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Chapitre 6 · Cours écrit

Équations différentielles

Programme de S1 Version pour les séries S1, S3 et S1A.

On utilise librement les chapitres 1 à 4 : dérivation (chapitre 2), fonctions ln⁡\ln et exp⁡\exp (chapitre 3), limites. Le calcul intégral n'est pas utilisé.

Dans tout le chapitre, les coefficients des équations sont des réels constants, et les solutions sont cherchées sur R\mathbb{R}.

Leçon 1 : L'équation y′=ayy' = ay

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Qu'est-ce qu'une équation différentielle ?

Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est une fonction, notée yy, et qui relie yy à ses dérivées y′y', y′′y''.

Par exemple, y′=2yy' = 2y est une équation différentielle. Une solution sur R\mathbb{R} est une fonction ff dérivable sur R\mathbb{R} telle que f′(x)=2f(x)f'(x) = 2f(x) pour tout réel xx. Résoudre l'équation, c'est trouver toutes ses solutions.

Exemple 1. On considère l'équation y′=2yy' = 2y.

  • f(x)=e2xf(x) = e^{2x} est solution : f′(x)=2e2x=2f(x)f'(x) = 2e^{2x} = 2f(x).
  • g(x)=3e2xg(x) = 3e^{2x} est aussi solution : g′(x)=6e2x=2g(x)g'(x) = 6e^{2x} = 2g(x).
  • h(x)=x2h(x) = x^2 n'est pas solution : h′(x)=2xh'(x) = 2x, alors que 2h(x)=2x22h(x) = 2x^2, et ces deux nombres sont différents pour x=1x = 1.

Une équation différentielle a en général une infinité de solutions. On verra qu'une condition initiale, comme f(0)=1f(0) = 1, permet d'en choisir une seule.

Vocabulaire. Une équation comme y′+3y=0y' + 3y = 0 ou y′′−2y′+y=0y'' - 2y' + y = 0, dont le second membre est nul, est dite homogène (ou « sans second membre »). Une équation comme y′+3y=6y' + 3y = 6 est une équation avec second membre. Le programme se limite aux équations linéaires à coefficients constants du premier et du second ordre.

1.2 Le théorème

Théorème 1. Soit aa un réel. Les solutions sur R\mathbb{R} de l'équation y′=ayy' = ay sont les fonctions x⟼λ eax,λ∈R.x \longmapsto \lambda\,e^{ax}, \qquad \lambda \in \mathbb{R}.

Démonstration.

  1. Ces fonctions sont solutions. Si f(x)=λeaxf(x) = \lambda e^{ax}, alors f′(x)=λa eax=af(x)f'(x) = \lambda a\,e^{ax} = a f(x).
  2. Il n'y en a pas d'autres. Soit ff une solution. On pose g(x)=f(x) e−axg(x) = f(x)\,e^{-ax}. Alors g′(x)=f′(x) e−ax−af(x) e−ax=(f′(x)−af(x)) e−ax=0.g'(x) = f'(x)\,e^{-ax} - a f(x)\,e^{-ax} = \big(f'(x) - a f(x)\big)\,e^{-ax} = 0. La dérivée de gg est nulle sur l'intervalle R\mathbb{R}, donc gg est constante : g(x)=λg(x) = \lambda. Ainsi f(x)=λ eaxf(x) = \lambda\,e^{ax}.

L'équation ay′+by=0ay' + by = 0. Si a≠0a \neq 0, elle s'écrit y′=−ba yy' = -\dfrac{b}{a}\,y. Ses solutions sont donc les fonctions x⟼λ e−baxx \longmapsto \lambda\,e^{-\frac{b}{a}x}.

Attention au signe. y′+3y=0y' + 3y = 0 s'écrit y′=−3yy' = -3y : les solutions sont λe−3x\lambda e^{-3x}, et non λe3x\lambda e^{3x}.

1.3 Condition initiale

Théorème 2. Soit x0x_0 et y0y_0 deux réels. L'équation y′=ayy' = ay admet une solution et une seule ff telle que f(x0)=y0f(x_0) = y_0. C'est la fonction f(x)=y0 ea(x−x0).f(x) = y_0\,e^{a(x - x_0)}.

Démonstration. Les solutions sont les fonctions λeax\lambda e^{ax}. La condition λeax0=y0\lambda e^{a x_0} = y_0 donne une seule valeur, λ=y0 e−ax0\lambda = y_0\,e^{-a x_0}.

Graphiquement, par chaque point du plan passe une seule courbe solution : deux courbes solutions distinctes ne se coupent jamais.

Exemple 2. Résoudre y′=−3yy' = -3y, puis trouver la solution ff telle que f(0)=2f(0) = 2.

Les solutions sont les fonctions x⟼λe−3xx \longmapsto \lambda e^{-3x}. La condition f(0)=λ=2f(0) = \lambda = 2 donne f(x)=2e−3xf(x) = 2e^{-3x}.

Exemple 3. Trouver la solution ff de 2y′+y=02y' + y = 0 telle que f(2)=1f(2) = 1.

