Ce chapitre est la synthèse des trois précédents. Le chapitre 1 a donné les symétries, les fonctions associées et les composées ; le chapitre 2, les limites et les asymptotes horizontales et verticales ; le chapitre 3, la dérivée, le tableau de variations et les extremums. On les rassemble ici pour étudier complètement une fonction et tracer sa courbe, famille par famille, comme le demande le programme : fonctions polynômes de degré au plus 3, fonctions homographiques, fonctions rationnelles dont le numérateur et le dénominateur ont des degrés au plus égaux à 2, fonctions irrationnelles simples et fonctions trigonométriques. Une seule notion est nouvelle : l'asymptote oblique.
Dans tout le chapitre, f est une fonction numérique d'ensemble de définition Df, et Cf sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O;i,j), sauf indication contraire.
Pour étudier une fonction f et tracer sa courbe, on suit toujours le même plan.
Ensemble de définitionDf. Si f est paire, impaire, périodique, ou si sa courbe a un élément de symétrie donné, on peut réduire l'ensemble d'étude (chapitre 1).
Limites aux bornes de Df (et à gauche et à droite d'une valeur interdite). On en déduit les asymptotes (chapitre 2, et leçon 3 pour les asymptotes obliques).
Dérivée : ensemble de dérivabilité, calcul de f′(x), puis factorisation (chapitre 3).
Signe de f′(x) et tableau de variations, avec les extremums et les limites.
Points et droites remarquables : intersections de Cf avec les axes, tangentes utiles (horizontales, ou en un point demandé), centre ou axe de symétrie (donné dans l'énoncé), position de la courbe par rapport à une asymptote.
Tracé : d'abord les asymptotes, puis les points remarquables avec leurs tangentes, enfin la courbe, en suivant le tableau de variations de gauche à droite.
Le tableau de variations est le résumé de l'étude : la courbe doit lui obéir. Quand elle monte dans le tableau, elle monte sur le dessin ; une double barre signale une valeur interdite, où la courbe est coupée.
1.2 Polynômes du second degré
Exemple 1. Soit f(x)=−x2+2x+3, définie sur R.
Limites. Par le terme de plus haut degré, f(x) tend vers −∞ en −∞ et en +∞.
Dérivée.f′(x)=−2x+2=−2(x−1) : positive pour x<1, négative pour x>1. Le maximum est f(1)=4.
x
−∞
1
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
variations de f
−∞
↗
4
↘
−∞
Axe de symétrie. Pour tout réel x, f(2−x)=−(2−x)2+2(2−x)+3=−x2+2x+3=f(x) : la droite d'équation x=1 est un axe de symétrie de la parabole (chapitre 1).
Intersections avec les axes.f(x)=0 équivaut à x2−2x−3=0, soit (x+1)(x−3)=0 : la courbe coupe l'axe des abscisses en (−1;0) et (3;0). Elle coupe l'axe des ordonnées en (0;3).
Pour un trinôme ax2+bx+c (a=0), la dérivée 2ax+b s'annule en changeant de signe en −2ab : la courbe est une parabole d'axe x=−2ab, tournée vers le bas si a<0, vers le haut si a>0. On le savait déjà par la forme canonique (Seconde et chapitre 1).
1.3 Polynômes du troisième degré
Exemple 2 (étude complète). Soit f(x)=x3−3x2+2, définie sur R. On a vu au chapitre 1 (exemple 14) que Ω(1;0) est un centre de symétrie de sa courbe. Étudions-la complètement.
1. Limites. Par le terme de plus haut degré, x→−∞limf(x)=x→−∞limx3=−∞ et x→+∞limf(x)=+∞.
2. Dérivée.f est un polynôme, dérivable sur R, et f′(x)=3x2−6x=3x(x−2). Ce trinôme est positif à l'extérieur de ses racines 0 et 2, négatif entre elles.
3. Tableau de variations.f(0)=2 et f(2)=8−12+2=−2.
x
−∞
0
2
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
0
+
variations de f
−∞
↗
2
↘
−2
↗
+∞
f admet un maximum local 2 en 0 et un minimum local −2 en 2 ; en ces deux points, la tangente est horizontale.
