Programme de S2 Version pour les séries S2, S4, S2A et S5.
On utilise les acquis de Seconde (moyenne, variance, écart-type, notation ∑), ceux de Première S2 (série à deux variables, nuage de points, point moyen, ajustement à main levée, méthode de Mayer) et le minimum d'un trinôme du second degré.
Données. Toutes les séries de ce chapitre sont des données simplifiées : elles ont été inventées pour l'apprentissage, dans des situations réelles (pluie et agriculture, pêche, population, physique). Ce ne sont pas des statistiques officielles.
Calculatrice. En mode statistique, la calculatrice donne directement les moyennes, les écarts-types, le coefficient de corrélation et les coefficients de la droite de régression. Il faut cependant savoir les calculer avec un tableau et écrire les formules utilisées.
Leçon 1 : Séries à deux variables, nuage de points et point moyen
On étudie en même temps deux caractères quantitatifs, notés x et y, sur une même population de n individus. Chaque individu numéro i fournit un couple(xi;yi). La liste des n couples est une série statistique à deux variables (ou série double).
Exemple 1 (données simplifiées). Dans une zone du bassin arachidier, on a relevé pendant six saisons la hauteur de pluie x, en centaines de millimètres, et le rendement d'arachide y, en quintaux par hectare (1 quintal =100 kg). Les saisons sont rangées par hauteur de pluie croissante.
Saison i
1
2
3
4
5
6
Pluie xi (centaines de mm)
3
4
6
7
7
9
Rendement yi (q/ha)
6
8
8
10
9
13
Le couple (3;6) signifie : 300 mm de pluie, et un rendement de 6 quintaux par hectare. Deux questions guident le chapitre : le rendement dépend-il de la pluie ? Peut-on prévoir le rendement d'une saison à 800 mm ?
1.2 Nuage de points
Dans un repère orthogonal, l'ensemble des points Mi(xi;yi) est le nuage de points de la série.
Dans l'exemple 1, le nuage monte de gauche à droite et il a une forme allongée : quand il pleut davantage, le rendement a tendance à augmenter. Les points ne sont pas alignés, mais ils restent proches d'une droite.
1.3 Point moyen
Définition. Le point moyen du nuage est le point G(x;y), où
x=n1∑i=1nxiety=n1∑i=1nyi.
Exemple 1 (suite).∑xi=3+4+6+7+7+9=36, donc x=636=6. ∑yi=54, donc y=654=9. Le point moyen est G(6;9).
1.4 Variance et écart-type (rappels de Seconde)
Définition. La variance de la série x et son écart-type sont
V(x)=n1∑i=1n(xi−x)2etσx=V(x).
La variance est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne : elle mesure la dispersion des valeurs. On définit de même V(y) et σy.
Formule de calcul.V(x)=n1∑i=1nxi2−x2.
Démonstration. On développe (xi−x)2=xi2−2xxi+x2, puis on fait la moyenne :
V(x)=n1∑xi2−2x×n1∑xi+x2=n1∑xi2−2x2+x2=n1∑xi2−x2.
Exemple 1 (suite).∑xi2=9+16+36+49+49+81=240, donc V(x)=6240−62=40−36=4 et σx=2.
∑yi2=36+64+64+100+81+169=514, donc V(y)=6514−92=314≈4,67 et σy=314≈2,16.
1.5 Ajuster le nuage par une droite
Quand le nuage a une forme allongée, on cherche une droite qui passe « au plus près » des points : c'est un ajustement affine. En Première, on l'a tracée à main levée, ou par la méthode de Mayer. Ces méthodes dépendent de celui qui trace, ou de la façon de partager le nuage. Cette année, on apprend la méthode des moindres carrés : elle donne, par le calcul, une seule droite, qui servira à faire des prévisions.
Les droites passant par G, parallèles aux axes, partagent le plan en quatre zones. Pour un point Mi, on regarde le produit des écarts (xi−x)(yi−y) :
il est positif si Mi est en haut à droite de G (deux écarts positifs) ou en bas à gauche (deux écarts négatifs) ;
il est négatif dans les deux autres zones.
2.2 Définition
Définition. La covariance de x et de y est la moyenne des produits des écarts :
cov(x,y)=n1∑i=1n(xi−x)(yi−y).
