v(x + h) tend vers v(x)v(x), car vv, dérivable, est continue (leçon 1). D'où le résultat.

Exemple 22. f(x)=(2x+1)xf(x) = (2x + 1)\sqrt x sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. Avec u(x)=2x+1u(x) = 2x + 1 et v(x)=xv(x) = \sqrt x : u′(x)=2u'(x) = 2 et v′(x)=12xv'(x) = \dfrac{1}{2\sqrt x}. Donc f′(x)=2x+2x+12x=4x+2x+12x=6x+12x.f'(x) = 2\sqrt x + \frac{2x + 1}{2\sqrt x} = \frac{4x + 2x + 1}{2\sqrt x} = \frac{6x + 1}{2\sqrt x}.

Exemple 23. f(x)=xsin⁡xf(x) = x \sin x sur R\mathbb{R} : f′(x)=1×sin⁡x+xcos⁡x=sin⁡x+xcos⁡xf'(x) = 1 \times \sin x + x \cos x = \sin x + x\cos x.

5.3 Inverse et quotient

Si vv ne s'annule pas sur II : (1v)′=−v′v2et(uv)′=u′ v−u v′v2.\left(\frac1v\right)' = -\frac{v'}{v^2} \qquad \text{et} \qquad \left(\frac uv\right)' = \frac{u'\,v - u\,v'}{v^2}.

Démonstration de la première formule. 1v(x+h)−1v(x)=−v(x+h)−v(x)v(x+h) v(x)\dfrac{1}{v(x + h)} - \dfrac{1}{v(x)} = -\dfrac{v(x + h) - v(x)}{v(x + h)\,v(x)} ; on divise par hh et on fait tendre hh vers 00 (en utilisant encore la continuité de vv). La seconde s'en déduit en écrivant uv=u×1v\dfrac uv = u \times \dfrac1v et en appliquant la règle du produit.

Conséquence. Une fonction rationnelle est dérivable sur chaque intervalle contenu dans son ensemble de définition.

Exemple 24. g(x)=x2+1x−2g(x) = \dfrac{x^2 + 1}{x - 2} sur ]−∞ ;2[]-\infty\,;2[ et sur ]2 ;+∞[]2\,;+\infty[. Avec u(x)=x2+1u(x) = x^2 + 1, v(x)=x−2v(x) = x - 2, u′(x)=2xu'(x) = 2x, v′(x)=1v'(x) = 1 : g′(x)=2x(x−2)−(x2+1)×1(x−2)2=x2−4x−1(x−2)2.g'(x) = \frac{2x(x - 2) - (x^2 + 1) \times 1}{(x - 2)^2} = \frac{x^2 - 4x - 1}{(x - 2)^2}. En 33 : g(3)=10g(3) = 10 et g′(3)=9−12−11=−4g'(3) = \dfrac{9 - 12 - 1}{1} = -4. La tangente au point d'abscisse 33 a pour équation y=−4(x−3)+10=−4x+22y = -4(x - 3) + 10 = -4x + 22.

Exemple 25. h(x)=3x2+1h(x) = \dfrac{3}{x^2 + 1} sur R\mathbb{R} (x2+1x^2 + 1 ne s'annule jamais). Avec v(x)=x2+1v(x) = x^2 + 1 : h′(x)=3×(−2x(x2+1)2)=−6x(x2+1)2h'(x) = 3 \times \left(-\dfrac{2x}{(x^2 + 1)^2}\right) = -\dfrac{6x}{(x^2 + 1)^2}.

Exemple 26 (fonction tangente). Sur un intervalle où cos⁡x≠0\cos x \neq 0, tan⁡x=sin⁡xcos⁡x\tan x = \dfrac{\sin x}{\cos x}, donc tan⁡′(x)=cos⁡x×cos⁡x−sin⁡x×(−sin⁡x)cos⁡2x=cos⁡2x+sin⁡2xcos⁡2x=1cos⁡2x=1+tan⁡2x.\tan'(x) = \frac{\cos x \times \cos x - \sin x \times (-\sin x)}{\cos^2 x} = \frac{\cos^2 x + \sin^2 x}{\cos^2 x} = \frac{1}{\cos^2 x} = 1 + \tan^2 x.

