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Chapitre 7 · Cours écrit

Complexes et similitudes

Programme de S1 Version pour les séries S1, S3 et S1A.

Les nombres complexes sont la seule vraie nouveauté de l'algèbre de Terminale. On utilise librement ce qui a été vu en Seconde et en Première : vecteurs et repères, angles orientés et leurs mesures, cercle trigonométrique, formules d'addition et de duplication, équations du second degré dans R\mathbb{R}, binôme de Newton et triangle de Pascal, translations, homothéties et rotations.

Dans tout le chapitre, le plan est muni d'un repère orthonormé direct (O ;u⃗,v⃗)(O\,;\vec u, \vec v).

Leçon 1 : Forme algébrique et conjugué

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Un peu d'histoire

Les ensembles de nombres se sont agrandis pour résoudre des équations qui n'avaient pas de solution : x+1=0x + 1 = 0 n'a pas de solution dans N\mathbb{N}, mais en a une dans Z\mathbb{Z} ; 2x=12x = 1 en a une dans Q\mathbb{Q} ; x2=2x^2 = 2 en a dans R\mathbb{R}. On obtient ainsi N⊂Z⊂D⊂Q⊂R.\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}. Mais x2=−1x^2 = -1 n'a toujours pas de solution réelle, puisqu'un carré est positif.

Au XVIe siècle, des algébristes italiens (Cardan, puis Bombelli) calculent avec des « racines carrées de nombres négatifs » pour résoudre des équations du troisième degré, sans savoir ce qu'elles représentent. Euler introduit la notation ii à la fin du XVIIIe siècle. Au début du XIXe siècle, Argand et Gauss représentent ces nombres par les points d'un plan : ils deviennent des outils pour la trigonométrie et la géométrie. C'est ce que ce chapitre va montrer.

1.2 Définition

Définition (existence admise). Il existe un ensemble noté C\mathbb{C}, appelé ensemble des nombres complexes, qui possède les propriétés suivantes :

  • C\mathbb{C} contient R\mathbb{R} ;
  • C\mathbb{C} est muni d'une addition et d'une multiplication qui prolongent celles de R\mathbb{R} et qui suivent les mêmes règles de calcul (commutativité, associativité, distributivité) ;
  • C\mathbb{C} contient un nombre ii tel que i2=−1i^2 = -1 ;
  • tout nombre complexe zz s'écrit de façon unique z=a+ibz = a + ib, avec aa et bb réels.

Vocabulaire.

  • L'écriture z=a+ibz = a + ib (aa, bb réels) est la forme algébrique de zz.
  • aa est la partie réelle de zz, notée Re(z)\mathrm{Re}(z) ; bb est la partie imaginaire de zz, notée Im(z)\mathrm{Im}(z). Ce sont deux réels : pour z=2−3iz = 2 - 3i, Im(z)=−3\mathrm{Im}(z) = -3, et non −3i-3i.
  • zz est réel si b=0b = 0 ; zz est imaginaire pur si a=0a = 0. Le nombre 00 est à la fois réel et imaginaire pur.

Égalité. Par unicité de l'écriture : a+ib=a′+ib′  ⟺  a=a′a + ib = a' + ib' \iff a = a' et b=b′b = b'. En particulier, a+ib=0  ⟺  a=0a + ib = 0 \iff a = 0 et b=0b = 0.

S1 · S3 · S1A Structure de corps. Comme dans R\mathbb{R}, l'addition et la multiplication de C\mathbb{C} sont commutatives et associatives, la multiplication est distributive sur l'addition, 00 et 11 sont les éléments neutres, tout complexe zz a un opposé −z-z, et tout complexe non nul a un inverse (paragraphe 1.5). On dit que (C,+,×)(\mathbb{C}, +, \times) est un corps commutatif.

1.3 Calculs dans C\mathbb{C}

On calcule comme avec des réels, en remplaçant i2i^2 par −1-1. Pour z=a+ibz = a + ib et z′=a′+ib′z' = a' + ib' : z+z′=(a+a′)+i(b+b′)z z′=(aa′−bb′)+i(ab′+a′b).z + z' = (a + a') + i(b + b') \qquad z\,z' = (aa' - bb') + i(ab' + a'b).

Les puissances de ii se répètent de quatre en quatre : i2=−1i^2 = -1, i3=−ii^3 = -i, i4=1i^4 = 1, i5=ii^5 = i…

Les identités remarquables restent vraies : (a+ib)2=a2−b2+2iab(a + ib)^2 = a^2 - b^2 + 2iab et (a+ib)(a−ib)=a2+b2(a + ib)(a - ib) = a^2 + b^2.

Exemple 1. Avec z1=2+3iz_1 = 2 + 3i et z2=1−iz_2 = 1 - i :

  • z1+z2=3+2iz_1 + z_2 = 3 + 2i ;
  • z1z2=2−2i+3i−3i2=2+i+3=5+iz_1 z_2 = 2 - 2i + 3i - 3i^2 = 2 + i + 3 = 5 + i ;
  • (1+2i)2=1+4i+4i2=−3+4i(1 + 2i)^2 = 1 + 4i + 4i^2 = -3 + 4i et (1+i)2=1+2i−1=2i(1 + i)^2 = 1 + 2i - 1 = 2i.

Produit nul. Comme dans R\mathbb{R}, un produit de complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul : z z′=0  ⟺  z=0z\,z' = 0 \iff z = 0 ou z′=0z' = 0.

1.4 Le conjugué

Définition. Le conjugué de z=a+ibz = a + ib est le nombre complexe z‾=a−ib\overline{z} = a - ib.

Propriétés immédiates. Pour z=a+ibz = a + ib : z+z‾=2a=2 Re(z)z−z‾=2ib=2i Im(z)z z‾=a2+b2.z + \overline{z} = 2a = 2\,\mathrm{Re}(z) \qquad z - \overline{z} = 2ib = 2i\,\mathrm{Im}(z) \qquad z\,\overline{z} = a^2 + b^2. Le produit z z‾z\,\overline{z} est donc un réel positif, nul seulement si z=0z = 0. On en déduit :

  • zz est réel   ⟺  z‾=z\iff \overline{z} = z ;
  • zz est imaginaire pur   ⟺  z‾=−z\iff \overline{z} = -z.

Propriétés de calcul. Pour tous complexes zz et z′z', et tout entier naturel nn : z‾‾=zz+z′‾=z‾+z′‾z z′‾=z‾  z′‾zn‾=z‾ n\overline{\overline{z}} = z \qquad \overline{z + z'} = \overline{z} + \overline{z'} \qquad \overline{z\,z'} = \overline{z}\;\overline{z'} \qquad \overline{z^n} = \overline{z}^{\,n} et, si z′≠0z' \neq 0 : (1z′)‾=1z′‾(zz′)‾=z‾z′‾.\overline{\left(\frac{1}{z'}\right)} = \frac{1}{\overline{z'}} \qquad \overline{\left(\frac{z}{z'}\right)} = \frac{\overline{z}}{\overline{z'}}.

Démonstration pour le produit. z z′=(aa′−bb′)+i(ab′+a′b)z\,z' = (aa' - bb') + i(ab' + a'b), donc z z′‾=(aa′−bb′)−i(ab′+a′b)\overline{z\,z'} = (aa' - bb') - i(ab' + a'b). Et z‾  z′‾=(a−ib)(a′−ib′)=(aa′−bb′)−i(ab′+a′b)\overline{z}\;\overline{z'} = (a - ib)(a' - ib') = (aa' - bb') - i(ab' + a'b) : c'est le même nombre. La propriété des puissances s'en déduit par récurrence.

1.5 Inverse et quotient

Propriété. Tout complexe z=a+ibz = a + ib non nul a un inverse : 1z=z‾z z‾=a−iba2+b2.\frac{1}{z} = \frac{\overline{z}}{z\,\overline{z}} = \frac{a - ib}{a^2 + b^2}.

Méthode. Pour écrire un quotient sous forme algébrique, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur : le dénominateur devient un réel.

Exemple 2. 1i=−ii×(−i)=−i1=−i\dfrac{1}{i} = \dfrac{-i}{i \times (-i)} = \dfrac{-i}{1} = -i.

Exemple 3. 3+i1−2i=(3+i)(1+2i)(1−2i)(1+2i)=3+6i+i+2i21+4=1+7i5=15+75 i.\dfrac{3 + i}{1 - 2i} = \dfrac{(3 + i)(1 + 2i)}{(1 - 2i)(1 + 2i)} = \dfrac{3 + 6i + i + 2i^2}{1 + 4} = \dfrac{1 + 7i}{5} = \dfrac15 + \dfrac75\,i.

1.6 Équations du premier degré

Exemple 4. Résoudre (1+i)z=3−i(1 + i)z = 3 - i.

z=3−i1+i=(3−i)(1−i)(1+i)(1−i)=3−3i−i+i22=2−4i2=1−2i.z = \dfrac{3 - i}{1 + i} = \dfrac{(3 - i)(1 - i)}{(1 + i)(1 - i)} = \dfrac{3 - 3i - i + i^2}{2} = \dfrac{2 - 4i}{2} = 1 - 2i.

Exemple 5 (équation avec z‾\overline{z}). Résoudre 2z+i z‾=32z + i\,\overline{z} = 3.

On ne peut pas isoler zz directement. On pose z=x+iyz = x + iy, avec xx et yy réels : z‾=x−iy\overline{z} = x - iy et 2z+i z‾=2x+2iy+ix−i2y=(2x+y)+i(x+2y).2z + i\,\overline{z} = 2x + 2iy + ix - i^2y = (2x + y) + i(x + 2y). Par identification des parties réelles et imaginaires : 2x+y=32x + y = 3 et x+2y=0x + 2y = 0. D'où x=2x = 2, y=−1y = -1, et z=2−iz = 2 - i.

