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Chapitre 4 · Cours écrit

Étude de fonctions

Programme de S2 Version pour les séries S2 et S4.

Ce chapitre est la synthèse des trois précédents. Le chapitre 1 a donné les symétries, les fonctions associées et les composées ; le chapitre 2, les limites et les asymptotes horizontales et verticales ; le chapitre 3, la dérivée, le tableau de variations et les extremums. On les rassemble ici pour étudier complètement une fonction et tracer sa courbe, famille par famille, comme le demande le programme : fonctions polynômes de degré au plus 33, fonctions homographiques, fonctions rationnelles dont le numérateur et le dénominateur ont des degrés au plus égaux à 22, fonctions irrationnelles simples et fonctions trigonométriques. Une seule notion est nouvelle : l'asymptote oblique.

Dans tout le chapitre, ff est une fonction numérique d'ensemble de définition DfD_f, et Cf\mathcal{C}_f sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O ;i⃗,j⃗)(O\,;\vec i, \vec j), sauf indication contraire.

Leçon 1 : Le plan d'étude ; fonctions polynômes

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Le plan d'étude d'une fonction

Pour étudier une fonction ff et tracer sa courbe, on suit toujours le même plan.

  1. Ensemble de définition DfD_f. Si ff est paire, impaire, périodique, ou si sa courbe a un élément de symétrie donné, on peut réduire l'ensemble d'étude (chapitre 1).
  2. Limites aux bornes de DfD_f (et à gauche et à droite d'une valeur interdite). On en déduit les asymptotes (chapitre 2, et leçon 3 pour les asymptotes obliques).
  3. Dérivée : ensemble de dérivabilité, calcul de f′(x)f'(x), puis factorisation (chapitre 3).
  4. Signe de f′(x)f'(x) et tableau de variations, avec les extremums et les limites.
  5. Points et droites remarquables : intersections de Cf\mathcal{C}_f avec les axes, tangentes utiles (horizontales, ou en un point demandé), centre ou axe de symétrie (donné dans l'énoncé), position de la courbe par rapport à une asymptote.
  6. Tracé : d'abord les asymptotes, puis les points remarquables avec leurs tangentes, enfin la courbe, en suivant le tableau de variations de gauche à droite.

Le tableau de variations est le résumé de l'étude : la courbe doit lui obéir. Quand elle monte dans le tableau, elle monte sur le dessin ; une double barre signale une valeur interdite, où la courbe est coupée.

1.2 Polynômes du second degré

Exemple 1. Soit f(x)=−x2+2x+3f(x) = -x^2 + 2x + 3, définie sur R\mathbb{R}.

  • Limites. Par le terme de plus haut degré, f(x)f(x) tend vers −∞-\infty en −∞-\infty et en +∞+\infty.
  • Dérivée. f′(x)=−2x+2=−2(x−1)f'(x) = -2x + 2 = -2(x - 1) : positive pour x<1x < 1, négative pour x>1x > 1. Le maximum est f(1)=4f(1) = 4.
xx −∞-\infty 11 +∞+\infty
signe de f′(x)f'(x) ++ 00 −-
variations de ff −∞-\infty ↗\nearrow 44 ↘\searrow −∞-\infty
  • Axe de symétrie. Pour tout réel xx, f(2−x)=−(2−x)2+2(2−x)+3=−x2+2x+3=f(x)f(2 - x) = -(2 - x)^2 + 2(2 - x) + 3 = -x^2 + 2x + 3 = f(x) : la droite d'équation x=1x = 1 est un axe de symétrie de la parabole (chapitre 1).
  • Intersections avec les axes. f(x)=0f(x) = 0 équivaut à x2−2x−3=0x^2 - 2x - 3 = 0, soit (x+1)(x−3)=0(x + 1)(x - 3) = 0 : la courbe coupe l'axe des abscisses en (−1 ;0)(-1\,;0) et (3 ;0)(3\,;0). Elle coupe l'axe des ordonnées en (0 ;3)(0\,;3).

Pour un trinôme ax2+bx+cax^2 + bx + c (a≠0a \neq 0), la dérivée 2ax+b2ax + b s'annule en changeant de signe en −b2a-\dfrac{b}{2a} : la courbe est une parabole d'axe x=−b2ax = -\dfrac{b}{2a}, tournée vers le bas si a<0a < 0, vers le haut si a>0a > 0. On le savait déjà par la forme canonique (Seconde et chapitre 1).

1.3 Polynômes du troisième degré

Exemple 2 (étude complète). Soit f(x)=x3−3x2+2f(x) = x^3 - 3x^2 + 2, définie sur R\mathbb{R}. On a vu au chapitre 1 (exemple 14) que Ω(1 ;0)\Omega(1\,;0) est un centre de symétrie de sa courbe. Étudions-la complètement.

1. Limites. Par le terme de plus haut degré, lim⁡x→−∞f(x)=lim⁡x→−∞x3=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = \lim_{x \to -\infty} x^3 = -\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

2. Dérivée. ff est un polynôme, dérivable sur R\mathbb{R}, et f′(x)=3x2−6x=3x(x−2)f'(x) = 3x^2 - 6x = 3x(x - 2). Ce trinôme est positif à l'extérieur de ses racines 00 et 22, négatif entre elles.

3. Tableau de variations. f(0)=2f(0) = 2 et f(2)=8−12+2=−2f(2) = 8 - 12 + 2 = -2.

xx −∞-\infty 00 22 +∞+\infty
signe de f′(x)f'(x) ++ 00 −- 00 ++
variations de ff −∞-\infty ↗\nearrow 22 ↘\searrow −2-2 ↗\nearrow +∞+\infty

ff admet un maximum local 22 en 00 et un minimum local −2-2 en 22 ; en ces deux points, la tangente est horizontale.