Exemple 27. Pour nn entier, n≥1n \geq 1, la fonction x↦1xnx \mapsto \dfrac{1}{x^n} est dérivable sur ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[ et sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, de dérivée −n xn−1x2n=−nxn+1-\dfrac{n\,x^{n-1}}{x^{2n}} = -\dfrac{n}{x^{n+1}}. Par exemple, la dérivée de 1x2\dfrac{1}{x^2} est −2x3-\dfrac{2}{x^3}.

5.4 Dérivée de x↦f(ax+b)x \mapsto f(ax + b)

Propriété. Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle JJ, et aa, bb deux réels. La fonction g:x↦f(ax+b)g : x \mapsto f(ax + b) est dérivable en tout réel xx tel que ax+b∈Jax + b \in J, et g′(x)=a f′(ax+b).g'(x) = a\,f'(ax + b). On dérive ff, on l'évalue en ax+bax + b, et on multiplie par aa.

Explication. Si a=0a = 0, gg est constante et g′=0g' = 0. Si a≠0a \neq 0, on pose X=ax+bX = ax + b et k=ahk = ah : g(x+h)−g(x)h=f(X+ah)−f(X)h=a×f(X+k)−f(X)k.\frac{g(x + h) - g(x)}{h} = \frac{f(X + ah) - f(X)}{h} = a \times \frac{f(X + k) - f(X)}{k}. Quand hh tend vers 00, kk tend vers 00, et le taux tend vers a f′(X)a\,f'(X).

Exemple 28.

  • (2x−1)5(2x - 1)^5 a pour dérivée 2×5 (2x−1)4=10 (2x−1)42 \times 5\,(2x - 1)^4 = 10\,(2x - 1)^4.
  • 3−2x\sqrt{3 - 2x} a pour dérivée −2×123−2x=−13−2x-2 \times \dfrac{1}{2\sqrt{3 - 2x}} = -\dfrac{1}{\sqrt{3 - 2x}}, pour 3−2x>03 - 2x > 0, c'est-à-dire sur ]−∞ ;32[\left]-\infty\,;\dfrac32\right[.
  • sin⁡(2x+π3)\sin\left(2x + \dfrac\pi3\right) a pour dérivée 2cos⁡(2x+π3)2\cos\left(2x + \dfrac\pi3\right).
  • 14x+1\dfrac{1}{4x + 1} a pour dérivée 4×(−1(4x+1)2)=−4(4x+1)24 \times \left(-\dfrac{1}{(4x + 1)^2}\right) = -\dfrac{4}{(4x + 1)^2}, sur chaque intervalle où 4x+1≠04x + 1 \neq 0.

5.5 Méthode

  1. Reconnaître la forme de la fonction : somme, produit, quotient, fonction de ax+bax + b.
  2. Préciser l'intervalle où elle est dérivable.
  3. Appliquer la règle, puis simplifier (factoriser, réduire au même dénominateur) : c'est le signe de la dérivée qui servira ensuite.

Leçon 6 : Dérivée et sens de variation

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Les théorèmes (admis)

Théorèmes (admis). Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle II.

  1. Si f′f' est nulle sur II, alors ff est constante sur II.
  2. Si f′f' est positive sur II, alors ff est croissante sur II. Si f′f' est négative sur II, alors ff est décroissante sur II.
  3. Si f′f' est strictement positive sur II, alors ff est strictement croissante sur II. Si f′f' est strictement négative sur II, alors ff est strictement décroissante sur II.

Interprétation. Là où les tangentes montent (coefficient directeur positif), la courbe monte ; là où elles descendent, la courbe descend.

Attention : il faut un intervalle. La fonction inverse a pour dérivée −1x2<0-\dfrac{1}{x^2} < 0 en tout réel non nul. Elle est strictement décroissante sur ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[ et sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, mais pas sur R∗\mathbb{R}^* : −1<1-1 < 1 et 1−1=−1<1=11\dfrac{1}{-1} = -1 < 1 = \dfrac11.