Vérification : 2(2−i)+i(2+i)=4−2i+2i−1=32(2 - i) + i(2 + i) = 4 - 2i + 2i - 1 = 3.

Leçon 2 : Le plan complexe, module et argument

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Représentation géométrique

À tout nombre complexe z=a+ibz = a + ib, on associe le point M(a ;b)M(a\,;b) et le vecteur w⃗(a ;b)\vec w(a\,;b).

  • MM est l'image du complexe zz, et zz est l'affixe du point MM ; on écrit M(z)M(z).
  • zz est aussi l'affixe du vecteur w⃗\vec w.
  • L'axe des abscisses est l'axe réel, l'axe des ordonnées l'axe imaginaire. Le plan muni de cette correspondance s'appelle le plan complexe.

Propriétés. Pour deux points A(zA)A(z_A) et B(zB)B(z_B) :

  • le vecteur AB→\overrightarrow{AB} a pour affixe zB−zAz_B - z_A ;
  • le milieu II de [AB][AB] a pour affixe zI=zA+zB2z_I = \dfrac{z_A + z_B}{2} ;
  • si w⃗\vec w et \vec w\,' ont pour affixes zz et z′z', alors \vec w + \vec w\,' a pour affixe z+z′z + z', et kw⃗k\vec w a pour affixe kzkz pour tout réel kk.

Symétries. L'image de z‾\overline{z} est la symétrique de M(z)M(z) par rapport à l'axe réel ; l'image de −z-z est la symétrique de MM par rapport à OO.

Exemple 1. A(1+i)A(1 + i) et B(4+5i)B(4 + 5i). Le vecteur AB→\overrightarrow{AB} a pour affixe zB−zA=3+4iz_B - z_A = 3 + 4i, et le milieu de [AB][AB] a pour affixe 5+6i2=52+3i\dfrac{5 + 6i}{2} = \dfrac52 + 3i.

2.2 Le module

Définition. Le module de z=a+ibz = a + ib est le réel positif ∣z∣=a2+b2=z z‾.|z| = \sqrt{a^2 + b^2} = \sqrt{z\,\overline{z}}. Si MM est l'image de zz, alors ∣z∣=OM|z| = OM : le module est une distance.

Conséquence. Pour deux points AA et BB : AB=∣zB−zA∣.AB = |z_B - z_A|.

Exemple 2. ∣3+4i∣=9+16=5|3 + 4i| = \sqrt{9 + 16} = 5, ∣1−i∣=2|1 - i| = \sqrt2, ∣−2i∣=2|-2i| = 2. Pour un réel xx, le module est la valeur absolue : ∣−3∣=3|-3| = 3. Avec les points de l'exemple 1, AB=∣3+4i∣=5AB = |3 + 4i| = 5.

Propriétés. Pour tous complexes zz et z′z', et tout entier naturel nn :

  • ∣z∣=0  ⟺  z=0|z| = 0 \iff z = 0 ;
  • ∣z‾∣=∣z∣|\overline{z}| = |z| et ∣−z∣=∣z∣|-z| = |z| ;
  • ∣z z′∣=∣z∣ ∣z′∣|z\,z'| = |z|\,|z'| et ∣zn∣=∣z∣n|z^n| = |z|^n ;
  • si z′≠0z' \neq 0 : ∣1z′∣=1∣z′∣\left|\dfrac{1}{z'}\right| = \dfrac{1}{|z'|} et ∣zz′∣=∣z∣∣z′∣\left|\dfrac{z}{z'}\right| = \dfrac{|z|}{|z'|}.

Démonstration pour le produit. ∣z z′∣2=z z′  z z′‾=z z‾  z′ z′‾=∣z∣2∣z′∣2|z\,z'|^2 = z\,z'\;\overline{z\,z'} = z\,\overline{z}\;z'\,\overline{z'} = |z|^2|z'|^2, et les modules sont positifs.

Attention. En général ∣z+z′∣≠∣z∣+∣z′∣|z + z'| \neq |z| + |z'| : par exemple ∣1+i∣=2|1 + i| = \sqrt2, alors que ∣1∣+∣i∣=2|1| + |i| = 2.

Exemple 3. ∣(1+i)43−4i∣=∣1+i∣4∣3−4i∣=(2)45=45\left|\dfrac{(1 + i)^4}{3 - 4i}\right| = \dfrac{|1 + i|^4}{|3 - 4i|} = \dfrac{\left(\sqrt2\right)^4}{5} = \dfrac45, sans développer.

S1 · S3 · S1A Inégalité triangulaire. Pour tous complexes zz et z′z' : ∣z+z′∣≤∣z∣+∣z′∣|z + z'| \leq |z| + |z'|. Démonstration : ∣z+z′∣2=(z+z′)(z‾+z′‾)=∣z∣2+∣z′∣2+z z′‾+z‾ z′=∣z∣2+∣z′∣2+2 Re(z z′‾)|z + z'|^2 = (z + z')(\overline{z} + \overline{z'}) = |z|^2 + |z'|^2 + z\,\overline{z'} + \overline{z}\,z' = |z|^2 + |z'|^2 + 2\,\mathrm{Re}\big(z\,\overline{z'}\big). Or la partie réelle d'un complexe est inférieure à son module, et ∣z z′‾∣=∣z∣ ∣z′∣\left|z\,\overline{z'}\right| = |z|\,|z'|. Donc ∣z+z′∣2≤(∣z∣+∣z′∣)2|z + z'|^2 \leq \big(|z| + |z'|\big)^2. Géométriquement, avec A(z)A(z) et B(z+z′)B(z + z') : OB≤OA+ABOB \leq OA + AB.

2.3 L'argument

Définition. Soit zz un complexe non nul, d'image MM. On appelle argument de zz toute mesure, en radians, de l'angle orienté (u⃗,OM→)\big(\vec u, \overrightarrow{OM}\big). On note arg⁡z\arg z.

Un complexe non nul a une infinité d'arguments, qui diffèrent d'un multiple de 2π2\pi : on écrit arg⁡z=θ [2π]\arg z = \theta\ [2\pi], et on lit « modulo deux pi ». L'unique argument situé dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi] est l'argument principal. Le nombre 00 n'a pas d'argument.

Exemple 4. arg⁡3=0\arg 3 = 0, arg⁡(−2)=π\arg(-2) = \pi, arg⁡i=π2\arg i = \dfrac{\pi}{2}, arg⁡(−5i)=−π2\arg(-5i) = -\dfrac{\pi}{2} (à 2π2\pi près). Le point d'affixe 1+i1 + i est sur la bissectrice du premier quadrant : arg⁡(1+i)=π4 [2π]\arg(1 + i) = \dfrac{\pi}{4}\ [2\pi].

Lien avec la forme algébrique. Si z=a+ibz = a + ib a pour module rr et pour argument θ\theta, alors (cercle trigonométrique de rayon rr) : a=rcos⁡θb=rsin⁡θ,donccos⁡θ=aretsin⁡θ=br.a = r\cos\theta \qquad b = r\sin\theta, \qquad\text{donc}\qquad \cos\theta = \frac{a}{r} \quad\text{et}\quad \sin\theta = \frac{b}{r}.

Conséquence géométrique. Pour deux points distincts AA et BB : (u⃗,AB→)=arg⁡(zB−zA) [2π].\big(\vec u, \overrightarrow{AB}\big) = \arg(z_B - z_A)\ [2\pi].

2.4 La forme trigonométrique

Définition. Tout complexe non nul zz, de module rr et d'argument θ\theta, s'écrit z=r(cos⁡θ+isin⁡θ),r>0.z = r(\cos\theta + i\sin\theta), \qquad r > 0. C'est la forme trigonométrique de zz.

Unicité. Si r>0r > 0 et r′>0r' > 0 : r(cos⁡θ+isin⁡θ)=r′(cos⁡θ′+isin⁡θ′)  ⟺  r=r′r(\cos\theta + i\sin\theta) = r'(\cos\theta' + i\sin\theta') \iff r = r' et θ=θ′ [2π]\theta = \theta'\ [2\pi].

Méthode (de la forme algébrique à la forme trigonométrique).

  1. On calcule le module r=a2+b2r = \sqrt{a^2 + b^2}.
  2. On met rr en facteur : z=r(ar+i br)z = r\left(\dfrac{a}{r} + i\,\dfrac{b}{r}\right).
  3. On cherche un réel θ\theta tel que cos⁡θ=ar\cos\theta = \dfrac{a}{r} et sin⁡θ=br\sin\theta = \dfrac{b}{r}, avec les valeurs remarquables du cercle trigonométrique.

Exemple 5. z=1+i3z = 1 + i\sqrt3. r=1+3=2r = \sqrt{1 + 3} = 2, puis z=2(12+i 32)z = 2\left(\dfrac12 + i\,\dfrac{\sqrt3}{2}\right). On cherche θ\theta avec cos⁡θ=12\cos\theta = \dfrac12 et sin⁡θ=32\sin\theta = \dfrac{\sqrt3}{2} : θ=π3\theta = \dfrac{\pi}{3}. Donc z=2(cos⁡π3+isin⁡π3)z = 2\left(\cos\dfrac{\pi}{3} + i\sin\dfrac{\pi}{3}\right).