L'équation s'écrit y′=−12 yy' = -\dfrac12\,y. Les solutions sont x⟼λe−x2x \longmapsto \lambda e^{-\frac{x}{2}}. La condition f(2)=λe−1=1f(2) = \lambda e^{-1} = 1 donne λ=e\lambda = e, donc f(x)=e×e−x2=e1−x2.f(x) = e \times e^{-\frac{x}{2}} = e^{1 - \frac{x}{2}}.

Remarque. Une solution non nulle x⟼λeaxx \longmapsto \lambda e^{ax} ne s'annule jamais et garde le signe de λ\lambda. Si aλ>0a\lambda > 0, elle est strictement croissante ; si aλ<0a\lambda < 0, elle est strictement décroissante.

1.4 Un modèle : la croissance d'une population

Modèle simplifié, données inventées. Une culture contient 10001000 bactéries à l'instant t=0t = 0 (tt en heures). On admet que le nombre N(t)N(t) de bactéries vérifie N′(t)=0,5 N(t)N'(t) = 0{,}5\,N(t) : la vitesse de croissance est proportionnelle à la population.

Exemple 4.

  • D'après le théorème 2, N(t)=1000 e0,5tN(t) = 1000\,e^{0{,}5t}.
  • Temps de doublement. N(t)=2000  ⟺  e0,5t=2  ⟺  0,5 t=ln⁡2  ⟺  t=2ln⁡2≈1,386N(t) = 2000 \iff e^{0{,}5t} = 2 \iff 0{,}5\,t = \ln 2 \iff t = 2\ln 2 \approx 1{,}386. La population double en 11 h 2323 min environ, et elle redouble ensuite à chaque nouvelle période de même durée.
  • Au bout de 44 heures : N(4)=1000 e2≈7389N(4) = 1000\,e^{2} \approx 7389 bactéries.

Leçon 2 : Premier ordre avec second membre

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Le principe

On considère une équation avec second membre (E)(E) : ay′+by=g(x)ay' + by = g(x), où a≠0a \neq 0, et son équation homogène associée (E0)(E_0) : ay′+by=0ay' + by = 0.

Théorème 3. Si ypy_p est une solution particulière de (E)(E), alors les solutions de (E)(E) sont les fonctions y=yp+y0,ouˋ y0 est une solution quelconque de (E0).y = y_p + y_0, \qquad \text{où } y_0 \text{ est une solution quelconque de } (E_0).

Démonstration. Pour toute fonction yy dérivable : a(y−yp)′+b(y−yp)=(ay′+by)−(ayp′+byp)=(ay′+by)−g.a(y - y_p)' + b(y - y_p) = (ay' + by) - (ay_p' + by_p) = (ay' + by) - g. Donc yy est solution de (E)(E) si et seulement si y−ypy - y_p est solution de (E0)(E_0).

On retient : solution générale de (E)(E) = une solution particulière + la solution générale de (E0)(E_0).

2.2 Second membre constant : y′=ay+by' = ay + b

Si a≠0a \neq 0, la fonction constante yp=−bay_p = -\dfrac{b}{a} est solution, car sa dérivée est nulle et a×(−ba)+b=0a \times \left(-\dfrac{b}{a}\right) + b = 0. Les solutions de y′=ay+by' = ay + b sont donc les fonctions x⟼λ eax−ba,λ∈R.x \longmapsto \lambda\,e^{ax} - \frac{b}{a}, \qquad \lambda \in \mathbb{R}. Méthode pratique : on cherche la solution constante en annulant y′y'.

Exemple 5. Résoudre y′+2y=6y' + 2y = 6, puis trouver la solution ff telle que f(0)=0f(0) = 0.

  • Équation homogène : y′=−2yy' = -2y, de solutions λe−2x\lambda e^{-2x}.
  • Solution constante : avec y′=0y' = 0, il reste 2y=62y = 6, donc yp=3y_p = 3.
  • Solutions : y=λe−2x+3y = \lambda e^{-2x} + 3, λ∈R\lambda \in \mathbb{R}.
  • Condition initiale : f(0)=λ+3=0f(0) = \lambda + 3 = 0, donc λ=−3\lambda = -3 et f(x)=3−3e−2xf(x) = 3 - 3e^{-2x}.

Comme e−2x→0e^{-2x} \to 0 en +∞+\infty, toutes les solutions tendent vers 33 : la solution constante est l'état d'équilibre.

Exemple 6 (le verre de thé). Modèle simplifié, données inventées. Un verre de thé est servi à 90 °C90\,°\text{C} dans une pièce à 30 °C30\,°\text{C}. On admet que sa température θ(t)\theta(t), tt en minutes, vérifie θ′(t)=−0,1 (θ(t)−30),θ(0)=90.\theta'(t) = -0{,}1\,\big(\theta(t) - 30\big), \qquad \theta(0) = 90.