Signe. Si la plupart des points sont dans les zones où le produit est positif, la covariance est positive : le nuage « monte ». Si elle est négative, le nuage « descend ». On remarque que cov(x,x)=V(x).
2.3 Formule de calcul
Théorème 1.cov(x,y)=n1∑i=1nxiyi−xy.
Démonstration.(xi−x)(yi−y)=xiyi−yxi−xyi+xy. En faisant la moyenne, et comme n1∑xi=x et n1∑yi=y :
cov(x,y)=n1∑xiyi−yx−xy+xy=n1∑xiyi−xy.
Exemple 2. Covariance de la série de l'exemple 1, de deux façons.
Par la définition. Avec x=6 et y=9 :
xi
3
4
6
7
7
9
Total
yi
6
8
8
10
9
13
xi−x
−3
−2
0
1
1
3
yi−y
−3
−1
−1
1
0
4
produit
9
2
0
1
0
12
24
Donc cov(x,y)=624=4.
Par le théorème 1.∑xiyi=18+32+48+70+63+117=348, donc cov(x,y)=6348−6×9=58−54=4.
La covariance est positive : le nuage monte.
Exemple 3 (données simplifiées). Sur un quai de pêche artisanale, on relève pendant cinq jours la quantité de poisson débarquée x, en tonnes, et le prix moyen du kilo y, en centaines de francs CFA.
xi (t)
2
4
5
6
8
yi (centaines de F CFA)
11
7
7
5
5
x=525=5, y=535=7, ∑xiyi=22+28+35+30+40=155, donc
cov(x,y)=5155−5×7=31−35=−4.
La covariance est négative : les jours où il y a plus de poisson, le prix est plus bas.
2.4 Organiser les calculs
On présente les calculs dans un tableau à cinq lignes : xi, yi, xi2, yi2, xiyi, avec une colonne des totaux. Pour l'exemple 1 :
xi
3
4
6
7
7
9
36
yi
6
8
8
10
9
13
54
xi2
9
16
36
49
49
81
240
yi2
36
64
64
100
81
169
514
xiyi
18
32
48
70
63
117
348
Les totaux donnent tout le reste : x=6, y=9, V(x)=4, V(y)=314, cov(x,y)=4.
Remarque (changement d'origine ou d'unité). Si ui=αxi+β et vi=γyi+δ (α, β, γ, δ réels), alors ui−u=α(xi−x) et vi−v=γ(yi−y), d'où
u=αx+β,V(u)=α2V(x),cov(u,v)=αγcov(x,y).
On s'en sert pour simplifier les calculs, par exemple en remplaçant une année par son rang (exercices 2 et 4).
Soit D une droite d'équation y=ax+b. Pour chaque point Mi(xi;yi), on note Pi(xi;axi+b) le point de D qui a la même abscisse. L'écart vertical (ou résidu) est
ei=yi−(axi+b).
Il est positif si Mi est au-dessus de D, négatif s'il est au-dessous. Pour que les écarts ne se compensent pas, on les élève au carré et on les additionne :
S(a,b)=∑i=1nei2=∑i=1n(yi−axi−b)2.
Plus S(a,b) est petit, plus la droite est proche des points. La méthode des moindres carrés consiste à choisir a et b pour que S(a,b) soit minimal.
3.2 Le théorème
Théorème 2. On suppose V(x)=0 (les xi ne sont pas tous égaux). Il existe une seule droite qui rend S(a,b) minimal. On l'appelle la droite de régression de y en x, notée Dy/x. Son équation est y=ax+b, avec
a=V(x)cov(x,y)etb=y−ax.
L'égalité y=ax+b signifie que Dy/x passe par le point moyen G. La somme des écarts ei est alors nulle.
3.3 Démonstration
Elle ne fait pas partie des compétences exigibles, mais elle explique les formules. Elle n'utilise que le second degré.
Étape 1 : la pente a est fixée, on cherche le meilleur b. On pose ci=yi−axi. Alors
S(a,b)=∑(ci−b)2=nb2−2b∑ci+∑ci2.
C'est un trinôme en b, de coefficient n>0 : il est minimal pour b=n1∑ci=y−ax. Quelle que soit sa pente, la meilleure droite passe donc par G.
Étape 2 : la droite passe par G, on cherche a. Avec b=y−ax, chaque écart s'écrit ei=(yi−y)−a(xi−x). En développant les carrés et en faisant la somme :
S=n[V(y)−2acov(x,y)+a2V(x)].