Exemple 29. Soit f(x)=cos⁡2x+sin⁡2xf(x) = \cos^2 x + \sin^2 x sur R\mathbb{R}. Par la règle du produit, (cos⁡2x)′=−2sin⁡xcos⁡x(\cos^2 x)' = -2\sin x\cos x et (sin⁡2x)′=2sin⁡xcos⁡x(\sin^2 x)' = 2\sin x\cos x, donc f′(x)=0f'(x) = 0. Par le théorème 1, ff est constante sur R\mathbb{R} : f(x)=f(0)=1f(x) = f(0) = 1. On retrouve cos⁡2x+sin⁡2x=1\cos^2 x + \sin^2 x = 1.

6.2 Tableau de variations

Méthode.

  1. Donner l'ensemble de définition et l'ensemble de dérivabilité.
  2. Calculer f′(x)f'(x), puis la factoriser autant que possible.
  3. Étudier le signe de f′(x)f'(x) (tableau de signes).
  4. Dresser le tableau de variations : une ligne pour xx (avec les valeurs où f′f' s'annule et les bornes), une ligne pour le signe de f′(x)f'(x), une ligne pour les variations de ff (flèches), en y portant les valeurs de ff aux points remarquables et les limites aux bornes (chapitre 2).

Exemple 30. Soit f(x)=x3−3x+1f(x) = x^3 - 3x + 1 sur R\mathbb{R}. On a f′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1)f'(x) = 3x^2 - 3 = 3(x - 1)(x + 1). Ce trinôme est positif à l'extérieur des racines −1-1 et 11, négatif entre elles. De plus f(−1)=−1+3+1=3f(-1) = -1 + 3 + 1 = 3, f(1)=1−3+1=−1f(1) = 1 - 3 + 1 = -1, et (terme de plus haut degré) ff tend vers −∞-\infty en −∞-\infty et vers +∞+\infty en +∞+\infty.

xx −∞-\infty −1-1 11 +∞+\infty
signe de f′(x)f'(x) ++ 00 −- 00 ++
variations de ff −∞-\infty ↗\nearrow 33 ↘\searrow −1-1 ↗\nearrow +∞+\infty

ff est strictement croissante sur ]−∞ ;−1]]-\infty\,;-1], strictement décroissante sur [−1 ;1][-1\,;1], strictement croissante sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[. Aux points d'abscisses −1-1 et 11, les tangentes sont horizontales.

Exemple 31 (une valeur interdite). Soit g(x)=x2+3x−1g(x) = \dfrac{x^2 + 3}{x - 1} sur R∖{1}\mathbb{R} \setminus \{1\}. Par la règle du quotient, g′(x)=2x(x−1)−(x2+3)(x−1)2=x2−2x−3(x−1)2=(x−3)(x+1)(x−1)2.g'(x) = \frac{2x(x - 1) - (x^2 + 3)}{(x - 1)^2} = \frac{x^2 - 2x - 3}{(x - 1)^2} = \frac{(x - 3)(x + 1)}{(x - 1)^2}. Le dénominateur est strictement positif : g′(x)g'(x) a le signe de (x−3)(x+1)(x - 3)(x + 1). On calcule g(−1)=4−2=−2g(-1) = \dfrac{4}{-2} = -2 et g(3)=122=6g(3) = \dfrac{12}{2} = 6. Limites : en −∞-\infty, −∞-\infty ; en 11 à gauche, −∞-\infty (numérateur 44, dénominateur qui tend vers 00 en restant négatif) ; en 11 à droite, +∞+\infty ; en +∞+\infty, +∞+\infty.

xx −∞-\infty −1-1 11 33 +∞+\infty
signe de g′(x)g'(x) ++ 00 −- ‖ −- 00 ++
variations de gg −∞-\infty ↗\nearrow −2-2 ↘\searrow −∞-\infty ‖ +∞+\infty ↘\searrow 66 ↗\nearrow +∞+\infty

La double barre signale la valeur interdite 11. Remarque : le maximum local −2-2 est plus petit que le minimum local 66. Il n'y a pas de contradiction : ils sont sur deux intervalles différents.