  • L'équation s'écrit θ′+0,1 θ=3\theta' + 0{,}1\,\theta = 3. La solution constante est 3030, donc θ(t)=λe−0,1t+30\theta(t) = \lambda e^{-0{,}1t} + 30.
  • θ(0)=λ+30=90\theta(0) = \lambda + 30 = 90 donne λ=60\lambda = 60 : θ(t)=30+60 e−0,1t\theta(t) = 30 + 60\,e^{-0{,}1t}.
  • Quand le thé est-il à 50 °C50\,°\text{C} ? 30+60 e−0,1t=50  ⟺  e−0,1t=13  ⟺  t=10ln⁡3≈1130 + 60\,e^{-0{,}1t} = 50 \iff e^{-0{,}1t} = \dfrac13 \iff t = 10\ln 3 \approx 11 minutes.
  • En +∞+\infty, θ(t)→30\theta(t) \to 30 : le thé finit à la température de la pièce.

2.3 Autres seconds membres, avec une indication

Quand le second membre n'est pas constant, l'énoncé indique la forme de la solution particulière à chercher. On remplace cette forme dans l'équation et on identifie les coefficients.

Exemple 7. Résoudre y′−2y=4x−2y' - 2y = 4x - 2, en cherchant une solution particulière affine.

On pose yp(x)=mx+py_p(x) = mx + p. Alors yp′−2yp=m−2mx−2py_p' - 2y_p = m - 2mx - 2p. On veut, pour tout xx : −2mx+(m−2p)=4x−2.-2mx + (m - 2p) = 4x - 2. Par identification, −2m=4-2m = 4 et m−2p=−2m - 2p = -2, donc m=−2m = -2 et p=0p = 0 : yp(x)=−2xy_p(x) = -2x. L'équation homogène y′=2yy' = 2y a pour solutions λe2x\lambda e^{2x}. Les solutions sont les fonctions x⟼λe2x−2xx \longmapsto \lambda e^{2x} - 2x.

Exemple 8. Résoudre y′+y=2cos⁡xy' + y = 2\cos x, en cherchant une solution particulière de la forme yp(x)=acos⁡x+bsin⁡xy_p(x) = a\cos x + b\sin x.

yp′(x)=−asin⁡x+bcos⁡xy_p'(x) = -a\sin x + b\cos x, donc yp′+yp=(a+b)cos⁡x+(b−a)sin⁡xy_p' + y_p = (a + b)\cos x + (b - a)\sin x. On veut (a+b)cos⁡x+(b−a)sin⁡x=2cos⁡x(a + b)\cos x + (b - a)\sin x = 2\cos x pour tout xx. Avec x=0x = 0 puis x=π2x = \frac{\pi}{2}, on obtient a+b=2a + b = 2 et b−a=0b - a = 0, donc a=b=1a = b = 1 : yp(x)=cos⁡x+sin⁡xy_p(x) = \cos x + \sin x. Les solutions sont les fonctions x⟼λe−x+cos⁡x+sin⁡xx \longmapsto \lambda e^{-x} + \cos x + \sin x.

2.4 La méthode en quatre étapes

  1. Résoudre l'équation homogène (E0)(E_0).
  2. Trouver une solution particulière ypy_p de (E)(E) : constante si le second membre est constant, sinon de la forme indiquée.
  3. Écrire la solution générale : y=yp+λe−baxy = y_p + \lambda e^{-\frac{b}{a}x}.
  4. Utiliser la condition initiale sur cette solution générale, pour trouver λ\lambda.

Leçon 3 : Second ordre, l'équation caractéristique

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 L'équation et l'idée

On étudie l'équation homogène du second ordre (E0):ay′′+by′+cy=0,a,b,c reˊels, a≠0.(E_0) : \quad ay'' + by' + cy = 0, \qquad a, b, c \text{ réels}, \ a \neq 0. Une solution est une fonction ff deux fois dérivable sur R\mathbb{R} telle que af′′+bf′+cf=0af'' + bf' + cf = 0.

Linéarité. Si ff et gg sont solutions de (E0)(E_0), alors λf+μg\lambda f + \mu g est solution pour tous réels λ\lambda et μ\mu : il suffit de développer a(λf+μg)′′+b(λf+μg)′+c(λf+μg)a(\lambda f + \mu g)'' + b(\lambda f + \mu g)' + c(\lambda f + \mu g).

On cherche des solutions exponentielles. Pour f(x)=erxf(x) = e^{rx}, on a f′(x)=rerxf'(x) = re^{rx} et f′′(x)=r2erxf''(x) = r^2 e^{rx}, donc af′′(x)+bf′(x)+cf(x)=(ar2+br+c)erx.af''(x) + bf'(x) + cf(x) = \left(ar^2 + br + c\right)e^{rx}. Comme erx≠0e^{rx} \neq 0 : x⟼erxx \longmapsto e^{rx} est solution si et seulement si ar2+br+c=0ar^2 + br + c = 0.

Définition. L'équation ar2+br+c=0ar^2 + br + c = 0, d'inconnue rr, est l'équation caractéristique de (E0)(E_0). On la lit directement sur l'équation : y′′y'' devient r2r^2, y′y' devient rr, yy devient 11.