C'est un trinôme en a, de coefficient nV(x)>0 : il est minimal pour a=V(x)cov(x,y).
Pour toute droite, S(a,b)≥S(a,y−ax)≥Smin, et l'égalité n'a lieu que pour les valeurs de a et b du théorème. En remplaçant a par sa valeur, on obtient la valeur du minimum :
Smin=n[V(y)−V(x)cov(x,y)2].
3.4 Exemples
Exemple 4. Droite de régression de y en x pour l'exemple 1.
a=V(x)cov(x,y)=44=1 et b=y−ax=9−1×6=3. Donc Dy/x : y=x+3.
Vérification : G(6;9) est sur la droite, car 6+3=9.
Écarts : 6−6=0, 8−7=1, 8−9=−1, 10−10=0, 9−10=−1, 13−12=1. Leur somme est nulle et Smin=0+1+1+0+1+1=4. On retrouve 6[314−442]=4.
Comparaison : la droite horizontale y=9, qui passe aussi par G, donne S=9+1+1+1+0+16=28.
Prévision : pour une saison à 800 mm, x=8 et y=8+3=11 : on peut prévoir un rendement d'environ 11 quintaux par hectare.
Exemple 5. Pour l'exemple 3 (pêche), V(x)=5145−25=4, donc a=4−4=−1 et b=7−(−1)×5=12 : Dy/x : y=−x+12. Un jour où l'on débarque 3 tonnes, on peut estimer le prix à 9 centaines de francs CFA, soit 900 F CFA le kilo.
Leçon 4 : Droite de régression de x en y, coefficient de corrélation linéaire
On échange les rôles de x et de y : on cherche une droite d'équation x=a′y+b′ qui rend minimale la somme des carrés des écarts horizontaux, ∑(xi−a′yi−b′)2. Le même raisonnement donne :
Théorème 3. On suppose V(y)=0. La droite de régression de x en y, notée Dx/y, a pour équation x=a′y+b′, avec
a′=V(y)cov(x,y)etb′=x−a′y.
Elle passe aussi par le point moyen G. Les deux droites de régression se coupent donc en G.
Exemple 6. Pour l'exemple 1, V(y)=314, donc a′=14/34=1412=76 et b′=6−76×9=−712.
Dx/y : x=76y−712. Résolue en y : 7x=6y−12, soit y=67x+2.
Les deux droites y=x+3 et y=67x+2 se coupent bien en G(6;9). Elles sont proches, mais distinctes.
4.2 Le coefficient de corrélation linéaire
Définition. On suppose σx=0 et σy=0. Le coefficient de corrélation linéaire de la série est
r=σxσycov(x,y).
Il a le signe de la covariance, donc le même signe que a et a′.
Exemple 7. Pour l'exemple 1 : r=2×3144=3142=742≈0,926.
Pour l'exemple 3 (pêche) : V(y)=5269−49=524 et r=24,8−4≈−0,913.
4.3 Propriétés
Théorème 4.
r2=aa′.
−1≤r≤1.
r=1 ou r=−1 si et seulement si tous les points du nuage sont alignés. Les deux droites de régression sont alors confondues.
D'après la leçon 3, Smin=n[V(y)−V(x)cov(x,y)2]=nV(y)(1−r2). Une somme de carrés est positive ou nulle et V(y)>0, donc 1−r2≥0, c'est-à-dire r2≤1.
r2=1 si et seulement si Smin=0, c'est-à-dire si tous les écarts ei sont nuls : tous les points sont sur Dy/x. Dans ce cas a′=a1, et Dx/y, qui passe aussi par G, s'écrit y=ax+b : c'est la même droite.
Exemple 7 (suite).aa′=1×76=76 et r2=4942=76. De plus nV(y)(1−r2)=6×314×71=4 : c'est bien Smin (exemple 4).
4.4 Interpréter le coefficient de corrélation
Le signe : r>0 quand x et y varient plutôt dans le même sens, r<0 quand ils varient plutôt en sens contraires.
∣r∣ proche de 1 : les points sont proches d'une droite. La corrélation linéaire est forte et un ajustement affine est justifié. Dans l'exemple 1, r≈0,926 ; dans l'exemple 3, r≈−0,913.
∣r∣ proche de 0 : la corrélation linéaire est faible, et un ajustement affine n'a pas beaucoup de sens.