4. Centre de symétrie. Pour tout réel xx, f(2−x)=(2−x)3−3(2−x)2+2=−x3+3x2−2=−f(x)f(2 - x) = (2 - x)^3 - 3(2 - x)^2 + 2 = -x^3 + 3x^2 - 2 = -f(x), donc f(2−x)+f(x)=0=2×0f(2 - x) + f(x) = 0 = 2 \times 0 : le point Ω(1 ;0)\Omega(1\,;0) est centre de symétrie de Cf\mathcal{C}_f. La tangente en Ω\Omega a pour coefficient directeur f′(1)=−3f'(1) = -3 ; son équation est y=−3(x−1)y = -3(x - 1), soit y=−3x+3y = -3x + 3.

5. Intersections avec les axes. f(0)=2f(0) = 2 : la courbe coupe l'axe des ordonnées en (0 ;2)(0\,;2). Comme f(1)=0f(1) = 0, on factorise par x−1x - 1 : x3−3x2+2=(x−1)(x2−2x−2)x^3 - 3x^2 + 2 = (x - 1)(x^2 - 2x - 2). Le trinôme x2−2x−2x^2 - 2x - 2 a pour discriminant 1212 et pour racines 1−31 - \sqrt3 et 1+31 + \sqrt3. La courbe coupe l'axe des abscisses en trois points, d'abscisses 1−3≈−0,731 - \sqrt3 \approx -0{,}73, 11 et 1+3≈2,731 + \sqrt3 \approx 2{,}73.

6. Tracé. On place les points (0 ;2)(0\,;2) et (2 ;−2)(2\,;-2) avec leurs tangentes horizontales, le point Ω(1 ;0)\Omega(1\,;0) avec sa tangente, et deux points de plus : f(−1)=−2f(-1) = -2 et f(3)=2f(3) = 2. Puis on trace en suivant le tableau : la courbe monte jusqu'à (0 ;2)(0\,;2), descend jusqu'à (2 ;−2)(2\,;-2) en passant par Ω\Omega, puis remonte.

Remarques.

  • La courbe d'un polynôme de degré 33 n'a pas d'asymptote : ses limites en ±∞\pm\infty sont infinies, et elle n'a pas de valeur interdite.
  • Le centre de symétrie est donné dans l'énoncé ou suggéré par une question : on ne le cherche pas au hasard.

Exemple 3 (une dérivée qui s'annule sans changer de signe). Soit g(x)=x3−3x2+3xg(x) = x^3 - 3x^2 + 3x. On a g′(x)=3x2−6x+3=3(x−1)2g'(x) = 3x^2 - 6x + 3 = 3(x - 1)^2, qui s'annule en 11 sans changer de signe. En développant, on vérifie que g(x)=(x−1)3+1g(x) = (x - 1)^3 + 1 : la courbe de gg est celle de la fonction cube, translatée du vecteur u⃗(1 ;1)\vec u(1\,;1) (chapitre 1). La fonction cube étant strictement croissante, gg est strictement croissante sur R\mathbb{R} : elle n'a pas d'extremum. Au point (1 ;1)(1\,;1), la tangente est horizontale et la courbe la traverse.

Leçon 2 : Fonctions homographiques

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Forme et ensemble de définition

Une fonction homographique s'écrit f(x)=ax+bcx+df(x) = \dfrac{ax + b}{cx + d}, avec c≠0c \neq 0 et ad−bc≠0ad - bc \neq 0 (sinon ff est constante là où elle est définie). Elle est définie sur R∖{−dc}\mathbb{R} \setminus \left\{-\dfrac{d}{c}\right\}.

2.2 Dérivée

Par la règle du quotient, sur chaque intervalle de DfD_f : f′(x)=a(cx+d)−c(ax+b)(cx+d)2=ad−bc(cx+d)2.f'(x) = \frac{a(cx + d) - c(ax + b)}{(cx + d)^2} = \frac{ad - bc}{(cx + d)^2}. Le dénominateur est strictement positif : f′(x)f'(x) a le signe de ad−bcad - bc, qui ne change pas.

  • Si ad−bc>0ad - bc > 0, ff est strictement croissante sur chacun des deux intervalles de DfD_f.
  • Si ad−bc<0ad - bc < 0, ff est strictement décroissante sur chacun des deux intervalles.

Une fonction homographique n'a donc pas d'extremum. Attention : elle est monotone sur chacun des intervalles, pas sur leur réunion.

2.3 Asymptotes et centre de symétrie

  • En ±∞\pm\infty, f(x)f(x) a la limite du quotient des termes de plus haut degré, axcx=ac\dfrac{ax}{cx} = \dfrac{a}{c} : la droite d'équation y=acy = \dfrac{a}{c} est asymptote horizontale.
  • En −dc-\dfrac{d}{c}, le dénominateur tend vers 00 et le numérateur vers un nombre non nul (car ad−bc≠0ad - bc \neq 0) : ff tend vers l'infini, et la droite d'équation x=−dcx = -\dfrac{d}{c} est asymptote verticale.
  • Le point d'intersection des deux asymptotes, Ω(−dc ;ac)\Omega\left(-\dfrac{d}{c}\,;\dfrac{a}{c}\right), est centre de symétrie de la courbe. C'est une hyperbole, image de celle de x↦kxx \mapsto \dfrac{k}{x} par une translation (chapitre 1, leçon 4).

Exemple 4 (étude complète). Soit f(x)=2x−1x+1f(x) = \dfrac{2x - 1}{x + 1}.

1. Ensemble de définition. x+1=0x + 1 = 0 pour x=−1x = -1 : Df=R∖{−1}=]−∞ ;−1[∪]−1 ;+∞[D_f = \mathbb{R} \setminus \{-1\} = \left]-\infty\,;-1\right[ \cup \left]-1\,;+\infty\right[.