6.3 Extremum

Définition. On dit que ff admet un maximum local (ou relatif) en x0x_0 s'il existe un intervalle ouvert JJ contenant x0x_0 tel que f(x)≤f(x0)f(x) \leq f(x_0) pour tout xx de JJ (où ff est définie). On définit de même un minimum local. Un maximum ou un minimum s'appelle un extremum.

Théorème (admis). Si ff est dérivable sur un intervalle ouvert contenant x0x_0, et si f′f' s'annule en x0x_0 en changeant de signe, alors ff admet un extremum en x0x_0 :

  • un maximum si f′f' passe du signe ++ au signe −- ;
  • un minimum si f′f' passe du signe −- au signe ++.

Exemple 32. Dans l'exemple 30, ff admet un maximum local 33 en −1-1 et un minimum local −1-1 en 11. Dans l'exemple 31, gg admet un maximum local −2-2 en −1-1 et un minimum local 66 en 33.

Attention : une dérivée nulle ne suffit pas. La fonction cube a pour dérivée 3x23x^2, qui s'annule en 00 sans changer de signe. La fonction cube est strictement croissante sur R\mathbb{R} (Seconde) : elle n'a pas d'extremum en 00. Sa tangente en 00 est horizontale (c'est l'axe des abscisses), et la courbe la traverse.

Leçon 7 : Utiliser la dérivée : bijection, équations, optimisation

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 Dérivée et bijection

Définition (rappel). Soit II et JJ deux intervalles. On dit que ff est une bijection de II sur JJ si tout réel yy de JJ a un unique antécédent xx dans II : pour tout y∈Jy \in J, l'équation f(x)=yf(x) = y a une solution et une seule dans II.

Théorème (admis). Si ff est dérivable et strictement monotone sur un intervalle II, alors ff est une bijection de II sur f(I)f(I).

Cas particulier (admis). Si ff est dérivable sur [a ;b][a\,;b] et si f′f' est strictement positive sur [a ;b][a\,;b], alors ff est une bijection strictement croissante de [a ;b][a\,;b] sur [f(a) ;f(b)][f(a)\,;f(b)]. Si f′f' est strictement négative sur [a ;b][a\,;b], ff est une bijection strictement décroissante de [a ;b][a\,;b] sur [f(b) ;f(a)][f(b)\,;f(a)].

L'intervalle f(I)f(I) se lit sur le tableau de variations, avec les valeurs et les limites aux bornes (chapitre 2).

7.2 Résoudre une équation f(x)=kf(x) = k

Conséquence. Si ff est dérivable et strictement monotone sur l'intervalle II, et si kk appartient à f(I)f(I), l'équation f(x)=kf(x) = k admet une solution unique dans II. Graphiquement, la droite horizontale d'équation y=ky = k coupe la courbe en un seul point au-dessus de II.

Exemple 33. Montrons que l'équation x3−3x−3=0x^3 - 3x - 3 = 0 a une seule solution réelle, et encadrons-la.

Soit f(x)=x3−3x−3f(x) = x^3 - 3x - 3. On a f′(x)=3(x−1)(x+1)f'(x) = 3(x - 1)(x + 1), d'où le tableau de variations : ff croît de −∞-\infty à f(−1)=−1f(-1) = -1, décroît jusqu'à f(1)=−5f(1) = -5, puis croît jusqu'à +∞+\infty.

  • Sur ]−∞ ;1]]-\infty\,;1], le maximum de ff est f(−1)=−1f(-1) = -1 : f(x)≤−1<0f(x) \leq -1 < 0. Il n'y a pas de solution.
  • Sur I=]1 ;+∞[I = ]1\,;+\infty[, f′(x)>0f'(x) > 0 : ff est dérivable et strictement croissante sur II, donc c'est une bijection de II sur f(I)=]−5 ;+∞[f(I) = ]-5\,;+\infty[. Comme 0∈]−5 ;+∞[0 \in ]-5\,;+\infty[, l'équation a une solution unique α\alpha dans II.
  • Encadrement. f(2)=−1<0f(2) = -1 < 0 et f(3)=15>0f(3) = 15 > 0 : comme ff est croissante sur II, 2<α<32 < \alpha < 3. Puis, à la calculatrice, f(2,1)=−0,039<0f(2{,}1) = -0{,}039 < 0 et f(2,2)=1,048>0f(2{,}2) = 1{,}048 > 0 : 2,1<α<2,22{,}1 < \alpha < 2{,}2.