3.2 Le théorème

Théorème 4 (admis). Soit Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac le discriminant de l'équation caractéristique.

Discriminant Racines Solutions de (E0)(E_0), avec λ\lambda, μ\mu réels
Δ>0\Delta > 0 deux racines réelles r1≠r2r_1 \neq r_2 y=λer1x+μer2xy = \lambda e^{r_1 x} + \mu e^{r_2 x}
Δ=0\Delta = 0 une racine double r0=−b2ar_0 = -\dfrac{b}{2a} y=(λx+μ) er0xy = (\lambda x + \mu)\,e^{r_0 x}
Δ<0\Delta < 0 pas de racine réelle voir la leçon 4

Le programme admet que toutes les solutions sont de cette forme. On peut en revanche vérifier que les fonctions annoncées sont bien solutions.

Vérification pour Δ=0\Delta = 0. Avec f(x)=xer0xf(x) = xe^{r_0 x} : f′(x)=(1+r0x)er0xf'(x) = (1 + r_0 x)e^{r_0 x} et f′′(x)=(2r0+r02x)er0xf''(x) = (2r_0 + r_0^2 x)e^{r_0 x}, d'où af′′+bf′+cf=[x(ar02+br0+c)+(2ar0+b)]er0x=0,af'' + bf' + cf = \big[x\left(ar_0^2 + br_0 + c\right) + (2ar_0 + b)\big]e^{r_0 x} = 0, car r0r_0 est racine et 2ar0+b=02ar_0 + b = 0.

Exemple 9 (Δ>0\Delta > 0). Résoudre y′′−3y′+2y=0y'' - 3y' + 2y = 0.

Équation caractéristique : r2−3r+2=0r^2 - 3r + 2 = 0, de racines 11 et 22. Solutions : y=λex+μe2xy = \lambda e^{x} + \mu e^{2x}.

Exemple 10 (Δ=0\Delta = 0). Résoudre y′′−4y′+4y=0y'' - 4y' + 4y = 0.

r2−4r+4=(r−2)2r^2 - 4r + 4 = (r - 2)^2 : racine double 22. Solutions : y=(λx+μ) e2xy = (\lambda x + \mu)\,e^{2x}.

Exemple 11. Résoudre y′′=4yy'' = 4y.

L'équation s'écrit y′′−4y=0y'' - 4y = 0 ; équation caractéristique r2−4=0r^2 - 4 = 0, de racines 22 et −2-2. Solutions : y=λe2x+μe−2xy = \lambda e^{2x} + \mu e^{-2x}. Plus généralement, pour ω>0\omega > 0, les solutions de y′′−ω2y=0y'' - \omega^2 y = 0 sont les fonctions λeωx+μe−ωx\lambda e^{\omega x} + \mu e^{-\omega x}.

3.3 Conditions initiales

Théorème 5 (admis). Soit x0x_0, y0y_0, y1y_1 trois réels. L'équation (E0)(E_0) admet une solution et une seule ff telle que f(x0)=y0f(x_0) = y_0 et f′(x0)=y1f'(x_0) = y_1.

Il faut deux conditions, une sur ff et une sur f′f', car la solution générale contient deux constantes λ\lambda et μ\mu.

Exemple 12. Trouver la solution ff de y′′−3y′+2y=0y'' - 3y' + 2y = 0 telle que f(0)=1f(0) = 1 et f′(0)=0f'(0) = 0.

f(x)=λex+μe2xf(x) = \lambda e^{x} + \mu e^{2x} et f′(x)=λex+2μe2xf'(x) = \lambda e^{x} + 2\mu e^{2x}. Les conditions donnent le système λ+μ=1,λ+2μ=0,\lambda + \mu = 1, \qquad \lambda + 2\mu = 0, d'où μ=−1\mu = -1 et λ=2\lambda = 2 : f(x)=2ex−e2xf(x) = 2e^{x} - e^{2x}.

Exemple 13. Trouver la solution ff de y′′+2y′+y=0y'' + 2y' + y = 0 telle que f(0)=2f(0) = 2 et f′(0)=−1f'(0) = -1.

Racine double −1-1, donc f(x)=(λx+μ) e−xf(x) = (\lambda x + \mu)\,e^{-x} et f′(x)=(λ−λx−μ) e−xf'(x) = (\lambda - \lambda x - \mu)\,e^{-x}. f(0)=μ=2f(0) = \mu = 2 et f′(0)=λ−μ=−1f'(0) = \lambda - \mu = -1, donc λ=1\lambda = 1 : f(x)=(x+2) e−xf(x) = (x + 2)\,e^{-x}. Cette fonction décroît vers 00 sans osciller, puisque f′(x)=−(x+1)e−x<0f'(x) = -(x + 1)e^{-x} < 0 pour x>−1x > -1.