4. Centre de symétrie. Pour tout réel x, f(2−x)=(2−x)3−3(2−x)2+2=−x3+3x2−2=−f(x), donc f(2−x)+f(x)=0=2×0 : le point Ω(1;0) est centre de symétrie de Cf. La tangente en Ω a pour coefficient directeur f′(1)=−3 ; son équation est y=−3(x−1), soit y=−3x+3.
5. Intersections avec les axes.f(0)=2 : la courbe coupe l'axe des ordonnées en (0;2). Comme f(1)=0, on factorise par x−1 : x3−3x2+2=(x−1)(x2−2x−2). Le trinôme x2−2x−2 a pour discriminant 12 et pour racines 1−3 et 1+3. La courbe coupe l'axe des abscisses en trois points, d'abscisses 1−3≈−0,73, 1 et 1+3≈2,73.
6. Tracé. On place les points (0;2) et (2;−2) avec leurs tangentes horizontales, le point Ω(1;0) avec sa tangente, et deux points de plus : f(−1)=−2 et f(3)=2. Puis on trace en suivant le tableau : la courbe monte jusqu'à (0;2), descend jusqu'à (2;−2) en passant par Ω, puis remonte.
Remarques.
La courbe d'un polynôme de degré 3 n'a pas d'asymptote : ses limites en ±∞ sont infinies, et elle n'a pas de valeur interdite.
Le centre de symétrie est donné dans l'énoncé ou suggéré par une question : on ne le cherche pas au hasard.
Exemple 3 (une dérivée qui s'annule sans changer de signe). Soit g(x)=x3−3x2+3x. On a g′(x)=3x2−6x+3=3(x−1)2, qui s'annule en 1sans changer de signe. En développant, on vérifie que g(x)=(x−1)3+1 : la courbe de g est celle de la fonction cube, translatée du vecteur u(1;1) (chapitre 1). La fonction cube étant strictement croissante, g est strictement croissante sur R : elle n'a pas d'extremum. Au point (1;1), la tangente est horizontale et la courbe la traverse.
Une fonction homographique s'écrit f(x)=cx+dax+b, avec c=0 et ad−bc=0 (sinon f est constante là où elle est définie). Elle est définie sur R∖{−cd}.
2.2 Dérivée
Par la règle du quotient, sur chaque intervalle de Df :
f′(x)=(cx+d)2a(cx+d)−c(ax+b)=(cx+d)2ad−bc.
Le dénominateur est strictement positif : f′(x) a le signe de ad−bc, qui ne change pas.
Si ad−bc>0, f est strictement croissante sur chacun des deux intervalles de Df.
Si ad−bc<0, f est strictement décroissante sur chacun des deux intervalles.
Une fonction homographique n'a donc pas d'extremum. Attention : elle est monotone sur chacun des intervalles, pas sur leur réunion.
2.3 Asymptotes et centre de symétrie
En ±∞, f(x) a la limite du quotient des termes de plus haut degré, cxax=ca : la droite d'équation y=ca est asymptote horizontale.
En −cd, le dénominateur tend vers 0 et le numérateur vers un nombre non nul (car ad−bc=0) : f tend vers l'infini, et la droite d'équation x=−cd est asymptote verticale.
Le point d'intersection des deux asymptotes, Ω(−cd;ca), est centre de symétrie de la courbe. C'est une hyperbole, image de celle de x↦xk par une translation (chapitre 1, leçon 4).
Exemple 4 (étude complète). Soit f(x)=x+12x−1.
1. Ensemble de définition.x+1=0 pour x=−1 : Df=R∖{−1}=]−∞;−1[∪]−1;+∞[.
2. Limites et asymptotes.
En ±∞ : x2x=2, donc x→±∞limf(x)=2. La droite d'équation y=2 est asymptote horizontale.
En −1 : le numérateur tend vers −3. Si x<−1, x+1 tend vers 0 en restant négatif, donc x→−1−limf(x)=+∞ ; si x>−1, x→−1+limf(x)=−∞. La droite d'équation x=−1 est asymptote verticale.