2. Limites et asymptotes.

  • En ±∞\pm\infty : 2xx=2\dfrac{2x}{x} = 2, donc lim⁡x→±∞f(x)=2\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} f(x) = 2. La droite d'équation y=2y = 2 est asymptote horizontale.
  • En −1-1 : le numérateur tend vers −3-3. Si x<−1x < -1, x+1x + 1 tend vers 00 en restant négatif, donc lim⁡x→−1−f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^-} f(x) = +\infty ; si x>−1x > -1, lim⁡x→−1+f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^+} f(x) = -\infty. La droite d'équation x=−1x = -1 est asymptote verticale.

3. Dérivée. f′(x)=2(x+1)−(2x−1)(x+1)2=3(x+1)2>0f'(x) = \dfrac{2(x + 1) - (2x - 1)}{(x + 1)^2} = \dfrac{3}{(x + 1)^2} > 0 : ff est strictement croissante sur ]−∞ ;−1[\left]-\infty\,;-1\right[ et sur ]−1 ;+∞[\left]-1\,;+\infty\right[.

xx −∞-\infty −1-1 +∞+\infty
signe de f′(x)f'(x) ++ ‖ ++
variations de ff 22 ↗\nearrow +∞+\infty ‖ −∞-\infty ↗\nearrow 22

4. Position par rapport à l'asymptote horizontale. f(x)−2=2x−1−2(x+1)x+1=−3x+1f(x) - 2 = \dfrac{2x - 1 - 2(x + 1)}{x + 1} = \dfrac{-3}{x + 1}. Pour x<−1x < -1, f(x)−2>0f(x) - 2 > 0 : la courbe est au-dessus de la droite y=2y = 2. Pour x>−1x > -1, elle est en dessous.

5. Centre de symétrie. Les asymptotes se coupent en Ω(−1 ;2)\Omega(-1\,;2). Vérifions : si x≠−1x \neq -1, alors −2−x≠−1-2 - x \neq -1, et f(x)=2−3x+1f(x) = 2 - \dfrac{3}{x + 1} donne f(−2−x)=2−3−1−x=2+3x+1f(-2 - x) = 2 - \dfrac{3}{-1 - x} = 2 + \dfrac{3}{x + 1}. Donc f(−2−x)+f(x)=4=2×2f(-2 - x) + f(x) = 4 = 2 \times 2 : Ω(−1 ;2)\Omega(-1\,;2) est centre de symétrie.

6. Points remarquables. f(x)=0f(x) = 0 pour x=12x = \dfrac12 : la courbe coupe l'axe des abscisses en (12 ;0)\left(\dfrac12\,;0\right). f(0)=−1f(0) = -1 : elle coupe l'axe des ordonnées en (0 ;−1)(0\,;-1), où la tangente a pour coefficient directeur f′(0)=3f'(0) = 3 ; son équation est y=3x−1y = 3x - 1.

7. Tracé. On trace les deux asymptotes, on place Ω\Omega, les points (0 ;−1)(0\,;-1) et (12 ;0)\left(\dfrac12\,;0\right), et par exemple f(2)=1f(2) = 1, f(−2)=5f(-2) = 5 et f(−4)=3f(-4) = 3. La branche de droite monte de −∞-\infty vers 22 en restant sous l'asymptote y=2y = 2 ; la branche de gauche, symétrique par rapport à Ω\Omega, monte de 22 vers +∞+\infty au-dessus de cette asymptote.

Leçon 3 : Asymptote oblique

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 Définition

Définition. Soit aa et bb deux réels. On dit que la droite DD d'équation y=ax+by = ax + b est asymptote à la courbe Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty si f(x)f(x) peut s'écrire f(x)=ax+b+r(x)aveclim⁡x→+∞r(x)=0.f(x) = ax + b + r(x) \qquad \text{avec} \qquad \lim_{x \to +\infty} r(x) = 0. On définit de même une asymptote en −∞-\infty. Si a≠0a \neq 0, on parle d'asymptote oblique.

C'est la formulation des deux programmes. Elle revient à dire que lim⁡x→+∞[f(x)−(ax+b)]=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \big[f(x) - (ax + b)\big] = 0.

Interprétation. Pour un réel xx, soit M(x ;f(x))M\big(x\,;f(x)\big) le point de la courbe et P(x ;ax+b)P(x\,;ax + b) le point de la droite de même abscisse. La distance verticale MP=∣f(x)−(ax+b)∣=∣r(x)∣MP = \lvert f(x) - (ax + b)\rvert = \lvert r(x)\rvert tend vers 00 : la courbe se rapproche de la droite autant que l'on veut.

Le cas a=0a = 0 redonne l'asymptote horizontale y=by = b du chapitre 2.

3.2 Justifier qu'une droite donnée est asymptote

Méthode. On calcule f(x)−(ax+b)f(x) - (ax + b), on le simplifie, puis on montre que sa limite est 00.

Exemple 5. Soit g(x)=2x2+xx+1g(x) = \dfrac{2x^2 + x}{x + 1}, définie sur R∖{−1}\mathbb{R} \setminus \{-1\}, et DD la droite d'équation y=2x−1y = 2x - 1. Pour x≠−1x \neq -1 : g(x)−(2x−1)=2x2+x−(2x−1)(x+1)x+1=2x2+x−(2x2+x−1)x+1=1x+1.g(x) - (2x - 1) = \frac{2x^2 + x - (2x - 1)(x + 1)}{x + 1} = \frac{2x^2 + x - (2x^2 + x - 1)}{x + 1} = \frac{1}{x + 1}. Comme lim⁡x→±∞1x+1=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} \frac{1}{x + 1} = 0, la droite DD est asymptote oblique à la courbe de gg en +∞+\infty et en −∞-\infty.

3.3 Écrire f(x)=ax+b+cx−df(x) = ax + b + \dfrac{c}{x - d}

Pour une fonction rationnelle dont le numérateur est de degré 22 et le dénominateur de degré 11, l'énoncé demande souvent de trouver des réels aa, bb, cc tels que f(x)=ax+b+cx−df(x) = ax + b + \dfrac{c}{x - d}. On réduit au même dénominateur et on identifie les coefficients.