Exemple 6. z=−1+iz = -1 + i. r=2r = \sqrt2, cos⁡θ=−22\cos\theta = -\dfrac{\sqrt2}{2} et sin⁡θ=22\sin\theta = \dfrac{\sqrt2}{2} : θ=3π4\theta = \dfrac{3\pi}{4}. De même, 3−i=2(cos⁡(−π6)+isin⁡(−π6))\sqrt3 - i = 2\left(\cos\left(-\dfrac{\pi}{6}\right) + i\sin\left(-\dfrac{\pi}{6}\right)\right).

Attention. Dans une forme trigonométrique, le facteur devant la parenthèse doit être strictement positif. Ainsi −2(cos⁡π5+isin⁡π5)-2\left(\cos\dfrac{\pi}{5} + i\sin\dfrac{\pi}{5}\right) n'est pas une forme trigonométrique. Comme −1=cos⁡π+isin⁡π-1 = \cos\pi + i\sin\pi, on obtient 2(cos⁡6π5+isin⁡6π5)2\left(\cos\dfrac{6\pi}{5} + i\sin\dfrac{6\pi}{5}\right) : le module vaut 22 et un argument est 6π5\dfrac{6\pi}{5}, soit −4π5-\dfrac{4\pi}{5} pour l'argument principal.

Conjugué et opposé. arg⁡z‾=−arg⁡z [2π]\arg\overline{z} = -\arg z\ [2\pi] et arg⁡(−z)=arg⁡z+π [2π]\arg(-z) = \arg z + \pi\ [2\pi] (symétries de la figure).

Exemple 7 (module et argument de zB−zAz_B - z_A). A(1+i)A(1 + i) et B(3+3i)B(3 + 3i). zB−zA=2+2i=22(cos⁡π4+isin⁡π4)z_B - z_A = 2 + 2i = 2\sqrt2\left(\cos\dfrac{\pi}{4} + i\sin\dfrac{\pi}{4}\right). Donc AB=22AB = 2\sqrt2 et (u⃗,AB→)=π4 [2π]\big(\vec u, \overrightarrow{AB}\big) = \dfrac{\pi}{4}\ [2\pi].

Leçon 3 : Forme exponentielle, formule de Moivre, racines n-ièmes

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 La notation eiθe^{i\theta}

Notation (programme officiel). Pour tout réel θ\theta, on note eiθ=cos⁡θ+isin⁡θ.e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta. C'est le complexe de module 11 et d'argument θ\theta : son image est le point du cercle trigonométrique associé à θ\theta.

Exemple 1. ei0=1e^{i0} = 1, eiπ2=ie^{i\frac{\pi}{2}} = i, eiπ=−1e^{i\pi} = -1, e−iπ2=−ie^{-i\frac{\pi}{2}} = -i, e2iπ=1e^{2i\pi} = 1, eiπ3=12+i 32e^{i\frac{\pi}{3}} = \dfrac12 + i\,\dfrac{\sqrt3}{2}.

Propriété fondamentale. Pour tous réels θ\theta et θ′\theta' : eiθ×eiθ′=ei(θ+θ′).e^{i\theta} \times e^{i\theta'} = e^{i(\theta + \theta')}.

Démonstration. On développe, puis on reconnaît les formules d'addition de Première : (cos⁡θ+isin⁡θ)(cos⁡θ′+isin⁡θ′)=(cos⁡θcos⁡θ′−sin⁡θsin⁡θ′)+i(sin⁡θcos⁡θ′+cos⁡θsin⁡θ′)=cos⁡(θ+θ′)+isin⁡(θ+θ′).(\cos\theta + i\sin\theta)(\cos\theta' + i\sin\theta') = (\cos\theta\cos\theta' - \sin\theta\sin\theta') + i(\sin\theta\cos\theta' + \cos\theta\sin\theta') = \cos(\theta + \theta') + i\sin(\theta + \theta').

Conséquences. Pour tous réels θ\theta, θ′\theta' et tout entier nn : 1eiθ=e−iθ=eiθ‾eiθeiθ′=ei(θ−θ′)(eiθ)n=einθ.\frac{1}{e^{i\theta}} = e^{-i\theta} = \overline{e^{i\theta}} \qquad \frac{e^{i\theta}}{e^{i\theta'}} = e^{i(\theta - \theta')} \qquad \left(e^{i\theta}\right)^n = e^{in\theta}. Ces règles sont celles des puissances : c'est ce qui justifie la notation.

3.2 La forme exponentielle

Définition. Tout complexe non nul zz, de module rr et d'argument θ\theta, s'écrit z=r eiθ,r>0.z = r\,e^{i\theta}, \qquad r > 0. C'est la forme exponentielle de zz (notation r eiθr\,e^{i\theta} du programme).

Exemple 2. 1+i3=2eiπ31 + i\sqrt3 = 2e^{i\frac{\pi}{3}}, −1+i=2 ei3π4-1 + i = \sqrt2\,e^{i\frac{3\pi}{4}}, −3=3eiπ-3 = 3e^{i\pi}, 3−i=2e−iπ6\sqrt3 - i = 2e^{-i\frac{\pi}{6}}.

Propriétés. Si z=r eiθz = r\,e^{i\theta} et z′=r′ eiθ′z' = r'\,e^{i\theta'}, alors, pour tout entier nn : z z′=rr′ ei(θ+θ′)zz′=rr′ ei(θ−θ′)zn=rn einθz‾=r e−iθ.z\,z' = rr'\,e^{i(\theta + \theta')} \qquad \frac{z}{z'} = \frac{r}{r'}\,e^{i(\theta - \theta')} \qquad z^n = r^n\,e^{in\theta} \qquad \overline{z} = r\,e^{-i\theta}. Autrement dit, les modules se multiplient et les arguments s'ajoutent : arg⁡(z z′)=arg⁡z+arg⁡z′arg⁡zz′=arg⁡z−arg⁡z′arg⁡(zn)=narg⁡z[2π].\arg(z\,z') = \arg z + \arg z' \qquad \arg\frac{z}{z'} = \arg z - \arg z' \qquad \arg(z^n) = n\arg z \qquad [2\pi].

Exemple 3 (une formule de trigonométrie). Soit z1=1+i=2 eiπ4z_1 = 1 + i = \sqrt2\,e^{i\frac{\pi}{4}} et z2=3−i=2e−iπ6z_2 = \sqrt3 - i = 2e^{-i\frac{\pi}{6}}.

  • Forme exponentielle : z1z2=22 ei(π4−π6)=22 eiπ12z_1 z_2 = 2\sqrt2\,e^{i\left(\frac{\pi}{4} - \frac{\pi}{6}\right)} = 2\sqrt2\,e^{i\frac{\pi}{12}}.
  • Forme algébrique : z1z2=(1+i)(3−i)=3−i+i3−i2=(3+1)+i(3−1)z_1 z_2 = (1 + i)(\sqrt3 - i) = \sqrt3 - i + i\sqrt3 - i^2 = \left(\sqrt3 + 1\right) + i\left(\sqrt3 - 1\right).

En identifiant les parties réelles et imaginaires de 22(cos⁡π12+isin⁡π12)2\sqrt2\left(\cos\frac{\pi}{12} + i\sin\frac{\pi}{12}\right) : cos⁡π12=3+122=6+24sin⁡π12=3−122=6−24.\cos\frac{\pi}{12} = \frac{\sqrt3 + 1}{2\sqrt2} = \frac{\sqrt6 + \sqrt2}{4} \qquad \sin\frac{\pi}{12} = \frac{\sqrt3 - 1}{2\sqrt2} = \frac{\sqrt6 - \sqrt2}{4}.

3.3 La formule de Moivre

Théorème (formule de Moivre). Pour tout réel θ\theta et tout entier nn : (cos⁡θ+isin⁡θ)n=cos⁡(nθ)+isin⁡(nθ),c’est-aˋ-dire(eiθ)n=einθ.(\cos\theta + i\sin\theta)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta), \qquad\text{c'est-à-dire}\qquad \left(e^{i\theta}\right)^n = e^{in\theta}.

Démonstration. Pour nn entier naturel, par récurrence à partir de la propriété fondamentale : (eiθ)n+1=(eiθ)neiθ=einθeiθ=ei(n+1)θ\left(e^{i\theta}\right)^{n+1} = \left(e^{i\theta}\right)^n e^{i\theta} = e^{in\theta}e^{i\theta} = e^{i(n+1)\theta}. Pour nn négatif, on passe à l'inverse.

Méthode. Pour calculer une puissance, on passe par la forme exponentielle.

Exemple 4. (1+i)8=(2 eiπ4)8=(2)8ei8π4=16 e2iπ=16.(1 + i)^8 = \left(\sqrt2\,e^{i\frac{\pi}{4}}\right)^8 = \left(\sqrt2\right)^8 e^{i\frac{8\pi}{4}} = 16\,e^{2i\pi} = 16.

Exemple 5. Pour quels entiers naturels nn le nombre (1+i3)n\left(1 + i\sqrt3\right)^n est-il réel ?

(1+i3)n=2neinπ3\left(1 + i\sqrt3\right)^n = 2^n e^{i\frac{n\pi}{3}}. Un complexe non nul est réel si et seulement si un de ses arguments est un multiple de π\pi. Il faut donc nπ3=kπ\dfrac{n\pi}{3} = k\pi, avec kk entier, c'est-à-dire nn multiple de 33. Par exemple (1+i3)3=8eiπ=−8\left(1 + i\sqrt3\right)^3 = 8e^{i\pi} = -8 et (1+i3)6=64\left(1 + i\sqrt3\right)^6 = 64.

3.4 Racines n-ièmes de l'unité

Définition. Soit nn un entier, n≥2n \geq 2. On appelle racine nn-ième de l'unité tout complexe zz tel que zn=1z^n = 1.