3. Dérivée.f′(x)=(x+1)22(x+1)−(2x−1)=(x+1)23>0 : f est strictement croissante sur ]−∞;−1[ et sur ]−1;+∞[.
x
−∞
−1
+∞
signe de f′(x)
+
‖
+
variations de f
2
↗
+∞ ‖ −∞
↗
2
4. Position par rapport à l'asymptote horizontale.f(x)−2=x+12x−1−2(x+1)=x+1−3. Pour x<−1, f(x)−2>0 : la courbe est au-dessus de la droite y=2. Pour x>−1, elle est en dessous.
5. Centre de symétrie. Les asymptotes se coupent en Ω(−1;2). Vérifions : si x=−1, alors −2−x=−1, et f(x)=2−x+13 donne f(−2−x)=2−−1−x3=2+x+13. Donc f(−2−x)+f(x)=4=2×2 : Ω(−1;2) est centre de symétrie.
6. Points remarquables.f(x)=0 pour x=21 : la courbe coupe l'axe des abscisses en (21;0). f(0)=−1 : elle coupe l'axe des ordonnées en (0;−1), où la tangente a pour coefficient directeur f′(0)=3 ; son équation est y=3x−1.
7. Tracé. On trace les deux asymptotes, on place Ω, les points (0;−1) et (21;0), et par exemple f(2)=1, f(−2)=5 et f(−4)=3. La branche de droite monte de −∞ vers 2 en restant sous l'asymptote y=2 ; la branche de gauche, symétrique par rapport à Ω, monte de 2 vers +∞ au-dessus de cette asymptote.
Définition. Soit a et b deux réels. On dit que la droite D d'équation y=ax+b est asymptote à la courbe Cf en +∞ si f(x) peut s'écrire
f(x)=ax+b+r(x)aveclimx→+∞r(x)=0.
On définit de même une asymptote en −∞. Si a=0, on parle d'asymptote oblique.
C'est la formulation des deux programmes. Elle revient à dire que x→+∞lim[f(x)−(ax+b)]=0.
Interprétation. Pour un réel x, soit M(x;f(x)) le point de la courbe et P(x;ax+b) le point de la droite de même abscisse. La distance verticale MP=∣f(x)−(ax+b)∣=∣r(x)∣ tend vers 0 : la courbe se rapproche de la droite autant que l'on veut.
Le cas a=0 redonne l'asymptote horizontale y=b du chapitre 2.
3.2 Justifier qu'une droite donnée est asymptote
Méthode. On calcule f(x)−(ax+b), on le simplifie, puis on montre que sa limite est 0.
Exemple 5. Soit g(x)=x+12x2+x, définie sur R∖{−1}, et D la droite d'équation y=2x−1. Pour x=−1 :
g(x)−(2x−1)=x+12x2+x−(2x−1)(x+1)=x+12x2+x−(2x2+x−1)=x+11.
Comme x→±∞limx+11=0, la droite D est asymptote oblique à la courbe de g en +∞ et en −∞.
3.3 Écrire f(x)=ax+b+x−dc
Pour une fonction rationnelle dont le numérateur est de degré 2 et le dénominateur de degré 1, l'énoncé demande souvent de trouver des réels a, b, c tels que f(x)=ax+b+x−dc. On réduit au même dénominateur et on identifie les coefficients.
Exemple 6. Soit f(x)=x−1x2−2x+5, définie sur R∖{1}. Cherchons a, b, c tels que f(x)=ax+b+x−1c.
On a ax+b+x−1c=x−1(ax+b)(x−1)+c=x−1ax2+(b−a)x+c−b. On identifie avec x2−2x+5 : a=1, b−a=−2, c−b=5, d'où a=1, b=−1, c=4 :
f(x)=x−1+x−14.
Comme x−14 tend vers 0 en ±∞, la droite d'équation y=x−1 est asymptote oblique à Cf en +∞ et en −∞.
3.4 Position de la courbe par rapport à l'asymptote
On étudie le signe de f(x)−(ax+b) :
là où il est positif, la courbe est au-dessus de l'asymptote ;
là où il est négatif, elle est en dessous ;
là où il est nul, elles se coupent.
Exemple 6 (suite).f(x)−(x−1)=x−14, du signe de x−1. Sur ]1;+∞[, la courbe est au-dessus de l'asymptote ; sur ]−∞;1[, elle est en dessous. Elle ne la coupe jamais.