Exemple 6. Soit f(x)=x2−2x+5x−1f(x) = \dfrac{x^2 - 2x + 5}{x - 1}, définie sur R∖{1}\mathbb{R} \setminus \{1\}. Cherchons aa, bb, cc tels que f(x)=ax+b+cx−1f(x) = ax + b + \dfrac{c}{x - 1}.

On a ax+b+cx−1=(ax+b)(x−1)+cx−1=ax2+(b−a)x+c−bx−1ax + b + \dfrac{c}{x - 1} = \dfrac{(ax + b)(x - 1) + c}{x - 1} = \dfrac{ax^2 + (b - a)x + c - b}{x - 1}. On identifie avec x2−2x+5x^2 - 2x + 5 : a=1a = 1, b−a=−2b - a = -2, c−b=5c - b = 5, d'où a=1a = 1, b=−1b = -1, c=4c = 4 : f(x)=x−1+4x−1.f(x) = x - 1 + \frac{4}{x - 1}. Comme 4x−1\dfrac{4}{x - 1} tend vers 00 en ±∞\pm\infty, la droite d'équation y=x−1y = x - 1 est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty et en −∞-\infty.

3.4 Position de la courbe par rapport à l'asymptote

On étudie le signe de f(x)−(ax+b)f(x) - (ax + b) :

  • là où il est positif, la courbe est au-dessus de l'asymptote ;
  • là où il est négatif, elle est en dessous ;
  • là où il est nul, elles se coupent.

Exemple 6 (suite). f(x)−(x−1)=4x−1f(x) - (x - 1) = \dfrac{4}{x - 1}, du signe de x−1x - 1. Sur ]1 ;+∞[\left]1\,;+\infty\right[, la courbe est au-dessus de l'asymptote ; sur ]−∞ ;1[\left]-\infty\,;1\right[, elle est en dessous. Elle ne la coupe jamais.

Exemple 5 (suite). g(x)−(2x−1)=1x+1g(x) - (2x - 1) = \dfrac{1}{x + 1} : la courbe de gg est au-dessus de DD pour x>−1x > -1, en dessous pour x<−1x < -1.

3.5 Les asymptotes d'une fonction rationnelle

Pour f(x)=p(x)q(x)f(x) = \dfrac{p(x)}{q(x)}, où pp et qq sont des polynômes de degrés au plus 22 :

  • en une racine x0x_0 de qq qui n'annule pas pp, ff tend vers l'infini : la droite x=x0x = x_0 est asymptote verticale ;
  • si pp est de degré strictement plus petit que qq, la droite y=0y = 0 est asymptote horizontale ;
  • si pp et qq ont le même degré, la droite y=coefficient dominant de pcoefficient dominant de qy = \dfrac{\text{coefficient dominant de } p}{\text{coefficient dominant de } q} est asymptote horizontale ;
  • si pp est de degré 22 et qq de degré 11, f(x)f(x) tend vers l'infini en ±∞\pm\infty, et la courbe a une asymptote oblique, que l'on obtient par l'écriture du paragraphe 3.3.

Leçon 4 : Étude complète d'une fonction rationnelle

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Méthode

On applique le plan de la leçon 1, avec trois points d'attention :

  • les valeurs interdites : on étudie les limites à gauche et à droite, et l'on met une double barre dans le tableau ;
  • le signe de f′(x)f'(x) : le dénominateur q(x)2q(x)^2 est strictement positif, donc f′(x)f'(x) a le signe de son numérateur, que l'on factorise ;
  • les asymptotes et la position de la courbe par rapport à elles, que l'on trace avant la courbe.

4.2 Un exemple complet

Exemple 7. On reprend f(x)=x2−2x+5x−1=x−1+4x−1f(x) = \dfrac{x^2 - 2x + 5}{x - 1} = x - 1 + \dfrac{4}{x - 1} (exemple 6).

1. Ensemble de définition. Df=]−∞ ;1[∪]1 ;+∞[D_f = \left]-\infty\,;1\right[ \cup \left]1\,;+\infty\right[.

2. Limites.

  • En ±∞\pm\infty : le quotient des termes de plus haut degré est x2x=x\dfrac{x^2}{x} = x, donc lim⁡x→−∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.
  • En 11 : le numérateur tend vers 1−2+5=41 - 2 + 5 = 4. Si x<1x < 1, x−1x - 1 tend vers 00 en restant négatif : lim⁡x→1−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 1^-} f(x) = -\infty. Si x>1x > 1 : lim⁡x→1+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 1^+} f(x) = +\infty. La droite x=1x = 1 est asymptote verticale.

3. Dérivée. Par la règle du quotient, f′(x)=(2x−2)(x−1)−(x2−2x+5)(x−1)2=x2−2x−3(x−1)2=(x+1)(x−3)(x−1)2.f'(x) = \frac{(2x - 2)(x - 1) - (x^2 - 2x + 5)}{(x - 1)^2} = \frac{x^2 - 2x - 3}{(x - 1)^2} = \frac{(x + 1)(x - 3)}{(x - 1)^2}. On retrouve ce résultat avec l'écriture de l'exemple 6 : f′(x)=1−4(x−1)2=(x−1)2−4(x−1)2f'(x) = 1 - \dfrac{4}{(x - 1)^2} = \dfrac{(x - 1)^2 - 4}{(x - 1)^2}.

4. Signe et tableau. f′(x)f'(x) a le signe de (x+1)(x−3)(x + 1)(x - 3) : positif à l'extérieur de −1-1 et 33, négatif entre eux (sauf en 11, valeur interdite). f(−1)=8−2=−4f(-1) = \dfrac{8}{-2} = -4 et f(3)=82=4f(3) = \dfrac{8}{2} = 4.

xx −∞-\infty −1-1 11 33 +∞+\infty
signe de f′(x)f'(x) ++ 00 −- ‖ −- 00 ++
variations de ff −∞-\infty ↗\nearrow −4-4 ↘\searrow −∞-\infty ‖ +∞+\infty ↘\searrow 44 ↗\nearrow +∞+\infty

ff admet un maximum local −4-4 en −1-1 et un minimum local 44 en 33. Le maximum local est plus petit que le minimum local : ils sont sur deux branches différentes.

