Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est une fonction, notée y, et qui relie y à ses dérivées y′, y′′.
Par exemple, y′=2y est une équation différentielle. Une solution sur R est une fonction f dérivable sur R telle que f′(x)=2f(x) pour tout réel x. Résoudre l'équation, c'est trouver toutes ses solutions.
Exemple 1. On considère l'équation y′=2y.
f(x)=e2x est solution : f′(x)=2e2x=2f(x).
g(x)=3e2x est aussi solution : g′(x)=6e2x=2g(x).
h(x)=x2 n'est pas solution : h′(x)=2x, alors que 2h(x)=2x2, et ces deux nombres sont différents pour x=1.
Une équation différentielle a en général une infinité de solutions. On verra qu'une condition initiale, comme f(0)=1, permet d'en choisir une seule.
Vocabulaire. Une équation comme y′+3y=0 ou y′′−2y′+y=0, dont le second membre est nul, est dite homogène (ou « sans second membre »). Une équation comme y′+3y=6 est une équation avec second membre. Le programme se limite aux équations linéaires à coefficients constants du premier et du second ordre.
1.2 Le théorème
Théorème 1. Soit a un réel. Les solutions sur R de l'équation y′=ay sont les fonctions
x⟼λeax,λ∈R.
Démonstration.
Ces fonctions sont solutions. Si f(x)=λeax, alors f′(x)=λaeax=af(x).
Il n'y en a pas d'autres. Soit f une solution. On pose g(x)=f(x)e−ax. Alors
g′(x)=f′(x)e−ax−af(x)e−ax=(f′(x)−af(x))e−ax=0.
La dérivée de g est nulle sur l'intervalle R, donc g est constante : g(x)=λ. Ainsi f(x)=λeax.
L'équation ay′+by=0. Si a=0, elle s'écrit y′=−aby. Ses solutions sont donc les fonctions x⟼λe−abx.
Attention au signe.y′+3y=0 s'écrit y′=−3y : les solutions sont λe−3x, et non λe3x.
1.3 Condition initiale
Théorème 2. Soit x0 et y0 deux réels. L'équation y′=ay admet une solution et une seulef telle que f(x0)=y0. C'est la fonction
f(x)=y0ea(x−x0).
Démonstration. Les solutions sont les fonctions λeax. La condition λeax0=y0 donne une seule valeur, λ=y0e−ax0.
Graphiquement, par chaque point du plan passe une seule courbe solution : deux courbes solutions distinctes ne se coupent jamais.
Exemple 2. Résoudre y′=−3y, puis trouver la solution f telle que f(0)=2.
Les solutions sont les fonctions x⟼λe−3x. La condition f(0)=λ=2 donne f(x)=2e−3x.
Exemple 3. Trouver la solution f de 2y′+y=0 telle que f(2)=1.
L'équation s'écrit y′=−21y. Les solutions sont x⟼λe−2x. La condition f(2)=λe−1=1 donne λ=e, donc
f(x)=e×e−2x=e1−2x.
Remarque. Une solution non nulle x⟼λeax ne s'annule jamais et garde le signe de λ. Si aλ>0, elle est strictement croissante ; si aλ<0, elle est strictement décroissante.
1.4 Un modèle : la croissance d'une population
Modèle simplifié, données inventées. Une culture contient 1000 bactéries à l'instant t=0 (t en heures). On admet que le nombre N(t) de bactéries vérifie N′(t)=0,5N(t) : la vitesse de croissance est proportionnelle à la population.
Exemple 4.
D'après le théorème 2, N(t)=1000e0,5t.
Temps de doublement.N(t)=2000⟺e0,5t=2⟺0,5t=ln2⟺t=2ln2≈1,386. La population double en 1 h 23 min environ, et elle redouble ensuite à chaque nouvelle période de même durée.
On considère une équation avec second membre (E) : ay′+by=g(x), où a=0, et son équation homogène associée(E0) : ay′+by=0.
Théorème 3. Si yp est une solution particulière de (E), alors les solutions de (E) sont les fonctions
y=yp+y0,ouˋy0 est une solution quelconque de (E0).
Démonstration. Pour toute fonction y dérivable :
a(y−yp)′+b(y−yp)=(ay′+by)−(ayp′+byp)=(ay′+by)−g.
Donc y est solution de (E) si et seulement si y−yp est solution de (E0).
On retient : solution générale de (E) = une solution particulière + la solution générale de (E0).