Théorème. Il y a exactement nn racines nn-ièmes de l'unité : ωk=ei2kπn,k=0,1,…,n−1.\omega_k = e^{i\frac{2k\pi}{n}}, \qquad k = 0, 1, \dots, n - 1.

Démonstration. z=0z = 0 n'est pas solution. On écrit z=r eiθz = r\,e^{i\theta} avec r>0r > 0. Alors zn=1  ⟺  rneinθ=1 ei0  ⟺  rn=1 et nθ=0 [2π]  ⟺  r=1 et θ=2kπn, k∈Z.z^n = 1 \iff r^n e^{in\theta} = 1\,e^{i0} \iff r^n = 1 \text{ et } n\theta = 0\ [2\pi] \iff r = 1 \text{ et } \theta = \frac{2k\pi}{n},\ k \in \mathbb{Z}. Quand kk augmente de nn, θ\theta augmente de 2π2\pi et on retrouve le même complexe : il suffit de prendre k=0,1,…,n−1k = 0, 1, \dots, n - 1, qui donnent nn points distincts du cercle trigonométrique.

Interprétation géométrique. Les images des racines nn-ièmes de l'unité sont les sommets d'un polygone régulier à nn côtés, inscrit dans le cercle trigonométrique, dont un sommet est le point d'affixe 11 : deux sommets consécutifs sont séparés d'un angle 2πn\dfrac{2\pi}{n}.

Exemple 6 (n=3n = 3). Les racines cubiques de l'unité sont 11, j=ei2π3=−12+i 32j = e^{i\frac{2\pi}{3}} = -\dfrac12 + i\,\dfrac{\sqrt3}{2} et j2=ei4π3=−12−i 32=j‾j^2 = e^{i\frac{4\pi}{3}} = -\dfrac12 - i\,\dfrac{\sqrt3}{2} = \overline{j}. Leurs images forment un triangle équilatéral. On vérifie que 1+j+j2=01 + j + j^2 = 0.

Exemple 7 (n=4n = 4). Les racines quatrièmes de l'unité sont 11, ii, −1-1, −i-i : un carré.

3.5 Racines n-ièmes d'un nombre complexe

Théorème. Soit Z=R eiαZ = R\,e^{i\alpha} un complexe non nul (R>0R > 0) et n≥2n \geq 2. L'équation zn=Zz^n = Z a exactement nn solutions : zk=Rn  ei(αn+2kπn),k=0,1,…,n−1,z_k = \sqrt[n]{R}\;e^{i\left(\frac{\alpha}{n} + \frac{2k\pi}{n}\right)}, \qquad k = 0, 1, \dots, n - 1, où Rn=R1n\sqrt[n]{R} = R^{\frac1n} est la racine nn-ième du réel positif RR (chapitre 3).

Démonstration. Avec z=r eiθz = r\,e^{i\theta} : rneinθ=R eiα  ⟺  rn=Rr^n e^{in\theta} = R\,e^{i\alpha} \iff r^n = R et nθ=α [2π]  ⟺  r=Rnn\theta = \alpha\ [2\pi] \iff r = \sqrt[n]{R} et θ=αn+2kπn\theta = \dfrac{\alpha}{n} + \dfrac{2k\pi}{n}.

Les images des zkz_k sont les sommets d'un polygone régulier à nn côtés, inscrit dans le cercle de centre OO et de rayon Rn\sqrt[n]{R}. Si z0z_0 est l'une des racines, les autres s'obtiennent en multipliant z0z_0 par les racines nn-ièmes de l'unité.

Exemple 8. Racines cubiques de 8i8i. On a 8i=8eiπ28i = 8e^{i\frac{\pi}{2}}, donc r=83=2r = \sqrt[3]{8} = 2 et θ=π6+2kπ3\theta = \dfrac{\pi}{6} + \dfrac{2k\pi}{3} : z0=2eiπ6=3+iz1=2ei5π6=−3+iz2=2ei3π2=−2i.z_0 = 2e^{i\frac{\pi}{6}} = \sqrt3 + i \qquad z_1 = 2e^{i\frac{5\pi}{6}} = -\sqrt3 + i \qquad z_2 = 2e^{i\frac{3\pi}{2}} = -2i. Vérification : (−2i)3=−8i3=8i(-2i)^3 = -8i^3 = 8i. Les trois points forment un triangle équilatéral inscrit dans le cercle de centre OO et de rayon 22.

Cas n=2n = 2. Les deux racines carrées de Z=R eiαZ = R\,e^{i\alpha} sont R eiα2\sqrt{R}\,e^{i\frac{\alpha}{2}} et son opposé −R eiα2-\sqrt{R}\,e^{i\frac{\alpha}{2}}. Quand l'argument de ZZ n'est pas un angle remarquable, on utilise la méthode algébrique de la leçon 5.

Leçon 4 : Formules d'Euler et trigonométrie

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Les formules d'Euler

En ajoutant et en retranchant eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta et e−iθ=cos⁡θ−isin⁡θe^{-i\theta} = \cos\theta - i\sin\theta :

Formules d'Euler. Pour tout réel θ\theta : cos⁡θ=eiθ+e−iθ2sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i.\cos\theta = \frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2} \qquad\qquad \sin\theta = \frac{e^{i\theta} - e^{-i\theta}}{2i}. Plus généralement, pour tout entier nn : einθ+e−inθ=2cos⁡(nθ)e^{in\theta} + e^{-in\theta} = 2\cos(n\theta) et einθ−e−inθ=2isin⁡(nθ)e^{in\theta} - e^{-in\theta} = 2i\sin(n\theta).

4.2 Établir des formules avec la formule de Moivre

On développe (cos⁡θ+isin⁡θ)n(\cos\theta + i\sin\theta)^n avec le binôme de Newton (Première), puis on identifie avec cos⁡(nθ)+isin⁡(nθ)\cos(n\theta) + i\sin(n\theta).

Rappel : le triangle de Pascal. Les coefficients de (a+b)n(a + b)^n sont :

nn coefficients
2 1, 2, 1
3 1, 3, 3, 1
4 1, 4, 6, 4, 1
5 1, 5, 10, 10, 5, 1

Par exemple (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3(a + b)^3 = a^3 + 3a^2b + 3ab^2 + b^3.

Exemple 1 (cos 3θ et sin 3θ). On note c=cos⁡θc = \cos\theta et s=sin⁡θs = \sin\theta. Avec i2=−1i^2 = -1 et i3=−ii^3 = -i : cos⁡(3θ)+isin⁡(3θ)=(c+is)3=c3+3c2(is)+3c(is)2+(is)3=(c3−3cs2)+i(3c2s−s3).\cos(3\theta) + i\sin(3\theta) = (c + is)^3 = c^3 + 3c^2(is) + 3c(is)^2 + (is)^3 = \left(c^3 - 3cs^2\right) + i\left(3c^2s - s^3\right). Par identification, puis avec s2=1−c2s^2 = 1 - c^2 et c2=1−s2c^2 = 1 - s^2 : cos⁡(3θ)=c3−3cs2=4cos⁡3θ−3cos⁡θsin⁡(3θ)=3c2s−s3=3sin⁡θ−4sin⁡3θ.\cos(3\theta) = c^3 - 3cs^2 = 4\cos^3\theta - 3\cos\theta \qquad \sin(3\theta) = 3c^2s - s^3 = 3\sin\theta - 4\sin^3\theta.

Avec n=2n = 2, on retrouve les formules de duplication : cos⁡(2θ)=c2−s2\cos(2\theta) = c^2 - s^2 et sin⁡(2θ)=2sc\sin(2\theta) = 2sc.

Remarque. Le programme précise que les formules ainsi obtenues n'ont pas à être mémorisées : il faut savoir les retrouver.

4.3 Linéariser

Linéariser une expression comme cos⁡nθ\cos^n\theta, sin⁡nθ\sin^n\theta ou un produit de ces fonctions, c'est l'écrire comme une somme de termes en cos⁡(kθ)\cos(k\theta) et sin⁡(kθ)\sin(k\theta), sans puissance ni produit. C'est indispensable pour en calculer une primitive (chapitre 5).

Méthode.

  1. On remplace chaque cosinus et chaque sinus par sa formule d'Euler.
  2. On développe (binôme de Newton).
  3. On regroupe les termes deux à deux, eikθe^{ik\theta} avec e−ikθe^{-ik\theta}, et on revient aux cosinus et sinus avec les formules d'Euler.

Exemple 2. Linéariser cos⁡3θ\cos^3\theta. cos⁡3θ=(eiθ+e−iθ2)3=18(e3iθ+3eiθ+3e−iθ+e−3iθ),\cos^3\theta = \left(\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\right)^3 = \frac18\left(e^{3i\theta} + 3e^{i\theta} + 3e^{-i\theta} + e^{-3i\theta}\right), car e2iθe−iθ=eiθe^{2i\theta}e^{-i\theta} = e^{i\theta}. On regroupe : 18(2cos⁡(3θ)+6cos⁡θ)\dfrac18\Big(2\cos(3\theta) + 6\cos\theta\Big), donc cos⁡3θ=cos⁡(3θ)+3cos⁡θ4.\cos^3\theta = \frac{\cos(3\theta) + 3\cos\theta}{4}.