5. Asymptotes et position. Asymptote verticale x=1x = 1 ; asymptote oblique y=x−1y = x - 1 en ±∞\pm\infty, la courbe étant au-dessus pour x>1x > 1 et en dessous pour x<1x < 1 (exemple 6).

6. Centre de symétrie. Les asymptotes se coupent en Ω(1 ;0)\Omega(1\,;0). Pour x≠1x \neq 1, 2−x≠12 - x \neq 1 et f(2−x)=(2−x)−1+4(2−x)−1=−(x−1)−4x−1=−f(x),f(2 - x) = (2 - x) - 1 + \frac{4}{(2 - x) - 1} = -(x - 1) - \frac{4}{x - 1} = -f(x), donc f(2−x)+f(x)=0f(2 - x) + f(x) = 0 : Ω(1 ;0)\Omega(1\,;0) est centre de symétrie de Cf\mathcal{C}_f. On aurait pu n'étudier ff que sur ]1 ;+∞[\left]1\,;+\infty\right[ et compléter par symétrie.

7. Points remarquables. f(0)=−5f(0) = -5. Le discriminant de x2−2x+5x^2 - 2x + 5 est −16<0-16 < 0 : la courbe ne coupe pas l'axe des abscisses. Aux points (−1 ;−4)(-1\,;-4) et (3 ;4)(3\,;4), les tangentes sont horizontales.

8. Tracé. On trace les asymptotes x=1x = 1 et y=x−1y = x - 1, on place (−1 ;−4)(-1\,;-4), (3 ;4)(3\,;4), (0 ;−5)(0\,;-5), (2 ;5)(2\,;5), (−3 ;−5)(-3\,;-5) et (5 ;5)(5\,;5), puis on suit le tableau. Branche de gauche : la courbe monte le long de l'asymptote oblique, en dessous, jusqu'à (−1 ;−4)(-1\,;-4), puis plonge vers −∞-\infty le long de x=1x = 1. Branche de droite : elle descend de +∞+\infty jusqu'à (3 ;4)(3\,;4), puis remonte en se rapprochant de l'asymptote oblique, au-dessus.

4.3 Numérateur et dénominateur de degré 2

Exemple 8. Soit f(x)=x2+3x2−1f(x) = \dfrac{x^2 + 3}{x^2 - 1}.

1. Ensemble de définition et parité. x2−1=0x^2 - 1 = 0 pour x=±1x = \pm 1 : Df=R∖{−1 ;1}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-1\,;1\}. Ce domaine est symétrique par rapport à 00 et f(−x)=f(x)f(-x) = f(x) : ff est paire. L'axe des ordonnées est axe de symétrie de la courbe.

2. Limites. En ±∞\pm\infty, x2x2=1\dfrac{x^2}{x^2} = 1 : la droite y=1y = 1 est asymptote horizontale. En 11, le numérateur tend vers 44 ; x2−1=(x−1)(x+1)x^2 - 1 = (x - 1)(x + 1) tend vers 00 en restant négatif si x<1x < 1 (proche de 11), positif si x>1x > 1. Donc lim⁡x→1−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 1^-} f(x) = -\infty et lim⁡x→1+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 1^+} f(x) = +\infty. Par parité, lim⁡x→−1−f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^-} f(x) = +\infty et lim⁡x→−1+f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^+} f(x) = -\infty. Les droites x=1x = 1 et x=−1x = -1 sont asymptotes verticales.

3. Dérivée. f′(x)=2x(x2−1)−2x(x2+3)(x2−1)2=−8x(x2−1)2f'(x) = \dfrac{2x(x^2 - 1) - 2x(x^2 + 3)}{(x^2 - 1)^2} = \dfrac{-8x}{(x^2 - 1)^2}, du signe de −x-x.

xx −∞-\infty −1-1 00 11 +∞+\infty
signe de f′(x)f'(x) ++ ‖ ++ 00 −- ‖ −-
variations de ff 11 ↗\nearrow +∞+\infty ‖ −∞-\infty ↗\nearrow −3-3 ↘\searrow −∞-\infty ‖ +∞+\infty ↘\searrow 11

4. Position. f(x)−1=4x2−1f(x) - 1 = \dfrac{4}{x^2 - 1} : la courbe est au-dessus de l'asymptote y=1y = 1 pour ∣x∣>1\lvert x\rvert > 1, en dessous pour ∣x∣<1\lvert x\rvert < 1. Elle a trois branches.

Leçon 5 : Fonctions irrationnelles

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Ce qu'il faut savoir

Une fonction irrationnelle simple contient une racine carrée ax+b\sqrt{ax + b}.

  • Ensemble de définition : il faut ax+b≥0ax + b \geq 0.
  • Dérivabilité (chapitre 3) : x↦ax+bx \mapsto \sqrt{ax + b} est dérivable là où ax+b>0ax + b > 0, de dérivée a2ax+b\dfrac{a}{2\sqrt{ax + b}}. Là où ax+b=0ax + b = 0, elle n'est pas dérivable : on étudie le taux d'accroissement à droite ou à gauche. S'il tend vers l'infini, la courbe a une demi-tangente verticale en ce point.
  • Limites : on utilise les théorèmes du chapitre 2, et l'expression conjuguée en cas de forme indéterminée.

5.2 Un exemple complet

Exemple 9. Soit f(x)=(x−3)xf(x) = (x - 3)\sqrt{x}.