Exemple 5 (suite).g(x)−(2x−1)=x+11 : la courbe de g est au-dessus de D pour x>−1, en dessous pour x<−1.
3.5 Les asymptotes d'une fonction rationnelle
Pour f(x)=q(x)p(x), où p et q sont des polynômes de degrés au plus 2 :
en une racine x0 de q qui n'annule pas p, f tend vers l'infini : la droite x=x0 est asymptote verticale ;
si p est de degré strictement plus petit que q, la droite y=0 est asymptote horizontale ;
si p et q ont le même degré, la droite y=coefficient dominant de qcoefficient dominant de p est asymptote horizontale ;
si p est de degré 2 et q de degré 1, f(x) tend vers l'infini en ±∞, et la courbe a une asymptote oblique, que l'on obtient par l'écriture du paragraphe 3.3.
Leçon 4 : Étude complète d'une fonction rationnelle
On applique le plan de la leçon 1, avec trois points d'attention :
les valeurs interdites : on étudie les limites à gauche et à droite, et l'on met une double barre dans le tableau ;
le signe de f′(x) : le dénominateur q(x)2 est strictement positif, donc f′(x) a le signe de son numérateur, que l'on factorise ;
les asymptotes et la position de la courbe par rapport à elles, que l'on trace avant la courbe.
4.2 Un exemple complet
Exemple 7. On reprend f(x)=x−1x2−2x+5=x−1+x−14 (exemple 6).
1. Ensemble de définition.Df=]−∞;1[∪]1;+∞[.
2. Limites.
En ±∞ : le quotient des termes de plus haut degré est xx2=x, donc x→−∞limf(x)=−∞ et x→+∞limf(x)=+∞.
En 1 : le numérateur tend vers 1−2+5=4. Si x<1, x−1 tend vers 0 en restant négatif : x→1−limf(x)=−∞. Si x>1 : x→1+limf(x)=+∞. La droite x=1 est asymptote verticale.
3. Dérivée. Par la règle du quotient,
f′(x)=(x−1)2(2x−2)(x−1)−(x2−2x+5)=(x−1)2x2−2x−3=(x−1)2(x+1)(x−3).
On retrouve ce résultat avec l'écriture de l'exemple 6 : f′(x)=1−(x−1)24=(x−1)2(x−1)2−4.
4. Signe et tableau.f′(x) a le signe de (x+1)(x−3) : positif à l'extérieur de −1 et 3, négatif entre eux (sauf en 1, valeur interdite). f(−1)=−28=−4 et f(3)=28=4.
x
−∞
−1
1
3
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
‖
−
0
+
variations de f
−∞
↗
−4
↘
−∞ ‖ +∞
↘
4
↗
+∞
f admet un maximum local −4 en −1 et un minimum local 4 en 3. Le maximum local est plus petit que le minimum local : ils sont sur deux branches différentes.
5. Asymptotes et position. Asymptote verticale x=1 ; asymptote oblique y=x−1 en ±∞, la courbe étant au-dessus pour x>1 et en dessous pour x<1 (exemple 6).
6. Centre de symétrie. Les asymptotes se coupent en Ω(1;0). Pour x=1, 2−x=1 et
f(2−x)=(2−x)−1+(2−x)−14=−(x−1)−x−14=−f(x),
donc f(2−x)+f(x)=0 : Ω(1;0) est centre de symétrie de Cf. On aurait pu n'étudier f que sur ]1;+∞[ et compléter par symétrie.
7. Points remarquables.f(0)=−5. Le discriminant de x2−2x+5 est −16<0 : la courbe ne coupe pas l'axe des abscisses. Aux points (−1;−4) et (3;4), les tangentes sont horizontales.
8. Tracé. On trace les asymptotes x=1 et y=x−1, on place (−1;−4), (3;4), (0;−5), (2;5), (−3;−5) et (5;5), puis on suit le tableau. Branche de gauche : la courbe monte le long de l'asymptote oblique, en dessous, jusqu'à (−1;−4), puis plonge vers −∞ le long de x=1. Branche de droite : elle descend de +∞ jusqu'à (3;4), puis remonte en se rapprochant de l'asymptote oblique, au-dessus.