Leçon 4 : Second ordre, le cas Δ<0\Delta < 0 et les oscillations

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 L'équation y′′+ω2y=0y'' + \omega^2 y = 0

Soit ω\omega un réel strictement positif. L'équation caractéristique r2+ω2=0r^2 + \omega^2 = 0 n'a pas de racine réelle. Pourtant, cos⁡(ωx)\cos(\omega x) et sin⁡(ωx)\sin(\omega x) sont solutions : (cos⁡(ωx))′′=−ω2cos⁡(ωx),(sin⁡(ωx))′′=−ω2sin⁡(ωx).\big(\cos(\omega x)\big)'' = -\omega^2\cos(\omega x), \qquad \big(\sin(\omega x)\big)'' = -\omega^2\sin(\omega x).

Théorème 6 (admis). Les solutions de y′′+ω2y=0y'' + \omega^2 y = 0 sont les fonctions x⟼λcos⁡(ωx)+μsin⁡(ωx),λ,μ∈R.x \longmapsto \lambda\cos(\omega x) + \mu\sin(\omega x), \qquad \lambda, \mu \in \mathbb{R}. Elles sont périodiques, de période 2πω\dfrac{2\pi}{\omega} : ce sont des oscillations.

Exemple 14. Trouver la solution ff de y′′+4y=0y'' + 4y = 0 telle que f(0)=1f(0) = 1 et f′(0)=2f'(0) = 2.

f(x)=λcos⁡2x+μsin⁡2xf(x) = \lambda\cos 2x + \mu\sin 2x et f′(x)=−2λsin⁡2x+2μcos⁡2xf'(x) = -2\lambda\sin 2x + 2\mu\cos 2x. f(0)=λ=1f(0) = \lambda = 1 et f′(0)=2μ=2f'(0) = 2\mu = 2, donc f(x)=cos⁡2x+sin⁡2x.f(x) = \cos 2x + \sin 2x. Avec la formule d'addition (Première), 2cos⁡ ⁣(2x−π4)=2(cos⁡2x×22+sin⁡2x×22)=f(x)\sqrt2\cos\!\left(2x - \dfrac{\pi}{4}\right) = \sqrt2\left(\cos 2x \times \dfrac{\sqrt2}{2} + \sin 2x \times \dfrac{\sqrt2}{2}\right) = f(x). L'oscillation a pour amplitude 2\sqrt2 et pour période π\pi.

4.2 Le cas général Δ<0\Delta < 0

Théorème 7 (admis). On considère ay′′+by′+cy=0ay'' + by' + cy = 0 avec a>0a > 0 (sinon, on multiplie l'équation par −1-1). Si Δ=b2−4ac<0\Delta = b^2 - 4ac < 0, on pose α=−b2a,β=−Δ2a.\alpha = -\frac{b}{2a}, \qquad \beta = \frac{\sqrt{-\Delta}}{2a}. Les solutions sont les fonctions x⟼eαx(λcos⁡(βx)+μsin⁡(βx)),λ,μ∈R.x \longmapsto e^{\alpha x}\big(\lambda\cos(\beta x) + \mu\sin(\beta x)\big), \qquad \lambda, \mu \in \mathbb{R}.

Pour b=0b = 0, on retrouve le théorème 6, avec α=0\alpha = 0 et β=ω\beta = \omega. On pourra vérifier sur un exemple que eαxcos⁡(βx)e^{\alpha x}\cos(\beta x) est bien solution (exercice 7). Au chapitre 7, on verra que α+iβ\alpha + i\beta et α−iβ\alpha - i\beta sont les racines complexes de l'équation caractéristique.

Exemple 15. Trouver la solution ff de y′′+2y′+5y=0y'' + 2y' + 5y = 0 telle que f(0)=0f(0) = 0 et f′(0)=2f'(0) = 2.

Δ=4−20=−16\Delta = 4 - 20 = -16, donc α=−1\alpha = -1 et β=162=2\beta = \dfrac{\sqrt{16}}{2} = 2. Les solutions sont e−x(λcos⁡2x+μsin⁡2x)e^{-x}(\lambda\cos 2x + \mu\sin 2x). f(0)=λ=0f(0) = \lambda = 0, donc f(x)=μe−xsin⁡2xf(x) = \mu e^{-x}\sin 2x et f′(x)=μe−x(2cos⁡2x−sin⁡2x)f'(x) = \mu e^{-x}(2\cos 2x - \sin 2x). f′(0)=2μ=2f'(0) = 2\mu = 2 donne μ=1\mu = 1 : f(x)=e−xsin⁡2x.f(x) = e^{-x}\sin 2x. Comme ∣sin⁡2x∣≤1|\sin 2x| \leq 1, on a −e−x≤f(x)≤e−x-e^{-x} \leq f(x) \leq e^{-x} : la courbe oscille entre celles de −e−x-e^{-x} et de e−xe^{-x}, et f(x)→0f(x) \to 0 en +∞+\infty (théorème des gendarmes). C'est une oscillation amortie.

4.3 Un modèle : le ressort

Modèle simplifié, données inventées. Un solide accroché à un ressort est écarté de 22 cm de sa position d'équilibre, puis lâché sans vitesse. On note x(t)x(t) sa position en cm à l'instant tt (en secondes). Aucune loi de physique n'est à connaître : l'équation est donnée.