2.2 Second membre constant : y′=ay+b
Si a=0, la fonction constante yp=−ab est solution, car sa dérivée est nulle et a×(−ab)+b=0. Les solutions de y′=ay+b sont donc les fonctions
x⟼λeax−ab,λ∈R.Méthode pratique : on cherche la solution constante en annulant y′.
Exemple 5. Résoudre y′+2y=6, puis trouver la solution f telle que f(0)=0.
Équation homogène : y′=−2y, de solutions λe−2x.
Solution constante : avec y′=0, il reste 2y=6, donc yp=3.
Solutions : y=λe−2x+3, λ∈R.
Condition initiale : f(0)=λ+3=0, donc λ=−3 et f(x)=3−3e−2x.
Comme e−2x→0 en +∞, toutes les solutions tendent vers 3 : la solution constante est l'état d'équilibre.
Exemple 6 (le verre de thé).Modèle simplifié, données inventées. Un verre de thé est servi à 90°C dans une pièce à 30°C. On admet que sa température θ(t), t en minutes, vérifie
θ′(t)=−0,1(θ(t)−30),θ(0)=90.
L'équation s'écrit θ′+0,1θ=3. La solution constante est 30, donc θ(t)=λe−0,1t+30.
θ(0)=λ+30=90 donne λ=60 : θ(t)=30+60e−0,1t.
Quand le thé est-il à 50°C ?30+60e−0,1t=50⟺e−0,1t=31⟺t=10ln3≈11 minutes.
En +∞, θ(t)→30 : le thé finit à la température de la pièce.
2.3 Autres seconds membres, avec une indication
Quand le second membre n'est pas constant, l'énoncé indique la forme de la solution particulière à chercher. On remplace cette forme dans l'équation et on identifie les coefficients.
Exemple 7. Résoudre y′−2y=4x−2, en cherchant une solution particulière affine.
On pose yp(x)=mx+p. Alors yp′−2yp=m−2mx−2p. On veut, pour tout x :
−2mx+(m−2p)=4x−2.
Par identification, −2m=4 et m−2p=−2, donc m=−2 et p=0 : yp(x)=−2x.
L'équation homogène y′=2y a pour solutions λe2x. Les solutions sont les fonctions x⟼λe2x−2x.
Exemple 8. Résoudre y′+y=2cosx, en cherchant une solution particulière de la forme yp(x)=acosx+bsinx.
yp′(x)=−asinx+bcosx, donc yp′+yp=(a+b)cosx+(b−a)sinx. On veut (a+b)cosx+(b−a)sinx=2cosx pour tout x.
Avec x=0 puis x=2π, on obtient a+b=2 et b−a=0, donc a=b=1 : yp(x)=cosx+sinx.
Les solutions sont les fonctions x⟼λe−x+cosx+sinx.
2.4 La méthode en quatre étapes
Résoudre l'équation homogène (E0).
Trouver une solution particulière yp de (E) : constante si le second membre est constant, sinon de la forme indiquée.
Écrire la solution générale : y=yp+λe−abx.
Utiliser la condition initiale sur cette solution générale, pour trouver λ.
Leçon 3 : Second ordre, l'équation caractéristique
On étudie l'équation homogène du second ordre
(E0):ay′′+by′+cy=0,a,b,c reˊels,a=0.
Une solution est une fonction f deux fois dérivable sur R telle que af′′+bf′+cf=0.
Linéarité. Si f et g sont solutions de (E0), alors λf+μg est solution pour tous réels λ et μ : il suffit de développer a(λf+μg)′′+b(λf+μg)′+c(λf+μg).
On cherche des solutions exponentielles. Pour f(x)=erx, on a f′(x)=rerx et f′′(x)=r2erx, donc
af′′(x)+bf′(x)+cf(x)=(ar2+br+c)erx.
Comme erx=0 : x⟼erx est solution si et seulement si ar2+br+c=0.
Définition. L'équation ar2+br+c=0, d'inconnue r, est l'équation caractéristique de (E0). On la lit directement sur l'équation : y′′ devient r2, y′ devient r, y devient 1.
3.2 Le théorème
Théorème 4 (admis). Soit Δ=b2−4ac le discriminant de l'équation caractéristique.