Inéquation. On en déduit aussi le signe de ff : f(x)<0f(x) < 0 pour x<αx < \alpha, et f(x)>0f(x) > 0 pour x>αx > \alpha.

7.3 Problèmes d'optimisation

Optimiser, c'est chercher la valeur de la variable qui rend une grandeur la plus grande ou la plus petite possible.

Méthode.

  1. Choisir la variable et l'intervalle où elle varie.
  2. Exprimer la grandeur à optimiser en fonction de cette variable.
  3. Étudier ses variations à l'aide de la dérivée.
  4. Conclure, avec l'unité, en répondant à la question posée.

Exemple 34 (la boîte de volume maximal). Dans une feuille de carton carrée de 3030 cm de côté, on découpe un carré de côté xx (en cm) à chaque coin, puis on relève les bords pour obtenir une boîte sans couvercle. Pour quelle valeur de xx le volume est-il maximal ?

La base est un carré de côté 30−2x30 - 2x et la hauteur vaut xx, avec 0<x<150 < x < 15. Le volume est V(x)=x (30−2x)2.V(x) = x\,(30 - 2x)^2. Par la règle du produit (et la dérivée de (30−2x)2(30 - 2x)^2, qui vaut −2×2(30−2x)-2 \times 2(30 - 2x)) : V′(x)=(30−2x)2−4x (30−2x)=(30−2x)(30−6x)=12 (15−x)(5−x).V'(x) = (30 - 2x)^2 - 4x\,(30 - 2x) = (30 - 2x)(30 - 6x) = 12\,(15 - x)(5 - x). Sur ]0 ;15[]0\,;15[, 15−x>015 - x > 0 ; donc V′(x)>0V'(x) > 0 sur ]0 ;5[]0\,;5[ et V′(x)<0V'(x) < 0 sur ]5 ;15[]5\,;15[. Le volume est maximal pour x=5x = 5 cm : V(5)=5×202=2 000V(5) = 5 \times 20^2 = 2\,000 cm³, soit 22 litres.

Leçon 8 : Interprétations cinématique et économiqueS2 · S4

Voir la vidéo de la leçon 8

8.1 Vitesse moyenne, vitesse instantanée

Un objet se déplace sur une droite. À l'instant tt (en secondes), sa position est d(t)d(t) (en mètres).

  • Entre les instants t0t_0 et t0+ht_0 + h, il se déplace de d(t0+h)−d(t0)d(t_0 + h) - d(t_0). Sa vitesse moyenne est d(t0+h)−d(t0)h(en m/s):\frac{d(t_0 + h) - d(t_0)}{h} \quad \text{(en m/s)} : c'est le taux d'accroissement de la fonction dd.
  • Quand hh tend vers 00, la vitesse moyenne tend vers la vitesse instantanée à l'instant t0t_0 : c'est le nombre dérivé v(t0)=d′(t0).v(t_0) = d'(t_0). C'est la vitesse qu'indique le compteur d'une voiture à cet instant. Une vitesse positive signifie que la position augmente ; négative, qu'elle diminue.

Exemple 35 (modèle simplifié). Un ballon est lancé verticalement vers le haut. Sa hauteur (en m) au bout de tt secondes est d(t)=−5t2+20td(t) = -5t^2 + 20t, pour 0≤t≤40 \leq t \leq 4.

  • Sa vitesse est v(t)=d′(t)=−10t+20v(t) = d'(t) = -10t + 20 : 2020 m/s au départ, 1010 m/s au bout d'une seconde.
  • v(2)=0v(2) = 0 : le ballon est au sommet de sa trajectoire, à d(2)=20d(2) = 20 m de hauteur. La tangente à la courbe de dd y est horizontale.
  • v(3)=−10v(3) = -10 m/s : la vitesse est négative, le ballon redescend.
  • Sa vitesse moyenne pendant la première seconde est d(1)−d(0)1=15\dfrac{d(1) - d(0)}{1} = 15 m/s.