1. Ensemble de définition. Df=[0 ;+∞[D_f = [0\,;+\infty[.

2. Dérivée. La racine carrée est dérivable sur ]0 ;+∞[\left]0\,;+\infty\right[. Par la règle du produit, pour x>0x > 0 : f′(x)=1×x+(x−3)×12x=2x+x−32x=3(x−1)2x.f'(x) = 1 \times \sqrt x + (x - 3) \times \frac{1}{2\sqrt x} = \frac{2x + x - 3}{2\sqrt x} = \frac{3(x - 1)}{2\sqrt x}. Elle a le signe de x−1x - 1 : ff est strictement décroissante sur [0 ;1][0\,;1], strictement croissante sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[. Le minimum est f(1)=−2f(1) = -2.

3. En 00. Pour x>0x > 0, le taux d'accroissement est f(x)−f(0)x−0=(x−3)xx=x−3x\dfrac{f(x) - f(0)}{x - 0} = \dfrac{(x - 3)\sqrt x}{x} = \dfrac{x - 3}{\sqrt x}. Le numérateur tend vers −3-3 et x\sqrt x tend vers 00 en restant positif : le taux tend vers −∞-\infty. ff n'est pas dérivable en 00, et la courbe a une demi-tangente verticale à l'origine.

4. Limite en +∞+\infty. x−3x - 3 et x\sqrt x tendent vers +∞+\infty, donc lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

xx 00 11 +∞+\infty
signe de f′(x)f'(x) −- 00 ++
variations de ff 00 ↘\searrow −2-2 ↗\nearrow +∞+\infty

5. Points remarquables. f(x)=0f(x) = 0 pour x=0x = 0 ou x=3x = 3. Au point (3 ;0)(3\,;0), la tangente a pour coefficient directeur f′(3)=623=3f'(3) = \dfrac{6}{2\sqrt3} = \sqrt3. On place aussi f(4)=2f(4) = 2.

6. Tracé. La courbe part de l'origine verticalement vers le bas, descend jusqu'à (1 ;−2)(1\,;-2) (tangente horizontale), remonte, coupe l'axe des abscisses en (3 ;0)(3\,;0) et monte vers +∞+\infty.

Exemple 10. Soit g(x)=x3−xg(x) = x\sqrt{3 - x}, définie sur ]−∞ ;3]\left]-\infty\,;3\right] et dérivable sur ]−∞ ;3[\left]-\infty\,;3\right[. Avec la dérivée de x↦3−xx \mapsto \sqrt{3 - x}, qui est −123−x-\dfrac{1}{2\sqrt{3 - x}} : g′(x)=3−x−x23−x=2(3−x)−x23−x=3(2−x)23−x.g'(x) = \sqrt{3 - x} - \frac{x}{2\sqrt{3 - x}} = \frac{2(3 - x) - x}{2\sqrt{3 - x}} = \frac{3(2 - x)}{2\sqrt{3 - x}}. gg croît sur ]−∞ ;2]\left]-\infty\,;2\right] et décroît sur [2 ;3][2\,;3] ; son maximum est g(2)=2g(2) = 2. En 33, pour x<3x < 3, le taux g(x)−g(3)x−3=x3−xx−3=−x3−x\dfrac{g(x) - g(3)}{x - 3} = \dfrac{x\sqrt{3 - x}}{x - 3} = -\dfrac{x}{\sqrt{3 - x}} tend vers −∞-\infty : demi-tangente verticale au point (3 ;0)(3\,;0). En −∞-\infty, xx tend vers −∞-\infty et 3−x\sqrt{3 - x} vers +∞+\infty : gg tend vers −∞-\infty.

Leçon 6 : Fonctions trigonométriques

Voir la vidéo de la leçon 6

Les angles sont en radians. Les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur R\mathbb{R} (chapitre 3), donc continues.

6.1 Cosinus et sinus

Elles sont définies sur R\mathbb{R} et périodiques de période 2π2\pi ; cosinus est paire, sinus est impaire (chapitre 1). On les étudie donc sur [0 ;π][0\,;\pi], on complète sur [−π ;π][-\pi\,;\pi] par symétrie, puis sur R\mathbb{R} par des translations de vecteurs 2kπ i⃗2k\pi\,\vec i (kk entier).

Exemple 11.

  • Cosinus. cos⁡′(x)=−sin⁡x\cos'(x) = -\sin x. Sur ]0 ;π[\left]0\,;\pi\right[, sin⁡x>0\sin x > 0, donc cos⁡′<0\cos' < 0 : cosinus est strictement décroissante sur [0 ;π][0\,;\pi], de cos⁡0=1\cos 0 = 1 à cos⁡π=−1\cos \pi = -1, en passant par cos⁡π2=0\cos\dfrac\pi2 = 0.
  • Sinus. sin⁡′(x)=cos⁡x\sin'(x) = \cos x, positif sur [0 ;π2[\left[0\,;\dfrac\pi2\right[ et négatif sur ]π2 ;π]\left]\dfrac\pi2\,;\pi\right] : sinus croît de 00 à 11 sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac\pi2\right], puis décroît de 11 à 00 sur [π2 ;π]\left[\dfrac\pi2\,;\pi\right].
xx 00 π2\dfrac\pi2 π\pi
signe de cos⁡′(x)=−sin⁡x\cos'(x) = -\sin x 00 −- −- −- 00
variations de cos⁡\cos 11 ↘\searrow 00 ↘\searrow −1-1
signe de sin⁡′(x)=cos⁡x\sin'(x) = \cos x ++ 00 −-
variations de sin⁡\sin 00 ↗\nearrow 11 ↘\searrow 00

On trace la courbe sur [0 ;π][0\,;\pi], puis son symétrique par rapport à l'axe des ordonnées (cosinus) ou par rapport à l'origine (sinus), puis on la recopie tous les 2π2\pi. La tangente à la courbe du sinus à l'origine est la droite y=xy = x.