Aucun seuil n'est fixé par le programme. Si un énoncé en donne un, on l'applique ; sinon, on interprète la valeur de ∣r∣.
Attention : r ne mesure qu'une tendance linéaire.
Exemple 8. La série xi=1,2,3,4,5,6,7 et yi=8,2;4,2;1,8;1;1,8;4,2;8,2 a ses points sur la parabole d'équation y=0,8(x−4)2+1. Ici x=4, et les écarts xi−4 sont opposés deux à deux pour des valeurs de y égales, donc cov(x,y)=0 et r=0. Il n'y a aucune corrélation linéaire, et pourtant y dépend entièrement de x.
Leçon 5 : Série donnée par un tableau à double entrée
Quand la population est grande, plusieurs individus ont les mêmes valeurs. Si x prend les valeurs x1,…,xp et y les valeurs y1,…,yq, on note nij le nombre d'individus qui ont à la fois la valeur xi et la valeur yj. On range ces effectifs dans un tableau à double entrée. L'effectif total est N=∑i∑jnij.
Exemple 9 (données simplifiées). Sur 40 parcelles de mil, on a relevé la dose d'engrais x, en sacs par hectare, et le rendement y, en quintaux par hectare.
y \ x
1
2
3
Total
6
8
2
0
10
8
2
16
2
20
10
0
2
8
10
Total
10
20
10
40
Par exemple, 16 parcelles ont reçu 2 sacs par hectare et ont donné 8 quintaux par hectare.
5.2 Séries marginales (rappel de Première)
Le total de la colonne xi, noté ni∙, est le nombre d'individus pour lesquels x=xi ; les couples (xi;ni∙) forment la série marginale de x. De même, les totaux des lignes n∙j donnent la série marginale de y. Les moyennes et les variances se calculent sur ces séries, avec les effectifs :
x=N1∑ini∙xi,V(x)=N1∑ini∙xi2−x2,
et de même pour y.
Exemple 9 (suite).
Série marginale de x : 1, 2, 3 avec les effectifs 10, 20, 10. x=4010+40+30=4080=2 et V(x)=4010+80+90−4=4,5−4=0,5.
Série marginale de y : 6, 8, 10 avec les effectifs 10, 20, 10. y=40320=8 et V(y)=40360+1280+1000−64=66−64=2.
Le point moyen est G(2;8).
5.3 Séries conditionnelles (rappel de Première)
Une colonne seule décrit la série conditionnelle de y sachant x=xi : la répartition de y parmi les seuls individus pour lesquels x=xi. La fréquence conditionnelle de yj est ni∙nij. On définit de même, avec une ligne, la série conditionnelle de x sachant y=yj.
Exemple 9 (suite). Parmi les 10 parcelles qui ont reçu 3 sacs, les rendements 6, 8, 10 ont les effectifs 0, 2, 8, donc les fréquences conditionnelles 0%, 20% et 80%. Le rendement moyen de ces parcelles est 100×6+2×8+8×10=9,6 quintaux par hectare.
5.4 Covariance et droites de régression
Chaque case compte autant de fois que son effectif :
cov(x,y)=N1∑i∑jnijxiyj−xy.
Le coefficient de corrélation et les droites de régression se calculent ensuite avec les mêmes formules qu'aux leçons 3 et 4.
Exemple 9 (suite). On calcule nijxiyj case par case :
y \ x
1
2
3
Total
6
8×1×6=48
2×2×6=24
0
72
8
2×1×8=16
16×2×8=256
2×3×8=48
320
10
0
2×2×10=40
8×3×10=240
280
Le total vaut 672, donc cov(x,y)=40672−2×8=16,8−16=0,8.
r=0,5×20,8=10,8=0,8 : la corrélation est positive et assez forte.
Dy/x : a=0,50,8=1,6 et b=8−1,6×2=4,8, donc y=1,6x+4,8.
Dx/y : a′=20,8=0,4 et b′=2−0,4×8=−1,2, donc x=0,4y−1,2. On vérifie que aa′=0,64=r2.
Avec 2,5 sacs par hectare, on estime le rendement à 1,6×2,5+4,8=8,8 quintaux par hectare.
Calculer r et l'interpréter : si ∣r∣ est proche de 1, un ajustement affine est justifié.
Déterminer la droite de régression utile.
Faire l'estimation demandée.