Exemple 3. Linéariser sin⁡4θ\sin^4\theta. On a (2i)4=16(2i)^4 = 16, et les coefficients de la ligne 44 du triangle de Pascal avec des signes alternés : sin⁡4θ=116(eiθ−e−iθ)4=116(e4iθ−4e2iθ+6−4e−2iθ+e−4iθ)=116(2cos⁡(4θ)−8cos⁡(2θ)+6),\sin^4\theta = \frac{1}{16}\left(e^{i\theta} - e^{-i\theta}\right)^4 = \frac{1}{16}\left(e^{4i\theta} - 4e^{2i\theta} + 6 - 4e^{-2i\theta} + e^{-4i\theta}\right) = \frac{1}{16}\Big(2\cos(4\theta) - 8\cos(2\theta) + 6\Big), sin⁡4θ=cos⁡(4θ)−4cos⁡(2θ)+38.\sin^4\theta = \frac{\cos(4\theta) - 4\cos(2\theta) + 3}{8}.

Exemple 4 (un produit). cos⁡(2θ)cos⁡θ=e2iθ+e−2iθ2×eiθ+e−iθ2=14(e3iθ+eiθ+e−iθ+e−3iθ)=cos⁡(3θ)+cos⁡θ2.\cos(2\theta)\cos\theta = \dfrac{e^{2i\theta} + e^{-2i\theta}}{2} \times \dfrac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2} = \dfrac14\left(e^{3i\theta} + e^{i\theta} + e^{-i\theta} + e^{-3i\theta}\right) = \dfrac{\cos(3\theta) + \cos\theta}{2}.

De la même façon, pour tous réels aa et bb : cos⁡acos⁡b=cos⁡(a+b)+cos⁡(a−b)2\cos a\cos b = \dfrac{\cos(a + b) + \cos(a - b)}{2}. Un produit est ainsi converti en somme.

Exemple 5 (application au calcul intégral). ∫0π2cos⁡3x dx=∫0π2cos⁡(3x)+3cos⁡x4 dx=[sin⁡(3x)12+3sin⁡x4]0π2=−112+34=23.\int_0^{\frac{\pi}{2}} \cos^3 x\,dx = \int_0^{\frac{\pi}{2}} \frac{\cos(3x) + 3\cos x}{4}\,dx = \left[\frac{\sin(3x)}{12} + \frac{3\sin x}{4}\right]_0^{\frac{\pi}{2}} = -\frac{1}{12} + \frac34 = \frac23.

S1 · S3 · S1A Le programme de S1-S3 limite la linéarisation aux exposants au plus égaux à 55.

Leçon 5 : Équations dans C\mathbb{C}

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Racines carrées d'un nombre complexe

Définition. Une racine carrée du complexe ZZ est un complexe zz tel que z2=Zz^2 = Z. Tout complexe non nul a exactement deux racines carrées, opposées (leçon 3).

Cas d'un réel. Si d>0d > 0, les racines carrées de dd sont d\sqrt d et −d-\sqrt d ; celles de −d-d sont idi\sqrt d et −id-i\sqrt d, car (id)2=−d\left(i\sqrt d\right)^2 = -d. Par exemple, les racines carrées de −9-9 sont 3i3i et −3i-3i.

Attention. L'écriture x\sqrt{\phantom{x}} est réservée aux réels positifs : on n'écrit jamais −9\sqrt{-9} ni 3+4i\sqrt{3 + 4i}.

Méthode algébrique. On cherche z=x+iyz = x + iy (xx, yy réels) tel que z2=Zz^2 = Z, avec Z=a+ibZ = a + ib.

  • z2=x2−y2+2ixyz^2 = x^2 - y^2 + 2ixy, donc par identification : x2−y2=ax^2 - y^2 = a et 2xy=b2xy = b.
  • De plus ∣z∣2=∣Z∣|z|^2 = |Z| : x2+y2=a2+b2x^2 + y^2 = \sqrt{a^2 + b^2}.
  • On obtient x2x^2 et y2y^2 en ajoutant et en retranchant les deux équations en x2x^2 et y2y^2. Le signe de xyxy, qui est celui de bb, permet de choisir les signes.

Exemple 1. Racines carrées de Z=8−6iZ = 8 - 6i. {x2−y2=8x2+y2=∣8−6i∣=102xy=−6\begin{cases} x^2 - y^2 = 8 \\ x^2 + y^2 = |8 - 6i| = 10 \\ 2xy = -6 \end{cases} On obtient x2=9x^2 = 9 et y2=1y^2 = 1, donc x=±3x = \pm 3 et y=±1y = \pm 1. Comme xy=−3<0xy = -3 < 0, xx et yy sont de signes contraires : les racines carrées de 8−6i8 - 6i sont 3−i3 - i et −3+i-3 + i.

Vérification : (3−i)2=9−6i+i2=8−6i(3 - i)^2 = 9 - 6i + i^2 = 8 - 6i.

5.2 Équation du second degré

Théorème. Soit l'équation az2+bz+c=0az^2 + bz + c = 0, où aa, bb, cc sont des complexes, a≠0a \neq 0. On pose Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac.

  • Si Δ=0\Delta = 0, l'équation a une solution double : z0=−b2az_0 = -\dfrac{b}{2a}.
  • Si Δ≠0\Delta \neq 0, et si δ\delta est une racine carrée de Δ\Delta (δ2=Δ\delta^2 = \Delta), l'équation a deux solutions : z1=−b−δ2az2=−b+δ2a.z_1 = \frac{-b - \delta}{2a} \qquad z_2 = \frac{-b + \delta}{2a}.

Dans tous les cas, az2+bz+c=a(z−z1)(z−z2)az^2 + bz + c = a(z - z_1)(z - z_2), avec z1+z2=−baz_1 + z_2 = -\dfrac{b}{a} et z1z2=caz_1 z_2 = \dfrac{c}{a}.

Démonstration. Comme en Première, on écrit la forme canonique : az2+bz+c=a[(z+b2a)2−Δ4a2]=a[(z+b2a)2−(δ2a)2]=a(z+b−δ2a)(z+b+δ2a),az^2 + bz + c = a\left[\left(z + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{\Delta}{4a^2}\right] = a\left[\left(z + \frac{b}{2a}\right)^2 - \left(\frac{\delta}{2a}\right)^2\right] = a\left(z + \frac{b - \delta}{2a}\right)\left(z + \frac{b + \delta}{2a}\right), et on conclut avec la règle du produit nul.

Coefficients réels. Si aa, bb, cc sont réels et Δ<0\Delta < 0, on prend δ=i−Δ\delta = i\sqrt{-\Delta} : les deux solutions sont conjuguées, z1=−b−i−Δ2az2=−b+i−Δ2a=z1‾.z_1 = \frac{-b - i\sqrt{-\Delta}}{2a} \qquad z_2 = \frac{-b + i\sqrt{-\Delta}}{2a} = \overline{z_1}.

Exemple 2. z2−2z+5=0z^2 - 2z + 5 = 0. Δ=4−20=−16=(4i)2\Delta = 4 - 20 = -16 = (4i)^2. Les solutions sont 2−4i2=1−2i\dfrac{2 - 4i}{2} = 1 - 2i et 1+2i1 + 2i.

Exemple 3 (coefficients complexes). z2−(1+3i)z−4+3i=0z^2 - (1 + 3i)z - 4 + 3i = 0.

Δ=(1+3i)2−4(−4+3i)=(1+6i−9)+16−12i=8−6i\Delta = (1 + 3i)^2 - 4(-4 + 3i) = (1 + 6i - 9) + 16 - 12i = 8 - 6i. D'après l'exemple 1, δ=3−i\delta = 3 - i convient. Donc z1=1+3i−(3−i)2=−2+4i2=−1+2iz2=1+3i+3−i2=4+2i2=2+i.z_1 = \frac{1 + 3i - (3 - i)}{2} = \frac{-2 + 4i}{2} = -1 + 2i \qquad z_2 = \frac{1 + 3i + 3 - i}{2} = \frac{4 + 2i}{2} = 2 + i. Contrôle : z1+z2=1+3iz_1 + z_2 = 1 + 3i et z1z2=(−1+2i)(2+i)=−2−i+4i−2=−4+3iz_1 z_2 = (-1 + 2i)(2 + i) = -2 - i + 4i - 2 = -4 + 3i.

Équations qui s'y ramènent. Une équation comme z4+4z2−5=0z^4 + 4z^2 - 5 = 0 se ramène au second degré en posant Z=z2Z = z^2 : Z2+4Z−5=0Z^2 + 4Z - 5 = 0 donne Z=1Z = 1 ou Z=−5Z = -5, puis z=±1z = \pm 1 ou z=±i5z = \pm i\sqrt5.

5.3 Factoriser un polynôme : l'équation du troisième degré

Propriété (admise). Si PP est un polynôme de degré 33 à coefficients complexes et si P(z0)=0P(z_0) = 0, alors il existe un polynôme QQ de degré 22 tel que, pour tout zz, P(z)=(z−z0) Q(z)P(z) = (z - z_0)\,Q(z).

Méthode (équation du troisième degré connaissant une racine).

  1. On vérifie que P(z0)=0P(z_0) = 0 (ou on cherche z0z_0 avec l'indication de l'énoncé).
  2. On écrit P(z)=(z−z0)(az2+bz+c)P(z) = (z - z_0)(az^2 + bz + c), on développe, et on identifie les coefficients (ou on utilise la méthode de Horner, vue en Première S1).
  3. On résout az2+bz+c=0az^2 + bz + c = 0.