Exemple 16.

  • Sans frottement, x′′+16x=0x'' + 16x = 0, avec x(0)=2x(0) = 2 et x′(0)=0x'(0) = 0. On trouve x(t)=2cos⁡4tx(t) = 2\cos 4t : le solide oscille indéfiniment, avec une amplitude de 22 cm et une période de 2π4=π2≈1,57\dfrac{2\pi}{4} = \dfrac{\pi}{2} \approx 1{,}57 s.
  • Avec frottement, x′′+0,4 x′+16,04 x=0x'' + 0{,}4\,x' + 16{,}04\,x = 0, mêmes conditions. Δ=0,16−64,16=−64\Delta = 0{,}16 - 64{,}16 = -64, donc α=−0,2\alpha = -0{,}2 et β=4\beta = 4. On trouve x(t)=e−0,2t(2cos⁡4t+0,1sin⁡4t).x(t) = e^{-0{,}2t}\big(2\cos 4t + 0{,}1\sin 4t\big). Les oscillations s'amortissent : x(t)→0x(t) \to 0 quand t→+∞t \to +\infty.

4.4 Bilan : les trois cas et les phénomènes

Discriminant Solutions de ay′′+by′+cy=0ay'' + by' + cy = 0 Comportement, si aa, bb, cc sont strictement positifs
Δ>0\Delta > 0 λer1x+μer2x\lambda e^{r_1 x} + \mu e^{r_2 x} retour à 00 sans osciller
Δ=0\Delta = 0 (λx+μ) er0x(\lambda x + \mu)\,e^{r_0 x} retour à 00 sans osciller
Δ<0\Delta < 0 eαx(λcos⁡βx+μsin⁡βx)e^{\alpha x}\big(\lambda\cos\beta x + \mu\sin\beta x\big) oscillations amorties

Quand aa, bb et cc sont strictement positifs, comme dans les modèles amortis, les racines réelles sont négatives (leur somme −ba-\frac{b}{a} est négative et leur produit ca\frac{c}{a} positif) et α=−b2a\alpha = -\frac{b}{2a} est négatif : toutes les solutions tendent vers 00. Si b=0b = 0 et ca>0\dfrac{c}{a} > 0, il n'y a pas d'amortissement : les oscillations sont entretenues (théorème 6).

Leçon 5 : Second ordre avec second membre

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5.1 Le principe

On considère (E)(E) : ay′′+by′+cy=g(x)ay'' + by' + cy = g(x) et l'équation homogène associée (E0)(E_0) : ay′′+by′+cy=0ay'' + by' + cy = 0.

Théorème 8. Si ypy_p est une solution particulière de (E)(E), les solutions de (E)(E) sont les fonctions y=yp+y0y = y_p + y_0, où y0y_0 est une solution quelconque de (E0)(E_0).

Démonstration. Comme à la leçon 2 : a(y−yp)′′+b(y−yp)′+c(y−yp)=(ay′′+by′+cy)−ga(y - y_p)'' + b(y - y_p)' + c(y - y_p) = (ay'' + by' + cy) - g.

5.2 La méthode

  1. Résoudre (E0)(E_0) avec l'équation caractéristique.
  2. Trouver une solution particulière ypy_p : constante si le second membre est constant, sinon de la forme indiquée par l'énoncé.
  3. Écrire la solution générale y=yp+y0y = y_p + y_0.
  4. Utiliser les conditions initiales sur la solution générale complète.

Attention au piège de l'étape 4. Si l'on impose les conditions initiales à y0y_0 seul, avant d'ajouter ypy_p, on obtient une fonction qui ne vérifie pas les conditions demandées.

Exemple 17 (second membre constant). Trouver la solution ff de y′′+3y′+2y=4y'' + 3y' + 2y = 4 telle que f(0)=0f(0) = 0 et f′(0)=0f'(0) = 0.

  • (E0)(E_0) : r2+3r+2=0r^2 + 3r + 2 = 0 a pour racines −1-1 et −2-2. Solutions : λe−x+μe−2x\lambda e^{-x} + \mu e^{-2x}.
  • Solution constante : avec y′′=y′=0y'' = y' = 0, il reste 2y=42y = 4, donc yp=2y_p = 2.
  • Solution générale : y=λe−x+μe−2x+2y = \lambda e^{-x} + \mu e^{-2x} + 2.
  • f(0)=λ+μ+2=0f(0) = \lambda + \mu + 2 = 0 et f′(0)=−λ−2μ=0f'(0) = -\lambda - 2\mu = 0, donc λ=−4\lambda = -4 et μ=2\mu = 2 : f(x)=2−4e−x+2e−2x.f(x) = 2 - 4e^{-x} + 2e^{-2x}. En +∞+\infty, f(x)→2f(x) \to 2. Avec le piège, on aurait trouvé λ=μ=0\lambda = \mu = 0, puis f=2f = 2, qui ne vérifie pas f(0)=0f(0) = 0.