Porter un regard critique sur le résultat.
Exemple 10 (données simplifiées). Population d'une commune, en milliers d'habitants. Pour simplifier, chaque année est remplacée par son rang x.
Année
2019
2020
2021
2022
2023
Rang xi
1
2
3
4
5
Population yi (milliers)
42,5
44,6
47,2
49,8
51,9
Le nuage est presque aligné sur une droite qui monte.
x=3, y=5236=47,2, V(x)=2, V(y)=11,54 ; ∑xiyi=732, donc cov(x,y)=5732−3×47,2=146,4−141,6=4,8.
r=2×11,544,8≈0,999 : r est très proche de 1, l'ajustement affine est justifié.
a=24,8=2,4 et b=47,2−2,4×3=40 : Dy/x : y=2,4x+40.
Estimation pour 2030 : le rang est 12, et y=2,4×12+40=68,8. Si la tendance se maintient, la commune compterait environ 68800 habitants en 2030.
6.2 Interpolation et extrapolation
Si la valeur de x utilisée est comprise entre la plus petite et la plus grande valeur observée, on fait une interpolation.
Si elle est en dehors, on fait une extrapolation : on suppose que la tendance observée continue, ce que rien ne garantit. Plus on s'éloigne des valeurs observées, moins l'estimation est fiable.
Dans l'exemple 10, 2030 est sept ans après la dernière observation : c'est une extrapolation, à prendre avec prudence. Autre exemple : pour des enfants de 2 à 12 ans (exercice 1), la taille augmente presque régulièrement avec l'âge, et la droite de régression est y=6,5x+75 (en cm). À 30 ans, elle prévoirait 6,5×30+75=270 cm : absurde, car la croissance s'arrête.
6.3 Quelle droite utiliser ?
Pour estimer y connaissant x, on utilise la droite de régression de y en x.
Pour estimer x connaissant y, on utilise la droite de régression de x en y.
Si l'énoncé impose une droite, on utilise celle-là.
Exemple 11. Retour à l'exemple 1.
Rendement attendu pour 800 mm : avec Dy/x, y=8+3=11 quintaux par hectare.
Pluie correspondant à un rendement de 12 quintaux : avec Dx/y, x=76×12−712=760≈8,57, soit environ 857 mm.
Avec Dy/x, on aurait trouvé x+3=12, soit x=9 (900 mm). Les deux droites ne donnent pas la même réponse, car r=±1.
6.4 Corrélation n'est pas causalité
Une forte corrélation montre que deux caractères varient ensemble ; elle ne prouve pas que l'un est la cause de l'autre. Par exemple, dans une ville, les ventes de ventilateurs et les ventes de glaces augmentent pendant les mêmes mois : les deux dépendent de la chaleur, et les ventilateurs ne font pas vendre les glaces. De même, deux grandeurs qui augmentent toutes les deux avec le temps sont fortement corrélées, sans lien de cause à effet entre elles.
Remarque (changement de variable). Quand le nuage n'a pas une forme allongée selon une droite, un énoncé peut proposer un changement de variable, par exemple z=lny. On applique alors la méthode à la série (xi;zi), puis on revient à y (exercice 12).
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Une série à deux variables est formée de n couples (xi;yi), représentés par un nuage de points. Son point moyen est G(x;y).
V(x)=n1∑xi2−x2 et σx=V(x).
cov(x,y)=n1∑(xi−x)(yi−y)=n1∑xiyi−xy. Positive, le nuage monte ; négative, il descend.
Moindres carrés. La droite de régression de y en x rend minimale la somme des carrés des écarts verticaux : y=ax+b avec a=V(x)cov(x,y) et b=y−ax.
La droite de régression de x en y : x=a′y+b′ avec a′=V(y)cov(x,y) et b′=x−a′y. Les deux droites passent par G.
r=σxσycov(x,y), −1≤r≤1, r2=aa′. Plus ∣r∣ est proche de 1, plus l'ajustement affine est justifié. r ne mesure qu'une tendance linéaire.
Tableau à double entrée : les totaux donnent les séries marginales ; cov(x,y)=N1∑∑nijxiyj−xy.
Prévisions : y connaissant x avec Dy/x, x connaissant y avec Dx/y, sauf si l'énoncé impose une droite. Prudence en cas d'extrapolation. Une corrélation ne prouve pas une causalité.
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