4.3 Numérateur et dénominateur de degré 2
Exemple 8. Soit f(x)=x2−1x2+3.
1. Ensemble de définition et parité.x2−1=0 pour x=±1 : Df=R∖{−1;1}. Ce domaine est symétrique par rapport à 0 et f(−x)=f(x) : f est paire. L'axe des ordonnées est axe de symétrie de la courbe.
2. Limites. En ±∞, x2x2=1 : la droite y=1 est asymptote horizontale. En 1, le numérateur tend vers 4 ; x2−1=(x−1)(x+1) tend vers 0 en restant négatif si x<1 (proche de 1), positif si x>1. Donc x→1−limf(x)=−∞ et x→1+limf(x)=+∞. Par parité, x→−1−limf(x)=+∞ et x→−1+limf(x)=−∞. Les droites x=1 et x=−1 sont asymptotes verticales.
3. Dérivée.f′(x)=(x2−1)22x(x2−1)−2x(x2+3)=(x2−1)2−8x, du signe de −x.
x
−∞
−1
0
1
+∞
signe de f′(x)
+
‖
+
0
−
‖
−
variations de f
1
↗
+∞ ‖ −∞
↗
−3
↘
−∞ ‖ +∞
↘
1
4. Position.f(x)−1=x2−14 : la courbe est au-dessus de l'asymptote y=1 pour ∣x∣>1, en dessous pour ∣x∣<1. Elle a trois branches.
Une fonction irrationnelle simple contient une racine carrée ax+b.
Ensemble de définition : il faut ax+b≥0.
Dérivabilité (chapitre 3) : x↦ax+b est dérivable là où ax+b>0, de dérivée 2ax+ba. Là où ax+b=0, elle n'est pas dérivable : on étudie le taux d'accroissement à droite ou à gauche. S'il tend vers l'infini, la courbe a une demi-tangente verticale en ce point.
Limites : on utilise les théorèmes du chapitre 2, et l'expression conjuguée en cas de forme indéterminée.
5.2 Un exemple complet
Exemple 9. Soit f(x)=(x−3)x.
1. Ensemble de définition.Df=[0;+∞[.
2. Dérivée. La racine carrée est dérivable sur ]0;+∞[. Par la règle du produit, pour x>0 :
f′(x)=1×x+(x−3)×2x1=2x2x+x−3=2x3(x−1).
Elle a le signe de x−1 : f est strictement décroissante sur [0;1], strictement croissante sur [1;+∞[. Le minimum est f(1)=−2.
3. En 0. Pour x>0, le taux d'accroissement est x−0f(x)−f(0)=x(x−3)x=xx−3. Le numérateur tend vers −3 et x tend vers 0 en restant positif : le taux tend vers −∞. f n'est pas dérivable en 0, et la courbe a une demi-tangente verticale à l'origine.
4. Limite en +∞.x−3 et x tendent vers +∞, donc x→+∞limf(x)=+∞.
x
0
1
+∞
signe de f′(x)
−
0
+
variations de f
0
↘
−2
↗
+∞
5. Points remarquables.f(x)=0 pour x=0 ou x=3. Au point (3;0), la tangente a pour coefficient directeur f′(3)=236=3. On place aussi f(4)=2.
6. Tracé. La courbe part de l'origine verticalement vers le bas, descend jusqu'à (1;−2) (tangente horizontale), remonte, coupe l'axe des abscisses en (3;0) et monte vers +∞.
Exemple 10. Soit g(x)=x3−x, définie sur ]−∞;3] et dérivable sur ]−∞;3[. Avec la dérivée de x↦3−x, qui est −23−x1 :
g′(x)=3−x−23−xx=23−x2(3−x)−x=23−x3(2−x).g croît sur ]−∞;2] et décroît sur [2;3] ; son maximum est g(2)=2. En 3, pour x<3, le taux x−3g(x)−g(3)=x−3x3−x=−3−xx tend vers −∞ : demi-tangente verticale au point (3;0). En −∞, x tend vers −∞ et 3−x vers +∞ : g tend vers −∞.