8.2 Coût marginal

Une entreprise fabrique qq objets. Le coût total de fabrication est C(q)C(q).

  • Le coût de fabrication d'un objet supplémentaire est C(q+1)−C(q)C(q + 1) - C(q).
  • Par l'approximation affine avec h=1h = 1, C(q+1)−C(q)≈C′(q)C(q + 1) - C(q) \approx C'(q).

En économie, on appelle coût marginal la dérivée C′(q)C'(q) : c'est, à peu près, le coût du (q+1)(q + 1)-ième objet.

Exemple 36 (modèle simplifié). Le coût total, en milliers de francs CFA, est C(q)=q2+10q+400C(q) = q^2 + 10q + 400. Le coût marginal est C′(q)=2q+10C'(q) = 2q + 10. Pour q=50q = 50 : C′(50)=110C'(50) = 110, soit 110 000110\,000 F. Vérification : C(51)−C(50)=3 511−3 400=111C(51) - C(50) = 3\,511 - 3\,400 = 111. Le cinquante et unième objet coûte bien environ 110 000110\,000 F.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Nombre dérivé. f′(x0)=lim⁡x→x0f(x)−f(x0)x−x0=lim⁡h→0f(x0+h)−f(x0)hf'(x_0) = \displaystyle\lim_{x \to x_0} \frac{f(x) - f(x_0)}{x - x_0} = \lim_{h \to 0} \frac{f(x_0 + h) - f(x_0)}{h}, quand cette limite existe et est finie. C'est la limite des coefficients directeurs des sécantes.
  2. Dérivable en x0x_0 entraîne continue en x0x_0 ; la réciproque est fausse (∣x∣|x| en 00).
  3. Tangente au point d'abscisse x0x_0 : y=f′(x0)(x−x0)+f(x0)y = f'(x_0)(x - x_0) + f(x_0). Approximation affine : f(x0+h)≈f(x0)+f′(x0) hf(x_0 + h) \approx f(x_0) + f'(x_0)\,h pour hh proche de 00.
  4. À gauche, à droite. Nombres dérivés égaux : ff est dérivable. Différents : point anguleux, deux demi-tangentes. Taux qui tend vers l'infini : demi-tangente verticale.
  5. Dérivées usuelles. (xn)′=n xn−1(x^n)' = n\,x^{n-1}, (x)′=12x(\sqrt x)' = \dfrac{1}{2\sqrt x} sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, (1x)′=−1x2\left(\dfrac1x\right)' = -\dfrac{1}{x^2}, (sin⁡x)′=cos⁡x(\sin x)' = \cos x, (cos⁡x)′=−sin⁡x(\cos x)' = -\sin x.
  6. Règles. (u+v)′=u′+v′(u + v)' = u' + v' ; (ku)′=ku′(ku)' = ku' ; (uv)′=u′v+uv′(uv)' = u'v + uv' ; (1v)′=−v′v2\left(\dfrac1v\right)' = -\dfrac{v'}{v^2} ; (uv)′=u′v−uv′v2\left(\dfrac uv\right)' = \dfrac{u'v - uv'}{v^2} ; (f(ax+b))′=a f′(ax+b)\big(f(ax + b)\big)' = a\,f'(ax + b).
  7. Variations (sur un intervalle) : f′>0f' > 0, ff strictement croissante ; f′<0f' < 0, strictement décroissante ; f′=0f' = 0, constante. Si f′f' s'annule en changeant de signe en x0x_0, ff admet un extremum en x0x_0.
  8. Dérivable et strictement monotone sur II : bijection de II sur f(I)f(I) ; pour k∈f(I)k \in f(I), l'équation f(x)=kf(x) = k a une solution unique dans II. Optimiser : variable, fonction, dérivée, tableau, conclusion avec l'unité.
  9. S2 · S4 La vitesse instantanée est la dérivée de la position ; le coût marginal est la dérivée du coût total.
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