6.2 La fonction tangente

tan⁡x=sin⁡xcos⁡x\tan x = \dfrac{\sin x}{\cos x} est définie là où cos⁡x≠0\cos x \neq 0, c'est-à-dire sur D=R∖{π2+kπ, k∈Z}D = \mathbb{R} \setminus \left\{\dfrac\pi2 + k\pi,\ k \in \mathbb{Z}\right\}.

  • Période π\pi. Pour x∈Dx \in D, x+π∈Dx + \pi \in D et tan⁡(x+π)=−sin⁡x−cos⁡x=tan⁡x\tan(x + \pi) = \dfrac{-\sin x}{-\cos x} = \tan x.
  • Imparité. tan⁡(−x)=−sin⁡xcos⁡x=−tan⁡x\tan(-x) = \dfrac{-\sin x}{\cos x} = -\tan x.
  • Dérivée (chapitre 3) : tan⁡′(x)=1+tan⁡2x=1cos⁡2x>0\tan'(x) = 1 + \tan^2 x = \dfrac{1}{\cos^2 x} > 0. Tangente est strictement croissante sur chaque intervalle ]−π2+kπ ;π2+kπ[\left]-\dfrac\pi2 + k\pi\,;\dfrac\pi2 + k\pi\right[.
  • Limite en π2\dfrac\pi2. Quand xx tend vers π2\dfrac\pi2 par la gauche, sin⁡x\sin x tend vers 11 et cos⁡x\cos x tend vers 00 en restant positif : lim⁡x→π2−tan⁡x=+∞\displaystyle\lim_{x \to \frac\pi2^-} \tan x = +\infty. La droite x=π2x = \dfrac\pi2 est asymptote verticale.

Exemple 12. On étudie tangente sur [0 ;π2[\left[0\,;\dfrac\pi2\right[ : elle croît de tan⁡0=0\tan 0 = 0 vers +∞+\infty, en passant par tan⁡π4=1\tan\dfrac\pi4 = 1. Sa tangente à l'origine a pour coefficient directeur tan⁡′(0)=1\tan'(0) = 1 : c'est la droite y=xy = x. Par imparité, on complète sur ]−π2 ;π2[\left]-\dfrac\pi2\,;\dfrac\pi2\right[, où tangente croît de −∞-\infty à +∞+\infty ; puis on recopie la courbe tous les π\pi. Les droites x=π2+kπx = \dfrac\pi2 + k\pi sont asymptotes verticales.

xx −π2-\dfrac\pi2 00 π2\dfrac\pi2
signe de tan⁡′(x)\tan'(x) ‖ ++ ++ ++ ‖
variations de tan⁡\tan ‖ −∞-\infty ↗\nearrow 00 ↗\nearrow +∞+\infty ‖

6.3 Composées d'une fonction circulaire et d'une fonction affine

Pour a≠0a \neq 0, les fonctions x↦sin⁡(ax+b)x \mapsto \sin(ax + b) et x↦cos⁡(ax+b)x \mapsto \cos(ax + b) sont dérivables sur R\mathbb{R}, de dérivées acos⁡(ax+b)a\cos(ax + b) et −asin⁡(ax+b)-a\sin(ax + b) (chapitre 3). Elles sont périodiques de période 2π∣a∣\dfrac{2\pi}{\lvert a\rvert} : par exemple, sin⁡(a(x+2πa)+b)=sin⁡(ax+b+2π)=sin⁡(ax+b)\sin\big(a(x + \frac{2\pi}{a}) + b\big) = \sin(ax + b + 2\pi) = \sin(ax + b).

Exemple 13. Soit f(x)=sin⁡2xf(x) = \sin 2x.

1. Période. f(x+π)=sin⁡(2x+2π)=sin⁡2xf(x + \pi) = \sin(2x + 2\pi) = \sin 2x : ff est périodique de période π\pi. On l'étudie sur [0 ;π][0\,;\pi].

2. Dérivée. f′(x)=2cos⁡2xf'(x) = 2\cos 2x. Pour x∈[0 ;π]x \in [0\,;\pi], 2x∈[0 ;2π]2x \in [0\,;2\pi], et cos⁡2x>0\cos 2x > 0 quand 2x∈[0 ;π2[∪]3π2 ;2π]2x \in \left[0\,;\dfrac\pi2\right[ \cup \left]\dfrac{3\pi}2\,;2\pi\right], c'est-à-dire x∈[0 ;π4[∪]3π4 ;π]x \in \left[0\,;\dfrac\pi4\right[ \cup \left]\dfrac{3\pi}4\,;\pi\right]. Sur ]π4 ;3π4[\left]\dfrac\pi4\,;\dfrac{3\pi}4\right[, cos⁡2x<0\cos 2x < 0.

xx 00 π4\dfrac\pi4 3π4\dfrac{3\pi}4 π\pi
signe de f′(x)f'(x) ++ 00 −- 00 ++
variations de ff 00 ↗\nearrow 11 ↘\searrow −1-1 ↗\nearrow 00

3. Tracé. La courbe passe par (0 ;0)(0\,;0), (π4 ;1)\left(\dfrac\pi4\,;1\right), (π2 ;0)\left(\dfrac\pi2\,;0\right), (3π4 ;−1)\left(\dfrac{3\pi}4\,;-1\right) et (π ;0)(\pi\,;0), avec des tangentes horizontales au maximum et au minimum. Sa tangente à l'origine est la droite y=2xy = 2x, car f′(0)=2f'(0) = 2. On recopie l'arc tous les π\pi : la courbe ressemble à celle du sinus, mais deux fois plus serrée.

Remarque. On peut aussi réduire l'étude avec la parité : sin⁡2x\sin 2x est impaire, donc l'étude sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac\pi2\right] suffit, complétée par symétrie par rapport à l'origine et par périodicité.

Leçon 7 : Résolutions graphiques et discussionS2 · S4

Voir la vidéo de la leçon 7

Le programme S2-S4 demande d'utiliser la courbe pour résoudre des équations f(x)=g(x)f(x) = g(x), des inéquations f(x)>g(x)f(x) > g(x), et de discuter une équation f(x)=mf(x) = m selon le paramètre mm.