Les angles sont en radians. Les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur R (chapitre 3), donc continues.
6.1 Cosinus et sinus
Elles sont définies sur R et périodiques de période 2π ; cosinus est paire, sinus est impaire (chapitre 1). On les étudie donc sur [0;π], on complète sur [−π;π] par symétrie, puis sur R par des translations de vecteurs 2kπi (k entier).
Exemple 11.
Cosinus.cos′(x)=−sinx. Sur ]0;π[, sinx>0, donc cos′<0 : cosinus est strictement décroissante sur [0;π], de cos0=1 à cosπ=−1, en passant par cos2π=0.
Sinus.sin′(x)=cosx, positif sur [0;2π[ et négatif sur ]2π;π] : sinus croît de 0 à 1 sur [0;2π], puis décroît de 1 à 0 sur [2π;π].
x
0
2π
π
signe de cos′(x)=−sinx
0
−
−
−
0
variations de cos
1
↘
0
↘
−1
signe de sin′(x)=cosx
+
0
−
variations de sin
0
↗
1
↘
0
On trace la courbe sur [0;π], puis son symétrique par rapport à l'axe des ordonnées (cosinus) ou par rapport à l'origine (sinus), puis on la recopie tous les 2π. La tangente à la courbe du sinus à l'origine est la droite y=x.
6.2 La fonction tangente
tanx=cosxsinx est définie là où cosx=0, c'est-à-dire sur D=R∖{2π+kπ,k∈Z}.
Période π. Pour x∈D, x+π∈D et tan(x+π)=−cosx−sinx=tanx.
Imparité.tan(−x)=cosx−sinx=−tanx.
Dérivée (chapitre 3) : tan′(x)=1+tan2x=cos2x1>0. Tangente est strictement croissante sur chaque intervalle ]−2π+kπ;2π+kπ[.
Limite en 2π. Quand x tend vers 2π par la gauche, sinx tend vers 1 et cosx tend vers 0 en restant positif : x→2π−limtanx=+∞. La droite x=2π est asymptote verticale.
Exemple 12. On étudie tangente sur [0;2π[ : elle croît de tan0=0 vers +∞, en passant par tan4π=1. Sa tangente à l'origine a pour coefficient directeur tan′(0)=1 : c'est la droite y=x. Par imparité, on complète sur ]−2π;2π[, où tangente croît de −∞ à +∞ ; puis on recopie la courbe tous les π. Les droites x=2π+kπ sont asymptotes verticales.
x
−2π
0
2π
signe de tan′(x)
‖
+
+
+
‖
variations de tan
‖ −∞
↗
0
↗
+∞ ‖
6.3 Composées d'une fonction circulaire et d'une fonction affine
Pour a=0, les fonctions x↦sin(ax+b) et x↦cos(ax+b) sont dérivables sur R, de dérivées acos(ax+b) et −asin(ax+b) (chapitre 3). Elles sont périodiques de période ∣a∣2π : par exemple, sin(a(x+a2π)+b)=sin(ax+b+2π)=sin(ax+b).
Exemple 13. Soit f(x)=sin2x.
1. Période.f(x+π)=sin(2x+2π)=sin2x : f est périodique de période π. On l'étudie sur [0;π].
2. Dérivée.f′(x)=2cos2x. Pour x∈[0;π], 2x∈[0;2π], et cos2x>0 quand 2x∈[0;2π[∪]23π;2π], c'est-à-dire x∈[0;4π[∪]43π;π]. Sur ]4π;43π[, cos2x<0.
x
0
4π
43π
π
signe de f′(x)
+
0
−
0
+
variations de f
0
↗
1
↘
−1
↗
0
3. Tracé. La courbe passe par (0;0), (4π;1), (2π;0), (43π;−1) et (π;0), avec des tangentes horizontales au maximum et au minimum. Sa tangente à l'origine est la droite y=2x, car f′(0)=2. On recopie l'arc tous les π : la courbe ressemble à celle du sinus, mais deux fois plus serrée.
Remarque. On peut aussi réduire l'étude avec la parité : sin2x est impaire, donc l'étude sur [0;2π] suffit, complétée par symétrie par rapport à l'origine et par périodicité.