Discriminant
Racines
Solutions de (E0), avec λ, μ réels
Δ>0
deux racines réelles r1=r2
y=λer1x+μer2x
Δ=0
une racine double r0=−2ab
y=(λx+μ)er0x
Δ<0
pas de racine réelle
voir la leçon 4
Le programme admet que toutes les solutions sont de cette forme. On peut en revanche vérifier que les fonctions annoncées sont bien solutions.
Vérification pour Δ=0. Avec f(x)=xer0x : f′(x)=(1+r0x)er0x et f′′(x)=(2r0+r02x)er0x, d'où
af′′+bf′+cf=[x(ar02+br0+c)+(2ar0+b)]er0x=0,
car r0 est racine et 2ar0+b=0.
Exemple 9 (Δ>0). Résoudre y′′−3y′+2y=0.
Équation caractéristique : r2−3r+2=0, de racines 1 et 2. Solutions : y=λex+μe2x.
L'équation s'écrit y′′−4y=0 ; équation caractéristique r2−4=0, de racines 2 et −2. Solutions : y=λe2x+μe−2x. Plus généralement, pour ω>0, les solutions de y′′−ω2y=0 sont les fonctions λeωx+μe−ωx.
3.3 Conditions initiales
Théorème 5 (admis). Soit x0, y0, y1 trois réels. L'équation (E0) admet une solution et une seulef telle que f(x0)=y0 et f′(x0)=y1.
Il faut deux conditions, une sur f et une sur f′, car la solution générale contient deux constantes λ et μ.
Exemple 12. Trouver la solution f de y′′−3y′+2y=0 telle que f(0)=1 et f′(0)=0.
f(x)=λex+μe2x et f′(x)=λex+2μe2x. Les conditions donnent le système
λ+μ=1,λ+2μ=0,
d'où μ=−1 et λ=2 : f(x)=2ex−e2x.
Exemple 13. Trouver la solution f de y′′+2y′+y=0 telle que f(0)=2 et f′(0)=−1.
Racine double −1, donc f(x)=(λx+μ)e−x et f′(x)=(λ−λx−μ)e−x.
f(0)=μ=2 et f′(0)=λ−μ=−1, donc λ=1 : f(x)=(x+2)e−x.
Cette fonction décroît vers 0 sans osciller, puisque f′(x)=−(x+1)e−x<0 pour x>−1.
Leçon 4 : Second ordre, le cas
Δ<0
et les oscillations
Soit ω un réel strictement positif. L'équation caractéristique r2+ω2=0 n'a pas de racine réelle. Pourtant, cos(ωx) et sin(ωx) sont solutions :
(cos(ωx))′′=−ω2cos(ωx),(sin(ωx))′′=−ω2sin(ωx).
Théorème 6 (admis). Les solutions de y′′+ω2y=0 sont les fonctions
x⟼λcos(ωx)+μsin(ωx),λ,μ∈R.
Elles sont périodiques, de période ω2π : ce sont des oscillations.
Exemple 14. Trouver la solution f de y′′+4y=0 telle que f(0)=1 et f′(0)=2.
f(x)=λcos2x+μsin2x et f′(x)=−2λsin2x+2μcos2x. f(0)=λ=1 et f′(0)=2μ=2, donc
f(x)=cos2x+sin2x.
Avec la formule d'addition (Première), 2cos(2x−4π)=2(cos2x×22+sin2x×22)=f(x). L'oscillation a pour amplitude2 et pour périodeπ.
4.2 Le cas général Δ<0
Théorème 7 (admis). On considère ay′′+by′+cy=0 avec a>0 (sinon, on multiplie l'équation par −1). Si Δ=b2−4ac<0, on pose
α=−2ab,β=2a−Δ.
Les solutions sont les fonctions
x⟼eαx(λcos(βx)+μsin(βx)),λ,μ∈R.
Pour b=0, on retrouve le théorème 6, avec α=0 et β=ω. On pourra vérifier sur un exemple que eαxcos(βx) est bien solution (exercice 7). Au chapitre 7, on verra que α+iβ et α−iβ sont les racines complexes de l'équation caractéristique.
Exemple 15. Trouver la solution f de y′′+2y′+5y=0 telle que f(0)=0 et f′(0)=2.
Δ=4−20=−16, donc α=−1 et β=216=2. Les solutions sont e−x(λcos2x+μsin2x).
f(0)=λ=0, donc f(x)=μe−xsin2x et f′(x)=μe−x(2cos2x−sin2x). f′(0)=2μ=2 donne μ=1 :
f(x)=e−xsin2x.