Exemple 18 (second membre trigonométrique). Trouver la solution ff de y′′+4y=3cos⁡xy'' + 4y = 3\cos x telle que f(0)=0f(0) = 0 et f′(0)=0f'(0) = 0, en cherchant une solution particulière de la forme acos⁡x+bsin⁡xa\cos x + b\sin x.

  • Pour yp=acos⁡x+bsin⁡xy_p = a\cos x + b\sin x, on a yp′′=−ypy_p'' = -y_p, donc yp′′+4yp=3yp=3acos⁡x+3bsin⁡xy_p'' + 4y_p = 3y_p = 3a\cos x + 3b\sin x. Par identification, 3a=33a = 3 et 3b=03b = 0 : yp(x)=cos⁡xy_p(x) = \cos x.
  • (E0)(E_0) : y′′+4y=0y'' + 4y = 0, de solutions λcos⁡2x+μsin⁡2x\lambda\cos 2x + \mu\sin 2x.
  • Solution générale : y=λcos⁡2x+μsin⁡2x+cos⁡xy = \lambda\cos 2x + \mu\sin 2x + \cos x.
  • f(0)=λ+1=0f(0) = \lambda + 1 = 0 et f′(0)=2μ=0f'(0) = 2\mu = 0, donc f(x)=cos⁡x−cos⁡2x.f(x) = \cos x - \cos 2x.

Leçon 7 : Second membre Acos⁡ωt+Bsin⁡ωtA\cos\omega t + B\sin\omega tS1 · S3 · S1A

Voir la vidéo de la leçon 7

Le programme S1-S3 demande des exemples de résolution d'une équation du second ordre « avec un second membre de la forme Acos⁡αt+Bsin⁡αtA\cos\alpha t + B\sin\alpha t ». Dans ce cours, la pulsation est notée ω\omega, pour ne pas la confondre avec le α\alpha de la leçon 4. La variable est tt, comme en physique.

7.1 La méthode, sans indication

On considère (E)(E) : ay′′+by′+cy=Acos⁡ωt+Bsin⁡ωtay'' + by' + cy = A\cos\omega t + B\sin\omega t, avec ω>0\omega > 0. On cherche une solution particulière de la même forme : yp(t)=pcos⁡ωt+qsin⁡ωt.y_p(t) = p\cos\omega t + q\sin\omega t. On a yp′′=−ω2ypy_p'' = -\omega^2 y_p et yp′=ω(−psin⁡ωt+qcos⁡ωt)y_p' = \omega(-p\sin\omega t + q\cos\omega t), donc ayp′′+byp′+cyp=[(c−aω2)p+bωq]cos⁡ωt+[(c−aω2)q−bωp]sin⁡ωt.ay_p'' + by_p' + cy_p = \big[(c - a\omega^2)p + b\omega q\big]\cos\omega t + \big[(c - a\omega^2)q - b\omega p\big]\sin\omega t. En identifiant les coefficients de cos⁡ωt\cos\omega t et de sin⁡ωt\sin\omega t, on obtient un système de deux équations à deux inconnues : (c−aω2) p+bω q=A,−bω p+(c−aω2) q=B.(c - a\omega^2)\,p + b\omega\,q = A, \qquad -b\omega\,p + (c - a\omega^2)\,q = B. Son déterminant vaut (c−aω2)2+(bω)2(c - a\omega^2)^2 + (b\omega)^2. Il n'est nul que si b=0b = 0 et c=aω2c = a\omega^2. Dans tous les autres cas, la méthode donne une solution particulière unique de cette forme.

Exemple 23 (oscillations forcées). Résoudre y′′+2y′+5y=10cos⁡ty'' + 2y' + 5y = 10\cos t.

  • On cherche yp=pcos⁡t+qsin⁡ty_p = p\cos t + q\sin t. Ici ω=1\omega = 1 : yp′′+2yp′+5yp=(4p+2q)cos⁡t+(4q−2p)sin⁡ty_p'' + 2y_p' + 5y_p = (4p + 2q)\cos t + (4q - 2p)\sin t.
  • Système : 4p+2q=104p + 2q = 10 et 4q−2p=04q - 2p = 0. La seconde équation donne p=2qp = 2q, puis 10q=1010q = 10 : q=1q = 1 et p=2p = 2. Donc yp(t)=2cos⁡t+sin⁡ty_p(t) = 2\cos t + \sin t.
  • L'équation homogène est celle de l'exemple 15. Solutions : y(t)=e−t(λcos⁡2t+μsin⁡2t)⏟reˊgime transitoire+2cos⁡t+sin⁡t⏟reˊgime permanent.y(t) = \underbrace{e^{-t}\big(\lambda\cos 2t + \mu\sin 2t\big)}_{\text{régime transitoire}} + \underbrace{2\cos t + \sin t}_{\text{régime permanent}}.