Leçon 7 : Résolutions graphiques et discussionS2 · S4
Le programme S2-S4 demande d'utiliser la courbe pour résoudre des équations f(x)=g(x), des inéquations f(x)>g(x), et de discuter une équation f(x)=m selon le paramètre m.
7.1 Équation f(x)=g(x), inéquation f(x)>g(x)
Les solutions de f(x)=g(x) sont les abscisses des points d'intersection de Cf et Cg.
Les solutions de f(x)>g(x) sont les abscisses des points de Cf situés strictement au-dessus de Cg.
La lecture graphique donne souvent des valeurs approchées ; quand c'est possible, on confirme par le calcul.
Exemple 14. Soit f(x)=x3−3x2+2 (leçon 1) et g(x)=2−2x, dont la courbe est une droite Δ.
Lecture.Δ coupe Cf en trois points : (0;2), (1;0) et (2;−2). Cf est au-dessus de Δ entre 0 et 1, et après 2.
Calcul.f(x)−g(x)=x3−3x2+2x=x(x−1)(x−2). Un tableau de signes donne : f(x)=g(x) pour x∈{0;1;2}, et f(x)>g(x) pour x∈]0;1[∪]2;+∞[.
7.2 Discuter une équation f(x)=m
Le nombre de solutions de f(x)=m est le nombre de points d'intersection de Cf avec la droite horizontaleDm d'équation y=m. On fait glisser Dm de bas en haut, et l'on compte les points d'intersection ; les valeurs de m où ce nombre change sont les extremums et les limites lus dans le tableau de variations.
Exemple 15. Avec f(x)=x3−3x2+2, dont le tableau de variations est : −∞↗2↘−2↗+∞ (leçon 1).
Valeur de m
m<−2
m=−2
−2<m<2
m=2
m>2
Nombre de solutions de f(x)=m
1
2
3
2
1
Par exemple, pour m=2 : f(x)=2 équivaut à x3−3x2=0, soit x2(x−3)=0, d'où les deux solutions 0 et 3. Pour m=−2 : x3−3x2+4=(x+1)(x−2)2=0, d'où −1 et 2.
Exemple 16. Avec f(x)=x−1x2−2x+5 (leçon 4), de tableau −∞↗−4↘−∞ ‖ +∞↘4↗+∞ : l'équation f(x)=m a deux solutions si m<−4 ou m>4, une seule si m=−4 ou m=4, et aucune si −4<m<4.
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Plan d'étude : ensemble de définition (et d'étude), limites et asymptotes, dérivée factorisée, signe, tableau de variations, points remarquables (axes, tangentes, symétrie, position), puis tracé en suivant le tableau.
Polynômes de degré 2 ou 3 : pas d'asymptote ; la courbe d'un polynôme de degré 3 a un centre de symétrie, donné dans l'énoncé ; une dérivée qui s'annule sans changer de signe ne donne pas d'extremum.
Homographiquescx+dax+b : f′(x)=(cx+d)2ad−bc, de signe constant ; asymptotes x=−cd et y=ca, qui se coupent au centre de symétrie.
Asymptote oblique : f(x)=ax+b+r(x) avec limr(x)=0 en +∞ ou en −∞. La position de la courbe se lit sur le signe de f(x)−(ax+b).
Rationnelles : double barre aux valeurs interdites ; le signe de f′(x) est celui de son numérateur ; asymptotes tracées avant la courbe.
Irrationnelles : ensemble de définition ax+b≥0 ; là où la racine s'annule, taux d'accroissement, et demi-tangente verticale s'il tend vers l'infini.
Trigonométriques : sinus et cosinus de période 2π, tangente de période π, avec les asymptotes x=2π+kπ ; x↦sin(ax+b) et x↦cos(ax+b) ont pour période ∣a∣2π. On réduit l'étude avec la période et la parité.
S2 · S4f(x)=g(x) : abscisses des points d'intersection ; f(x)>g(x) : Cf au-dessus de Cg ; f(x)=m : intersections avec la droite y=m, nombre de solutions lu dans le tableau de variations.
Tu es hors connexion. Les chapitres téléchargés restent disponibles dans Hors connexion.