Comme ∣sin2x∣≤1, on a −e−x≤f(x)≤e−x : la courbe oscille entre celles de −e−x et de e−x, et f(x)→0 en +∞ (théorème des gendarmes). C'est une oscillation amortie.
4.3 Un modèle : le ressort
Modèle simplifié, données inventées. Un solide accroché à un ressort est écarté de 2 cm de sa position d'équilibre, puis lâché sans vitesse. On note x(t) sa position en cm à l'instant t (en secondes). Aucune loi de physique n'est à connaître : l'équation est donnée.
Exemple 16.
Sans frottement, x′′+16x=0, avec x(0)=2 et x′(0)=0. On trouve x(t)=2cos4t : le solide oscille indéfiniment, avec une amplitude de 2 cm et une période de 42π=2π≈1,57 s.
Avec frottement, x′′+0,4x′+16,04x=0, mêmes conditions. Δ=0,16−64,16=−64, donc α=−0,2 et β=4. On trouve
x(t)=e−0,2t(2cos4t+0,1sin4t).
Les oscillations s'amortissent : x(t)→0 quand t→+∞.
4.4 Bilan : les trois cas et les phénomènes
Discriminant
Solutions de ay′′+by′+cy=0
Comportement, si a, b, c sont strictement positifs
Δ>0
λer1x+μer2x
retour à 0 sans osciller
Δ=0
(λx+μ)er0x
retour à 0 sans osciller
Δ<0
eαx(λcosβx+μsinβx)
oscillations amorties
Quand a, b et c sont strictement positifs, comme dans les modèles amortis, les racines réelles sont négatives (leur somme −ab est négative et leur produit ac positif) et α=−2ab est négatif : toutes les solutions tendent vers 0. Si b=0 et ac>0, il n'y a pas d'amortissement : les oscillations sont entretenues (théorème 6).
On considère (E) : ay′′+by′+cy=g(x) et l'équation homogène associée (E0) : ay′′+by′+cy=0.
Théorème 8. Si yp est une solution particulière de (E), les solutions de (E) sont les fonctions y=yp+y0, où y0 est une solution quelconque de (E0).
Démonstration. Comme à la leçon 2 : a(y−yp)′′+b(y−yp)′+c(y−yp)=(ay′′+by′+cy)−g.
5.2 La méthode
Résoudre (E0) avec l'équation caractéristique.
Trouver une solution particulière yp : constante si le second membre est constant, sinon de la forme indiquée par l'énoncé.
Écrire la solution générale y=yp+y0.
Utiliser les conditions initiales sur la solution générale complète.
Attention au piège de l'étape 4. Si l'on impose les conditions initiales à y0 seul, avant d'ajouter yp, on obtient une fonction qui ne vérifie pas les conditions demandées.
Exemple 17 (second membre constant). Trouver la solution f de y′′+3y′+2y=4 telle que f(0)=0 et f′(0)=0.
(E0) : r2+3r+2=0 a pour racines −1 et −2. Solutions : λe−x+μe−2x.
Solution constante : avec y′′=y′=0, il reste 2y=4, donc yp=2.
Solution générale : y=λe−x+μe−2x+2.
f(0)=λ+μ+2=0 et f′(0)=−λ−2μ=0, donc λ=−4 et μ=2 :
f(x)=2−4e−x+2e−2x.
En +∞, f(x)→2. Avec le piège, on aurait trouvé λ=μ=0, puis f=2, qui ne vérifie pas f(0)=0.
Exemple 18 (second membre trigonométrique). Trouver la solution f de y′′+4y=3cosx telle que f(0)=0 et f′(0)=0, en cherchant une solution particulière de la forme acosx+bsinx.
Pour yp=acosx+bsinx, on a yp′′=−yp, donc yp′′+4yp=3yp=3acosx+3bsinx. Par identification, 3a=3 et 3b=0 : yp(x)=cosx.
(E0) : y′′+4y=0, de solutions λcos2x+μsin2x.
Solution générale : y=λcos2x+μsin2x+cosx.
f(0)=λ+1=0 et f′(0)=2μ=0, donc
f(x)=cosx−cos2x.
Leçon 7 : Second membre
Acosωt+BsinωtS1 · S3 · S1A
Le programme S1-S3 demande des exemples de résolution d'une équation du second ordre « avec un second membre de la forme Acosαt+Bsinαt ». Dans ce cours, la pulsation est notée ω, pour ne pas la confondre avec le α de la leçon 4. La variable est t, comme en physique.