7.1 Équation f(x)=g(x)f(x) = g(x), inéquation f(x)>g(x)f(x) > g(x)

  • Les solutions de f(x)=g(x)f(x) = g(x) sont les abscisses des points d'intersection de Cf\mathcal{C}_f et Cg\mathcal{C}_g.
  • Les solutions de f(x)>g(x)f(x) > g(x) sont les abscisses des points de Cf\mathcal{C}_f situés strictement au-dessus de Cg\mathcal{C}_g.

La lecture graphique donne souvent des valeurs approchées ; quand c'est possible, on confirme par le calcul.

Exemple 14. Soit f(x)=x3−3x2+2f(x) = x^3 - 3x^2 + 2 (leçon 1) et g(x)=2−2xg(x) = 2 - 2x, dont la courbe est une droite Δ\Delta.

  • Lecture. Δ\Delta coupe Cf\mathcal{C}_f en trois points : (0 ;2)(0\,;2), (1 ;0)(1\,;0) et (2 ;−2)(2\,;-2). Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de Δ\Delta entre 00 et 11, et après 22.
  • Calcul. f(x)−g(x)=x3−3x2+2x=x(x−1)(x−2)f(x) - g(x) = x^3 - 3x^2 + 2x = x(x - 1)(x - 2). Un tableau de signes donne : f(x)=g(x)f(x) = g(x) pour x∈{0 ;1 ;2}x \in \{0\,;1\,;2\}, et f(x)>g(x)f(x) > g(x) pour x∈]0 ;1[∪]2 ;+∞[x \in \left]0\,;1\right[ \cup \left]2\,;+\infty\right[.

7.2 Discuter une équation f(x)=mf(x) = m

Le nombre de solutions de f(x)=mf(x) = m est le nombre de points d'intersection de Cf\mathcal{C}_f avec la droite horizontale DmD_m d'équation y=my = m. On fait glisser DmD_m de bas en haut, et l'on compte les points d'intersection ; les valeurs de mm où ce nombre change sont les extremums et les limites lus dans le tableau de variations.

Exemple 15. Avec f(x)=x3−3x2+2f(x) = x^3 - 3x^2 + 2, dont le tableau de variations est : −∞↗2↘−2↗+∞-\infty \nearrow 2 \searrow -2 \nearrow +\infty (leçon 1).

Valeur de mm m<−2m < -2 m=−2m = -2 −2<m<2-2 < m < 2 m=2m = 2 m>2m > 2
Nombre de solutions de f(x)=mf(x) = m 11 22 33 22 11

Par exemple, pour m=2m = 2 : f(x)=2f(x) = 2 équivaut à x3−3x2=0x^3 - 3x^2 = 0, soit x2(x−3)=0x^2(x - 3) = 0, d'où les deux solutions 00 et 33. Pour m=−2m = -2 : x3−3x2+4=(x+1)(x−2)2=0x^3 - 3x^2 + 4 = (x + 1)(x - 2)^2 = 0, d'où −1-1 et 22.

Exemple 16. Avec f(x)=x2−2x+5x−1f(x) = \dfrac{x^2 - 2x + 5}{x - 1} (leçon 4), de tableau −∞↗−4↘−∞-\infty \nearrow -4 \searrow -\infty ‖ +∞↘4↗+∞+\infty \searrow 4 \nearrow +\infty : l'équation f(x)=mf(x) = m a deux solutions si m<−4m < -4 ou m>4m > 4, une seule si m=−4m = -4 ou m=4m = 4, et aucune si −4<m<4-4 < m < 4.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Plan d'étude : ensemble de définition (et d'étude), limites et asymptotes, dérivée factorisée, signe, tableau de variations, points remarquables (axes, tangentes, symétrie, position), puis tracé en suivant le tableau.
  2. Polynômes de degré 22 ou 33 : pas d'asymptote ; la courbe d'un polynôme de degré 33 a un centre de symétrie, donné dans l'énoncé ; une dérivée qui s'annule sans changer de signe ne donne pas d'extremum.
  3. Homographiques ax+bcx+d\dfrac{ax + b}{cx + d} : f′(x)=ad−bc(cx+d)2f'(x) = \dfrac{ad - bc}{(cx + d)^2}, de signe constant ; asymptotes x=−dcx = -\dfrac{d}{c} et y=acy = \dfrac{a}{c}, qui se coupent au centre de symétrie.
  4. Asymptote oblique : f(x)=ax+b+r(x)f(x) = ax + b + r(x) avec lim⁡r(x)=0\lim r(x) = 0 en +∞+\infty ou en −∞-\infty. La position de la courbe se lit sur le signe de f(x)−(ax+b)f(x) - (ax + b).
  5. Rationnelles : double barre aux valeurs interdites ; le signe de f′(x)f'(x) est celui de son numérateur ; asymptotes tracées avant la courbe.
  6. Irrationnelles : ensemble de définition ax+b≥0ax + b \geq 0 ; là où la racine s'annule, taux d'accroissement, et demi-tangente verticale s'il tend vers l'infini.
  7. Trigonométriques : sinus et cosinus de période 2π2\pi, tangente de période π\pi, avec les asymptotes x=π2+kπx = \dfrac\pi2 + k\pi ; x↦sin⁡(ax+b)x \mapsto \sin(ax + b) et x↦cos⁡(ax+b)x \mapsto \cos(ax + b) ont pour période 2π∣a∣\dfrac{2\pi}{\lvert a\rvert}. On réduit l'étude avec la période et la parité.
  8. S2 · S4 f(x)=g(x)f(x) = g(x) : abscisses des points d'intersection ; f(x)>g(x)f(x) > g(x) : Cf\mathcal{C}_f au-dessus de Cg\mathcal{C}_g ; f(x)=mf(x) = m : intersections avec la droite y=my = m, nombre de solutions lu dans le tableau de variations.
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