Exemple 4. Résoudre dans C\mathbb{C} : z3−3z2+7z−5=0z^3 - 3z^2 + 7z - 5 = 0.

z0=1z_0 = 1 est solution : 1−3+7−5=01 - 3 + 7 - 5 = 0. On cherche aa, bb, cc tels que z3−3z2+7z−5=(z−1)(az2+bz+c)=az3+(b−a)z2+(c−b)z−c.z^3 - 3z^2 + 7z - 5 = (z - 1)(az^2 + bz + c) = az^3 + (b - a)z^2 + (c - b)z - c. Identification : a=1a = 1, b−a=−3b - a = -3, c−b=7c - b = 7, −c=−5-c = -5. D'où a=1a = 1, b=−2b = -2, c=5c = 5 (la troisième égalité sert de contrôle : 5−(−2)=75 - (-2) = 7).

Donc z3−3z2+7z−5=(z−1)(z2−2z+5)z^3 - 3z^2 + 7z - 5 = (z - 1)(z^2 - 2z + 5), et d'après l'exemple 2, les solutions sont 11, 1−2i1 - 2i et 1+2i1 + 2i.

Leçon 6 : Nombres complexes et géométrie

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Distances et angles

Soit AA, BB, CC trois points d'affixes zAz_A, zBz_B, zCz_C, avec A≠BA \neq B et A≠CA \neq C.

Propriété. AB=∣zB−zA∣(u⃗,AB→)=arg⁡(zB−zA) [2π]AB = |z_B - z_A| \qquad \big(\vec u, \overrightarrow{AB}\big) = \arg(z_B - z_A)\ [2\pi] ACAB=∣zC−zAzB−zA∣(AB→,AC→)=arg⁡(zC−zAzB−zA) [2π].\frac{AC}{AB} = \left|\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right| \qquad \big(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AC}\big) = \arg\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right)\ [2\pi].

Démonstration de la dernière égalité. Par la relation de Chasles sur les angles orientés, (AB→,AC→)=(AB→,u⃗)+(u⃗,AC→)=arg⁡(zC−zA)−arg⁡(zB−zA)=arg⁡(zC−zAzB−zA) [2π].\big(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AC}\big) = \big(\overrightarrow{AB}, \vec u\big) + \big(\vec u, \overrightarrow{AC}\big) = \arg(z_C - z_A) - \arg(z_B - z_A) = \arg\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right)\ [2\pi].

Le module du quotient compare deux longueurs, son argument mesure un angle.

6.2 Configurations

On pose Z=zC−zAzB−zAZ = \dfrac{z_C - z_A}{z_B - z_A}.

Si… alors…
ZZ est réel AA, BB, CC sont alignés (angle 00 ou π\pi)
ZZ est imaginaire pur (AB)⊥(AC)(AB) \perp (AC) (angle ±π2\pm\frac{\pi}{2})
∣Z∣=1\lvert Z\rvert = 1 AB=ACAB = AC : le triangle est isocèle en AA
Z=iZ = i ou Z=−iZ = -i ABCABC est rectangle isocèle en AA
Z=eiπ3Z = e^{i\frac{\pi}{3}} ou Z=e−iπ3Z = e^{-i\frac{\pi}{3}} ABCABC est équilatéral

Plus généralement, pour A≠BA \neq B et C≠DC \neq D, les droites (AB)(AB) et (CD)(CD) sont parallèles si et seulement si zD−zCzB−zA\dfrac{z_D - z_C}{z_B - z_A} est réel.

Exemple 1 (alignement). A(1+i)A(1 + i), B(3+2i)B(3 + 2i), C(5+3i)C(5 + 3i). zC−zAzB−zA=4+2i2+i=2\dfrac{z_C - z_A}{z_B - z_A} = \dfrac{4 + 2i}{2 + i} = 2 : c'est un réel, donc AA, BB, CC sont alignés, et AC=2ABAC = 2AB.

Exemple 2 (nature d'un triangle). A(1)A(1), B(3+i)B(3 + i), C(2i)C(2i). zC−zAzB−zA=−1+2i2+i=(−1+2i)(2−i)(2+i)(2−i)=−2+i+4i−2i25=5i5=i.\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} = \frac{-1 + 2i}{2 + i} = \frac{(-1 + 2i)(2 - i)}{(2 + i)(2 - i)} = \frac{-2 + i + 4i - 2i^2}{5} = \frac{5i}{5} = i. Donc AC=ABAC = AB et (AB→,AC→)=π2 [2π]\big(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AC}\big) = \dfrac{\pi}{2}\ [2\pi] : le triangle ABCABC est rectangle isocèle en AA.

Exemple 3 (triangle équilatéral). O(0)O(0), B(2)B(2), C(1+i3)C\left(1 + i\sqrt3\right) : zC−0zB−0=1+i32=eiπ3\dfrac{z_C - 0}{z_B - 0} = \dfrac{1 + i\sqrt3}{2} = e^{i\frac{\pi}{3}}, donc OBCOBC est équilatéral.

6.3 Ensembles de points

Soit AA et BB deux points distincts et r>0r > 0.

  • L'ensemble des points M(z)M(z) tels que ∣z−zA∣=r|z - z_A| = r est le cercle de centre AA et de rayon rr (car AM=rAM = r).
  • L'ensemble des points M(z)M(z) tels que ∣z−zA∣=∣z−zB∣|z - z_A| = |z - z_B| est la médiatrice de [AB][AB] (car AM=BMAM = BM).
  • L'ensemble des points M(z)M(z) tels que arg⁡(z−zA)=θ [2π]\arg(z - z_A) = \theta\ [2\pi] est la demi-droite d'origine AA, privée de AA, qui fait l'angle θ\theta avec u⃗\vec u.

Exemple 4. ∣z−1+i∣=2|z - 1 + i| = 2 s'écrit ∣z−(1−i)∣=2|z - (1 - i)| = 2 : c'est le cercle de centre Ω(1−i)\Omega(1 - i) et de rayon 22. Attention au signe : on fait apparaître z−zΩz - z_\Omega.

Exemple 5. ∣z−2∣=∣z+2i∣|z - 2| = |z + 2i| s'écrit ∣z−2∣=∣z−(−2i)∣|z - 2| = |z - (-2i)| : c'est la médiatrice de [AB][AB] avec A(2)A(2) et B(−2i)B(-2i). Avec z=x+iyz = x + iy, on trouve (x−2)2+y2=x2+(y+2)2(x - 2)^2 + y^2 = x^2 + (y + 2)^2, soit y=−xy = -x.

Leçon 7 : Transformations et similitudes directes

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 Écriture complexe d'une transformation

Une transformation ff du plan associe à tout point MM un point M′=f(M)M' = f(M). Si MM a pour affixe zz et M′M' pour affixe z′z', une relation qui donne z′z' en fonction de zz est l'écriture complexe de ff.

Translation. La translation de vecteur w⃗\vec w d'affixe bb : MM′→=w⃗  ⟺  z′−z=b\overrightarrow{MM'} = \vec w \iff z' - z = b, soit z′=z+b.z' = z + b.

Homothétie. L'homothétie de centre Ω(ω)\Omega(\omega) et de rapport kk (réel non nul) : ΩM′→=k ΩM→\overrightarrow{\Omega M'} = k\,\overrightarrow{\Omega M}, soit z′−ω=k(z−ω).z' - \omega = k(z - \omega).

Rotation. La rotation de centre Ω(ω)\Omega(\omega) et d'angle θ\theta : pour M≠ΩM \neq \Omega, ΩM′=ΩM\Omega M' = \Omega M et (ΩM→,ΩM′→)=θ [2π]\big(\overrightarrow{\Omega M}, \overrightarrow{\Omega M'}\big) = \theta\ [2\pi], c'est-à-dire ∣z′−ωz−ω∣=1\left|\dfrac{z' - \omega}{z - \omega}\right| = 1 et arg⁡z′−ωz−ω=θ [2π]\arg\dfrac{z' - \omega}{z - \omega} = \theta\ [2\pi], donc z′−ωz−ω=eiθ\dfrac{z' - \omega}{z - \omega} = e^{i\theta} : z′−ω=eiθ(z−ω).z' - \omega = e^{i\theta}(z - \omega). Cette égalité reste vraie pour M=ΩM = \Omega. Avec Ω=O\Omega = O : z′=eiθzz' = e^{i\theta}z.

Exemple 1. z′=izz' = iz est la rotation de centre OO et d'angle π2\dfrac{\pi}{2}, car i=eiπ2i = e^{i\frac{\pi}{2}}. z′=−zz' = -z est la symétrie de centre OO (rotation d'angle π\pi, ou homothétie de rapport −1-1).

Exemple 2. La rotation de centre Ω(1+i)\Omega(1 + i) et d'angle π2\dfrac{\pi}{2} a pour écriture z′−(1+i)=i(z−(1+i))z' - (1 + i) = i\big(z - (1 + i)\big), soit z′=iz+2z' = iz + 2. L'image du point A(3+i)A(3 + i) est le point d'affixe i(3+i)+2=1+3ii(3 + i) + 2 = 1 + 3i.

7.2 Similitudes directes

Définition (programme S2-S4 : « applications du type M(z)↦M′(az+b)M(z) \mapsto M'(az + b) avec a≠0a \neq 0 »). On appelle similitude directe toute transformation du plan dont l'écriture complexe est z′=az+b,a∈C, a≠0, b∈C.z' = az + b, \qquad a \in \mathbb{C},\ a \neq 0,\ b \in \mathbb{C}. Les translations (z′=z+bz' = z + b), les homothéties et les rotations sont des similitudes directes.

Théorème (éléments caractéristiques). Soit ss la similitude directe d'écriture z′=az+bz' = az + b.