7.1 La méthode, sans indication
On considère (E) : ay′′+by′+cy=Acosωt+Bsinωt, avec ω>0. On cherche une solution particulière de la même forme :
yp(t)=pcosωt+qsinωt.
On a yp′′=−ω2yp et yp′=ω(−psinωt+qcosωt), donc
ayp′′+byp′+cyp=[(c−aω2)p+bωq]cosωt+[(c−aω2)q−bωp]sinωt.
En identifiant les coefficients de cosωt et de sinωt, on obtient un système de deux équations à deux inconnues :
(c−aω2)p+bωq=A,−bωp+(c−aω2)q=B.
Son déterminant vaut (c−aω2)2+(bω)2. Il n'est nul que si b=0 et c=aω2. Dans tous les autres cas, la méthode donne une solution particulière unique de cette forme.
Exemple 23 (oscillations forcées). Résoudre y′′+2y′+5y=10cost.
On cherche yp=pcost+qsint. Ici ω=1 : yp′′+2yp′+5yp=(4p+2q)cost+(4q−2p)sint.
Système : 4p+2q=10 et 4q−2p=0. La seconde équation donne p=2q, puis 10q=10 : q=1 et p=2. Donc yp(t)=2cost+sint.
L'équation homogène est celle de l'exemple 15. Solutions :
y(t)=reˊgime transitoiree−t(λcos2t+μsin2t)+reˊgime permanent2cost+sint.
7.2 Régime transitoire et régime permanent
Dans l'exemple 23, la partie e−t(λcos2t+μsin2t) tend vers 0 quand t→+∞, car elle est comprise entre −(∣λ∣+∣μ∣)e−t et (∣λ∣+∣μ∣)e−t. Après un régime transitoire, toutes les solutions se rapprochent de yp(t)=2cost+sint, quelles que soient les conditions initiales : c'est le régime permanent. Le système oscille alors à la pulsation imposée par le second membre.
Amplitude du régime permanent. On pose φ tel que cosφ=52 et sinφ=51. Avec la formule d'addition :
2cost+sint=5(costcosφ+sintsinφ)=5cos(t−φ).
L'amplitude vaut 5≈2,24.
Avec y(0)=0 et y′(0)=0, on trouve λ=−2 et μ=−23 : y(t)=e−t(−2cos2t−23sin2t)+2cost+sint.
7.3 Le cas où la méthode échoue : la résonance
Exemple 24. On considère y′′+y=2cost.
Ici b=0 et c=aω2=1 : pour yp=pcost+qsint, on trouve yp′′+yp=0, qui ne peut pas valoir 2cost. Aucune fonction de cette forme ne convient, car cost et sint sont solutions de l'équation homogène. L'énoncé donne alors une indication. Vérifions que tsint est solution :
(tsint)′=sint+tcost,(tsint)′′=2cost−tsint,
donc (tsint)′′+tsint=2cost. Les solutions sont y(t)=λcost+μsint+tsint.
Le terme tsint oscille avec une amplitude qui grandit sans limite : c'est le phénomène de résonance, qui se produit quand on force un système non amorti à sa propre pulsation.
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Les solutions de y′=ay sont les fonctions λeax. Avec f(x0)=y0, la solution est unique : y0ea(x−x0).
ay′+by=0 s'écrit y′=−aby. Attention au signe.
Avec second membre : solution générale = une solution particulière + solution générale de l'équation homogène. Second membre constant : on cherche une solution constante. Sinon, on suit l'indication et on identifie les coefficients.
ay′′+by′+cy=0 : on résout l'équation caractéristique ar2+br+c=0.
Δ>0 : λer1x+μer2x ;
Δ=0 : (λx+μ)er0x ;
Δ<0 : eαx(λcosβx+μsinβx), avec α=−2ab et β=2a−Δ (a>0).
y′′+ω2y=0 : λcosωx+μsinωx ; oscillations de période ω2π.
Au second ordre, il faut deux conditions initiales, f(x0) et f′(x0), à imposer à la solution générale complète.
S1 · S3 · S1A Second membre Acosωt+Bsinωt : on cherche pcosωt+qsinωt, sauf si b=0 et c=aω2 (résonance). Régime transitoire, puis régime permanent.
Tu es hors connexion. Les chapitres téléchargés restent disponibles dans Hors connexion.