7.2 Régime transitoire et régime permanent

Dans l'exemple 23, la partie e−t(λcos⁡2t+μsin⁡2t)e^{-t}(\lambda\cos 2t + \mu\sin 2t) tend vers 00 quand t→+∞t \to +\infty, car elle est comprise entre −(∣λ∣+∣μ∣) e−t-(|\lambda| + |\mu|)\,e^{-t} et (∣λ∣+∣μ∣) e−t(|\lambda| + |\mu|)\,e^{-t}. Après un régime transitoire, toutes les solutions se rapprochent de yp(t)=2cos⁡t+sin⁡ty_p(t) = 2\cos t + \sin t, quelles que soient les conditions initiales : c'est le régime permanent. Le système oscille alors à la pulsation imposée par le second membre.

Amplitude du régime permanent. On pose φ\varphi tel que cos⁡φ=25\cos\varphi = \dfrac{2}{\sqrt5} et sin⁡φ=15\sin\varphi = \dfrac{1}{\sqrt5}. Avec la formule d'addition : 2cos⁡t+sin⁡t=5(cos⁡tcos⁡φ+sin⁡tsin⁡φ)=5cos⁡(t−φ).2\cos t + \sin t = \sqrt5\left(\cos t\cos\varphi + \sin t\sin\varphi\right) = \sqrt5\cos(t - \varphi). L'amplitude vaut 5≈2,24\sqrt5 \approx 2{,}24.

Avec y(0)=0y(0) = 0 et y′(0)=0y'(0) = 0, on trouve λ=−2\lambda = -2 et μ=−32\mu = -\dfrac32 : y(t)=e−t(−2cos⁡2t−32sin⁡2t)+2cos⁡t+sin⁡ty(t) = e^{-t}\left(-2\cos 2t - \dfrac32\sin 2t\right) + 2\cos t + \sin t.

7.3 Le cas où la méthode échoue : la résonance

Exemple 24. On considère y′′+y=2cos⁡ty'' + y = 2\cos t.

Ici b=0b = 0 et c=aω2=1c = a\omega^2 = 1 : pour yp=pcos⁡t+qsin⁡ty_p = p\cos t + q\sin t, on trouve yp′′+yp=0y_p'' + y_p = 0, qui ne peut pas valoir 2cos⁡t2\cos t. Aucune fonction de cette forme ne convient, car cos⁡t\cos t et sin⁡t\sin t sont solutions de l'équation homogène. L'énoncé donne alors une indication. Vérifions que tsin⁡tt\sin t est solution : (tsin⁡t)′=sin⁡t+tcos⁡t,(tsin⁡t)′′=2cos⁡t−tsin⁡t,(t\sin t)' = \sin t + t\cos t, \qquad (t\sin t)'' = 2\cos t - t\sin t, donc (tsin⁡t)′′+tsin⁡t=2cos⁡t(t\sin t)'' + t\sin t = 2\cos t. Les solutions sont y(t)=λcos⁡t+μsin⁡t+tsin⁡ty(t) = \lambda\cos t + \mu\sin t + t\sin t.

Le terme tsin⁡tt\sin t oscille avec une amplitude qui grandit sans limite : c'est le phénomène de résonance, qui se produit quand on force un système non amorti à sa propre pulsation.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Les solutions de y′=ayy' = ay sont les fonctions λeax\lambda e^{ax}. Avec f(x0)=y0f(x_0) = y_0, la solution est unique : y0 ea(x−x0)y_0\,e^{a(x - x_0)}.
  2. ay′+by=0ay' + by = 0 s'écrit y′=−bayy' = -\frac{b}{a}y. Attention au signe.
  3. Avec second membre : solution générale = une solution particulière + solution générale de l'équation homogène. Second membre constant : on cherche une solution constante. Sinon, on suit l'indication et on identifie les coefficients.
  4. ay′′+by′+cy=0ay'' + by' + cy = 0 : on résout l'équation caractéristique ar2+br+c=0ar^2 + br + c = 0.
    • Δ>0\Delta > 0 : λer1x+μer2x\lambda e^{r_1 x} + \mu e^{r_2 x} ;
    • Δ=0\Delta = 0 : (λx+μ) er0x(\lambda x + \mu)\,e^{r_0 x} ;
    • Δ<0\Delta < 0 : eαx(λcos⁡βx+μsin⁡βx)e^{\alpha x}(\lambda\cos\beta x + \mu\sin\beta x), avec α=−b2a\alpha = -\frac{b}{2a} et β=−Δ2a\beta = \frac{\sqrt{-\Delta}}{2a} (a>0a > 0).
  5. y′′+ω2y=0y'' + \omega^2 y = 0 : λcos⁡ωx+μsin⁡ωx\lambda\cos\omega x + \mu\sin\omega x ; oscillations de période 2πω\frac{2\pi}{\omega}.
  6. Au second ordre, il faut deux conditions initiales, f(x0)f(x_0) et f′(x0)f'(x_0), à imposer à la solution générale complète.
  7. S1 · S3 · S1A Second membre Acos⁡ωt+Bsin⁡ωtA\cos\omega t + B\sin\omega t : on cherche pcos⁡ωt+qsin⁡ωtp\cos\omega t + q\sin\omega t, sauf si b=0b = 0 et c=aω2c = a\omega^2 (résonance). Régime transitoire, puis régime permanent.
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