  • Si a=1a = 1, ss est la translation de vecteur d'affixe bb.
  • Si a≠1a \neq 1, ss a un unique point invariant, le centre Ω\Omega, d'affixe ω=b1−a,\omega = \frac{b}{1 - a}, et l'écriture complexe devient z′−ω=a(z−ω)z' - \omega = a(z - \omega). En écrivant a=k eiθa = k\,e^{i\theta}, avec k=∣a∣>0k = |a| > 0 et θ=arg⁡a\theta = \arg a :
    • kk est le rapport de ss, θ\theta est son angle ;
    • ss est la composée de la rotation de centre Ω\Omega et d'angle θ\theta et de l'homothétie de centre Ω\Omega et de rapport kk, dans un ordre ou dans l'autre ;
    • pour tout point M≠ΩM \neq \Omega : ΩM′=k ΩM\Omega M' = k\,\Omega M et (ΩM→,ΩM′→)=θ [2π]\big(\overrightarrow{\Omega M}, \overrightarrow{\Omega M'}\big) = \theta\ [2\pi].

Démonstration. Un point Ω(ω)\Omega(\omega) est invariant si et seulement si ω=aω+b\omega = a\omega + b, soit ω(1−a)=b\omega(1 - a) = b : si a≠1a \neq 1, il y a une seule solution. En soustrayant ω=aω+b\omega = a\omega + b à z′=az+bz' = az + b, on obtient z′−ω=a(z−ω)z' - \omega = a(z - \omega). Si hh est l'homothétie de centre Ω\Omega et de rapport kk, et rr la rotation de centre Ω\Omega et d'angle θ\theta, alors rr transforme zz en ω+eiθ(z−ω)\omega + e^{i\theta}(z - \omega), puis hh transforme ce point en ω+k eiθ(z−ω)=ω+a(z−ω)\omega + k\,e^{i\theta}(z - \omega) = \omega + a(z - \omega) : c'est ss. L'ordre inverse donne le même résultat. Enfin ∣z′−ω∣=∣a∣ ∣z−ω∣|z' - \omega| = |a|\,|z - \omega| et arg⁡z′−ωz−ω=arg⁡a\arg\dfrac{z' - \omega}{z - \omega} = \arg a.

Cas particuliers. Pour a≠1a \neq 1 : si ∣a∣=1|a| = 1, ss est une rotation ; si aa est réel, ss est une homothétie de rapport aa (rapport négatif si a<0a < 0 : son « angle » est alors π\pi).

Exemple 3. s:z′=(1+i)z+2−is : z' = (1 + i)z + 2 - i.

  • a=1+i≠1a = 1 + i \neq 1. Centre : ω=2−i1−(1+i)=2−i−i=(2−i) i−i×i=2i+1\omega = \dfrac{2 - i}{1 - (1 + i)} = \dfrac{2 - i}{-i} = \dfrac{(2 - i)\,i}{-i \times i} = 2i + 1, donc Ω(1+2i)\Omega(1 + 2i).
  • a=1+i=2 eiπ4a = 1 + i = \sqrt2\,e^{i\frac{\pi}{4}} : le rapport vaut 2\sqrt2 et l'angle π4\dfrac{\pi}{4}.

ss est la similitude directe de centre Ω(1+2i)\Omega(1 + 2i), de rapport 2\sqrt2 et d'angle π4\dfrac{\pi}{4}.

Exemple 4. z′=−2z+3z' = -2z + 3 : a=−2a = -2 est réel, ss est l'homothétie de centre ω=31+2=1\omega = \dfrac{3}{1 + 2} = 1 et de rapport −2-2. Et z′=iz+1+iz' = iz + 1 + i : ∣i∣=1|i| = 1, c'est la rotation d'angle π2\dfrac{\pi}{2} et de centre ω=1+i1−i=i\omega = \dfrac{1 + i}{1 - i} = i.

7.3 Propriétés géométriques

Soit ss une similitude directe z′=az+bz' = az + b, de rapport k=∣a∣k = |a| et d'angle θ=arg⁡a\theta = \arg a. Pour deux points MM et NN d'images M′M' et N′N' : zN′−zM′=(azN+b)−(azM+b)=a(zN−zM).z_{N'} - z_{M'} = (az_N + b) - (az_M + b) = a(z_N - z_M). Donc :

  • M′N′=k MNM'N' = k\,MN : une similitude directe multiplie les distances par son rapport kk ;
  • si M≠NM \neq N, (MN→,M′N′→)=θ [2π]\big(\overrightarrow{MN}, \overrightarrow{M'N'}\big) = \theta\ [2\pi] : tout vecteur tourne du même angle ;
  • les quotients zC−zAzB−zA\dfrac{z_C - z_A}{z_B - z_A} sont conservés, car le facteur aa se simplifie : une similitude directe conserve les angles orientés, l'alignement, le parallélisme et l'orthogonalité ;
  • l'image d'un segment est un segment, l'image d'un cercle de centre CC et de rayon RR est le cercle de centre C′=s(C)C' = s(C) et de rayon kRkR.

7.4 Déterminer une similitude

Propriété. Soit AA, BB deux points distincts et A′A', B′B' deux points distincts. Il existe une unique similitude directe ss telle que s(A)=A′s(A) = A' et s(B)=B′s(B) = B'. Son écriture z′=az+bz' = az + b s'obtient en résolvant le système {a zA+b=zA′a zB+b=zB′d’ouˋa=zB′−zA′zB−zAetb=zA′−a zA.\begin{cases} a\,z_A + b = z_{A'} \\ a\,z_B + b = z_{B'} \end{cases} \qquad\text{d'où}\qquad a = \frac{z_{B'} - z_{A'}}{z_B - z_A} \quad\text{et}\quad b = z_{A'} - a\,z_A.

Exemple 5. A(1)A(1), B(i)B(i), A′(1+i)A'(1 + i), B′(−1−i)B'(-1 - i). a=(−1−i)−(1+i)i−1=−2−2i−1+i=(−2−2i)(−1−i)(−1+i)(−1−i)=4i2=2ib=(1+i)−2i=1−i.a = \frac{(-1 - i) - (1 + i)}{i - 1} = \frac{-2 - 2i}{-1 + i} = \frac{(-2 - 2i)(-1 - i)}{(-1 + i)(-1 - i)} = \frac{4i}{2} = 2i \qquad b = (1 + i) - 2i = 1 - i. Donc s:z′=2iz+1−is : z' = 2iz + 1 - i. Comme 2i=2eiπ22i = 2e^{i\frac{\pi}{2}}, ss a pour rapport 22 et pour angle π2\dfrac{\pi}{2} ; son centre a pour affixe ω=1−i1−2i=3+i5\omega = \dfrac{1 - i}{1 - 2i} = \dfrac{3 + i}{5}.

Leçon 8 : Compléments pour les séries S1, S3 et S1AS1 · S3 · S1A

Voir la vidéo de la leçon 8

8.1 Suite géométrique (zn)(z^n) et sommes

Comme dans R\mathbb{R} (Première), pour tout complexe z≠1z \neq 1 et tout entier naturel nn : 1+z+z2+⋯+zn=1−zn+11−z.1 + z + z^2 + \dots + z^n = \frac{1 - z^{n+1}}{1 - z}. Démonstration. Si S=1+z+⋯+znS = 1 + z + \dots + z^n, alors zS=z+z2+⋯+zn+1zS = z + z^2 + \dots + z^{n+1}, et S−zS=1−zn+1S - zS = 1 - z^{n+1}.

Le programme indique que cette partie se traite en travaux dirigés : voir les exercices 12 et 13.

Somme des racines nn-ièmes de l'unité. Pour n≥2n \geq 2 et ω=ei2πn≠1\omega = e^{i\frac{2\pi}{n}} \neq 1 : 1+ω+ω2+⋯+ωn−1=1−ωn1−ω=0,car ωn=1.1 + \omega + \omega^2 + \dots + \omega^{n-1} = \frac{1 - \omega^n}{1 - \omega} = 0, \quad\text{car } \omega^n = 1. Géométriquement, le centre de gravité des sommets du polygone régulier est le point OO.

Application à la trigonométrie. En prenant la partie réelle, pour n≥2n \geq 2 : 1+cos⁡2πn+cos⁡4πn+⋯+cos⁡2(n−1)πn=0.1 + \cos\frac{2\pi}{n} + \cos\frac{4\pi}{n} + \dots + \cos\frac{2(n-1)\pi}{n} = 0.

Exemple 1 (valeur exacte de cos⁡2π5\cos\frac{2\pi}{5}). Avec n=5n = 5 : 1+cos⁡2π5+cos⁡4π5+cos⁡6π5+cos⁡8π5=01 + \cos\frac{2\pi}{5} + \cos\frac{4\pi}{5} + \cos\frac{6\pi}{5} + \cos\frac{8\pi}{5} = 0. Comme cos⁡8π5=cos⁡2π5\cos\frac{8\pi}{5} = \cos\frac{2\pi}{5} et cos⁡6π5=cos⁡4π5\cos\frac{6\pi}{5} = \cos\frac{4\pi}{5}, on obtient, avec c=cos⁡2π5c = \cos\frac{2\pi}{5} et cos⁡4π5=2c2−1\cos\frac{4\pi}{5} = 2c^2 - 1 : 1+2c+2(2c2−1)=0,soit4c2+2c−1=0.1 + 2c + 2(2c^2 - 1) = 0, \qquad\text{soit}\qquad 4c^2 + 2c - 1 = 0. Comme c>0c > 0, c=−1+54c = \dfrac{-1 + \sqrt5}{4}.

L'angle moitié. Pour factoriser 1+eiα1 + e^{i\alpha} ou 1−eiα1 - e^{i\alpha}, on met eiα2e^{i\frac{\alpha}{2}} en facteur, puis on applique les formules d'Euler : 1+eiα=eiα2(e−iα2+eiα2)=2cos⁡α2  eiα21−eiα=−2isin⁡α2  eiα2.1 + e^{i\alpha} = e^{i\frac{\alpha}{2}}\left(e^{-i\frac{\alpha}{2}} + e^{i\frac{\alpha}{2}}\right) = 2\cos\frac{\alpha}{2}\;e^{i\frac{\alpha}{2}} \qquad 1 - e^{i\alpha} = -2i\sin\frac{\alpha}{2}\;e^{i\frac{\alpha}{2}}. C'est l'outil qui permet de calculer des sommes comme 1+cos⁡x+cos⁡(2x)+⋯+cos⁡(nx)1 + \cos x + \cos(2x) + \dots + \cos(nx) (exercice 13).

8.2 Transformer pcos⁡x+qsin⁡xp\cos x + q\sin x

Soit pp et qq deux réels non tous deux nuls. On écrit p+iqp + iq sous forme exponentielle (c'est l'indication du programme) : p+iq=r eiφ,r=p2+q2.p + iq = r\,e^{i\varphi}, \qquad r = \sqrt{p^2 + q^2}. Alors p=rcos⁡φp = r\cos\varphi, q=rsin⁡φq = r\sin\varphi, et avec la formule d'addition cos⁡(x−φ)=cos⁡xcos⁡φ+sin⁡xsin⁡φ\cos(x - \varphi) = \cos x\cos\varphi + \sin x\sin\varphi : pcos⁡x+qsin⁡x=r(cos⁡φcos⁡x+sin⁡φsin⁡x)=rcos⁡(x−φ).p\cos x + q\sin x = r(\cos\varphi\cos x + \sin\varphi\sin x) = r\cos(x - \varphi).

Exemple 2. 3cos⁡x+sin⁡x\sqrt3\cos x + \sin x. On a 3+i=2eiπ6\sqrt3 + i = 2e^{i\frac{\pi}{6}}, donc 3cos⁡x+sin⁡x=2cos⁡(x−π6)\sqrt3\cos x + \sin x = 2\cos\left(x - \dfrac{\pi}{6}\right).

Résoudre pcos⁡x+qsin⁡x=cp\cos x + q\sin x = c (cc réel). L'équation équivaut à cos⁡(x−φ)=cr\cos(x - \varphi) = \dfrac{c}{r}. Elle a des solutions si et seulement si ∣c∣≤r|c| \leq r.

Exemple 3. Résoudre dans R\mathbb{R} : 3cos⁡x+sin⁡x=2\sqrt3\cos x + \sin x = \sqrt2.

L'équation s'écrit 2cos⁡(x−π6)=22\cos\left(x - \dfrac{\pi}{6}\right) = \sqrt2, soit cos⁡(x−π6)=22=cos⁡π4\cos\left(x - \dfrac{\pi}{6}\right) = \dfrac{\sqrt2}{2} = \cos\dfrac{\pi}{4}. Donc x−π6=π4+2kπx - \dfrac{\pi}{6} = \dfrac{\pi}{4} + 2k\pi ou x−π6=−π4+2kπx - \dfrac{\pi}{6} = -\dfrac{\pi}{4} + 2k\pi, k∈Zk \in \mathbb{Z} : x=5π12+2kπoux=−π12+2kπ,k∈Z.x = \frac{5\pi}{12} + 2k\pi \qquad\text{ou}\qquad x = -\frac{\pi}{12} + 2k\pi, \qquad k \in \mathbb{Z}.

8.3 Convertir une somme en produit

La leçon 4 a converti des produits en sommes. Inversement, avec l'angle moitié, pour tous réels pp et qq : eip+eiq=eip+q2(eip−q2+e−ip−q2)=2cos⁡p−q2  eip+q2.e^{ip} + e^{iq} = e^{i\frac{p+q}{2}}\left(e^{i\frac{p-q}{2}} + e^{-i\frac{p-q}{2}}\right) = 2\cos\frac{p - q}{2}\;e^{i\frac{p+q}{2}}. En prenant les parties réelle et imaginaire : cos⁡p+cos⁡q=2cos⁡p+q2cos⁡p−q2sin⁡p+sin⁡q=2sin⁡p+q2cos⁡p−q2.\cos p + \cos q = 2\cos\frac{p + q}{2}\cos\frac{p - q}{2} \qquad \sin p + \sin q = 2\sin\frac{p + q}{2}\cos\frac{p - q}{2}.

Exemple 4. Résoudre cos⁡x+cos⁡(3x)=0\cos x + \cos(3x) = 0. On a cos⁡(3x)+cos⁡x=2cos⁡(2x)cos⁡x\cos(3x) + \cos x = 2\cos(2x)\cos x, donc l'équation équivaut à cos⁡(2x)=0\cos(2x) = 0 ou cos⁡x=0\cos x = 0, soit x=π4+kπ2x = \dfrac{\pi}{4} + k\dfrac{\pi}{2} ou x=π2+kπx = \dfrac{\pi}{2} + k\pi, k∈Zk \in \mathbb{Z}.

8.4 Cocyclicité

Propriété. Soit AA, BB, CC, DD quatre points distincts, trois d'entre eux n'étant jamais alignés. Ils sont cocycliques (sur un même cercle) si et seulement si le nombre zC−zAzD−zA×zD−zBzC−zB\frac{z_C - z_A}{z_D - z_A} \times \frac{z_D - z_B}{z_C - z_B} est réel.

Justification. D'après le théorème de l'angle inscrit (Première), les quatre points sont cocycliques si et seulement si (AD→,AC→)=(BD→,BC→) [π]\big(\overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AC}\big) = \big(\overrightarrow{BD}, \overrightarrow{BC}\big)\ [\pi]. Or (AD→,AC→)−(BD→,BC→)\big(\overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AC}\big) - \big(\overrightarrow{BD}, \overrightarrow{BC}\big) est un argument du nombre ci-dessus, et un complexe non nul a un argument multiple de π\pi si et seulement s'il est réel.

Exemple 5. A(1)A(1), B(i)B(i), C(−1)C(-1), D(−i)D(-i) sont sur le cercle trigonométrique. On vérifie : −1−1−i−1×−i−i−1−i=−2−1−i×−2i−1−i=4i(1+i)2=4i2i=2\dfrac{-1 - 1}{-i - 1} \times \dfrac{-i - i}{-1 - i} = \dfrac{-2}{-1 - i} \times \dfrac{-2i}{-1 - i} = \dfrac{4i}{(1 + i)^2} = \dfrac{4i}{2i} = 2, qui est réel.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. z=a+ibz = a + ib, avec i2=−1i^2 = -1 ; Re(z)=a\mathrm{Re}(z) = a et Im(z)=b\mathrm{Im}(z) = b sont réels. Conjugué z‾=a−ib\overline{z} = a - ib, et z z‾=a2+b2z\,\overline{z} = a^2 + b^2.
  2. Pour un quotient, on multiplie par le conjugué du dénominateur.
  3. Module ∣z∣=a2+b2|z| = \sqrt{a^2 + b^2} : AB=∣zB−zA∣AB = |z_B - z_A|. Argument : (u⃗,AB→)=arg⁡(zB−zA) [2π]\big(\vec u, \overrightarrow{AB}\big) = \arg(z_B - z_A)\ [2\pi].
  4. eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta ; z=r eiθz = r\,e^{i\theta} : les modules se multiplient, les arguments s'ajoutent. Formule de Moivre : (eiθ)n=einθ\left(e^{i\theta}\right)^n = e^{in\theta}.
  5. Racines nn-ièmes de l'unité : ei2kπne^{i\frac{2k\pi}{n}}, k=0,…,n−1k = 0, \dots, n - 1, sommets d'un polygone régulier.
  6. Formules d'Euler : cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta = \dfrac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}, sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i\sin\theta = \dfrac{e^{i\theta} - e^{-i\theta}}{2i}. Pour linéariser : Euler, binôme, regroupement.
  7. az2+bz+c=0az^2 + bz + c = 0 : Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac, δ2=Δ\delta^2 = \Delta, z=−b±δ2az = \dfrac{-b \pm \delta}{2a}. Racine carrée de a+iba + ib : x2−y2=ax^2 - y^2 = a, x2+y2=∣Z∣x^2 + y^2 = |Z|, signe de xyxy.
  8. zC−zAzB−zA\dfrac{z_C - z_A}{z_B - z_A} : son module vaut ACAB\dfrac{AC}{AB}, son argument mesure (AB→,AC→)\big(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AC}\big). Réel : alignement ; ±i\pm i : rectangle isocèle ; e±iπ3e^{\pm i\frac{\pi}{3}} : équilatéral.
  9. Similitude directe z′=az+bz' = az + b, a≠0a \neq 0 : si a≠1a \neq 1, centre ω=b1−a\omega = \dfrac{b}{1 - a}, rapport ∣a∣|a|, angle arg⁡a\arg a. Elle multiplie les distances par ∣a∣|a| et conserve les angles orientés.
  10. S1 · S3 · S1A 1+z+⋯+zn=1−zn+11−z1 + z + \dots + z^n = \dfrac{1 - z^{n+1}}{1 - z} ; pcos⁡x+qsin⁡x=rcos⁡(x−φ)p\cos x + q\sin x = r\cos(x - \varphi) avec p+iq=r eiφp + iq = r\,e^{i\varphi} ; cos⁡p+cos⁡q=2cos⁡p+q2cos⁡p−q2\cos p + \cos q = 2\cos\frac{p+q}{2}\cos\frac{p-q}{2} ; cocyclicité par un quotient réel.
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